Acheter une licence de taxi (ADS) : prix, comptabilisation et amortissement en 2026
Acheter une licence de taxi (ADS) en 2026 : quel prix, comment la financer, comment la comptabiliser au compte 205 et pourquoi elle ne s'amortit pas. Notre lecture.
Ce sujet relève de notre mission
Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Une licence de taxi, ou autorisation de stationnement (ADS), ne s'achète que si elle a été délivrée avant le 1er octobre 2014 : ces ADS sont cessibles à titre onéreux. L'achat se finance souvent par emprunt, se comptabilise au compte 205 (immobilisation incorporelle) à son prix d'acquisition, et ne s'amortit pas, mais peut faire l'objet d'une dépréciation.
Un chauffeur qui veut s'installer à son compte nous pose presque toujours la même question : combien coûte une licence et comment l'inscrire dans les comptes. Derrière cette question simple se cache un sujet plus délicat, car une ADS achetée n'a rien d'un véhicule ou d'un équipement. C'est un actif incorporel particulier, encadré par le code des transports, et son traitement comptable conditionne le résultat, la base imposable et la valeur de revente affichée au bilan. Mieux vaut donc poser le cadre avant de signer.
Toutes les licences ne s'achètent pas : la coupure du 1er octobre 2014#
C'est le premier point que nous clarifions, car il conditionne tout le reste. Depuis la loi Thévenoud (loi n° 2014-1104 du 1er octobre 2014, codifiée à l'article L3121-2 du code des transports), il existe deux régimes d'ADS qui n'ont rien à voir sur le plan comptable et fiscal.
| Date de délivrance de l'ADS | Cessible ? | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Avant le 1er octobre 2014 | Oui, à titre onéreux | Le titulaire peut présenter un successeur, sous condition d'exploitation effective et continue pendant 15 ans à compter de la délivrance, ou 5 ans à compter de la première mutation |
| Après le 1er octobre 2014 | Non | Gratuite, valable 5 ans renouvelables, exploitée personnellement par le titulaire, incessible |
Concrètement : si vous achetez une licence, c'est nécessairement une ADS ancienne, cessible, dont le titulaire a le droit de présenter à titre onéreux un successeur. Une ADS délivrée après cette date ne peut pas être vendue : elle s'obtient gratuitement sur liste d'attente auprès de la commune et reste attachée à la personne.
Cette distinction n'est pas qu'administrative. Elle change votre point de départ patrimonial. Sur une ADS ancienne, vous mobilisez un capital pour acquérir un droit qui figurera à votre actif. Sur une ADS récente obtenue gratuitement, vous démarrez sans cet actif, mais aussi sans cette dette. Le choix entre les deux n'en est pas vraiment un dans l'immédiat : tout dépend de votre rang sur la liste d'attente de la commune et du délai que vous êtes prêt à accepter.
Combien coûte une licence de taxi en 2026 ?#
Il n'existe pas de prix unique. La valeur d'une ADS cessible dépend de la commune et du marché local : une licence parisienne, une licence d'une métropole régionale et une licence d'une petite ville ne se négocient pas du tout aux mêmes niveaux. La pression concurrentielle des plateformes de réservation pèse aussi, à la baisse, sur les valeurs dans certaines zones.
Nous recommandons donc de ne jamais raisonner sur un prix de marché entendu de bouche à oreille, mais de partir du prix réellement convenu dans l'acte de cession et des comparables locaux récents. C'est ce prix d'acquisition, et lui seul, qui servira de base comptable.
Dans nos dossiers, trois facteurs reviennent systématiquement pour expliquer l'écart de valeur d'une commune à l'autre :
- la densité de la demande locale (zone aéroportuaire, gare, tourisme, clientèle médicale) ;
- le nombre d'ADS en circulation rapporté à la population et la facilité à en obtenir une gratuitement ;
- la part du conventionnement avec l'assurance maladie dans le chiffre d'affaires local, qui sécurise une partie des courses.
Si une partie de votre activité repose sur le transport de patients, notre article sur le taxi conventionné CPAM et le transport assis de malades précise ce que ce conventionnement change concrètement pour votre trésorerie et votre prévisionnel.
Comment financer l'achat de l'ADS ?#
L'ADS est un actif incorporel, pas un véhicule : elle ne se finance pas comme un matériel. Dans les dossiers que nous accompagnons, l'achat passe le plus souvent par un emprunt bancaire dédié, parfois adossé à un nantissement. Points de vigilance que nous regardons en amont :
- la capacité de remboursement au regard du chiffre d'affaires prévisionnel de courses ;
- la cohérence entre la durée du prêt et la durée d'exploitation envisagée avant départ en retraite ou revente ;
- le coût total (intérêts compris) rapporté à la marge nette par course ;
- la trésorerie nécessaire en parallèle pour le véhicule, l'équipement (compteur, lumineux) et les assurances.
