Faut-il se verser un salaire ou des dividendes en SASU ?#
Les deux ne s'opposent pas : ils ne portent pas la même charge et n'ouvrent pas les mêmes droits. Le salaire du président relève du régime général en qualité d'assimilé salarié ; il est déductible du résultat et ouvre des droits à retraite dès 1 803 € bruts de rémunération soumise à cotisations sur l'année en 2026 (150 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier) pour un trimestre, la validation se faisant sur le total annuel, dans la limite de quatre trimestres par année civile. Le dividende sort d'un bénéfice déjà soumis à l'impôt sur les sociétés (15 % dans la limite de 42 500 € de bénéfice imposable par période de douze mois, à condition que le chiffre d'affaires n'excède pas 10 M€, que le capital soit entièrement libéré et détenu de manière continue à 75 % au moins par des personnes physiques ou par une société remplissant elle-même ces conditions ; 25 % au-delà et à défaut), puis supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sans ouvrir aucun droit social. En SASU, contrairement à l'EURL, aucune fraction de dividende n'est soumise aux cotisations.
Introduction#
La question de la rémunération du président de SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) est un grand classique de l'optimisation de fin d'année. Faut-il se verser une rémunération mensuelle classique, ou privilégier la distribution de dividendes en fin d'exercice ? Il n'existe pas de réponse préétablie : la stratégie optimale dépend du profil du dirigeant, de sa couverture sociale cible, du résultat de l'entreprise et de ses objectifs de vie.
Ce guide détaillé présente les mécanismes, les exemples chiffrés sur 50k€, 100k€ et 200k€ de bénéfice, et les stratégies concrètes pour maximiser votre revenu net disponible.
1. Les mécanismes fondamentaux en SASU#
Le salaire du président assimilé salarié#
En SASU, le président est juridiquement un "assimilé salarié" affilié au régime général de la Sécurité Sociale (sauf assurance chômage). Sa rémunération est soumise à des cotisations sociales importantes.
Coût des charges sociales :
- Cotisations patronales : le président de SASU ne supporte ni la contribution d'assurance chômage ni l'AGS. Le taux dépend du niveau de rémunération (taux maladie et allocations familiales différenciés, tranche 1 ou 2 AGIRC-ARRCO) et du taux accident du travail notifié par la Carsat.
- Cotisations salariales : de l'ordre de 20,8 % en tranche 1 pour un président sans cotisation chômage, davantage en tranche 2.
- Les exemples chiffrés de ce guide retiennent un coefficient de 1,80 € de coût employeur pour 1 € net, à ajuster sur le taux AT/MP réel de l'entreprise.
Avantages du salaire :
- Couverture sociale complète : assurance maladie, prévoyance, retraite de base et complémentaire (AGIRC-ARRCO)
- Validation de trimestres de retraite : 150 fois le SMIC horaire cotisé valide un trimestre, soit 1 803 € bruts en 2026 ; 600 fois le SMIC horaire, soit 7 212 € bruts, valident les quatre trimestres de l'année
- Déductibilité totale du résultat imposable à l'IS
Les dividendes sous flat tax#
Les dividendes ne sont distribuables qu'après approbation des comptes annuels et existence d'un bénéfice net distribuable. Ils subissent d'abord l'IS au niveau de la société, puis la flat tax chez l'associé.
La flat tax (Prélèvement Forfaitaire Unique) :
- Taux total : 31,4% = 12,8% d'IR + 18,6% de prélèvements sociaux (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, article 65, applicable aux revenus imposables au titre de 2026 ; CSG portée de 9,2 % à 10,6 % pour les revenus du patrimoine et les produits de placement, article L. 136-8 du code de la sécurité sociale)
- L'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, qui ouvre l'abattement de 40 % sur les revenus distribués, reste possible. Elle est expresse, se formule chaque année lors du dépôt de la déclaration, et elle est globale : elle emporte l'ensemble des revenus et gains de capitaux mobiliers du foyer pour l'année, plus-values de cession comprises (2 de l'article 200 A et 2° du 3 de l'article 158 du CGI)
- Aucune charge sociale supplémentaire en SASU (contrairement à l'EURL ou à la SARL, où la fraction des dividendes excédant 10 % d'un montant de référence composé du capital social, primes d'émission incluses, détenu en pleine propriété ou en usufruit, augmenté des sommes inscrites en compte courant d'associé, est assujettie aux cotisations et contributions sociales des travailleurs indépendants : II de l'article L. 136-3 du code de la sécurité sociale)
Inconvénients des dividendes :
- Aucun droit à la retraite, ni à la protection sociale
- Disponibles après clôture, approbation des comptes et constat d'un bénéfice distribuable. Les six mois souvent cités sont le délai maximal pour approuver les comptes, pas un délai d'attente : rien n'oblige à patienter jusque-là. En revanche, distribuer avant l'approbation des comptes suppose un acompte sur dividendes, qui n'est possible que sur un bilan établi en cours ou à la fin de l'exercice et certifié par un commissaire aux comptes (article L. 232-12 du code de commerce). Une SASU sans commissaire aux comptes ne peut donc pas verser d'acompte : le dividende attend l'approbation des comptes par l'associé unique.
