Introduction : évaluer, ce n'est pas deviner un prix#
En bref : évaluer une entreprise, c'est estimer sa valeur économique en croisant plusieurs méthodes - patrimoniale (actif net corrigé), multiples de résultat (EBE, EBITDA) et flux de trésorerie actualisés (DCF). Le résultat est une fourchette argumentée, pas un chiffre unique, et cette valeur n'est pas le prix, qui se fixe en négociation. Pour une PME rentable, on combine le plus souvent un multiple d'EBE (4 à 7x selon le secteur en 2026) et un DCF, puis on déduit la dette nette pour obtenir la valeur des titres.
L'évaluation d'entreprise fascine autant qu'elle inquiète. Beaucoup de dirigeants veulent connaître " la valeur " de leur société comme s'il existait un chiffre unique, stable et incontestable. En pratique, ce n'est jamais aussi simple. Une évaluation n'est ni un trophée, ni un exercice purement théorique : c'est une base de négociation, un outil de gouvernance et, souvent, le point de départ d'une opération sensible (cession, transmission, entrée d'investisseur, litige).
Ce guide s'adresse à la fois à celui qui veut comprendre combien vaut son entreprise, à celui qui prépare une mission d'évaluation (vendeur, acheteur, dirigeant, conseil) et à celui qui doit commander un rapport d'évaluation sans se faire raconter d'histoires. Vous y trouverez les méthodes, les formules, les barèmes par secteur, la fiscalité 2026 qui en découle, le déroulé concret d'une mission et son coût. L'objectif : vous donner de quoi produire (ou exiger) une évaluation crédible et défendable.
Première idée à intégrer : la valeur n'est pas le prix. La valeur résulte d'une analyse économique ; le prix résulte d'une négociation, d'un rapport de force et d'un contexte. Une évaluation sérieuse produit une fourchette argumentée, pas un nombre magique.
À retenir : qui peut évaluer une entreprise ? Le dirigeant lui-même pour un premier ordre de grandeur, mais une évaluation opposable (cession, donation, litige) se construit avec un expert-comptable ou un évaluateur, sur la base de comptes retraités et de plusieurs méthodes croisées. Le coût va de quelques centaines d'euros pour un avis de valeur à plusieurs milliers pour un rapport structuré (voir la section dédiée).
1. Pourquoi et quand évalue-t-on une entreprise ?#
On n'évalue jamais " dans l'absolu ". On évalue pour quelque chose, et ce contexte détermine la base de valeur retenue. Confondre les contextes, c'est produire un chiffre inutilisable.
| Contexte | Finalité | Base de valeur dominante |
|---|---|---|
| Cession / acquisition | Fixer une fourchette de négociation | Valeur de marché (multiples, DCF) |
| Transmission familiale, donation, succession | Calculer les droits de mutation | Valeur vénale (regard de l'administration) |
| Entrée / sortie d'associé | Fixer un prix d'entrée ou de retrait | Valeur intrinsèque + décotes/primes |
| Apport en société, fusion | Rémunérer l'apport en titres | Valeur réelle, sous contrôle du commissaire aux apports |
| Apport-cession (holding) | Reporter l'imposition de la plus-value | Valeur réelle à la date d'apport |
| Augmentation de capital | Fixer le prix d'émission, la dilution | Valeur pre-money / post-money |
| Compte courant d'associé, management package | Calibrer une rémunération en capital | Valeur de référence cohérente avec le marché |
| Litige, divorce, expropriation, garantie | Trancher un différend, indemniser | Valeur " à dire d'expert ", contradictoire |
| Assurance homme-clé, gouvernance | Mesurer un risque, piloter | Valeur de continuité d'exploitation |
La même société peut donc valoir différemment selon l'opération. Ce n'est pas une incohérence : c'est une réalité de marché. Une participation minoritaire sans liquidité ne vaut pas la même chose qu'un bloc de contrôle ; une valeur retenue par l'administration fiscale pour une donation n'est pas un prix de marché négocié.
Trois grandes bases de valeur structurent toute mission :
- la valeur vénale (le prix probable qu'un acheteur normalement informé accepterait de payer dans des conditions de marché) - c'est la référence de l'administration fiscale ;
- la valeur d'utilité (ce que vaut l'entreprise pour un acquéreur particulier, synergies comprises) ;
- la juste valeur comptable, utilisée dans certains retraitements et regroupements.
2. Valeur ou prix, valeur d'entreprise ou valeur des titres : le vocabulaire qui évite les erreurs#
Avant toute méthode, il faut poser un vocabulaire précis. C'est souvent là, et non dans les calculs, que naissent les désaccords.
Valeur d'entreprise (VE) et valeur des titres (VT)#
La plupart des méthodes par le marché ou par les flux donnent d'abord une valeur d'entreprise (VE) : la valeur de l'outil économique, indépendamment de la façon dont il est financé. Or ce que l'on achète ou vend, ce sont des titres (actions, parts), c'est-à-dire une valeur des titres (VT), aussi appelée valeur des capitaux propres.
