Qu'est-ce qu'une cession temporaire d'usufruit ?#
La cession temporaire d'usufruit consiste à vendre, pour une durée fixe, le droit d'utiliser un bien et d'en percevoir les revenus, en gardant la nue-propriété. Le cédant encaisse un capital immédiat ; à l'échéance, il retrouve la pleine propriété sans formalité ni impôt. Le prix de la première cession est imposé comme un revenu, et non comme une plus-value (article 13, 5 du CGI).
On parle aussi d'usufruit temporaire ou de démembrement temporaire de propriété. Le cessionnaire est le plus souvent une société soumise à l'impôt sur les sociétés, parfois la holding ou la société d'exploitation du cédant. Le tableau ci-dessous résume la position de chacun ; le détail et les références suivent.
| Cédant (nu-propriétaire) | Cessionnaire (société à l'IS) | |
|---|---|---|
| À la signature | Encaisse le prix | Paie le prix sur sa trésorerie |
| Imposition du prix | Revenu de l'année de perception (article 13, 5 du CGI) | Aucune : c'est l'achat d'un actif |
| Pendant la durée | Ne perçoit plus les revenus du bien | Encaisse les loyers ou dividendes et amortit l'usufruit |
| IFI | Ne déclare plus le bien, sauf si l'usufruitier est une société qu'il détient (article 965, 2° du CGI) | Une société n'est pas redevable de l'IFI |
| À l'échéance | Retrouve la pleine propriété, sans impôt (article 1133 du CGI) | L'usufruit s'éteint, sa valeur comptable est nulle |
Comment fonctionne le démembrement temporaire de propriété ?#
Le droit de propriété se divise en deux droits distincts :
- L'usufruit : le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus (loyers, dividendes).
- La nue-propriété : le droit de disposer du bien. Le nu-propriétaire peut vendre sa nue-propriété sans l'accord de l'usufruitier, dont le droit n'est pas modifié (article 621 du Code civil) ; il ne peut pas vendre seul la pleine propriété, puisqu'il ne détient pas l'usufruit.
Dans une cession temporaire, le propriétaire cède l'usufruit pour une durée fixe. Cette durée ne peut pas dépasser trente ans lorsque l'usufruitier est une personne morale (article 619 du Code civil). Lorsque l'usufruitier est une personne physique, l'usufruit s'éteint au terme convenu, ou à son décès s'il survient avant (article 617 du Code civil). L'opération peut porter sur un immeuble de rapport, sur des titres de société, sur des parts de SCPI ou sur des parts de SCI.
Le prix correspond, en économie, à la valeur actualisée des revenus nets que le bien doit produire pendant la durée de l'usufruit. À l'échéance, l'usufruit s'éteint de plein droit et le nu-propriétaire recouvre la pleine propriété sans acte ni formalité (article 617 du Code civil).
Comment est imposé le prix de cession pour le cédant ?#
Un revenu, pas une plus-value (article 13, 5 du CGI)#
L'article 13, 5 du CGI, issu de la loi n° 2012-1510 du 29 décembre 2012, s'applique aux cessions intervenues depuis le 14 novembre 2012. Il vise la première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire. Le produit de la cession, ou la valeur vénale de l'usufruit si elle est supérieure, est imposé au nom du cédant dans la catégorie des revenus que procure le bien :
- revenus fonciers pour un immeuble loué nu, y compris lorsque la cession porte sur des parts de SCI non soumise à l'impôt sur les sociétés ;
- bénéfices industriels et commerciaux pour une location meublée ;
- revenus de capitaux mobiliers pour des titres de sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés.
Lorsque le bien ne procure aucun revenu, le texte prévoit une catégorie par défaut : revenus fonciers pour un immeuble ou des parts de société à prépondérance immobilière, revenus de capitaux mobiliers pour des valeurs mobilières, bénéfices non commerciaux dans les autres cas. Le dispositif ne vise ni l'usufruit viager, ni les cessions ultérieures du même usufruit, ni les transmissions à titre gratuit, ni les cédants passibles de l'impôt sur les sociétés.