- Coût IS "caché" : les dividendes viennent du bénéfice après IS
2. Exemples chiffrés par tranche de bénéfice#
Cas A : 50 000€ de bénéfice avant rémunération#
Hypothèse : Pas de salaire, tout en dividendes
- IS : (42 500€ × 15%) + (7 500€ × 25%) = 6 375€ + 1 875€ = 8 250€
- Bénéfice après IS : 41 750 €. Le montant réellement distribuable n'est pas exactement le bénéfice après impôt sur les sociétés : il faut d'abord doter la réserve légale, à hauteur d'un vingtième au moins du bénéfice de l'exercice diminué des pertes antérieures, jusqu'à ce qu'elle atteigne le dixième du capital social (article L. 232-10 du code de commerce). La dotation est marginale sur un capital symbolique, elle ne l'est plus sur un capital de plusieurs milliers d'euros.
- Flat tax 31,4% : 13 110€
- Revenu net perçu : 28 640€
- Coût fiscal total : 21 360€ (42,7%)
- Protection sociale : AUCUNE
Hypothèse : Salaire minimum (couverture retraite) + dividendes
- Salaire net mensuel : 1 500€/mois = 18 000€ net/an
- Coût employeur : ~32 400€
- Bénéfice résiduel avant IS : 50 000€ - 32 400€ = 17 600€
- IS 15% : 2 640€ → Dividende net distribuable : 14 960€
- Flat tax 31,4% sur dividende : 4 697€ → Net dividende : 10 263€
- Revenu disponible avant impôt sur le revenu du salaire : 18 000€ + 10 263€ = 28 263€
- Le salaire net indiqué reste soumis à l'impôt sur le revenu du dirigeant (traitements et salaires, après abattement de 10 %), à son taux marginal ; le dividende, lui, est déjà net d'impôt sous PFU. Les deux totaux ne sont comparables qu'après avoir retranché l'impôt sur le revenu du salaire.
- + 4 trimestres de retraite validés par an
Conclusion 50k€ : l'écart de revenu net est faible (377 €), et il se lit avec prudence : les 28 640 € du tout-dividende sont déjà nets de PFU, alors que les 18 000 € de salaire restent soumis à l'impôt sur le revenu du dirigeant. Ce que l'on achète avec cet écart, ce sont les quatre trimestres de retraite et les prestations en espèces.
Cas B : 100 000€ de bénéfice avant rémunération#
Hypothèse : Salaire modéré (3 000€ net/mois) + dividendes
- Salaire net annuel : 36 000€
- Coût employeur : ~64 800€
- Bénéfice résiduel avant IS : 100 000€ - 64 800€ = 35 200€
- IS (taux réduit de 15 % dans la limite de 42 500 € de bénéfice imposable, au-delà 25 %) : 35 200€ × 15% = 5 280€
- Dividende net distribuable : 29 920€
- Flat tax 31,4% : 9 395€ → Net dividende : 20 525€
- Revenu disponible avant impôt sur le revenu du salaire : 36 000€ + 20 525€ = 56 525€
- Le salaire net indiqué reste soumis à l'impôt sur le revenu du dirigeant, à son taux marginal ; le dividende est déjà net d'impôt sous PFU.
Hypothèse : Salaire élevé (6 000€ net/mois)
- Salaire net annuel : 72 000€
- Coût employeur : ~129 600€
- Pas de bénéfice résiduel (100 000€ < 129 600€ → perte fiscale)
- Revenu net total : 72 000€ mais déficit reportable
Conclusion 100k€ : Le mix salaire modéré (3 000€/mois) + dividendes optimise le revenu net. Au-delà de 3 500€ net/mois, les charges sociales consomment tout le bénéfice résiduel. Un versement sur un PER individuel reste pertinent, mais il agit sur l'impôt sur le revenu du dirigeant, à son taux marginal, pas sur l'IS de la société.
