BSPCE 2026 : valorisation, fiscalité et apport en société
Guide complet 2026 des BSPCE pour dirigeants et salariés de startups : conditions d'attribution, valorisation du prix d'exercice, fiscalité (article 163 bis G CGI), éligibilité PEA et apport en holding.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 24 mai 2026 — rédigé par le cabinet Hayot Expertise, expert-comptable à Paris 8.
Les bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE) restent en 2026 l'outil d'intéressement au capital le plus avantageux fiscalement pour les sociétés non cotées éligibles. Codifié à l'article 163 bis G du Code général des impôts (CGI) depuis 1998, le dispositif a connu plusieurs ajustements, dont l'ouverture au PEA par la loi de finances pour 2024 — un changement structurel qui modifie les arbitrages des fondateurs.
Pour autant, l'attribution de BSPCE reste soumise à un cadre strict : société non cotée de moins de 15 ans, capital détenu majoritairement par des personnes physiques, IS français ou équivalent UE, valorisation rigoureuse du prix d'exercice. La fiscalité du bénéficiaire dépend de son ancienneté dans la société (< 3 ans ou ≥ 3 ans), et l'apport ultérieur des titres issus de l'exercice à une holding ouvre des possibilités complémentaires d'optimisation.
Cet article fait le point pour les dirigeants de startups, les salariés bénéficiaires et leurs conseils, à partir des sources officielles (Légifrance, BOFIP, impots.gouv.fr, entreprendre.service-public.fr).
1. BSPCE : rappel du dispositif#
Le BSPCE est un bon donnant droit à souscrire une ou plusieurs actions de la société émettrice à un prix fixé au jour de l'attribution. Le bénéficiaire :
- reçoit gratuitement les bons (parfois après période de vesting) ;
- exerce ses bons en versant le prix d'exercice → devient actionnaire ;
- cède ensuite ses actions et perçoit la plus-value.
Le gain de cession (différence entre prix de cession et prix d'exercice) est imposé selon le régime spécifique de l'article 163 bis G CGI.
Trois étapes, trois moments fiscaux#
| Étape | Événement | Imposition |
|---|---|---|
| 1. Attribution | Le bénéficiaire reçoit les bons | Aucune imposition (neutralité fiscale) |
| 2. Exercice | Le bénéficiaire souscrit les actions à prix d'exercice | Aucune imposition (achat de titres) |
| 3. Cession | Le bénéficiaire vend les actions souscrites | Imposition du gain net au régime article 163 bis G CGI |
Cette neutralité aux deux premières étapes est la clé de l'attractivité des BSPCE par rapport aux stock-options et aux AGA, qui déclenchent généralement une imposition à l'exercice ou à l'acquisition.
2. Conditions d'attribution en 2026#
2.1 Société émettrice#
Pour pouvoir attribuer des BSPCE, la société doit (article 163 bis G I CGI) :
- être une société par actions (SA, SAS, SCA) ;
- être immatriculée au RCS depuis moins de 15 ans à la date d'attribution ;
- être passible de l'IS en France, ou d'un impôt équivalent dans l'UE/EEE ;
- avoir un capital détenu directement et de manière continue pour 25 % au moins par des personnes physiques, ou par des personnes morales elles-mêmes détenues à 75 % au moins par des personnes physiques ;
- ne pas être issue d'une concentration, restructuration, extension ou reprise d'activités préexistantes (sauf cas dérogatoires).
Les sociétés cotées peuvent attribuer des BSPCE à condition que leur capitalisation boursière soit inférieure à 150 millions d'euros.
2.2 Bénéficiaires éligibles#
L'article 163 bis G III réserve les BSPCE aux :
- salariés de la société émettrice ;
- dirigeants soumis au régime fiscal des salariés (président de SAS, directeur général, etc.) ;
- membres du conseil d'administration ou de surveillance ;
- salariés et dirigeants de filiales à 75 % au moins (sous conditions).