Le passage de l'une à l'autre est mécanique mais décisif :
VT = VE - dette financière nette + ajustements
avec dette financière nette = dettes financières - trésorerie disponible. On corrige aussi du BFR normatif (voir section 3), des éléments hors exploitation (immobilier non utile, participations, trésorerie excédentaire) et des engagements (provisions, litiges, retraites). Ce " pont " entre VE et VT, appelé equity bridge, est la première cause d'écart entre l'offre d'un acheteur et l'attente d'un vendeur. Nous le détaillons dans l'article Ajustement du prix de cession : dette nette et BFR normatif.
Primes et décotes#
Une valeur " brute " se corrige selon la nature des titres cédés :
- prime de contrôle : prendre le contrôle (acquérir la majorité, nommer les dirigeants, décider de la distribution) vaut davantage qu'une participation passive ;
- décote de minorité : à l'inverse, un minoritaire subit les décisions des autres et mérite une décote ;
- décote d'illiquidité : des titres de société non cotée ne se revendent pas en un clic ; cette absence de marché justifie une décote, souvent de 10 à 30 % selon les situations, admise dans son principe par l'administration elle-même.
Ne jamais confondre valorisation pre-money (avant l'argent investi), post-money (après) et prix de cession : ce sont trois notions distinctes que les dossiers mélangent en permanence.
3. Les retraitements préalables : le socle que tout le monde bâcle#
Aucune méthode n'est fiable sur des comptes bruts. Avant de valoriser, on retraite les comptes pour faire apparaître la capacité bénéficiaire normative de l'entreprise : ce qu'elle gagne réellement, hors éléments exceptionnels, hors choix de gestion du dirigeant, hors structure de financement.
C'est l'étape la plus technique et la plus négligée. Une évaluation qui part d'un EBE non retraité est fausse dès la première ligne.
De l'EBE comptable à l'EBE normatif#
| Poste | Retraitement courant | Effet |
|---|---|---|
| Rémunération du dirigeant | Ramener à une rémunération de marché pour la fonction | Augmente l'EBE si le dirigeant se sous-paie, le baisse s'il se sur-paie |
| Loyers / immobilier | Neutraliser un loyer hors marché entre le dirigeant et sa SCI | Normalise la rentabilité d'exploitation |
| Éléments non récurrents | Retirer produits et charges exceptionnels (litige gagné, cession d'actif, subvention ponctuelle) | Isole le résultat reproductible |
| Crédit-bail | Retraiter en immobilisation + dette | Comparabilité avec une entreprise propriétaire |
| Provisions et stocks | Vérifier la réalité des provisions, la valorisation des stocks | Évite de survaloriser un actif fictif |
| Charges du dirigeant " mixtes " | Réintégrer véhicule, frais, avantages non strictement professionnels | Donne l'EBE réellement transférable |
À retenir : l'EBE (excédent brut d'exploitation) est l'équivalent français de l'EBITDA. Pour une évaluation rapide, les deux sont souvent utilisés de façon interchangeable, mais l'EBE part de la comptabilité française et impose ces retraitements. Nous détaillons l'exercice dans EBITDA vs EBE : les retraitements de valorisation.
Le BFR normatif et la dette nette#
Deux chiffres font basculer une négociation :
- le besoin en fonds de roulement (BFR) normatif : le niveau de BFR " normal " pour faire tourner l'activité. Si l'entreprise est livrée avec un BFR inférieur à la normale, l'acheteur devra le recompléter de sa poche : il l'exigera en baisse de prix ;
- la dette financière nette à la date de cession, qui se déduit de la VE pour obtenir la VT.
Un exemple simple : une PME valorisée 5 M EUR en valeur d'entreprise, avec 1,2 M EUR de dettes financières et 0,3 M EUR de trésorerie, vaut 5 - (1,2 - 0,3) = 4,1 M EUR en valeur des titres. Si le BFR livré est inférieur de 0,2 M EUR à la normale, l'acheteur réclamera 3,9 M EUR.
4. Comment évaluer une entreprise ? Les grandes méthodes (formules et exemples chiffrés)#
Il n'existe pas une méthode unique mais trois familles que l'on combine avec jugement. Une évaluation sérieuse en croise toujours au moins deux.
4.1 L'approche patrimoniale : actif net comptable corrigé (ANCC) et goodwill#
L'approche patrimoniale part du bilan : que vaut l'entreprise si l'on additionne ses actifs réels et que l'on retranche ses dettes réelles ?
On part de l'actif net comptable (ANC) = capitaux propres comptables. On le corrige pour obtenir l'actif net comptable corrigé (ANCC) : réévaluation des immobilisations (immobilier à sa valeur de marché), correction des stocks et créances douteuses, prise en compte des plus-values latentes et des impôts différés, intégration des engagements hors bilan.
ANCC = actifs réévalués - dettes réelles - fiscalité latente
Cette approche convient aux sociétés patrimoniales (immobilier, holdings, industries lourdes) mais sous-estime les entreprises dont la valeur tient au fonds de commerce, à la clientèle et au savoir-faire - des actifs immatériels souvent absents du bilan. D'où la notion de goodwill (ou survaleur) : la différence entre la valeur de rentabilité et l'actif net corrigé.