Les modalités d'imposition à connaître#
- Le produit est imposé au titre de l'année au cours de laquelle le prix est perçu. Imposé au barème progressif, il peut bénéficier, toutes conditions remplies, du système du quotient prévu pour les revenus exceptionnels (article 163-0 A du CGI ; BOI-IR-BASE-10-10-30, § 220).
- Il supporte les prélèvements sociaux et, le cas échéant, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (même BOFiP, § 230 et § 240).
- Lorsque le produit de cession de l'usufruit de titres constitue un revenu distribué, l'abattement de 40 % sur les dividendes ne s'applique pas (même BOFiP, § 210).
- Pendant toute la durée de l'usufruit, les revenus du bien ne sont plus perçus par le cédant, qui n'est donc plus imposé sur eux.
Ce que la jurisprudence a précisé#
Le Conseil d'État a jugé qu'une convention qualifiée de prorogation par les parties, faisant suite à une précédente cession d'usufruit sur le même bien, constitue une nouvelle première cession relevant de l'article 13, 5 (CE, 9 octobre 2024, n° 490685). Il a ensuite jugé que ces règles s'appliquent aussi lorsque la cession est rémunérée par l'attribution de titres, comme dans un apport à une société (CE, 30 mars 2026, n° 502243).
Ce que le cédant y gagne#
Le cédant transforme des revenus futurs en un capital immédiat, qui peut financer un projet personnel ou professionnel, et il sait qu'il retrouvera la pleine propriété à terme. En matière d'IFI, le bien démembré est imposé pour sa valeur en pleine propriété dans le patrimoine de l'usufruitier (article 968 du CGI) : le cédant devenu nu-propriétaire ne le déclare plus. Cet effet n'est acquis que si l'usufruitier est extérieur à son patrimoine. Lorsque l'usufruit est cédé à une société qu'il détient, holding ou société d'exploitation, l'article 965, 2° du CGI ramène dans son assiette la fraction de la valeur de ses titres représentative des biens ou droits immobiliers détenus directement ou indirectement par cette société.
Combien vaut un usufruit temporaire ? Barème et exemple chiffré#
Le barème fiscal de l'article 669 du CGI#
L'usufruit constitué pour une durée fixe est estimé à 23 % de la valeur de la propriété entière par période de dix ans, sans fraction et sans égard à l'âge de l'usufruitier (article 669, II du CGI). Toute période commencée compte pour une période entière : quinze ans valent 46 % et non 34,5 %. La valeur ainsi obtenue ne peut pas dépasser celle de l'usufruit viager de l'usufruitier (BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50, § 70).
| Durée de l'usufruit temporaire | Valeur fiscale de l'usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| 1 à 10 ans | 23 % | 77 % |
| 11 à 20 ans | 46 % | 54 % |
| 21 à 30 ans | 69 % | 31 % |
Pour une personne morale, la durée étant limitée à trente ans, la valeur fiscale de l'usufruit ne dépasse donc pas 69 %. Ce barème sert à liquider les droits d'enregistrement et la taxe de publicité foncière (article 669, I du CGI) : il ne fixe ni le prix de marché, ni l'assiette de l'impôt sur le revenu. Le barème du démembrement détaille aussi le cas de l'usufruit viager.
La valeur économique#
La valeur économique se calcule en actualisant les revenus nets attendus pendant la durée de l'usufruit (loyers diminués des charges, ou capacité distributive réelle des titres), à un taux cohérent avec le risque du bien. C'est elle qui se rapproche d'un prix de marché, avec les mêmes outils que les méthodes d'évaluation d'entreprise.
