Statut juridique et imposition d'un chauffeur de taxi en 2026 : EI, EURL ou SASU ?
EI, EURL ou SASU : quel statut pour un chauffeur de taxi et quelle imposition (BIC, IS, TVA 10 %, accise carburant, protection sociale) ? Notre lecture pour 2026.
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Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Le statut d'un chauffeur de taxi se choisit entre entreprise individuelle (micro-BIC ou réel), EURL et SASU. Les bénéfices sont imposés au BIC à l'impôt sur le revenu en EI et en EURL à l'IR, et à l'impôt sur les sociétés en société à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 euros, puis 25 %). Le choix se joue sur le revenu, le financement du véhicule et la TVA à récupérer, avec un avantage propre au taxi : la déduction de la TVA sur la voiture.
Vous exploitez une autorisation de stationnement (ADS), au sens de l'article L3121-2 du Code des transports, et vous transportez des personnes à titre onéreux. Cette activité commerciale conditionne tout : le régime fiscal (BIC), le taux de TVA, votre statut social et, point que beaucoup de créateurs ignorent, un droit à déduction de la TVA sur le véhicule qui n'existe pas pour la plupart des entreprises. Dans les dossiers de création de taxis, le bon statut ne se décide jamais sur le seul critère de la simplicité administrative : il se raisonne à partir de votre revenu cible, de la valeur de votre ADS et de votre horizon de transmission. Voici comment nous procédons.
EI au micro-BIC ou au réel : le premier arbitrage#
L'entreprise individuelle est la voie la plus simple pour démarrer une activité de taxi. Deux régimes d'imposition coexistent, et le choix entre les deux pèse lourd sur votre trésorerie.
Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire sur vos recettes : vous n'avez ni comptabilité d'engagement à tenir, ni TVA à gérer tant que vous restez sous les seuils de franchise. En contrepartie, vous ne déduisez aucune charge réelle (carburant, assurance, entretien, financement du véhicule) et vous ne récupérez pas la TVA. Pour un taxi qui finance un véhicule récent et qui roule beaucoup, l'abattement forfaitaire est presque toujours inférieur aux charges réellement supportées. Le micro affiche un revenu imposable plus élevé que la réalité économique de votre exploitation.
Le réel BIC ouvre la déduction de toutes vos charges et, surtout, la récupération de la TVA, y compris sur l'achat du véhicule. C'est le régime que nous recommandons dès qu'il y a un véhicule à financer. La contrepartie est une comptabilité plus exigeante, que nous tenons précisément dans le cadre de notre accompagnement comptable pour les chauffeurs de taxi.
Un repère simple pour trancher :
- Vous démarrez sans investissement lourd, avec un véhicule déjà amorti ou loué : le micro-BIC peut suffire la première année.
- Vous achetez ou financez un véhicule, vous roulez à plein temps : le réel devient presque toujours plus favorable.
EURL et SASU : quand passer en société ?#
Au-delà de l'EI, deux sociétés unipersonnelles reviennent souvent dans nos dossiers de taxi. Le choix entre elles n'est pas qu'une question fiscale : il engage votre protection sociale pour des années.
L'EURL est imposée au BIC à l'impôt sur le revenu par défaut, avec option possible pour l'IS. Le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS). Cette forme convient au chauffeur seul qui veut une structure sans alourdir ses cotisations.
La SASU est à l'IS. Le président est assimilé salarié : protection sociale plus étendue, mais cotisations plus lourdes. La rémunération relève des traitements et salaires ; les dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %.
À l'IS, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 euros, puis 25 % au-delà (sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital). La société présente un intérêt réel quand l'ADS a de la valeur, quand vous voulez piloter votre rémunération entre salaire et dividendes, ou quand vous préparez une transmission. Pour aller plus loin sur ce point, notre comparatif sur les démarches de création d'entreprise détaille le coût et le calendrier de chaque forme.
Pourquoi la TVA à 10 % et la déduction du véhicule changent tout#
Les courses de taxi relèvent du taux réduit de 10 % de TVA, au titre du transport de voyageurs (article 279, b quater du CGI). Vous facturez donc vos clients avec une TVA modérée, ce qui limite l'effet prix par rapport au taux normal.
Le vrai levier se situe sur le véhicule. Par principe, la TVA sur les voitures particulières n'est pas déductible : c'est une exclusion bien connue de toutes les entreprises. Le taxi bénéficie d'une exception. En tant qu'activité de transport public particulier de personnes, la TVA sur l'achat du véhicule est déductible, sous réserve d'une affectation exclusive à l'activité et d'un statut d'assujetti redevable (BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-20). Sur un véhicule neuf, cette récupération représente une somme significative, immédiatement utile à votre trésorerie. C'est l'argument le plus fort en faveur d'un régime réel plutôt que du micro.