Cas C : 200 000€ de bénéfice avant rémunération#
Combinaison salaire modéré et dividendes
- Salaire net mensuel : 4 000€ (48 000€/an) → coût employeur ~86 400€
- Bénéfice résiduel avant IS : 200 000€ - 86 400€ = 113 600€
- IS : (42 500€ × 15%) + (71 100€ × 25%) = 6 375€ + 17 775€ = 24 150€
- Bénéfice après IS : 89 450 €
- Flat tax 31,4% : 28 087€ → Net dividende : 61 363€
- Revenu net total : 48 000€ + 61 363€ = 109 363€
- Versement de 20 000 € sur un PER individuel, pris sur le revenu du dirigeant (sans effet sur l'IS ci-dessus)
- Taux de prélèvement effectif : ~45 % sur les 200 000€ de bénéfice, avant impôt sur le revenu du dirigeant au titre de son salaire
- Le versement PER de 20 000€ se fait sur le revenu du dirigeant, pas sur le résultat de la société : il ne réduit pas l'IS ci-dessus. Il diminue son impôt sur le revenu, à son taux marginal, dans la limite de son plafond annuel.
Conclusion 200k€ : la combinaison d'un salaire modéré, d'un versement PER et de dividendes répartit la charge entre trois assiettes distinctes. Le PER ne réduit pas l'IS de la société : il diminue l'impôt sur le revenu du dirigeant, à son taux marginal, en contrepartie d'une épargne bloquée jusqu'à la retraite.
3. L'impact retraite : un facteur décisif#
La retraite est souvent le parent pauvre du tout-dividende. Voici pourquoi :
| Stratégie | Droits acquis au régime de base au titre du mandat | Retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO) |
|---|---|---|
| Tout dividende (0 salaire) | Aucun droit acquis au titre du mandat | 0€ |
| Salaire | Droits proportionnels au salaire soumis à cotisations | Points AGIRC-ARRCO acquis |
Sans rémunération, le président de SASU ne valide aucun trimestre et n'acquiert aucun point : la retraite constituée au titre du mandat est nulle, pas faible. Chiffrer une pension exige de connaître la carrière complète, le nombre de trimestres et l'année de naissance : aucun tableau générique ne peut le faire honnêtement.
La solution retraite complémentaire pour les dirigeants SASU : le PER
Le PER individuel se déduit du revenu net global du titulaire (article 163 quatervicies du CGI), pas du résultat imposable à l'IS de la société. C'est une économie d'impôt sur le revenu pour le dirigeant, à son taux marginal, et non une réduction de l'IS de la SASU. La confusion est fréquente et elle change entièrement le calcul. Les plafonds sont calculés sur la base des revenus professionnels.
Plafond PER 2026 : Pour un président de SASU assimilé salarié, le plafond est de 10% des rémunérations nettes dans la limite de 10% × 8 PASS 2025, soit 37 680 € (PASS 2025 = 47 100 €, 8 PASS 2025 = 376 800 €). Les plafonds non utilisés des années précédentes peuvent s'ajouter : la loi de finances pour 2026 a porté ce report de 3 à 5 ans, sans disposition transitoire, sa portée sur les plafonds antérieurs à 2026 restant à préciser.
4. Le mix optimal : Salaire + Dividendes + Compte courant#
Le compte courant d'associé : un outil souvent oublié#
Le compte courant d'associé (CCA) permet à l'associé de prêter de l'argent à sa société. Les intérêts versés par la société sur ce CCA sont déductibles du bénéfice imposable, dans la limite du taux prévu au 3° du 1 de l'article 39 du CGI, qui renvoie à la moyenne annuelle des taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit. Ce taux est republié chaque trimestre par l'administration : il s'établit à 4,33 % pour les exercices de douze mois clos du 30 juin au 29 septembre 2026 (BOI-BIC-CHG-50-50-30), à vérifier pour la période de clôture concernée. Cette déduction est subordonnée à la condition que le capital social ait été entièrement libéré, quelle que soit la qualité de l'associé : une SASU dont le capital n'est pas intégralement versé ne peut déduire aucun intérêt de compte courant. Pour l'associé, ces intérêts sont imposables à la flat tax (31,4%).
Avantage : Mécanisme simple, pas de charges sociales, déductible IS. Idéal pour rémunérer un capital apporté.
Limites : Pas de cotisations retraite, remboursement possible uniquement si la trésorerie le permet.
La stratégie en trois niveaux#
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Niveau 1, protection sociale minimum : Salaire permettant de valider ses 4 trimestres de retraite (7 212 € bruts sur l'année en 2026, soit 600 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier) et de maintenir une couverture maladie.