Les BSPCE ne peuvent pas être attribués à des prestataires externes (consultants, advisors), sauf à les salarier au préalable.
3. Valorisation : prix d'exercice et expertise#
Le prix d'exercice est fixé au jour d'attribution et ne peut être modifié ultérieurement. L'article 163 bis G CGI impose une cohérence avec la valeur de marché.
Méthode légale#
Si la société a procédé à une augmentation de capital dans les six mois précédant l'attribution, le prix d'exercice doit être au moins égal au prix d'émission de cette augmentation (en tenant compte des différences de droits attachés). À défaut, le prix doit refléter la juste valeur de marché.
Méthodes acceptées en pratique#
| Méthode | Quand l'utiliser |
|---|---|
| Prix de la dernière levée | Augmentation de capital < 6 mois |
| Méthode des comparables | Pas de levée récente, secteur avec multiples observables |
| DCF (discounted cash-flow) | Société à modèle économique stable |
| Approche par actifs | Société early-stage sans revenus |
| Expertise indépendante | Pour sécuriser le dossier face à un contrôle |
Notre lecture. Pour une startup post-Series A, retenir le prix de la dernière levée est en général la solution la plus défendable. Pour une seed très récente sans valorisation externe, demander une attestation à un évaluateur indépendant ou à l'expert-comptable est un standard de marché.
Risque de requalification#
Une sous-valorisation manifeste du prix d'exercice expose à un risque de requalification fiscale : la DGFiP peut considérer la différence comme un avantage en nature soumis au régime des salaires (cotisations sociales + IR au barème), neutralisant entièrement l'avantage du dispositif BSPCE.
4. Fiscalité du bénéficiaire en 2026#
4.1 Régime de droit commun (article 163 bis G)#
Le gain net de cession est égal à : prix de cession − prix d'exercice.
Deux régimes selon l'ancienneté du bénéficiaire dans la société :
| Ancienneté à la cession | Régime |
|---|---|
| < 3 ans | Taux forfaitaire 30 % (12,8 % IR + 17,2 % PS) sans option possible |
| ≥ 3 ans | PFU 30 % par défaut, OU option pour le barème progressif IR + 17,2 % PS |
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, articles 223 sexies CGI) peut s'ajouter : 3 % au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire (500 000 € pour un couple), 4 % au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple).
4.2 BSPCE et PEA : la nouveauté loi de finances 2024#
Depuis la loi 2023-1322 (article 8), les BSPCE peuvent être logés dans un PEA ou PEA-PME, à condition que :
- les actions issues de l'exercice soient inscrites au plan dès leur souscription ;
- le prix d'exercice soit versé en numéraire depuis le compte espèces du PEA ;
- la société émettrice remplisse les conditions d'éligibilité au PEA (siège UE/EEE, IS ou équivalent, activité éligible).
Impact fiscal : après 5 ans de détention du plan, le gain net de cession devient exonéré d'impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux à 17,2 % restent dus). Pour un gain important, l'économie d'IR peut être significative.
Notre lecture. L'éligibilité PEA est une vraie opportunité, mais le plafond de versement du PEA (150 000 € pour le PEA classique, 225 000 € en cumul PEA + PEA-PME) reste une contrainte forte. Le prix d'exercice doit tenir dans ce plafond, ce qui exclut de fait les BSPCE attribués à un prix d'exercice élevé après plusieurs tours.
5. Apport en société d'apporteurs (holding) : conditions#
Après exercice et obtention des titres, le bénéficiaire peut apporter ses actions à une holding qu'il contrôle, en bénéficiant du report d'imposition de l'article 150-0 B ter CGI.
Mécanique#
- L'apport est neutre fiscalement : pas d'imposition immédiate sur la plus-value latente.
- La holding détient les titres et peut percevoir des dividendes en bénéficiant du régime mère-fille (article 145 CGI, exonération sous quote-part de frais et charges de 5 %).