Méthode de la rente du goodwill (rente abrégée) : on mesure le surprofit que l'entreprise dégage au-delà de la rémunération " normale " de ses capitaux, puis on l'actualise.
Goodwill = (capacité bénéficiaire - i x ANCC) actualisé sur n années
où i est le taux de rémunération normal des capitaux et n un horizon court (3 à 8 ans). La valeur finale est alors Valeur = ANCC + Goodwill.
Exemple : ANCC = 800 000 EUR ; capacité bénéficiaire normative = 150 000 EUR ; taux de rémunération normal i = 6 %. Surprofit annuel = 150 000 - (6 % x 800 000) = 150 000 - 48 000 = 102 000 EUR. Actualisé sur 5 ans (coefficient d'actualisation d'environ 4,2 à 8 %), le goodwill vaut environ 428 000 EUR, soit une valeur totale d'environ 1,23 M EUR.
4.2 L'approche comparative : les multiples de marché#
C'est la méthode la plus utilisée : plus de 80 % des transactions de PME de moins de 50 M EUR reposent sur un multiple. Le principe : appliquer à un agrégat de l'entreprise (CA, EBE, EBITDA, EBIT, résultat net) un multiple observé sur des transactions comparables.
VE = multiple x agrégat (puis VE - dette nette = VT)
- multiple de CA : pour les activités jeunes ou à faible marge, ou par usage sectoriel (fonds de commerce) ;
- multiple d'EBE / EBITDA : la référence pour une PME rentable ;
- multiple d'EBIT : tient compte des amortissements (entreprises capitalistiques) ;
- multiple de résultat net (PER) : surtout pour les sociétés cotées ;
- multiple d'ARR / MRR : pour les éditeurs SaaS, valorisés sur le revenu récurrent.
Le multiple n'est pas " vu sur internet " : il se construit à partir d'un échantillon de comparables (taille, secteur, croissance, marges proches), dont on retient la médiane, ajustée du profil de risque. En 2026, le multiple moyen d'EBITDA en France tourne autour de 5,5x, avec une dispersion considérable selon les secteurs (voir la section Barèmes). Pour aller plus loin : Multiples de valorisation par secteur : benchmarks 2026.
Exemple : PME industrielle, EBE normatif 600 000 EUR, multiple sectoriel retenu 5,5x. VE = 3,3 M EUR. Dette nette 0,7 M EUR. VT = 2,6 M EUR.
4.3 L'approche par les flux : le DCF (discounted cash flows)#
Le DCF valorise l'entreprise par les flux de trésorerie futurs qu'elle est capable de générer, actualisés à un taux qui reflète le risque. C'est la méthode la plus rigoureuse intellectuellement, et la plus sensible aux hypothèses.
Trois ingrédients :
- Projection des flux de trésorerie disponibles (free cash flows) sur un horizon explicite (souvent 5 ans) : résultat d'exploitation après impôt + amortissements - investissements - variation du BFR.
- Le taux d'actualisation = coût moyen pondéré du capital (CMPC ou WACC) :
CMPC = Ke x Cp/(Cp+D) + Kd x (1 - IS) x D/(Cp+D)
où Ke est le coût des fonds propres (via le MEDAF : Ke = taux sans risque + bêta x prime de risque de marché, majoré d'une prime de taille et d'illiquidité pour une PME), Kd le coût de la dette, Cp les capitaux propres, D la dette.
- La valeur terminale (au-delà de l'horizon explicite), souvent par la formule de Gordon-Shapiro :
Valeur terminale = flux normatif x (1 + g) / (CMPC - g)
où g est le taux de croissance à l'infini (prudent : 1 à 2 %).
La VE est la somme des flux actualisés + la valeur terminale actualisée ; on en déduit la VT. Le DCF exige une analyse de sensibilité : faire varier le CMPC et g de +/- 1 point change la valeur de 20 à 40 %. Un DCF sans tableau de sensibilité n'est pas un DCF, c'est une opinion déguisée.
4.4 L'approche par le rendement et la capitalisation des résultats#
Pour les sociétés à résultats stables, on capitalise un bénéfice normatif ou un dividende : Valeur = bénéfice normatif / taux de capitalisation. Proche dans l'esprit du multiple inverse, cette approche éclaire la cohérence d'ensemble et sert souvent de méthode de contrôle.
4.5 Pondérer, ne pas additionner#
L'erreur classique consiste à faire la moyenne des méthodes. Le bon réflexe est la pondération par un faisceau d'indices : on retient la ou les méthodes les plus pertinentes pour le contexte (patrimoniale pour une foncière, multiples + DCF pour une PME rentable, comparables de levées pour une startup), on explique les écarts, et on réconcilie vers une fourchette. La valeur finale est une synthèse argumentée, pas une moyenne arithmétique.
5. Quels sont les barèmes d'évaluation par secteur ?#
C'est la section que tout le monde cherche - et celle qui mérite le plus de prudence. Un barème est un usage professionnel (ou administratif) qui exprime la valeur d'un fonds en pourcentage du chiffre d'affaires ou en multiple d'EBE. Il donne un ordre de grandeur, utile pour un premier cadrage ou pour challenger une autre méthode.