La séquence que nous conseillons à un chauffeur qui prépare son installation tient en quelques étapes :
- Cadrer le prévisionnel de courses et de marge avant même de chercher une licence, pour savoir ce que vous pouvez réellement rembourser.
- Obtenir des comparables locaux récents pour situer le prix d'acquisition dans une fourchette crédible.
- Construire un plan de financement qui isole clairement l'ADS, le véhicule et l'équipement, car ils n'obéissent pas aux mêmes durées d'amortissement.
- Négocier l'emprunt avec une durée alignée sur votre horizon d'exploitation, pas seulement sur la mensualité la plus basse.
- Sécuriser une trésorerie de démarrage pour les premiers mois, le temps que les courses montent en charge.
Le choix de la structure juridique influe directement sur la déductibilité des intérêts et sur votre rémunération. Notre article sur le statut juridique du chauffeur de taxi et son imposition détaille les arbitrages entre exercice en nom propre et société.
Comptabilisation : compte 205, et surtout pas d'amortissement automatique#
C'est l'erreur que nous corrigeons le plus souvent dans les dossiers repris. Une ADS achetée se comptabilise en immobilisation incorporelle, au compte 205, à son prix d'acquisition. Le droit de présentation du successeur s'apparente, dans son économie, à un fonds de commerce.
Conséquence : par principe, une ADS n'est pas amortissable. Sa durée d'utilisation n'est pas limitée dans le temps tant que la profession existe, ce qui exclut un plan d'amortissement classique. En revanche, une dépréciation est possible et parfois nécessaire si la valeur vénale de la licence baisse durablement, par exemple sous l'effet de la pression concurrentielle sur le marché local.
| Notion | ADS achetée | Logique |
|---|---|---|
| Amortissement | Non, par principe | Durée d'utilisation non limitée (droit de présentation perpétuel tant que la profession existe) |
| Dépréciation | Oui, si baisse durable de la valeur vénale | Constat d'une perte de valeur (ex. pression concurrentielle), réversible |
Il faut donc distinguer strictement les deux notions : amortir reviendrait à étaler le coût sur une durée d'usage limitée, ce qui ne correspond pas à la nature de l'actif. Pour un dossier précis, le traitement fiscal d'un actif incorporel dont les effets bénéfiques seraient au contraire limités dans le temps s'apprécie au regard de l'article 39, 1, 2° du CGI : c'est une analyse au cas par cas, qui mérite l'examen de votre situation réelle.
Conseil Hayot Expertise. Au moment de l'acquisition, faites figurer dans votre dossier le détail du prix payé pour l'ADS, distinct du véhicule et de l'équipement. Cette ventilation, simple à établir au départ, devient très difficile à reconstituer trois ans plus tard, et c'est elle qui sécurise la durée d'amortissement de chaque poste.
Cas particuliers#
Quelques situations sortent du schéma standard et demandent un examen spécifique :
- ADS apportée à une société. Si vous logez la licence dans une SASU ou une EURL plutôt que de l'exploiter en nom propre, l'apport en nature peut nécessiter une évaluation et déclenche des règles propres. Le prix retenu engage l'actif de la société.
- Reprise avec un véhicule et un équipement. Quand la cession englobe le véhicule équipé, il faut ventiler le prix global entre l'ADS (compte 205, non amortie) et les biens corporels (amortis sur leur durée d'usage). Une ventilation absente ou contestable fragilise toute la liasse.
- Revente ultérieure de la licence. La cession d'une ADS génère une plus-value professionnelle dont le régime dépend de votre statut et de la durée de détention. Mieux vaut l'anticiper dès l'achat, car elle pèse sur votre stratégie de sortie.
- Passage d'une activité taxi vers une activité de réservation. Si vous envisagez d'élargir votre activité, le cadre n'est pas le même que pour un taxi. Notre guide pour devenir chauffeur VTC, carte, registre et capacité compare les deux régimes.
Points de vigilance#
Dans les dossiers de reprise, les frictions les plus fréquentes ne portent pas sur le prix, mais sur le traitement de l'actif :
- une ADS amortie à tort, qui fausse le résultat et la base imposable ;
- une absence de ventilation entre l'ADS et le véhicule, qui empêche d'amortir correctement le matériel ;
- une dépréciation justifiée mais jamais constatée, qui maintient au bilan une valeur déconnectée du marché ;
- un emprunt dont la durée dépasse l'horizon réel d'exploitation, qui pèse sur la trésorerie en fin de carrière ;
- l'oubli d'anticiper la plus-value de revente, qui surprend au moment de la cession.
Notre analyse d'expert-comptable#
Un chauffeur reprend une ADS cessible dans une métropole régionale et la finance par emprunt. Nous l'inscrivons au compte 205 pour son prix d'acquisition, sans plan d'amortissement. Trois ans plus tard, les valeurs locales ayant nettement reculé, nous examinons avec lui l'opportunité d'une dépréciation, et non d'un amortissement rétroactif, pour refléter la perte de valeur dans les comptes sans en fausser la lecture.