- En cas de cession des titres par la holding dans les 3 ans suivant l'apport, le report tombe sauf réinvestissement de 60 % au moins du produit de cession dans une activité éligible dans les 2 ans.
Apport-cession et BSPCE : précautions#
Pour un dirigeant fondateur, l'apport-cession après exercice de BSPCE permet de différer durablement l'IR tout en organisant le pilotage des liquidités via la holding. Mais le montage doit être préparé avant une cession imminente ; sinon, la DGFiP peut invoquer l'abus de droit (article L.64 LPF). Notre guide apport-cession 150-0 B ter détaille les points de vigilance.
6. Notre lecture : 4 pièges en levée de fonds#
Notre lecture d'expert-comptable, fondée sur les dossiers startups suivis en 2024-2026.
- Plan de BSPCE non revu à chaque levée. Une attribution faite en seed à un prix d'exercice de 1 € par action devient ingérable post-Series B à 80 € par action : le bénéficiaire ne lève plus ses bons. Anticiper un plan glissant est crucial.
- Exercice trop tardif. Beaucoup de bénéficiaires attendent la vente pour exercer, ce qui prive du compteur 3 ans d'ancienneté. Pour un dirigeant prévoyant une cession à 5-7 ans, exercer dès que la trésorerie le permet déclenche le compteur favorable.
- Oubli de l'éligibilité PEA. L'exercice doit être logé dans le PEA dès la souscription. Un exercice hors PEA puis transfert ultérieur n'est pas possible. La décision se prend en amont avec le conseil.
- Confusion avec les AGA pour l'exit tax. En cas de départ de France, les BSPCE non exercés ne rentrent pas dans l'assiette exit tax (article 167 bis CGI), à la différence des AGA définitivement acquises. Le calendrier d'exercice avant départ doit être préparé. Voir notre guide Exit Tax 2026.
7. FAQ#
BSPCE vs stock-options vs AGA ?#
BSPCE : bons de souscription, neutralité aux étapes 1 et 2, imposition uniquement à la cession (régime 163 bis G CGI). Réservé aux sociétés non cotées de moins de 15 ans. Stock-options : droit d'achat sur actions, fiscalité moins favorable, ouvert à toutes sociétés. AGA : actions gratuites, fiscalité partagée entre gain d'acquisition (salaires) et gain de cession (plus-values).
BSPCE dans un PEA en 2026 ?#
Oui, depuis la loi de finances 2024 (article 8). Conditions cumulatives : inscription au plan dès la souscription, paiement du prix d'exercice depuis le PEA, société émettrice éligible PEA. Exonération d'IR (mais pas de PS) après 5 ans de détention du plan.
Taux d'imposition du gain BSPCE pour un dirigeant ?#
Si ancienneté < 3 ans : 30 % forfaitaire (12,8 % IR + 17,2 % PS), sans option. Si ≥ 3 ans : PFU 30 % par défaut, ou option pour le barème progressif. CEHR éventuelle (3 % / 4 %).
Quelle valorisation pour le prix d'exercice ?#
À défaut d'augmentation de capital < 6 mois (auquel cas alignement obligatoire), retenir la juste valeur de marché par méthode appropriée (comparables, DCF, expertise). La sous-valorisation expose à requalification fiscale en avantage salaire.
Une société de plus de 15 ans peut-elle attribuer des BSPCE ?#
Non. L'article 163 bis G CGI réserve le dispositif aux sociétés de moins de 15 ans à la date d'attribution. Les BSPCE déjà attribués restent exerçables au-delà.
En pratique : sécuriser le dispositif BSPCE#
Le succès d'un plan BSPCE ne tient pas qu'à la fiscalité : il dépend de la rigueur du process (résolutions de l'AG, attestation de valorisation, plan de souscription, suivi du registre des bons), de la coordination avec les investisseurs (pacte d'actionnaires, droits d'option), et de l'articulation avec une éventuelle holding patrimoniale du dirigeant.
Questions fréquentes
Quelle différence entre BSPCE, stock-options et AGA ?