Important : un barème n'a aucune valeur juridique contraignante. Il est indicatif et non opposable. Deux fonds du même secteur, avec le même CA, peuvent valoir du simple au double selon l'emplacement, la rentabilité, le bail, la dépendance au dirigeant et la qualité des comptes. Un fonds peu rentable se valorise en bas de fourchette, voire en dessous.
5.1 Barèmes professionnels par secteur (% du CA et multiple d'EBE)#
Le tableau ci-dessous synthétise des fourchettes indicatives observées sur le marché français (cessions 2025-2026). Les pourcentages de CA varient selon les sources et la base retenue (HT ou TTC) : à manier comme un repère, pas comme un calcul.
| Secteur | Barème usuel (% du CA) | Multiple d'EBE / EBITDA | Points de vigilance |
|---|---|---|---|
| Boulangerie-pâtisserie | 40 à 100 % du CA HT (jusqu'à ~135 % TTC pour un bon fonds) | 2,5 à 4x EBE | Logement, matériel, emplacement |
| Restaurant traditionnel | 50 à 100 % du CA HT (40 à 120 % selon notoriété) | 2,5 à 4,5x EBE | Bail commercial, licence, emplacement |
| Restauration rapide / franchise | - | 3 à 5x EBE | Prime aux concepts multi-sites |
| Bar / débit de boissons | 40 à 120 % du CA HT | 2,5 à 4x EBE | Licence IV |
| Café-tabac | 80 à 140 % du CA HT (tabletterie) | - | Gérance tabac valorisée à part (2 à 4x la remise nette) |
| Hôtellerie indépendante | 160 à 320 % du CA hébergement HT | 5 à 9x EBE (ou prix/chambre) | Murs souvent séparés |
| Pharmacie / officine | 60 à 90 % du CA HT (parfois plus) | 6 à 9x EBE retraité | Quota, marge réglementée, stock |
| Coiffure / esthétique | 30 à 80 % du CA HT (jusqu'à ~120 % bon salon) | 2 à 4x EBE | Fidélité clientèle, salariés clés |
| Garage / réparation auto | 20 à 60 % du CA HT | 3 à 4,5x EBE | Stock et matériel |
| Alimentation / supérette | 20 à 50 % du CA HT | 4 à 6x EBE | Dépendance à l'enseigne |
| Agence immobilière | Multiple des commissions | 4 à 7x EBE | Récurrence des mandats |
| Cabinet comptable / libéral | ~0,8 à 1,2x le CA (usage) | 5 à 8x EBITDA | Récurrence et transférabilité de la clientèle |
| Conseil / audit | - | 4 à 7x EBITDA | Dépendance au dirigeant |
| Éditeur SaaS / B2B | Multiple de l'ARR | 8 à 15x EBITDA | Croissance, taux de rétention (NRR) |
| ESN / services IT | - | 5 à 10x EBITDA | Mix nearshore/offshore |
| Industrie / fabrication | - | 4 à 7,5x EBITDA | Brevets, export, automatisation |
| BTP / construction | - | 3 à 5x EBITDA | Décote sur le gros oeuvre pur |
| E-commerce | - | 3 à 6x EBITDA | Dépendance Amazon / Meta |
| Transport / logistique | - | 4 à 6x EBITDA | Intensité capitalistique, carburant |
Quelques règles d'ajustement transversales, souvent oubliées : au-delà de 5 M EUR d'EBE, une prime de taille ajoute 1 à 2 tours de multiple ; un revenu récurrent ajoute 0,5 à 1,5x ; à l'inverse, une dépendance au dirigeant retire 1 à 2 tours, et une concentration client supérieure à 30 % du CA déclenche une décote significative.
Pour le détail fonds de commerce, voir notre barème d'évaluation des fonds de commerce et le guide Cession de fonds de commerce 2026.
5.2 Le barème administratif : la méthode de l'administration fiscale#
Pour les donations, successions et contrôles, l'administration applique sa propre méthodologie, exposée dans le Guide de l'évaluation des entreprises et des titres de sociétés de la DGFiP (version de novembre 2006, toujours la référence). Sa logique : combiner plusieurs approches plutôt qu'en retenir une seule.
- la valeur mathématique (proche de l'ANCC) : actif réévalué moins passif réel ;
- la valeur de productivité (capitalisation du résultat) et la valeur de rendement (capitalisation du dividende) ;
- une pondération entre ces valeurs selon la nature de la société (une société en difficulté durable peut voir sa valeur de productivité tendre vers zéro).
L'administration admet par ailleurs des décotes (minorité, non-liquidité). Connaître cette grille est essentiel dès qu'une opération a une dimension fiscale : c'est l'angle de lecture que retiendra le vérificateur.
