Un expert-comptable architecte ne se contente pas d'établir vos comptes annuels : il structure votre cabinet autour de la mécanique réelle d'une agence d'architecture : honoraires étalés par phase, débours refacturés, sous-traitants techniques (BET, acousticien, paysagiste), assurance MAF, CIPAV et marge par affaire. Notre cabinet accompagne architectes libéraux et agences d'architecture partout en France avec un pilotage orienté projet, et non un simple suivi de chiffre d'affaires global.
Qu'est-ce qu'un expert-comptable spécialisé architecte ?#
Un expert-comptable architecte est un cabinet maîtrisant la facturation par phase (APS, APD, PRO, DCE, ACT, VISA, DET, AOR), la distinction entre honoraires et débours, le traitement des sous-traitants techniques, l'assurance MAF, la retraite CIPAV et la fiscalité BNC ou IS adaptée aux agences. Il transforme la comptabilité en outil de décision sur la marge par affaire.
Pourquoi un cabinet spécialisé change la rentabilité d'une agence#
Un pilotage générique masque les vrais enjeux d'une agence d'architecture. Un cabinet spécialisé sécurise les points qui dégradent silencieusement la marge :
- Reconnaissance des honoraires par phase : alignement entre avancement réel et facturation contractuelle.
- Distinction honoraires / débours : séparation stricte pour éviter une assiette TVA et un IS gonflés.
- Suivi des sous-traitants techniques : BET structure, fluides, acousticien, paysagiste correctement imputés au projet.
- Marge par affaire et par équipe : visibilité sur les missions qui créent de la valeur et celles qui dérivent en temps passé.
- Assurance MAF et RCP décennale : cotisation déductible, attestation à jour, garanties biennale et parfait achèvement.
- CIPAV et optimisation retraite : arbitrage cotisations minimales versus protection sociale.
- Choix de structure : exercice individuel BNC, SCP, SARL d'architectes, SELARL ou SAS d'architectes selon la trajectoire.
Statut juridique : de l'exercice individuel à la société d'architecture#
Le premier levier de rentabilité d'un architecte est le choix de structure. En exercice individuel, l'architecte relève des BNC et déclare en son nom (déclaration 2035 au réel, ou micro-BNC sous le plafond). Dès qu'une agence se constitue, plusieurs formes de société d'architecture s'ouvrent : SCP, SARL ou SAS d'architecture, et surtout la SELARL et la SELAS (sociétés d'exercice libéral), sans oublier la SPFPL (société de participations financières) pour détenir les titres et préparer la transmission.
La loi du 3 janvier 1977 sur l'architecture (article 13) encadre strictement le capital : les architectes personnes physiques doivent détenir plus de la moitié du capital social et des droits de vote, et les personnes morales non architectes ne peuvent pas dépasser 25 % du capital. La gouvernance (président, directeur général, gérants) doit être majoritairement composée d'architectes inscrits. Une agence ne peut donc pas ouvrir librement son capital à des investisseurs extérieurs : nous vérifions cette contrainte avant toute augmentation de capital ou entrée d'un associé.
Le choix entre SELARL et SELAS n'est pas neutre socialement. En SELARL, le gérant majoritaire est travailleur non salarié (cotisations plus légères, affiliation CIPAV) ; en SELAS, le président est assimilé salarié (protection sociale et retraite renforcées, mais charges plus lourdes). La SPFPL, elle, sert à loger les titres, à remonter des dividendes en quasi-franchise d'impôt (régime mère-fille) et à organiser une transmission progressive.