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Niveau 2, impôt sur le revenu du dirigeant : versement sur un PER individuel, déductible du revenu net global du titulaire dans la limite de son plafond, puis distribution des dividendes résiduels à la flat tax de 31,4 %.
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Niveau 3, capitalisation à long terme : Si les besoins personnels sont couverts, conserver les bénéfices dans la société ou les remonter via une Holding pour réinvestir. Attention à la portée du mécanisme : seule la remontée de dividendes bénéficie du régime mère-fille. Les loyers, les produits financiers et les plus-values réalisés par la holding sont imposés à l'IS dans les conditions de droit commun..
5. Le cas Holding : la stratégie du dirigeant ambitieux#
Lorsque la SASU génère des bénéfices importants (> 150 000 €/an) que le dirigeant n'a pas besoin de consommer immédiatement, la question d'une holding se pose sérieusement. Elle ne se justifie que par un projet de réinvestissement identifié, à mettre en regard des frais de constitution et de tenue annuelle de la structure.
Mécanique :
- La SASU verse ses dividendes à la Holding mère.
- Régime mère-fille : la holding réintègre une quote-part de frais et charges de 5 % du dividende reçu, imposée à l'IS, soit une charge effective de 1,25 %. Le régime suppose des titres nominatifs, une détention d'au moins 5 % du capital de la filiale et un engagement de conservation de deux ans (articles 145 et 216 du CGI) ; une cession avant ce terme oblige à restituer l'impôt épargné, majoré de l'intérêt de retard. La quote-part tombe à 1 % lorsque la société distributrice et la société bénéficiaire sont membres d'un même groupe intégré et que la participation est détenue depuis plus d'un exercice. L'interposition d'une holding ne fait pas perdre à la SASU le taux réduit d'IS de 15 %, à condition que la holding satisfasse elle-même aux conditions de l'article 219 du CGI.
- La Holding réinvestit ces fonds (immobilier, autres participations, placements financiers).
- Le dirigeant se verse un salaire de la Holding uniquement pour ses besoins courants.
Économie vs distribution directe : Sur 150 000€ de dividendes redistribués à une personne physique, la flat tax coûte 47 100€ au taux de 31,4 %. Via la Holding, le coût immédiat est de 1 875€, soit 45 225€ de différence. Attention à la lecture : cette somme reste dans la holding, elle n'est pas disponible pour le dirigeant. La comparer à une somme perçue personnellement fausserait l'arbitrage : la flat tax sera due le jour où elle sortira.
Lire aussi : Holding et optimisation fiscale | Holding vs SCI : quel montage choisir ?
6. SASU vs EURL : la comparaison des charges sociales#
| Critère | SASU (assimilé salarié) | EURL (gérant TNS) |
|---|---|---|
| Charges sociales sur salaire | Coefficient de 1,80 € de coût employeur pour 1 € net, retenu dans les exemples de ce guide et à ajuster sur le taux AT/MP réel ; la réduction générale des cotisations patronales n'est pas applicable au président de SASU | Cotisations assises sur le revenu professionnel du gérant, de l'ordre de 45 % de ce revenu |
| Dividendes soumis aux charges | Non | Oui (si > 10% du capital) |
| Retraite | Retraite de base + AGIRC-ARRCO | Retraite de base + retraite complémentaire des travailleurs indépendants |
| Frais de santé | Prise en charge au titre de la protection universelle maladie (article L. 160-1 du code de la sécurité sociale) | Prise en charge au titre du même article |
| Prestations en espèces | Ouvertes sous conditions de rémunération soumise à cotisations | Ouvertes sous conditions de revenu soumis à cotisations |
| Optimisation revenus | Via dividendes flat tax 31,4% | Via TNS + dividendes mixtes |
Pour un dirigeant au bénéfice de 100 000€ :
- En EURL : deux régimes fiscaux distincts, qu'il faut poser avant toute comparaison. À l'impôt sur le revenu (régime de droit commun lorsque l'associé unique est une personne physique), le gérant est imposé sur le bénéfice et il n'y a pas d'IS intermédiaire ; les cotisations de travailleur indépendant sont assises sur ce bénéfice. Sur option à l'IS, le bénéfice supporte l'IS puis la distribution suit le régime des dividendes, avec la règle des 10 % du II de l'article L. 136-3 du code de la sécurité sociale. Le tableau ci-dessus décrit l'EURL à l'IS, la SASU étant elle-même comparée à l'IS.