Les trois dispositifs partagent un objectif (intéresser au capital) mais diffèrent dans leur véhicule juridique et leur fiscalité. Les BSPCE (article 163 bis G CGI) sont des bons donnant droit à souscrire des actions à un prix fixé au jour d'attribution, réservés à certaines sociétés non cotées de moins de 15 ans répondant à des critères stricts. Les stock-options (articles L.225-177 et suivants du Code de commerce) ouvrent un droit d'achat sur actions existantes ou à émettre, dans toute société, avec une fiscalité moins favorable. Les actions gratuites (AGA, articles L.225-197-1 et suivants C. com.) sont attribuées sans contrepartie financière au bénéficiaire, après période d'acquisition. Les BSPCE restent le dispositif fiscalement le plus avantageux pour les bénéficiaires de startups éligibles.
Le BSPCE peut-il être logé dans un PEA en 2026 ?
Oui, sous conditions. La loi de finances pour 2024 a explicitement ouvert le PEA et le PEA-PME aux BSPCE, à la condition que les actions souscrites soient inscrites au plan dès leur souscription et que le contribuable verse en numéraire le prix d'exercice depuis son PEA. La société émettrice doit également remplir les conditions d'éligibilité au PEA (siège en UE/EEE, soumission à l'IS ou équivalent, activité éligible). Le gain net de cession devient alors exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans de détention du plan (les prélèvements sociaux à 17,2 % restent dus). Le BOFIP a précisé les modalités pratiques en 2024.
Quel est le taux d'imposition du gain BSPCE pour un dirigeant en 2026 ?
L'article 163 bis G CGI distingue deux régimes. Si le bénéficiaire exerce une activité dans la société depuis moins de 3 ans à la date de cession, le gain net est imposé au taux forfaitaire de 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux). Si l'ancienneté est d'au moins 3 ans, le bénéficiaire peut opter pour un taux global de 30 % (option par défaut depuis 2018) ou pour l'imposition au barème progressif de l'IR + 17,2 % de prélèvements sociaux. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (3 % ou 4 %) peut s'ajouter au-delà de 250 000 € de revenus.
Quelle valorisation retenir pour le prix d'exercice des BSPCE ?
L'article 163 bis G CGI exige que le prix d'exercice soit au moins égal au prix d'émission des actions lors d'une augmentation de capital récente (dans les six mois précédents), en tenant compte le cas échéant des différences de droits attachés aux actions. À défaut d'augmentation de capital récente, le prix doit refléter la valeur de marché à la date d'attribution. En pratique, les conseils retiennent souvent la dernière valorisation post-money de la société (issue de la Series A ou ultérieure). Une sous-valorisation expose au risque de requalification fiscale en avantage en nature soumis au régime des salaires et aux cotisations sociales.
Une société de plus de 15 ans peut-elle attribuer des BSPCE ?
Non, sauf cas particulier. L'article 163 bis G CGI réserve les BSPCE aux sociétés par actions de moins de 15 ans à la date d'attribution, immatriculées au registre du commerce et des sociétés, soumises à l'IS en France ou à un impôt équivalent en UE/EEE, dont le capital est détenu directement et de manière continue pour 25 % au moins par des personnes physiques ou par des personnes morales elles-mêmes détenues à 75 % au moins par des personnes physiques. Une fois le seuil des 15 ans franchi, l'attribution est impossible, mais les BSPCE déjà attribués restent exerçables selon leurs conditions initiales.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — CGI article 163 bis G (BSPCE)
- BOFIP — BOI-RSA-ES-20-40 (Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise)
- impots.gouv.fr — Plus-values mobilières (régime des particuliers)
- entreprendre.service-public.fr — BSPCE (fiche officielle)
- Légifrance — Loi 2023-1322 de finances pour 2024 (article 8 — BSPCE et PEA)
- Éditions Francis Lefebvre — Mémento Sociétés Commerciales / Fiscal (BSPCE)
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