Micro-BNC, déclaration contrôlée 2035 ou société : le bon régime#
Sous le plafond de 83 600 € de recettes (seuil applicable de 2026 à 2028), l'architecte libéral peut rester au micro-BNC : un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €), sans comptabilité complète. La déclaration contrôlée 2035 (régime réel) devient obligatoire après deux années consécutives de dépassement, mais surtout elle devient avantageuse bien avant le plafond, dès que les charges réelles (MAF, cotisation ordinale, logiciels CAO/BIM, local, déplacements, salaires) dépassent 34 % des recettes, ce qui est presque toujours le cas pour une agence installée. Point important pour 2026 : depuis les revenus 2023, il n'existe plus aucune majoration pour non-adhésion à une association de gestion agréée (l'ancien coefficient de 1,25 a disparu). L'AGA garde d'autres intérêts (prévention fiscale, réduction d'impôt pour frais de tenue sous conditions), mais son adhésion n'est plus une contrainte.
Reste l'arbitrage le plus structurant : rester en BNC ou passer en société à l'IS (SELARL, SARL ou SAS d'architecture). Il n'existe aucun seuil légal ; la bonne réponse dépend du bénéfice récurrent et de ce que le dirigeant consomme réellement. En pratique, l'étude chiffrée devient intéressante autour de 80 000 à 100 000 € de bénéfice. Illustration : un architecte qui dégage 120 000 € de bénéfice mais n'a besoin que de 70 000 € pour vivre laisse 50 000 € imposés à sa tranche marginale (jusqu'à 41 %) et soumis aux cotisations sociales. Logés dans une société à l'IS, ces mêmes 50 000 € non distribués supportent un IS de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %, ce qui libère plusieurs milliers d'euros par an à réinvestir ou à capitaliser. Nous chiffrons ce comparatif au cas par cas ; vous pouvez déjà en tester l'ordre de grandeur avec notre simulateur de rémunération du dirigeant.
La TVA de l'architecte : l'échelle 20, 10 et 5,5 %#
Les honoraires d'un architecte relèvent en principe de la TVA à 20 %, collectée sur les notes d'honoraires et déductible sur les achats professionnels. Une petite structure sous le seuil de franchise en base (37 500 € de recettes N-1, 41 250 € de seuil majoré) peut facturer sans TVA. Les taux réduits existent mais leur application aux honoraires est encadrée : ils ne concernent l'architecte que lorsqu'il assure une mission de maîtrise d'œuvre d'exécution portant sur des travaux eux-mêmes éligibles, soit 10 % pour l'entretien ou l'amélioration de logements achevés depuis plus de deux ans, soit 5,5 % pour les travaux d'amélioration de la performance énergétique. Une mission d'études seule reste à 20 %. L'architecte doit alors conserver l'attestation de TVA signée par le client (à garder cinq ans). Enfin, les débours refacturés à l'euro près restent hors assiette de TVA dès lors qu'ils sont clairement identifiés sur la facture.
Honoraires d'architecte : immobilisation ou charge ?#
C'est l'une des questions les plus fréquentes, et elle se pose surtout du côté du maître d'ouvrage (le client). Les honoraires d'architecte directement liés à l'acquisition ou à la production d'un bien (construction, extension, rénovation lourde immobilisée) ne sont pas une charge immédiate : ils entrent dans le coût de production ou d'acquisition de l'immobilisation et sont amortis avec le bien. Ne restent en charge de l'exercice que les honoraires non rattachés à un actif (projet abandonné, mission de conseil, étude de faisabilité sans suite). Pour les honoraires accessoires d'une simple acquisition, le CGI ouvre une option (les immobiliser ou les déduire immédiatement), globale et irrévocable. Du côté de l'architecte, en revanche, l'honoraire encaissé est toujours une recette professionnelle : ces deux lectures ne doivent jamais être confondues, et c'est précisément le type d'écriture qu'un cabinet spécialisé sécurise.
Les points sensibles d'un cabinet d'architectes#
Facturation par phase et trésorerie de mission#
Les honoraires d'architecte suivent les phases du chantier (APS, APD, PRO, DCE, ACT, VISA, DET, AOR). En BNC, la recette est constatée à l'encaissement ; en société à l'IS, à l'avancement. Un échéancier contractuel précis et un appel d'acompte par phase évitent les tensions de trésorerie sur des projets longs (12 à 36 mois).
