Saisissez votre bénéfice disponible et comparez comment salaire, dividendes et fiscalité modifient le montant final réellement encaissé par le dirigeant.
Réponse rapide
Pour un même budget, l’EURL à l’IS laisse en général davantage de net quand on se verse une rémunération, car les cotisations TNS pèsent environ 40 à 45 % du net, contre environ 75 à 82 % pour un salaire de président de SASU. En SASU, les dividendes ne supportent pas de cotisations mais subissent l’IS puis le PFU de 31,4 % en 2026. Exemple avec le simulateur pour 60 000 € : environ 37 100 € nets en EURL à l’IS (tout en rémunération) contre 33 800 € en SASU (tout en dividendes), mais sans aucun droit retraite dans ce dernier cas.
Contenu vérifié par Samuel Hayot, expert-comptable inscrit à l’Ordre, mis à jour le
Le simulateur part d’un budget unique : le bénéfice disponible avant rémunération du dirigeant et avant impôt sur les sociétés. Il le répartit selon trois logiques : la SASU à l’IS qui distribue tout en dividendes, l’EURL à l’IS qui verse tout en rémunération de gérant, et l’EURL à l’IR où le bénéfice est imposé directement entre les mains de l’associé unique.
Les deux statuts n’ont pas le même régime social. Le président de SASU est assimilé salarié : son salaire supporte des cotisations patronales et salariales proches de celles d’un cadre, sans assurance chômage. Le gérant majoritaire d’EURL est travailleur non salarié (TNS) : ses cotisations sont calculées sur sa rémunération, avec un taux global plus faible et une protection sociale moins étendue, notamment en prévoyance.
Les dividendes suivent aussi des règles différentes. En SASU, ils ne supportent que le PFU (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026). En EURL, la fraction qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes laissées en compte courant d’associé est soumise aux cotisations TNS, ce qui neutralise une grande partie de l’intérêt des dividendes quand le capital est faible.
L’impôt sur le revenu est calculé avec le barème applicable aux revenus 2025 (tranches à 11 %, 30 %, 41 % et 45 % à partir de 11 600 €, 29 579 €, 84 577 € et 181 917 €) pour une part fiscale, sans autre revenu dans le foyer. Les ratios de charges sont des ordres de grandeur : le taux réel dépend du niveau de rémunération, du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026) et des options de prévoyance.
Le montant net n’est qu’un critère. Dans les dossiers que nous suivons, la décision se prend dans cet ordre.
Partez de ce dont le foyer a besoin chaque mois, pas de ce que la société peut verser. Un revenu régulier se sort plus naturellement en rémunération ; un complément ponctuel se prête mieux au dividende, versé après l’approbation des comptes.
Sans salaire, un président de SASU ne valide aucun trimestre de retraite et ne s’ouvre aucun droit aux indemnités journalières au titre de son mandat. En 2026, un trimestre est validé pour 150 fois le SMIC horaire brut au 1er janvier, soit 1 803 € bruts ; quatre trimestres demandent 7 212 € bruts sur l’année (600 SMIC horaires).
En SASU, un euro net de salaire coûte environ 1,75 à 1,82 € à la société ; en EURL, environ 1,40 à 1,45 €. En dividendes de SASU, un euro net demande environ 1,46 € de bénéfice distribuable après IS, et davantage avant IS. Ces écarts expliquent la plupart des résultats du simulateur.
La rémunération est déductible du bénéfice ; le dividende est versé sur un bénéfice déjà taxé à l’IS. Tant que le bénéfice reste sous 42 500 €, l’IS à 15 % rend le dividende relativement léger ; au-delà, chaque euro supporte 25 % d’IS avant le PFU.
Le PFU de 31,4 % s’applique par défaut ; l’option pour le barème progressif avec abattement de 40 % peut être plus favorable pour un foyer faiblement imposé, mais elle vaut pour tous les revenus de capitaux de l’année. Vérifiez enfin l’ACRE, les droits au chômage en cours et un éventuel projet de holding, que le simulateur ne modélise pas.
