Statut juridique et imposition d'un chauffeur de taxi en 2026
EI, EURL ou SASU : quel statut pour un chauffeur de taxi et quelle imposition (BIC, IS, TVA 10 %, accise carburant, protection sociale) ? Notre lecture pour 2026.
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Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : quel statut juridique et quelle imposition pour un chauffeur de taxi ?#
Le statut de chauffeur de taxi se choisit entre entreprise individuelle (micro-BIC ou réel), EURL et SASU. L'imposition relève du BIC à l'impôt sur le revenu en EI et EURL à l'IR, et de l'impôt sur les sociétés en société à l'IS. Le choix dépend du revenu, du financement du véhicule et de la TVA à récupérer.
Le métier reste particulier : vous exploitez une autorisation de stationnement (ADS), au sens de l'article L3121-2 du Code des transports, et vous transportez des personnes à titre onéreux. Cette activité commerciale conditionne le régime fiscal (BIC), le taux de TVA et, point souvent ignoré, un droit à déduction de la TVA sur le véhicule qui n'existe pas pour la plupart des entreprises. Voici comment nous raisonnons dans les dossiers de création.
EI au micro-BIC ou au réel : le premier arbitrage#
L'entreprise individuelle est la voie la plus simple pour démarrer. Deux régimes coexistent.
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire sur les recettes : vous n'avez ni comptabilité d'engagement, ni TVA à gérer si vous restez sous les seuils de franchise. En contrepartie, vous ne déduisez aucune charge réelle (carburant, assurance, entretien, financement du véhicule) et vous ne récupérez pas la TVA. Pour un taxi qui finance un véhicule récent et roule beaucoup, l'abattement forfaitaire est presque toujours inférieur aux charges réellement supportées.
Le réel BIC ouvre la déduction de toutes les charges et, surtout, la récupération de la TVA, y compris sur l'achat du véhicule. C'est le régime que nous recommandons dès qu'il y a un véhicule à financer.
EURL et SASU : passer en société#
Au-delà de l'EI, deux sociétés unipersonnelles reviennent souvent.
L'EURL est imposée au BIC à l'impôt sur le revenu par défaut, avec option possible pour l'IS. Le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS).
La SASU est à l'IS. Le président est assimilé salarié : protection sociale plus étendue, mais cotisations plus lourdes. La rémunération relève des traitements et salaires ; les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
À l'IS, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 euros, puis 25 % au-delà (sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital). La société présente un intérêt réel quand l'ADS a de la valeur, quand vous voulez piloter votre rémunération, ou préparer une transmission.
TVA à 10 % et déduction du véhicule : l'avantage propre au taxi#
Les courses de taxi relèvent du taux réduit de 10 % de TVA (article 279, b quater du CGI), au titre du transport de voyageurs.
Le vrai levier se situe sur le véhicule. Par principe, la TVA sur les voitures particulières n'est pas déductible. Le taxi bénéficie d'une exception : en tant qu'activité de transport public particulier de personnes, la TVA sur l'achat du véhicule est déductible, sous réserve d'une affectation exclusive et d'un statut d'assujetti redevable (BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-20). C'est un argument fort en faveur d'un régime réel plutôt que du micro.
S'ajoute le remboursement partiel de l'accise sur les carburants (ex-TICPE), désormais géré par la DGFiP via le formulaire 3310-TIC. C'est un flux de trésorerie récurrent qu'il faut intégrer dans le prévisionnel.
Protection sociale : TNS ou assimilé salarié#
Le statut social du dirigeant change la donne.
En EI ou en gérance d'EURL, vous êtes TNS : cotisations d'environ 45 % de votre rémunération, couverture correcte mais plus légère, notamment en retraite et en prévoyance.
En SASU, le président est assimilé salarié : meilleure couverture, mais charges sociales sensiblement plus élevées. Le risque sous-estimé tient ici : sans rémunération, l'assimilé salarié ne cotise pas et n'acquiert aucun droit. L'arbitrage rémunération/dividendes doit donc être cadré dès le départ.
Comment choisir : notre lecture#
| Critère | EI (micro ou réel) | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Imposition des bénéfices | BIC à l'IR | BIC à l'IR (option IS) | IS |
| TVA récupérable sur le véhicule | Non en micro, oui au réel | Oui | Oui |
| Statut social du dirigeant | TNS | TNS | Assimilé salarié |
| Dividendes | Sans objet | Selon option | PFU 31,4 % |
| Idéal pour | Démarrage léger | Solo qui veut une structure | Pilotage rémunération, transmission |
Notre logique de décision :
- Démarrage prudent, peu de charges, pas de véhicule à financer : EI au micro-BIC.
- Véhicule à financer et TVA à récupérer : EI au réel ou société.
- ADS de valeur, besoin de protection sociale ou projet de transmission : EURL ou SASU.
Checklist avant de vous lancer#
- Chiffrer vos recettes annuelles et vos charges réelles (carburant, assurance, financement).
- Estimer la valeur de l'ADS et son mode d'acquisition.
- Décider si vous récupérez la TVA sur le véhicule (réel ou société).
- Arbitrer le besoin de protection sociale (TNS ou assimilé salarié).
- Anticiper le remboursement d'accise carburant dans la trésorerie.
- Cadrer votre rémunération avant l'immatriculation.
Le bon statut n'est pas universel : il dépend de votre revenu cible, de la valeur de votre ADS et de votre horizon de transmission. Pour une analyse adaptée à votre situation et au cadre fiscal du métier, notre accompagnement dédié aux chauffeurs de taxi détaille les obligations comptables et les leviers spécifiques au secteur. Cet article informe ; une décision propre à votre dossier suppose l'examen de votre situation et du droit en vigueur.
Questions fréquentes
Un chauffeur de taxi peut-il vraiment récupérer la TVA sur son véhicule ?+
Oui, par exception. Le transport public particulier de personnes échappe à l'exclusion habituelle du droit à déduction sur les voitures particulières, sous réserve d'une affectation exclusive et d'un statut d'assujetti redevable (BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-20). Cela suppose un régime réel, pas le micro.
Micro-BIC ou réel pour un taxi qui débute ?+
Le micro-BIC convient à un démarrage léger sans investissement lourd. Dès qu'il y a un véhicule à financer et de la TVA à récupérer, le réel devient généralement plus avantageux, car l'abattement forfaitaire du micro ne couvre pas les charges réelles d'un taxi.
SASU ou EURL pour un taxi seul ?+
L'EURL place le dirigeant en TNS (cotisations plus légères) ; la SASU en assimilé salarié (meilleure couverture, charges plus lourdes, dividendes au PFU 31,4 %). Le choix se décide sur le besoin de protection sociale, le pilotage de la rémunération et la valeur de l'ADS.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- CGI art. 279 (TVA des transports de voyageurs), Légifrance
- Code des transports art. L3121-2 (autorisation de stationnement), Légifrance
- BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-20 (déduction TVA véhicules, exception transports publics particuliers)
- impots.gouv.fr, accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE), remboursement des taxis
Ce sujet relève de notre mission Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalité
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