Rapport du commissaire aux apports : contenu, délais et dépôt
Structure type du rapport du commissaire aux apports, ce qu'il certifie (la non-surévaluation), délais de mission et circuit de dépôt au greffe.
Ce sujet relève de notre mission
Commissaire aux apports à Paris | Hayot Expertise (H2A)Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide#
Le rapport du commissaire aux apports est le document dans lequel un commissaire aux comptes indépendant décrit chaque apport en nature, expose les méthodes d'évaluation utilisées et conclut que la valeur retenue n'est pas surévaluée. Il est annexé aux statuts lors d'une constitution, ou déposé au greffe lors d'une augmentation de capital. La mission prend en pratique de une à trois semaines, pour un coût qui démarre à 1 200 EUR HT au cabinet.
À quoi sert le rapport du commissaire aux apports ?#
Quand une société reçoit un apport en nature (un fonds de commerce, des titres, du matériel, un immeuble, une créance), la valeur inscrite au capital ne repose pas sur un prix de marché constaté : elle repose sur une déclaration. Le rapport du commissaire aux apports vient sécuriser cette déclaration, dans l'intérêt de deux publics.
Les tiers, d'abord : créanciers et partenaires de la société lisent le capital social comme un gage. Un apport surévalué gonfle artificiellement ce gage. C'est pour eux que le législateur impose un contrôle indépendant dans les sociétés par actions, sur le fondement de l'article L. 225-147 du Code de commerce pour les augmentations de capital.
Les associés, ensuite : celui qui apporte un bien surévalué prend une part du capital au détriment des autres. Le rapport objective la discussion entre associés au moment précis où elle est la plus sensible.
En SARL, le texte de référence est l'article L. 223-9 du Code de commerce ; en SAS, l'article L. 227-1 renvoie au régime des sociétés par actions. Dans ces deux formes, les associés peuvent, à la constitution, décider à l'unanimité de se passer du commissaire si aucun apport ne dépasse 30 000 EUR et si le total des apports en nature reste inférieur à la moitié du capital ; la contrepartie est lourde : ils restent solidairement responsables pendant 5 ans de la valeur qu'ils ont retenue. Les cas d'obligation et de dispense sont détaillés dans notre guide du commissaire aux apports et, forme par forme, dans notre article commissaire aux apports en SAS ou SARL.
Que contient le rapport, section par section ?#
Il n'existe pas de formulaire officiel : chaque rapport est construit par son signataire, qui engage sa responsabilité. La pratique professionnelle a néanmoins stabilisé une structure que l'on retrouve dans la quasi-totalité des dossiers.
1. Le contexte et la désignation#
Le rapport s'ouvre sur le cadre de la mission : identité de la société bénéficiaire, opération concernée (constitution, augmentation de capital), mode de désignation du commissaire (décision des associés ou ordonnance du président du tribunal de commerce), et référence aux textes applicables.
2. La description de chaque apport#
Chaque bien apporté est décrit précisément : nature, origine de propriété, situation juridique (le bien est-il libre de tout gage ou nantissement ?), et conditions de l'apport prévues dans le projet de statuts ou le traité d'apport. Un apport de titres précise la société émettrice, le nombre de titres et les droits attachés ; un apport de fonds de commerce détaille les éléments incorporels et corporels transmis.
3. Les méthodes d'évaluation utilisées#
Le commissaire expose la ou les méthodes retenues par les parties et celles qu'il a lui-même mises en oeuvre pour les contrôler : approche par la rentabilité, comparables, actif net, barème professionnel selon la nature du bien. Il indique les données sur lesquelles il s'est appuyé. Pour comprendre ces méthodes en détail, notre guide de l'évaluation d'entreprise les développe avec leurs conditions d'usage ; pour un apport de titres à une holding, notre article dédié à l'apport de titres à une holding traite les particularités de l'opération.
4. Les diligences réalisées#
Le rapport décrit ce que le commissaire a réellement fait : documents examinés, entretiens conduits, contrôles opérés sur la propriété et sur la valeur, éventuels experts consultés. Cette section fait la différence entre un rapport solide et un rapport de complaisance ; c'est elle que lira un juge en cas de contentieux ultérieur.
5. La conclusion#
La conclusion est calibrée par les textes : le commissaire apprécie, sous sa responsabilité, que la valeur des apports n'est pas surévaluée. Le cas échéant, il assortit sa conclusion de réserves ou d'observations (par exemple sur une hypothèse de valorisation fragile ou une condition suspensive non levée).
Ce que le commissaire certifie, et ce qu'il ne certifie pas#
C'est le point le plus mal compris du dispositif. Le commissaire aux apports ne certifie pas que la valeur retenue est la valeur exacte du bien, ni que l'opération est opportune. Sa conclusion porte sur la non-surévaluation : la valeur retenue par les parties ne dépasse pas ce que les diligences permettent de justifier.