S'ajoute le remboursement partiel de l'accise sur les carburants (ex-TICPE), désormais géré par la DGFiP via le formulaire 3310-TIC. Pour un chauffeur qui roule à plein temps, c'est un flux de trésorerie récurrent qu'il faut intégrer dès le prévisionnel, et que le micro-BIC ne permet pas d'optimiser de la même façon.
Conseil Hayot Expertise. Avant tout achat de véhicule, vérifiez votre régime de TVA. Acheter au micro, puis basculer au réel l'année suivante, vous fait perdre une récupération de TVA que vous ne rattraperez pas intégralement. L'ordre des décisions compte autant que les décisions elles-mêmes.
Protection sociale : TNS ou assimilé salarié ?#
Le statut social du dirigeant change la donne, et c'est souvent le point que les créateurs sous-estiment le plus.
En EI ou en gérance d'EURL, vous êtes TNS : des cotisations d'environ 45 % de votre rémunération, une couverture correcte mais plus légère, notamment en matière de retraite et de prévoyance. L'avantage est le coût ; la limite est la protection en cas d'arrêt long.
En SASU, le président est assimilé salarié : meilleure couverture, mais charges sociales sensiblement plus élevées. Le risque sous-estimé tient ici : sans rémunération versée, l'assimilé salarié ne cotise pas et n'acquiert aucun droit, notamment à la retraite. L'arbitrage entre rémunération et dividendes doit donc être cadré dès le départ, et non improvisé en fin d'exercice.
Notre analyse d'expert-comptable#
Dans un dossier récent, un chauffeur de taxi venait de racheter une ADS de valeur et envisageait de financer un véhicule neuf. Il était parti par défaut sur le micro-BIC, séduit par l'absence de comptabilité. En reconstituant son prévisionnel, le calcul était sans appel : entre la TVA non récupérée sur le véhicule, l'accise carburant non optimisée et l'abattement forfaitaire qui ne couvrait pas ses charges réelles, le micro lui coûtait nettement plus cher que le réel sur la première année. Nous l'avons basculé au réel BIC avant l'achat du véhicule, ce qui a sécurisé la déduction de TVA.
Notre lecture est constante : pour un taxi qui investit dans son outil de travail, la question n'est pas "micro ou réel", mais "réel à l'IR ou société à l'IS". Le micro reste pertinent uniquement pour un démarrage très léger, sans véhicule à financer et sans ADS de valeur. Dès qu'il y a un actif (le véhicule, l'autorisation de stationnement), la logique du réel s'impose, et le passage en société se discute selon votre besoin de protection sociale et votre projet de transmission.
Comment choisir : tableau récapitulatif#
| Critère | EI (micro ou réel) | EURL | SASU |
|---|---|---|---|
| Imposition des bénéfices | BIC à l'IR | BIC à l'IR (option IS) | IS |
| TVA récupérable sur le véhicule | Non en micro, oui au réel | Oui | Oui |
| Statut social du dirigeant | TNS | TNS | Assimilé salarié |
| Cotisations (ordre de grandeur) | Environ 45 % de la rémunération | Environ 45 % de la rémunération | Plus élevées, base salaire |
| Dividendes | Sans objet | Selon option | PFU 31,4 % |
| Idéal pour | Démarrage léger | Solo qui veut une structure | Pilotage rémunération, transmission |
Notre logique de décision se résume en trois cas :
- Démarrage prudent, peu de charges, pas de véhicule à financer : EI au micro-BIC.
- Véhicule à financer et TVA à récupérer : EI au réel ou société.
- ADS de valeur, besoin de protection sociale ou projet de transmission : EURL ou SASU.
Cas particuliers à connaître#
Quelques situations méritent un examen spécifique, car elles modifient l'équation fiscale ou sociale.
- Reprise d'une ADS valorisée. Si vous rachetez une autorisation de stationnement, sa valeur entre dans votre patrimoine professionnel et pèse sur le choix de la structure et sur une future transmission. Notre guide sur l'achat d'une licence de taxi et son amortissement détaille le traitement comptable de l'ADS.
- Activité conventionnée avec l'Assurance maladie. Le transport assis de patients change votre mix de clientèle et vos contraintes de facturation, comme nous l'expliquons dans notre article sur le taxi conventionné CPAM.
- Hésitation entre taxi et VTC. Le régime fiscal de base est proche, mais l'ADS, la TVA et le remboursement d'accise distinguent nettement les deux métiers. Si vous arbitrez encore, consultez notre comparatif pour devenir chauffeur VTC.
- Pilotage de la rémunération en société. En SASU comme en EURL à l'IS, l'arbitrage salaire/dividendes doit être chiffré chaque année avec votre expert-comptable spécialisé en fiscalité.
Points de vigilance#
- Acheter un véhicule avant d'avoir choisi son régime de TVA fait perdre une récupération difficile à rattraper.
- Le micro-BIC masque souvent un revenu imposable supérieur à la réalité pour un taxi qui supporte de vraies charges.