Ce cas résume notre lecture. Le risque sous-estimé n'est pas le prix d'achat : c'est le traitement comptable. Une ADS amortie à tort fausse le résultat, la base imposable et la valeur de revente affichée. À l'inverse, ignorer une dépréciation justifiée donne un bilan trop optimiste. Nous calibrons ce traitement au moment de l'acquisition, puis le révisons à chaque clôture. Si vous préparez l'achat ou la reprise d'une licence, notre page dédiée à l'accompagnement comptable des taxis et chauffeurs détaille la façon dont nous sécurisons l'opération, du financement jusqu'à la clôture, et notre accompagnement en fiscalité d'entreprise à Paris prolonge le sujet sur le volet imposition.
Checklist avant d'acheter une licence de taxi#
- Vérifier la date de délivrance de l'ADS (avant ou après le 1er octobre 2014).
- Confirmer le respect des conditions de cession (exploitation effective et continue : 15 ans, ou 5 ans depuis la première mutation).
- Obtenir des comparables locaux récents plutôt qu'un prix de bouche à oreille.
- Cadrer le financement (emprunt, durée, capacité de remboursement).
- Ventiler le prix global entre l'ADS et les biens corporels en cas de reprise avec véhicule.
- Prévoir la comptabilisation au compte 205, sans amortissement.
- Anticiper le suivi d'une éventuelle dépréciation à chaque clôture.
Si vous structurez votre projet depuis le départ, notre offre de création d'entreprise à Paris et notre expertise comptable à Paris 8 couvrent le montage juridique et le suivi des comptes.
Questions fréquentes
Une licence de taxi (ADS) s'amortit-elle ?+
Non, par principe. Une ADS achetée est une immobilisation incorporelle au compte 205 à durée d'utilisation non limitée : elle ne fait pas l'objet d'un amortissement. Une dépréciation reste possible en cas de baisse durable de sa valeur vénale, par exemple sous la pression concurrentielle du marché local.
Peut-on acheter n'importe quelle licence de taxi ?+
Non. Seules les ADS délivrées avant le 1er octobre 2014 sont cessibles à titre onéreux. Celles délivrées après sont gratuites, incessibles, valables 5 ans renouvelables et exploitées personnellement par leur titulaire. Une licence achetée est donc toujours une ADS ancienne.
Comment financer l'achat d'une ADS ?+
Le plus souvent par emprunt bancaire dédié. L'ADS étant un actif incorporel dont la valeur dépend de la commune et du marché local, nous conseillons de caler la durée et le montant du prêt sur le chiffre d'affaires prévisionnel et la marge par course, et de prévoir la trésorerie du véhicule en parallèle.
Dans quel compte comptabiliser une licence de taxi achetée ?+
Au compte 205, immobilisations incorporelles, pour son prix d'acquisition. Le droit de présentation du successeur s'apparente économiquement à un fonds de commerce. Ce poste n'est pas amorti, mais il peut être déprécié si sa valeur vénale baisse durablement.
Quelle différence entre amortissement et dépréciation d'une ADS ?+
L'amortissement étale le coût d'un actif sur une durée d'usage limitée, ce qui ne correspond pas à une ADS dont la durée d'utilisation n'est pas bornée. La dépréciation constate une perte de valeur réversible, par exemple sous l'effet de la pression concurrentielle, et reste possible et parfois nécessaire.
À retenir#
- Seules les ADS délivrées avant le 1er octobre 2014 sont cessibles à titre onéreux ; les ADS récentes sont gratuites et incessibles.
- Le prix dépend de la commune et du marché local : raisonnez sur l'acte de cession et des comparables récents, pas sur une rumeur.
- L'ADS se comptabilise au compte 205, immobilisation incorporelle, à son prix d'acquisition.
- Une ADS achetée ne s'amortit pas par principe, mais peut faire l'objet d'une dépréciation en cas de baisse durable de sa valeur.
- En cas de reprise avec véhicule, ventilez le prix global entre l'ADS et les biens corporels dès la signature.
- Le bon réflexe : calibrer le traitement comptable à l'acquisition, puis le réviser à chaque clôture.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Code des transports art. L3121-2 (autorisation de stationnement), Légifrance
- Loi n° 2014-1104 du 1er octobre 2014 relative aux taxis et aux VTC (loi Thévenoud), Légifrance
- CGI art. 39, 1, 2° (charges déductibles, amortissements), Légifrance
- Légifrance, code des transports art. L3121-2 (cessibilité des autorisations de stationnement de taxi)
- Statut, licence et exercice de l'activité de taxi, entreprendre.service-public.fr
- BOFiP, immobilisations incorporelles et amortissement (BIC), bofip.impots.gouv.fr
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôle
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