Exemple chiffré (cas illustratif)#
Un immeuble de rapport estimé à 1 000 000 € produit 40 000 € de loyers nets de charges par an. Son propriétaire envisage d'en céder l'usufruit pour 10 ans à une société.
| Méthode | Calcul | Valeur de l'usufruit |
|---|---|---|
| Barème de l'article 669 | 23 % × 1 000 000 € | 230 000 € |
| Valeur économique | 40 000 € par an pendant 10 ans, actualisés à 4 % | env. 324 400 € (32,4 %) |
L'écart, d'environ 94 400 €, a deux conséquences. Céder au prix du barème ne réduit pas l'impôt du cédant, puisque l'article 13, 5 retient la valeur vénale lorsqu'elle est supérieure au prix. À l'inverse, une société qui paierait l'usufruit plus cher que sa valeur économique consentirait un avantage à son associé, ce qui l'expose à l'acte anormal de gestion. Dans cet exemple, si l'immeuble est loué nu et détenu en direct ou par une SCI à l'impôt sur le revenu, environ 324 400 € s'ajoutent aux revenus fonciers du cédant l'année où il perçoit le prix. Le taux de 4 % et le niveau de loyer sont des hypothèses d'illustration : chaque dossier se calcule sur ses propres données.
Quels avantages pour la société cessionnaire à l'IS ?#
Un emploi de trésorerie dont le rendement dépend du bien et du prix payé#
La société utilise sa trésorerie disponible pour acquérir un usufruit temporaire, puis encaisse pendant la durée les revenus que le bien produit réellement (loyers ou dividendes). Le rendement dépend entièrement du bien et du prix payé : aucun montage ne le garantit d'avance.
L'amortissement de l'usufruit#
La société inscrit l'usufruit à l'actif de son bilan et l'amortit sur la durée du démembrement. Cet amortissement n'est pas automatique : un élément incorporel de l'actif n'est amortissable que s'il est normalement prévisible, lors de son acquisition, que ses effets bénéfiques prendront fin à une date déterminée (Conseil d'État, 24 avril 2019, n° 419912, rendu sur un usufruit viager, la solution valant à plus forte raison pour un usufruit à terme fixe). Le plan d'amortissement suit la durée de l'usufruit et traduit le rythme de consommation des avantages économiques attendus, le mode linéaire s'appliquant à défaut de mode mieux adapté (plan comptable général, articles 214-1 et 214-13).
La dotation réduit, et peut effacer, le résultat imposable que génèrent les revenus du bien. Un point se mesure en face lorsque l'usufruit porte sur des titres : le régime des sociétés mères suppose que les titres de participation soient détenus en pleine propriété ou en nue-propriété (article 145, 1, b du CGI). La société qui n'acquiert que l'usufruit temporaire de titres en est exclue et supporte l'impôt sur les sociétés sur l'intégralité des dividendes encaissés.
Une fin de démembrement sans impôt#
À l'échéance, l'usufruit s'éteint de plein droit (article 617 du Code civil) et sa valeur nette comptable est nulle au bilan de la société. La réunion de l'usufruit à la nue-propriété par l'expiration du temps fixé ne donne lieu à aucun impôt ni taxe (article 1133 du CGI) : le nu-propriétaire recouvre la pleine propriété sans acte de revente.
Quels sont les risques fiscaux ?#
L'abus de droit, sous deux formes#
L'administration examine les cessions temporaires d'usufruit dénuées de réalité économique, avec deux outils.
- L'article L. 64 du LPF vise les actes fictifs et ceux qui n'ont d'autre motif que d'éluder l'impôt. Il entraîne une majoration de 80 %, ramenée à 40 % lorsqu'il n'est pas établi que le contribuable a eu l'initiative principale des actes ou en a été le principal bénéficiaire (article 1729, b du CGI).
- L'article L. 64 A du LPF, pour les actes passés depuis le 1er janvier 2020 et les rectifications notifiées depuis le 1er janvier 2021, permet d'écarter un acte dont le motif est principalement fiscal, notion plus large. Il n'entraîne pas automatiquement la majoration de 80 % de l'article 1729, b, qui ne vise que l'article L. 64 : seules les majorations de droit commun s'appliquent si elles sont justifiées. Il s'applique sous réserve de l'article 205 A du CGI.