5.3 Le barème de l'usufruit (démembrement et donations)#
Pour transmettre ou structurer à moindre coût, on démembre souvent la propriété (usufruit / nue-propriété). La valeur fiscale de chaque droit suit le barème de l'article 669 du CGI, fonction de l'âge de l'usufruitier (par exemple, entre 61 et 70 ans, usufruit = 40 %, nue-propriété = 60 %). Pour un usufruit à durée fixe, la valeur est de 23 % de la pleine propriété par période de 10 ans. Attention : ce barème fiscal ne reflète pas toujours la valeur économique réelle de l'usufruit (qui dépend des flux attendus) - un écart que l'administration surveille. Nous détaillons ces stratégies dans le guide Cession temporaire d'usufruit.
6. Cas particuliers : startup, fonds de commerce, cabinet libéral#
Valoriser une startup qui ne fait pas (encore) de bénéfice#
Les méthodes classiques (multiples d'EBE, DCF) calent face à une startup déficitaire en hypercroissance. On bascule vers des méthodes spécifiques : comparables de levées (valorisations observées sur des tours équivalents), méthode Berkus, scorecard, VC method (valeur de sortie actualisée au TRI exigé par l'investisseur), ou multiple d'ARR pour le SaaS. Le sujet central reste la dilution (pre-money / post-money) et la qualité de la cap table. C'est un univers à part entière, traité dans Valorisation startup 2026 : méthodes pour défendre son prix et outillé par notre simulateur de valorisation startup (DCF et comparables) et le simulateur de dilution / cap table.
Fonds de commerce et cabinet libéral#
Le fonds de commerce se valorise principalement par le barème sectoriel (% du CA) recoupé par l'EBE ; voir le guide cession de fonds de commerce et l'article estimation d'un fonds de commerce. Le cabinet libéral pose une question spécifique : la valeur de la clientèle / patientèle et sa transférabilité réelle - sujet traité dans Céder un cabinet libéral : valoriser la patientèle.
7. Quelle fiscalité 2026 sur la plus-value de cession ?#
La valeur n'a de sens que nette de fiscalité. Une fois le prix fixé, l'impôt sur la plus-value détermine ce que le cédant perçoit réellement. Voici l'état du droit applicable en 2026 - à vérifier sur votre situation, la fiscalité étant par nature évolutive.
Plus-value de cession de titres (cédant personne physique)#
Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, le taux global des prélèvements sociaux sur les revenus du capital est porté à 18,6 % (CSG relevée). La plus-value de cession de titres est donc taxée, au prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax), à 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux (contre 30 % auparavant). L'option pour le barème progressif de l'IR reste possible (avec, le cas échéant, des abattements pour durée de détention sur les titres acquis avant 2018). À noter : l'assurance-vie est exclue de la hausse et reste à 17,2 %.
Les régimes qui peuvent effacer l'impôt#
- Article 151 septies (exploitant à l'IR) : exonération selon les recettes, appréciées sur la moyenne des deux exercices précédents, après au moins 5 ans d'activité. Ventes / restauration / hébergement : exonération totale jusqu'à 250 000 EUR de recettes, dégressive de 250 000 à 350 000 EUR. Prestations de services / BNC : totale jusqu'à 90 000 EUR, fin du régime à 126 000 EUR.
- Article 238 quindecies (transmission d'une entreprise ou branche complète) : exonération totale si la valeur des éléments cédés est inférieure ou égale à 500 000 EUR, dégressive jusqu'à 1 000 000 EUR (hors immobilier).
- Article 150-0 D ter (dirigeant de PME à l'IS partant à la retraite) : abattement fixe de 500 000 EUR sur la plus-value, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031 par la loi de finances. Conditions : PME au sens européen (moins de 250 salariés, CA < 50 M EUR ou bilan < 43 M EUR), titres détenus depuis au moins 1 an, cessation des fonctions et départ en retraite dans les 24 mois, activité éligible exercée depuis 5 ans. Attention : l'abattement réduit l'impôt sur le revenu mais pas les prélèvements sociaux, dus sur la totalité de la plus-value.
Reporter plutôt que payer : l'apport-cession#
L'apport-cession (article 150-0 B ter) permet de reporter l'imposition de la plus-value en apportant ses titres à une holding que l'on contrôle, avant cession. Si la holding cède les titres moins de 3 ans après l'apport, le report est maintenu à condition de réinvestir au moins 60 % du produit dans une activité économique éligible. Stratégie puissante mais technique, détaillée dans Apport-cession (150-0 B ter) : sécuriser sa holding et à articuler avec le choix holding ou SCI.
Transmission à titre gratuit : le Pacte Dutreil#
Pour une donation ou succession, le Pacte Dutreil (article 787 B du CGI) offre un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis, sous engagements collectif et individuel de conservation et exercice d'une fonction de direction. C'est l'outil central de la transmission familiale : voir le guide complet du Pacte Dutreil et le simulateur Pacte Dutreil.
Droits d'enregistrement et crédit-vendeur#
Côté acquéreur, la cession supporte des droits d'enregistrement : fonds de commerce (barème progressif 0 % jusqu'à 23 000 EUR, 3 % de 23 000 à 200 000 EUR, 5 % au-delà), parts sociales de SARL (3 % après abattement), actions de SAS/SA (0,1 %). Le choix fonds vs titres a donc un impact fiscal majeur, des deux côtés. Enfin, le crédit-vendeur (paiement échelonné) ouvre droit, pour les petites entreprises (moins de 50 salariés, bilan ou CA <= 10 M EUR), à un étalement de l'impôt sur la plus-value (article 1681 F du CGI) : voir crédit-vendeur : sécuriser le paiement différé. Le choix entre cession de titres et cession de fonds, et l'optimisation des exonérations de plus-values, se préparent très en amont.