Les trois premières colonnes reprennent exactement le calcul du simulateur pour 60 000 € de bénéfice avant rémunération (une part fiscale, IS au taux réduit jusqu’à 42 500 €). La colonne « SASU mixte » est notre estimation hors outil : un salaire brut de 7 212 € pour valider quatre trimestres, le solde en dividendes, avec des ratios de charges indicatifs (coût ≈ brut × 1,42, net ≈ brut × 0,78).
| Poste | SASU tout dividendes | EURL à l’IS, tout rémunération | EURL à l’IR | SASU mixte (estimation) |
|---|---|---|---|---|
| Salaire ou rémunération (coût) | 0 € | 60 000 € | 60 000 € | env. 10 240 € |
| Cotisations sociales | 0 € | 18 621 € | 18 621 € | env. 4 615 € |
| Rémunération nette | 0 € | 41 379 € | 41 379 € | env. 5 625 € |
| IS | 10 750 € | 0 € | 0 € | env. 8 190 € |
| Dividendes bruts | 49 250 € | 0 € | 0 € | env. 41 570 € |
| PFU 31,4 % (dont 18,6 % de prélèvements sociaux) | 15 465 € | 0 € | 0 € | env. 13 053 € |
| Impôt sur le revenu (barème) | inclus dans le PFU | 4 746 € | 6 040 € | 0 € |
| Net en poche | 33 786 € | 36 633 € | 35 340 € | env. 34 100 € |
| Taux de prélèvement global | 43,7 % | 38,9 % | 41,1 % | env. 43 % |
| Trimestres de retraite validés | Aucun | Selon revenu (4 à ce niveau) | Selon revenu (4 à ce niveau) | 4 |
Lecture : à 60 000 €, l’EURL à l’IS laisse environ 2 850 € de plus que la SASU tout en dividendes, et elle ouvre des droits sociaux. La SASU tout dividendes paraît compétitive grâce à l’IS à 15 %, mais le président n’y cotise pour rien. Notre lecture : en SASU, un petit salaire suffisant pour valider quatre trimestres, complété de dividendes, coûte peu en net (environ 34 100 € contre 33 786 €) et évite une carrière blanche. À titre de repère, verser les 60 000 € en salaire de SASU ne laisserait qu’environ 30 600 € après impôt sur le revenu : c’est la configuration la plus coûteuse. Ces chiffres sont indicatifs et changent avec les autres revenus du foyer.
Ces repères complètent les paramètres fiscaux affichés plus bas sur la page. Les ratios de charges sont des ordres de grandeur de pratique, à affiner sur une simulation de paie.
| Critère | SASU (président assimilé salarié) | EURL (gérant majoritaire TNS) |
|---|---|---|
| Charges sur la rémunération | env. 75 à 82 % du net | env. 40 à 45 % du net |
| Coût pour 1 € net de rémunération | env. 1,75 à 1,82 € | env. 1,40 à 1,45 € |
| Dividendes | PFU 31,4 %, sans cotisations | Cotisations TNS sur la part > 10 % du capital, des primes et du compte courant ; PFU sur le reste |
| Retraite sans rémunération | Aucun trimestre validé | Cotisations minimales dues même sans rémunération ; droits limités (à vérifier sur votre relevé) |
| Assurance chômage liée au mandat | Non | Non |
| Résultat simulateur à 100 000 € | 54 366 € nets (tout dividendes) | 56 458 € nets à l’IS ; 54 302 € à l’IR |
Plus le budget augmente, plus l’écart entre les options se resserre ou s’inverse : au-delà de quelques centaines de milliers d’euros, les tranches à 41 % et 45 % de l’impôt sur le revenu rendent le dividende au PFU plus attractif. Refaites la simulation avec votre propre budget plutôt que d’extrapoler ces deux exemples.
Comparer les statuts sur le seul net immédiat
Le tout dividendes en SASU affiche un net correct, mais ne finance ni retraite, ni indemnités journalières. Sur dix ans, l’absence de trimestres validés peut coûter bien plus que l’écart de net observé une année donnée.