Débours, refacturations et sous-traitants techniques#
Les débours refacturés à l'euro près sortent de l'assiette TVA s'ils sont identifiés sur la facture. Les sous-traitants (BET structure, fluides, acousticien, paysagiste, économiste) doivent être imputés au projet pour que la marge soit lisible. Une comptabilité analytique par mission est indispensable au-delà de 300 k€ de chiffre d'affaires.
MAF, CIPAV et charges spécifiques#
La MAF (Mutuelle des Architectes Français) couvre la décennale et constitue la référence du marché. La CIPAV gère la retraite de base et complémentaire (l'URSSAF en recouvre les cotisations depuis 2023). À cela s'ajoutent la cotisation ordinale, les logiciels CAO/BIM (Autodesk, Revit, ArchiCAD), la formation continue obligatoire (20 h par an et 60 h sur trois ans, dont 8 h de déontologie) et les déplacements chantier.
Marge par affaire vs chiffre d'affaires global#
Le vrai pilotage d'une agence ne se fait pas sur le CA. Il se fait sur la marge par affaire après imputation du temps passé, des sous-traitants et d'une quote-part de coûts fixes. Beaucoup d'agences ont un carnet plein mais une rentabilité fragile, faute de cette lecture.
Comptabilité à l'avancement et en-cours de production : au niveau des écritures#
La spécificité d'une agence, c'est le décalage entre le travail produit et la facturation. En BNC (déclaration 2035), tout est constaté à l'encaissement : pas d'écriture d'avancement, la trésorerie fait foi. En société à l'IS, la logique est celle de l'engagement, ce qui impose deux écritures que beaucoup d'agences oublient. La phase produite mais non encore facturée est constatée en factures à établir (compte 418, produit rattaché à l'exercice) ; à l'inverse, l'acompte encaissé pour une phase non encore réalisée est neutralisé en produits constatés d'avance (compte 487). Sur les missions longues, on suit aussi l'en-cours de production de services (compte 34). Sans ces écritures, le résultat d'un exercice est faussé : une agence qui a beaucoup produit sans facturer paraît en perte alors qu'elle a créé de la valeur. C'est le cœur d'un pilotage projet fiable.
Logiciels métier et matériel : le bon traitement comptable#
Une agence investit dans des outils coûteux, et leur traitement comptable a un impact réel sur le résultat. Les licences perpétuelles de logiciels de conception (Revit, ArchiCAD, AutoCAD) et le matériel (stations de travail, traceurs, matériel de relevé) au-delà du seuil d'immobilisation sont immobilisés et amortis sur leur durée d'usage ; les abonnements en mode SaaS, dont les suites de gestion d'agence comme Everwin ou Ooti qui suivent le temps passé et la marge par affaire, sont des charges de l'exercice. Les développements internes d'outils paramétriques ou de scripts BIM sur mesure peuvent, sous conditions, ouvrir droit au crédit d'impôt innovation (CII à 20 % pour une PME en métropole, dans la limite de 400 000 € de dépenses par an), distinct du CIR. Bien classer ces dépenses, c'est à la fois lisser le résultat et récupérer de l'impôt.
Méthode d'accompagnement sur 12 mois#
1. Diagnostic et cartographie du portefeuille de missions#
Nous auditons les 12 derniers mois : portefeuille signé, phases facturées, travail restant à produire, taux de sous-traitance, structure des honoraires, exposition fiscale et MAF. Sortie : une feuille de route priorisée et chiffrée.
2. Mise en place d'une comptabilité analytique par mission#
Nous structurons un plan analytique projet par projet : honoraires par phase, débours, sous-traitants, temps passé. Vous obtenez la marge réelle de chaque dossier en cours.
3. Pilotage mensuel de la marge et de la trésorerie#
Reporting mensuel : marge par affaire, carnet de commandes valorisé, trésorerie projetée, alerte sur les missions qui dérivent. Trois questions traitées chaque mois : où crée-t-on de la marge, où consomme-t-on du cash, quel acompte déclencher.