8. Évaluation et partage de la valeur : BSPCE, actions gratuites#
Dès que l'on veut associer des managers ou des salariés au capital (BSPCE, actions gratuites, management package), la valorisation devient le point de référence : elle fixe le prix d'exercice des bons, mesure la dilution et conditionne la cohérence fiscale du dispositif. Un prix d'exercice déconnecté de la valeur réelle expose à un redressement. Le sujet a sa propre logique (régime fiscal, BOFiP, réformes récentes) : nous le traitons en détail dans BSPCE 2026 : valorisation et fiscalité. Retenez ici l'essentiel : on ne distribue pas de capital sans une valorisation propre, documentée et cohérente avec celle utilisée face aux investisseurs.
9. Comment se déroule une mission d'évaluation ?#
C'est ce qui distingue un chiffre " au doigt mouillé " d'une évaluation opposable. Que vous la réalisiez ou que vous la commandiez, une mission suit un cadre précis, que l'on peut résumer en huit étapes.
- Définir l'objectif et la base de valeur dans une lettre de mission (cession, donation, litige, apport ; valeur vénale, d'utilité, juste valeur ; périmètre titres ou actifs, majoritaire ou minoritaire).
- Réunir et fiabiliser les données : comptes des trois derniers exercices, situation intermédiaire, prévisionnel, détail du BFR et de l'endettement, baux, contrats clés, litiges, cap table.
- Retraiter les comptes pour dégager l'EBE normatif (rémunération du dirigeant, loyers, éléments non récurrents, crédit-bail, provisions).
- Appliquer plusieurs méthodes (patrimoniale, multiples, DCF) et justifier chacune.
- Passer de la valeur d'entreprise à la valeur des titres (dette nette, BFR normatif, éléments hors exploitation).
- Appliquer primes et décotes (contrôle, minorité, illiquidité).
- Pondérer et réconcilier vers une fourchette argumentée.
- Rédiger le rapport d'évaluation et intégrer la fiscalité de sortie pour raisonner en valeur nette.
La lettre de mission et le périmètre#
Tout commence par une lettre de mission qui fixe l'objectif, la base de valeur retenue, le périmètre, les données fournies, les limites et les honoraires. Sans objectif clair, l'évaluation n'a pas de sens : la même entreprise n'a pas la même valeur selon la finalité.
Normes, déontologie et indépendance#
L'évaluateur (expert-comptable, évaluateur indépendant) s'appuie sur des référentiels professionnels : recommandations de l'Ordre des experts-comptables, travaux de la Compagnie des Conseils et Experts Financiers (CCEF), normes internationales d'évaluation (IVS). Il engage sa responsabilité et doit être indépendant des parties. En cas d'apport ou de fusion, c'est un commissaire aux apports qui contrôle la valeur.
Diligences et données nécessaires#
Une mission sérieuse réunit : comptes des 3 derniers exercices, situation intermédiaire, prévisionnel, détail du BFR et de l'endettement, baux et contrats clés, état des litiges, cap table, organigramme, dépendances (clients, fournisseurs, homme-clé). La qualité de l'évaluation dépend directement de la qualité des données - d'où l'importance d'un bilan correctement analysé en amont.
Le rapport d'évaluation#
Le livrable est un rapport d'évaluation structuré : contexte et objectif, présentation de l'entreprise et de son marché, retraitements, méthodes mises en oeuvre et justifiées, pondération et réconciliation, fourchette de valeur, limites et réserves. Un bon rapport est explicable à un tiers : c'est ce qui le rend défendable face à un acheteur, un juge ou l'administration.
Combien coûte une évaluation d'entreprise ?#
Le coût dépend de la taille, de la complexité et de la finalité. À titre indicatif (le tarif est libre et fixé dans la lettre de mission) : un avis de valeur rapide se chiffre de quelques centaines à quelques milliers d'euros ; un rapport d'évaluation structuré de TPE/PME représente généralement plusieurs milliers d'euros (de l'ordre de 3 000 à 15 000 EUR HT selon les cabinets) ; les missions complexes (groupe, litige, contradictoire) sont supérieures. Le taux horaire d'un expert-comptable se situe entre 50 et 150 EUR HT, davantage pour l'associé signataire. Mieux vaut un rapport bien construit qu'une transaction mal négociée sur une valorisation fragile.
10. Les 10 erreurs qui détruisent une évaluation#
- Confondre valeur et prix : la valeur s'argumente, le prix se négocie.
- Partir d'un EBE non retraité : sans normalisation de la rémunération du dirigeant et des éléments exceptionnels, tout le reste est faux.
- Oublier le BFR normatif et la dette nette dans le passage VE -> VT.