- En SASU, l'absence de rémunération versée n'ouvre aucun droit social : la couverture annoncée ne vaut que si vous vous payez.
- Le remboursement d'accise carburant est un flux récurrent à intégrer au prévisionnel, pas un bonus accessoire.
- La valeur de l'ADS doit être anticipée dès la création, car elle conditionne la structure et la transmission.
Checklist avant de vous lancer#
- Chiffrer vos recettes annuelles et vos charges réelles (carburant, assurance, financement).
- Estimer la valeur de l'ADS et son mode d'acquisition.
- Décider si vous récupérez la TVA sur le véhicule (réel ou société).
- Arbitrer le besoin de protection sociale (TNS ou assimilé salarié).
- Anticiper le remboursement d'accise carburant dans la trésorerie.
- Cadrer votre rémunération avant l'immatriculation.
Le bon statut n'est pas universel : il dépend de votre revenu cible, de la valeur de votre ADS et de votre horizon de transmission. Pour une analyse adaptée à votre situation et au cadre fiscal du métier, notre cabinet d'expertise comptable à Paris 8 construit avec vous le prévisionnel et sécurise le choix de structure. Cet article informe ; une décision propre à votre dossier suppose l'examen de votre situation et du droit en vigueur.
Questions fréquentes
Un chauffeur de taxi peut-il vraiment récupérer la TVA sur son véhicule ?+
Oui, par exception. Le transport public particulier de personnes échappe à l'exclusion habituelle du droit à déduction sur les voitures particulières, sous réserve d'une affectation exclusive et d'un statut d'assujetti redevable, conformément au BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-20. Cela suppose un régime réel, pas le micro.
Micro-BIC ou réel pour un taxi qui débute ?+
Le micro-BIC convient à un démarrage léger sans investissement lourd. Dès qu'il y a un véhicule à financer et de la TVA à récupérer, le réel devient généralement plus avantageux, car l'abattement forfaitaire du micro ne couvre pas les charges réelles d'un taxi.
SASU ou EURL pour un taxi seul ?+
L'EURL place le dirigeant en TNS, avec des cotisations plus légères. La SASU le place en assimilé salarié, avec une meilleure couverture mais des charges plus lourdes et des dividendes au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Le choix se décide sur le besoin de protection sociale, le pilotage de la rémunération et la valeur de l'ADS.
Quel taux de TVA s'applique aux courses de taxi en 2026 ?+
Les courses de taxi relèvent du taux réduit de 10 %, au titre du transport de voyageurs prévu à l'article 279, b quater du Code général des impôts. Ce taux s'applique aux recettes de transport, indépendamment de la forme juridique choisie.
Comment fonctionne le remboursement de l'accise sur le carburant des taxis ?+
Les taxis bénéficient d'un remboursement partiel de l'accise sur les produits pétroliers, anciennement appelée TICPE. La demande se fait auprès de la DGFiP via le formulaire 3310-TIC. C'est un flux de trésorerie récurrent qu'il faut anticiper dans le prévisionnel, accessible sous un régime réel.
Faut-il créer une société dès le départ pour exercer comme taxi ?+
Non, ce n'est pas obligatoire. Beaucoup de chauffeurs démarrent en entreprise individuelle au réel. Le passage en EURL ou en SASU se justifie surtout quand l'autorisation de stationnement a de la valeur, quand vous voulez piloter votre rémunération ou préparer une transmission.
À retenir#
- Trois statuts possibles pour un taxi : entreprise individuelle (micro-BIC ou réel), EURL et SASU, avec une imposition au BIC à l'IR ou à l'IS selon la forme.
- L'avantage propre au taxi est la déduction de la TVA sur le véhicule, possible au réel et en société, mais pas au micro-BIC.
- Les courses sont soumises à la TVA à 10 % (article 279, b quater du CGI), et le remboursement d'accise carburant est un flux à intégrer au prévisionnel.
- À l'IS, le bénéfice est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 euros, puis 25 %, avec des dividendes au PFU de 31,4 % en SASU.
- Le statut social oppose le TNS (cotisations légères, couverture plus limitée) à l'assimilé salarié (meilleure couverture, charges plus lourdes).
- Le bon choix dépend de votre revenu cible, de la valeur de votre ADS et de votre horizon de transmission, et mérite un chiffrage avant l'immatriculation.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- CGI art. 279 (TVA des transports de voyageurs), Légifrance
- Code des transports art. L3121-2 (autorisation de stationnement), Légifrance
- BOFiP BOI-TVA-DED-30-30-20 (déduction TVA véhicules, exception transports publics particuliers)
- impots.gouv.fr, accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE), remboursements des taxis
- impots.gouv.fr, taux d'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 euros, puis 25 %)
- entreprendre.service-public.fr, choisir le statut juridique de son entreprise
- urssaf.fr, cotisations du travailleur indépendant (TNS)
Ce sujet relève de notre mission Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalité
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