- En SASU : Charges plus lourdes sur le salaire, mais dividendes totalement libres de cotisations sociales.
La SASU est généralement préférable pour les bénéfices élevés (> 80 000€) où la part des dividendes dans la rémunération est importante.
Questions fréquentes
Peut-on ne pas se verser de salaire en SASU ?+
Oui, totalement légalement. Le président de SASU peut exercer à titre gratuit. Cependant, sans salaire, aucun trimestre de retraite n'est validé et aucune prestation en espèces n'est ouverte : pas d'indemnités journalières maladie ou maternité. Les frais de santé, eux, restent pris en charge au titre de la protection universelle maladie (article L. 160-1 du code de la sécurité sociale), que l'on exerce ou non une activité professionnelle. Un président sans revenu d'activité peut par ailleurs devenir redevable de la cotisation subsidiaire maladie assise sur ses revenus du capital (article L. 380-2 du même code), sauf s'il a perçu une pension, une rente ou une allocation de chômage au cours de l'année. Cette stratégie convient uniquement si vous disposez par ailleurs d'une couverture sociale (salarié d'une autre entreprise, fonctionnaire, etc.).
La flat tax à 31,4% est-elle toujours plus avantageuse que le barème progressif ?+
Pas nécessairement. Si votre revenu imposable par part vous situe dans la tranche à 11 % ou moins, le barème progressif, qui ouvre l'abattement de 40 % sur les revenus distribués, peut être plus avantageux. Attention : l'option pour le barème est expresse, se formule chaque année lors du dépôt de la déclaration, et elle est globale. Elle s'applique à l'ensemble des revenus et gains de capitaux mobiliers du foyer pour l'année, plus-values de cession et intérêts compris (2 de l'article 200 A du CGI). Le calcul comparatif doit donc porter sur l'ensemble de ces revenus, pas sur les seuls dividendes.
Peut-on combiner salaire SASU et allocation chômage ARE ?+
Oui, sous certaines conditions. Si vous étiez salarié avant de créer votre SASU et que vous êtes indemnisé par France Travail (ARE), vous pouvez cumuler ARE et revenus SASU sous conditions de revenus. Depuis le 1er avril 2025, lorsque l'ARE a été attribuée à la suite d'une fin de contrat de travail, ou d'un engagement de procédure de licenciement, intervenu à compter de cette date, le cumul avec les revenus de l'activité créée est plafonné à 60 % des droits restant à la date de démarrage effectif ou de reprise de l'activité non salariée. Au-delà, le versement cesse. Les droits ouverts avant cette date restent soumis aux règles antérieures. La demande exceptionnelle à l'instance paritaire régionale suppose de n'avoir tiré aucune rémunération de l'activité et de justifier de son effectivité ; elle se forme dans les six mois suivant l'atteinte du plafond. Consultez votre conseiller France Travail.
Quel est le bon moment pour créer une Holding ?+
Lorsque votre SASU génère régulièrement plus de 100 000€ de bénéfice et que vous n'avez pas besoin de tout consommer personnellement. Le montage se juge sur un projet de réinvestissement identifié, pas sur un seuil de bénéfice. Le gain immédiat est un report d'imposition, pas une économie définitive : la flat tax reste due le jour où les fonds sortent de la holding vers le patrimoine privé. À mettre en regard des frais de constitution et de tenue annuelle de la structure (1 500 € à 3 000 € par an), et du fait qu'une holding suppose une comptabilité et des comptes annuels supplémentaires.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Légifrance, CGI art. 163 quatervicies : les versements sur un PER se déduisent du revenu net global du titulaire, non du résultat de la société
- Légifrance, CGI art. 219 : taux réduit d'impôt sur les sociétés dans la limite de 42 500 € de bénéfice, taux normal au-delà
- Légifrance, CGI art. 200 A : prélèvement forfaitaire unique sur les revenus de capitaux mobiliers
- Légifrance, CSS art. L. 160-1 : protection universelle maladie, prise en charge des frais de santé indépendamment de l'activité
- Légifrance, CSS art. R. 351-9 : conditions de validation d'un trimestre d'assurance vieillesse
- France Travail, Je crée, je reprends une entreprise : cumul de l'ARE avec les revenus de l'activité créée, plafonné à 60 % des droits restants
Un guide publié par un cabinet français réglementé
Le contenu éducatif sert à qualifier le besoin, répondre à la première besoin concret puis orienter vers la bonne mission comptable, fiscale ou de structuration.
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Samuel Hayot est expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre de Paris Île-de-France et à la CRCC de Paris.
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