4. Optimisation fiscale, structure et transmission#
Nous sécurisons la structure cible à 12-24 mois : passage BNC vers SARL/SAS d'architectes, optimisation rémunération, intégration éventuelle de nouveaux associés, préparation transmission ou cession.
Cas concret : redressement d'une agence d'architecture (7 collaborateurs)#
Situation initiale : agence parisienne, 8 missions concurrentes, 680 k€ d'honoraires, marge informelle, débours sous-traitants mal documentés, retenues de garantie sur marchés publics non comptabilisées, TVA sur refacturations mal classée.
Actions menées : mise en place d'une comptabilité analytique projet, correction du traitement des débours, comptabilisation rigoureuse des retenues de garantie, refonte des positions TVA, dashboard mensuel marge/cash/carnet.
Résultat sur 9 mois : -31 % d'écritures de régularisation en clôture, récupération de 28 k€ de TVA mal traitée, retenues de garantie correctement suivies sur tous les marchés publics, et une vision marge par affaire qui a permis de renégocier les honoraires sur les nouveaux mandats avec +4 points de marge moyenne.
Architecte d'intérieur et maître d'œuvre hors Ordre : un régime distinct#
Tous les concepteurs ne relèvent pas du même cadre, et les confondre coûte cher. L'architecte d'intérieur et le maître d'œuvre non inscrits à l'Ordre ne sont pas soumis à l'inscription au tableau ni à l'obligation d'assurance MAF attachée au titre d'architecte. Leur activité, plus commerciale, peut relever des BIC (et non des BNC), avec des conséquences concrètes : déclaration 2031 au lieu de la 2035, abattement micro de 50 % en prestations de services au lieu de 34 %, et assurance décennale souscrite auprès d'un autre assureur. La TVA reste à 20 %. Nous qualifions précisément l'activité dès l'entrée en relation, car un mauvais classement BNC ou BIC est l'une des erreurs les plus fréquentes sur ces profils.
Repères 2026 : facturation électronique, calendrier et seuils#
L'échéance qui concerne toutes les agences : la réception des factures électroniques devient obligatoire pour tous les assujettis au 1er septembre 2026, l'émission suivant selon la taille (grandes entreprises et ETI au 1er septembre 2026, PME et TPE au 1er septembre 2027). Une agence d'architecture, le plus souvent en B2B avec des maîtres d'ouvrage publics et privés, doit choisir sa plateforme et adapter sa facturation par phase à ce format. À retenir aussi pour 2026 : le plafond micro-BNC reste fixé à 83 600 €, la franchise en base de TVA à 37 500 €, et la doctrine fiscale impose désormais que la rémunération dite technique des associés de sociétés d'exercice libéral soit déclarée en BNC. Nous cadrons chacun de ces points en amont, projet par projet.
Check-list opérationnelle pour un dirigeant d'agence#
- Honoraires par phase appelés au bon moment selon le contrat de mission.
- Débours refacturés à l'euro près, identifiés sur facture, hors assiette TVA.
- Sous-traitants techniques imputés au projet correspondant.
- Retenues de garantie comptabilisées sur les marchés publics.
- Marge par affaire lue chaque mois, alerte sur les missions qui dérivent.
- MAF/RCP à jour, attestation diffusée à tous les clients.
- Cotisation CIPAV optimisée, formation continue tracée (20 h par an et 60 h sur trois ans).
- Carnet de commandes valorisé et projeté en trésorerie.
Pour un expert-comptable architecte capable d'aligner comptabilité, trésorerie de mission et marge par affaire, nous démarrons par un cadrage stratégique gratuit. Vous repartez avec une lecture claire de vos missions en cours, une cartographie de la marge réelle et un plan d'action 90 jours pour sécuriser votre trésorerie et votre rentabilité projet par projet.