En cas de désaccord, le comité de l'abus de droit fiscal peut être saisi par le contribuable ou par l'administration (article L. 64 du LPF). Son avis est consultatif et, pour les rectifications notifiées depuis le 1er janvier 2019, l'administration supporte la charge de la preuve quel que soit cet avis (article L. 192 du LPF). Une sécurisation préalable est possible par la procédure de l'article L. 64 B du LPF (voir la FAQ).
Les signaux d'alerte#
- Absence de rationalité économique pour la société : elle paie cher, ou s'endette, pour un bien dont les revenus ne couvrent pas le prix.
- Flux circulaires : le prix versé par la société revient vers elle sous une autre forme, par exemple un apport en compte courant du cédant.
- Surévaluation de l'usufruit par rapport à sa valeur économique.
- Durée calée sur une fenêtre fiscale plutôt que sur un besoin réel de la société.
La défense de l'opération repose sur la preuve de sa substance : pouvoir démontrer que la société a placé sa trésorerie en vue d'un rendement réel, et comment le prix a été construit.
Comment l'expert-comptable intervient-il ?#
Une cession temporaire d'usufruit se prépare, parce que son point faible n'est pas juridique mais probatoire : c'est la justification économique du montage qui sera discutée.
Ce que couvre la mission :
- Simulations financières : confronter l'évaluation forfaitaire de l'article 669 du CGI à une valeur économique actualisée, afin de documenter le prix retenu. Aucun prix ne met à l'abri d'une discussion : ce qui compte est de pouvoir expliquer comment il a été construit.
- Validation du montage fiscal : vérifier si l'opération se justifie économiquement pour la société à l'IS, et documenter cette justification au regard de l'acte anormal de gestion et de l'abus de droit.
- Déclarations : intégration dans la déclaration de revenus du cédant, dans l'IFI et dans la liasse fiscale de la société, et mise en place du plan d'amortissement de l'usufruit dans sa comptabilité.
- Coordination avec votre notaire pour la rédaction des clauses de l'acte, notamment la répartition des grosses réparations et des charges d'entretien (articles 605 et 606 du Code civil).
Une cession temporaire d'usufruit se chiffre avant de se décider : valeur de l'usufruit, rendement attendu par le cessionnaire, coût des droits d'enregistrement, et surtout justification économique opposable. Ces quatre éléments se modélisent sur les données réelles du bien.
Questions fréquentes
Quelle est la durée minimale d'une cession temporaire d'usufruit ?+
Aucun texte ni aucune doctrine ne fixe de durée minimale, et il n'existe pas non plus de durée officiellement recommandée. Ce qui est examiné n'est pas la durée en elle-même mais la cohérence entre cette durée, le besoin économique du cessionnaire et le prix payé : une durée calée sur un cycle d'exploitation réel se défend, une durée choisie pour couvrir une fenêtre fiscale ne se défend pas.
Quelle est la durée maximale d'un usufruit temporaire ?+
Trente ans lorsque l'usufruitier est une personne morale, par exemple une société (article 619 du Code civil). Lorsque l'usufruitier est une personne physique, le Code civil ne fixe pas de plafond, mais l'usufruit s'éteint à son décès s'il survient avant le terme (article 617 du Code civil).
Comment calculer la valeur d'un usufruit temporaire de 10 ans ?+
Le barème fiscal de l'article 669 du CGI retient 23 % de la valeur en pleine propriété pour toute durée jusqu'à dix ans, 46 % jusqu'à vingt ans et 69 % jusqu'à trente ans. Ce barème sert aux droits d'enregistrement. Le prix, lui, se fixe sur la valeur économique, c'est-à-dire la valeur actualisée des revenus nets attendus pendant dix ans, qui peut être nettement supérieure au barème.