Distribuer des dividendes d’EURL sans regarder le capital
Avec un capital de 1 000 €, presque tout dividende dépasse le seuil de 10 % et supporte les cotisations TNS en plus du PFU. Le simulateur ne modélise pas ce cas : il suppose une sortie en rémunération pour l’EURL.
Oublier l’IS dans le calcul du dividende
Un dividende ne se compare pas au salaire brut mais au bénéfice avant IS. Au-delà de 42 500 € de bénéfice, l’IS de 25 % puis le PFU de 31,4 % portent la ponction globale au-dessus de 48 % de la tranche concernée.
Appliquer encore le taux de 30 %
Depuis le 1er janvier 2026, le PFU applicable aux dividendes est de 31,4 %, avec 18,6 % de prélèvements sociaux. Les simulations réalisées avant cette date surestiment légèrement le net des dividendes.
Se verser une rémunération que la société ne peut pas payer
Les cotisations TNS sont appelées sur la base de revenus estimés puis régularisées. Une rémunération fixée trop haut par rapport au résultat réel crée une dette sociale et un compte courant débiteur, interdit pour un gérant de SARL ou d’EURL.
Le choix entre SASU et EURL n'est pas qu'un sujet juridique. Il impacte directement les cotisations sociales, l'impôt sur le revenu, le traitement des dividendes et le rythme auquel vous pouvez sortir du cash de l'entreprise.
L'EURL est souvent performante quand le dirigeant veut une rémunération mensuelle régulière et accepte la logique TNS. Le poids social est généralement plus léger sur la rémunération récurrente.
La SASU devient intéressante quand les allocations, la souplesse de distribution ou une protection plus proche du salariat comptent. Le salaire coûte plus cher, mais les dividendes gardent un rôle central.
Les paramètres 2026 clés derrière l'arbitrage salaire / dividendes.
| Paramètre | Valeur 2026 |
|---|---|
| Flat tax (PFU) sur dividendes 2026 | 31,4 % |
| dont prélèvements sociaux | 18,6 % |
| dont impôt sur le revenu | 12,8 % |
| IS taux réduit (jusqu’à 42 500 € de bénéfice) | 15 % |
| IS taux normal (au-delà) | 25 % |
| Dividendes EURL soumis aux cotisations TNS | part > 10 % du capital |
Source : flat tax dividendes 31,4 % (LFSS 2026) et barème de l'IS 2026. Indicatif.
En SASU, le président est assimilé salarié : charges sociales plus élevées sur le salaire mais protection proche du salariat, sans assurance chômage. En EURL, le gérant est travailleur non salarié (TNS) : charges plus légères sur la rémunération récurrente mais protection sociale moindre.
Les dividendes relèvent du prélèvement forfaitaire unique (PFU, flat tax) de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de CSG de la LFSS 2026). Une option pour le barème progressif avec abattement de 40 % reste possible.
Pour un gérant majoritaire d'EURL (TNS), la part de dividendes supérieure à 10 % du capital social (primes d'émission et compte courant d'associé inclus) est soumise aux cotisations sociales TNS, contrairement à la SASU où les dividendes échappent aux cotisations.
Cela dépend de votre besoin de revenu régulier, de la protection sociale visée, des allocations chômage (une SASU sans salaire peut conserver l'ARE), de l'ACRE et de l'IS payé en amont. Il n'existe pas de réponse unique.
En SASU, les charges assimilé salarié sont lourdes (de l'ordre de 75 % à 82 % du net en coût complet). En EURL, les charges TNS représentent environ 40 % à 45 % de la rémunération. L'arbitrage dépend du montant sorti.
Oui, il modélise l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %) avant distribution des dividendes. Il reste indicatif : l'ACRE, les autres revenus du foyer et les stratégies de holding ne sont pas modélisés.
ACRE, allocations, autres revenus du foyer, stratégie patrimoniale ou holding peuvent renverser le résultat. Le simulateur donne une direction, pas une doctrine fiscale définitive.
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