Concrètement, un apport volontairement retenu pour une valeur prudente, inférieure à la fourchette d'évaluation, n'appelle aucune réserve. À l'inverse, une valeur au sommet d'une fourchette mal documentée déclenchera des demandes de justification, une réserve, voire une conclusion défavorable. Le rapport ne remplace pas non plus une évaluation de convenance entre les parties : il la contrôle.
Délais et circuit de dépôt#
En pratique, la mission complète (collecte des pièces, diligences, rédaction, signature) prend de une à trois semaines selon la complexité de l'apport et la qualité du dossier transmis. Le circuit du rapport dépend ensuite de l'opération :
- Constitution : le rapport est annexé aux statuts, que chaque associé signe en connaissance de cause.
- Augmentation de capital : le rapport est déposé au greffe du tribunal de commerce et tenu à la disposition des associés avant l'assemblée qui statue sur l'apport.
Le calendrier de l'opération doit donc intégrer la mission du commissaire en amont : un rapport signé la veille de l'assemblée est le symptôme d'un dossier mal préparé. La liste des pièces à réunir figure dans notre article sur la documentation de la mission de commissariat aux apports.
Pourquoi un modèle de rapport générique ne passe pas#
La recherche d'un « modèle de rapport de commissaire aux apports » est fréquente, et on comprend pourquoi : le formalisme rassure. Mais elle repose sur un malentendu. Le rapport n'est pas un formulaire à compléter : c'est l'expression écrite de diligences réellement conduites par un professionnel inscrit, qui engage sa responsabilité civile et disciplinaire en signant.
Un modèle générique produit mécaniquement des rapports dont la section « diligences » ne correspond à rien, et dont la conclusion n'est pas étayée. En cas de difficulté ultérieure (contestation d'un associé, procédure collective, contrôle fiscal sur la valeur d'apport), c'est précisément cette correspondance entre les diligences décrites et le travail réel qui sera examinée. La structure décrite plus haut est un cadre de lecture, pas un gabarit à recopier : chaque apport commande ses propres contrôles.
Combien coûte le rapport ?#
Les honoraires suivent la complexité de l'apport : nature du bien, qualité de la documentation, nombre d'apports, délais demandés. Au cabinet, une mission de commissariat aux apports démarre à 1 200 EUR HT pour une opération simple. Le devis est établi avant la lettre de mission, sur la base du projet d'opération et des pièces disponibles. Le détail de la mission, les délais et les questions fréquentes sont sur notre page commissaire aux apports à Paris.
Notre lecture#
Le rapport de commissaire aux apports est souvent vécu comme une formalité qui ralentit l'opération. Sur les dossiers du cabinet, c'est l'inverse qui se vérifie : le rapport bien préparé accélère la suite. Il fige une valeur argumentée au moment où tout le monde est encore d'accord, il protège les associés minoritaires, et il constitue une pièce de référence le jour où l'administration s'interroge sur la valeur d'apport.
Samuel Hayot, expert-comptable et commissaire aux comptes inscrit à la CNCC, signe ces rapports pour des constitutions et des augmentations de capital. Le meilleur conseil tient en une phrase : venez avec un dossier documenté (titres de propriété, comptes, éléments de valorisation), et la mission tiendra dans la fourchette basse des délais et des honoraires.
Questions fréquentes
Qui rédige le rapport du commissaire aux apports ?+
Un commissaire aux comptes inscrit, désigné comme commissaire aux apports pour l'opération, soit par décision des associés, soit par ordonnance du président du tribunal de commerce. Ni l'expert-comptable habituel de la société (sauf s'il est lui-même commissaire aux comptes et indépendant de la société), ni un conseil des parties ne peuvent signer ce rapport.
Le rapport est-il public ?+
Lors d'une constitution, il est annexé aux statuts déposés au greffe ; lors d'une augmentation de capital, il est déposé au greffe avant l'assemblée. Dans les deux cas, il devient consultable via le dossier de la société au registre du commerce.
Que se passe-t-il si les associés retiennent une valeur supérieure à celle du rapport ?+
Ils le peuvent, mais ils en portent la responsabilité : la valeur retenue s'écarte alors de la conclusion du commissaire, et les associés répondent de la surévaluation éventuelle. En pratique, s'écarter du rapport à la hausse est un signal d'alerte pour tout tiers qui lira le dossier.
Combien de temps faut-il prévoir pour obtenir le rapport ?+
De une à trois semaines en pratique, dossier complet en main. Le délai réel dépend surtout de la disponibilité des pièces : titres de propriété, comptes récents, éléments de valorisation. Un dossier incomplet allonge la mission bien plus que la complexité du bien apporté.
Peut-on se passer du rapport ?+
À la constitution d'une SARL ou d'une SAS seulement, par décision unanime des associés, si aucun apport ne dépasse 30 000 EUR et si le total des apports en nature reste inférieur à la moitié du capital. La contrepartie est la responsabilité solidaire des associés pendant 5 ans sur la valeur retenue. Hors de ce cas, le rapport est obligatoire. Un apport en nature à préparer ? Contactez le cabinet pour un devis de commissariat aux apports : désignation, diligences, rapport et dépôt, avec un calendrier posé dès le premier échange.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
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