- Prendre un multiple " vu sur internet " sans échantillon de comparables cohérent.
- Surpondérer la méthode patrimoniale pour une entreprise dont la valeur est immatérielle (clientèle, marque, savoir-faire).
- Construire un DCF sans analyse de sensibilité : un CMPC ou un g fantaisiste produit n'importe quel résultat.
- Ignorer la décote d'illiquidité et la décote de minorité sur des titres non cotés.
- Négliger la fiscalité latente et la fiscalité de sortie : la valeur nette compte, pas la valeur brute.
- Prendre un barème au pied de la lettre comme s'il s'agissait d'un prix garanti.
- Annoncer une valeur sans cap table propre ni documentation : une évaluation indéfendable ne vaut rien en négociation.
11. Notre analyse : la valeur se prépare, elle ne se constate pas#
En cabinet, nous constatons une régularité : les entreprises les mieux valorisées ne sont pas celles qui ont la meilleure méthode, mais celles qui se sont préparées. Une rentabilité lisible, des comptes retraités, une dépendance au dirigeant réduite, une clientèle diversifiée, un BFR maîtrisé et une documentation solide valent souvent plusieurs tours de multiple - bien plus qu'un débat technique sur le taux d'actualisation.
L'évaluation est donc autant un outil de pilotage qu'un exercice de transaction : évaluer régulièrement son entreprise, c'est identifier les leviers qui créent (ou détruisent) de la valeur, et agir trois ans avant la cession plutôt que trois mois avant. C'est exactement la logique de nos missions de stratégie de croissance et évaluation et de DAF externalisé.
Vous préparez une cession, une transmission, une levée ou une entrée d'associé ? Contactez le cabinet Hayot Expertise pour une évaluation sur-mesure, ou faites le point avec notre service évaluation d'entreprise à Paris.
Questions frequentes
Comment calculer la valeur d'une entreprise ?+
On ne retient pas un seul calcul mais on croise au moins deux méthodes : l'approche patrimoniale (actif net corrigé + goodwill), l'approche par les multiples (un multiple d'EBE ou d'EBITDA appliqué au résultat retraité) et le DCF (flux de trésorerie futurs actualisés). On passe ensuite de la valeur d'entreprise à la valeur des titres en retranchant la dette nette et en ajustant le BFR. Le résultat est une fourchette, pas un chiffre unique.
Quelle est la formule du DCF ?+
Le DCF additionne les flux de trésorerie disponibles futurs, chacun actualisé au coût moyen pondéré du capital (CMPC), plus une valeur terminale actualisée. La valeur terminale se calcule par la formule de Gordon-Shapiro : flux normatif x (1 + g) / (CMPC - g), où g est le taux de croissance à l'infini (1 à 2 %). On obtient la valeur d'entreprise, puis la valeur des titres en déduisant la dette nette. Une analyse de sensibilité sur le CMPC et g est indispensable.
Comment fonctionne la méthode des multiples ?+
On applique à un agrégat de l'entreprise (le plus souvent l'EBE ou l'EBITDA) un multiple observé sur des transactions comparables : valeur d'entreprise = multiple x EBE. On retranche ensuite la dette nette pour obtenir la valeur des titres. Le multiple se construit à partir d'un échantillon de sociétés comparables (taille, secteur, croissance), dont on retient la médiane, ajustée du profil de risque. Plus de 80 % des transactions de PME reposent sur cette méthode.
Combien vaut mon entreprise par rapport à son chiffre d'affaires ?+
Les barèmes sectoriels expriment souvent la valeur en pourcentage du CA (par exemple 40 à 100 % pour une boulangerie, 50 à 100 % pour un restaurant, 60 à 90 % pour une pharmacie), mais ces fourchettes sont seulement indicatives. La rentabilité réelle (mesurée par l'EBE) reste le meilleur juge : deux entreprises au même CA peuvent valoir du simple au double.
Quel multiple d'EBE ou d'EBITDA retenir ?+
En 2026, le multiple moyen d'EBITDA en France est d'environ 5,5x, mais il varie fortement : 4 à 7x pour la plupart des PME traditionnelles (services, industrie), 8 à 15x pour les éditeurs SaaS et la tech, et 2,5 à 4,5x pour la restauration et certains commerces. Le multiple se construit à partir de comparables et s'ajuste selon la taille, la croissance, la récurrence du revenu et la dépendance au dirigeant.
Quelle est la différence entre l'EBE et l'EBITDA ?+
L'EBE (excédent brut d'exploitation) est l'indicateur français issu des soldes intermédiaires de gestion ; l'EBITDA est son équivalent anglo-saxon. Les deux mesurent la rentabilité d'exploitation avant amortissements, provisions, résultat financier et impôt. Pour une évaluation, ils sont souvent utilisés de façon interchangeable, à condition de partir d'un EBE retraité (rémunération du dirigeant, éléments non récurrents).
Quelle décote pour une participation minoritaire ou des titres non cotés ?+
Une participation minoritaire subit une décote de minorité (le minoritaire ne contrôle pas les décisions), et des titres de société non cotée subissent une décote d'illiquidité, souvent de 10 à 30 % selon les cas, car ils ne se revendent pas facilement. À l'inverse, l'acquisition d'un bloc de contrôle justifie une prime de contrôle. L'administration fiscale admet le principe de ces décotes.
Quelle est la différence entre la valeur et le prix ?+
La valeur résulte d'une analyse économique (méthodes, comptes, marché) ; le prix résulte d'une négociation et d'un rapport de force. Une bonne évaluation produit une fourchette de valeur défendable ; le prix final peut se situer au-dessus ou en dessous selon le nombre d'acheteurs, l'urgence et les synergies.
Comment passe-t-on de la valeur d'entreprise à la valeur des titres ?+
La valeur d'entreprise (VE) est la valeur de l'outil économique. Pour obtenir la valeur des titres (VT), on retranche la dette financière nette (dettes financières moins trésorerie) et on ajuste du BFR normatif et des éléments hors exploitation. C'est ce " pont " qui explique le plus souvent l'écart entre l'offre de l'acheteur et l'attente du vendeur.
Qu'est-ce qu'un barème d'évaluation et est-il obligatoire ?+
Un barème est un usage professionnel exprimant la valeur d'un fonds en pourcentage du CA ou en multiple d'EBE. Il n'a aucune valeur juridique contraignante : il est indicatif et non opposable. Il sert à cadrer un ordre de grandeur ou à contrôler une autre méthode, jamais à fixer un prix.
Comment l'administration fiscale évalue-t-elle une société non cotée ?+
Elle applique la méthodologie de son Guide de l'évaluation des entreprises et des titres de sociétés : combinaison d'une valeur mathématique (actif net réévalué) et de valeurs de productivité et de rendement, pondérées selon la nature de la société, avec d'éventuelles décotes de minorité et de non-liquidité. Cette grille s'applique surtout aux donations, successions et contrôles.
Comment évaluer une startup qui ne fait pas de bénéfice ?+
On abandonne les multiples d'EBE et le DCF classiques au profit de méthodes adaptées : comparables de levées, méthode Berkus, scorecard, VC method (valeur de sortie actualisée) ou multiple d'ARR pour le SaaS. Le coeur du sujet devient la dilution (pre-money / post-money) et la qualité de la cap table.
Quelle fiscalité sur la plus-value de cession en 2026 ?+
La plus-value de cession de titres est taxée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), avec option possible pour le barème progressif. Plusieurs régimes peuvent réduire ou effacer l'impôt : 151 septies (selon recettes), 238 quindecies (cession <= 500 000 EUR), 150-0 D ter (abattement de 500 000 EUR pour le dirigeant partant en retraite, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031) et l'apport-cession 150-0 B ter pour reporter l'imposition.
Qui peut réaliser une évaluation d'entreprise ?+
Le dirigeant peut produire un premier ordre de grandeur, mais une évaluation opposable se construit avec un expert-comptable ou un évaluateur indépendant, sur la base de comptes retraités et de plusieurs méthodes, dans le cadre d'une lettre de mission. Pour un apport ou une fusion, c'est un commissaire aux apports qui valide la valeur.
Combien coûte une mission d'évaluation ?+
Le tarif est libre et fixé dans la lettre de mission. À titre indicatif : de quelques centaines à quelques milliers d'euros pour un avis de valeur ; de l'ordre de 3 000 à 15 000 EUR HT pour un rapport structuré de TPE/PME ; davantage pour les missions complexes (groupe, litige). Le coût doit rester proportionné à l'enjeu de l'opération.
Faut-il évaluer son entreprise même sans projet de cession ?+
Oui. Une évaluation régulière est un outil de pilotage : elle révèle les leviers qui créent ou détruisent de la valeur (dépendance au dirigeant, concentration client, BFR, récurrence du revenu) et permet d'agir plusieurs années avant une éventuelle cession, ce qui vaut souvent plusieurs tours de multiple.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- DGFiP - Guide de l'évaluation des entreprises et des titres de sociétés (nov. 2006)
- Légifrance - Article 150-0 D ter du CGI (abattement dirigeant retraite)
- BOFiP - Abattement fixe applicable aux dirigeants partant à la retraite
- Légifrance - Article 151 septies du CGI (exonération petites entreprises)
- impots.gouv.fr - Céder ses parts pour partir à la retraite
- LégiFiscal - Abattement retraite cession PME : prorogation jusqu'au 31 décembre 2031
- DLA Piper - LFSS 2026 : hausse de la CSG sur les revenus du capital
- CCI Paris Ile-de-France - Exonération de plus-values lors du départ à la retraite
- Bpifrance Création - L'exonération des plus-values des TPE en fonction des recettes
- Entreprendre Service-Public - Valoriser son entreprise avant la transmission
- Barèmes d'évaluation des fonds de commerce - synthèse par activité
- Multiples de valorisation par secteur 2026 (référence marché PME)
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Le contenu éducatif sert à qualifier le besoin, répondre à la première besoin concret puis orienter vers la bonne mission comptable, fiscale ou de structuration.
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Samuel Hayot est expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre de Paris Île-de-France et à la CRCC de Paris.
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