La cession temporaire d'usufruit est-elle risquée fiscalement ?+
Oui, et le seuil n'est plus celui du montage motivé uniquement par des raisons fiscales. Pour les actes passés à compter du 1er janvier 2020, l'article L. 64 A du LPF permet à l'administration d'écarter un acte dont le motif est principalement fiscal, notion plus large que le but exclusivement fiscal de l'article L. 64. Il faut donc justifier une logique économique réelle (financement de la société, restructuration patrimoniale) et faire rédiger l'acte par un professionnel du droit. L'article L. 64 B du LPF ouvre une voie de sécurisation préalable : ces deux procédures ne sont pas applicables lorsque le contribuable a consulté par écrit l'administration centrale avant de conclure l'acte, en lui fournissant tous éléments utiles, et que l'administration n'a pas répondu dans un délai de six mois.
Quels impôts s'appliquent lors de la cession de l'usufruit ?+
La cession relève des droits d'enregistrement ou de la TVA selon la nature du bien. Pour l'imposition du cédant, il faut distinguer. Sur la première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire, l'article 13, 5 du CGI écarte le régime des plus-values : le produit est imposé comme un revenu, dans la catégorie correspondant au revenu que procure le bien (revenus fonciers, bénéfices industriels et commerciaux, revenus de capitaux mobiliers selon le cas). C'est le cédant de l'usufruit qui est imposé, et non le nu-propriétaire. Le régime des plus-values ne retrouve à s'appliquer que pour un usufruit viager, pour les cessions ultérieures du même usufruit, ou lorsque le cédant est passible de l'impôt sur les sociétés.
L'IFI est-il réduit grâce à la cession temporaire d'usufruit ?+
Le bien lui-même est imposé, pour sa valeur en pleine propriété, au nom de l'usufruitier (article 968 du CGI) : le nu-propriétaire ne le déclare pas. Mais l'effet sur l'assiette du cédant n'est pas automatique dans le montage le plus courant, celui où l'usufruit est cédé à sa propre holding ou à sa société d'exploitation : l'article 965, 2° du CGI inclut alors dans l'assiette la fraction de la valeur des titres de cette société représentative de biens immobiliers. Le point se vérifie sur la structure réelle de détention, il ne se présume pas.
Comment comptabiliser un usufruit temporaire dans la société ?+
La société inscrit l'usufruit à l'actif immobilisé pour son coût d'acquisition, comme un élément incorporel, puis l'amortit sur la durée de l'usufruit, en mode linéaire à défaut de mode mieux adapté (plan comptable général, article 214-13). À l'échéance, l'usufruit est totalement amorti et sa valeur nette comptable est nulle. Les loyers ou dividendes encaissés pendant la durée sont des produits imposables de la société.
Que se passe-t-il à la fin d'une cession temporaire d'usufruit ?+
L'usufruit s'éteint de plein droit à l'arrivée du terme (article 617 du Code civil). Le nu-propriétaire retrouve la pleine propriété sans acte ni formalité, et cette réunion ne donne lieu à aucun impôt ni taxe (article 1133 du CGI). Il perçoit de nouveau les revenus du bien, imposés selon les règles habituelles.
Peut-on céder l'usufruit d'un bien immobilier en indivision ?+
Oui, mais le consentement de tous les indivisaires est requis. La cession de l'usufruit d'un bien indivis est un acte de disposition, et l'article 815-3 du Code civil réserve ces actes à l'unanimité : la majorité des deux tiers, suffisante pour les actes d'administration, ne l'est pas ici.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable basé à Paris 8, dont le fondateur est aussi commissaire aux comptes, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Légifrance, CGI art. 13, 5, 1° : le produit de la première cession à titre onéreux d'un usufruit temporaire est imposé, ou sa valeur vénale si elle est supérieure
- Légifrance, CGI art. 669 : barème de 23 % par période de dix ans, réservé par son I à la liquidation des droits d'enregistrement et de la taxe de publicité foncière
- Légifrance, LPF art. L. 64 : abus de droit, acte fictif ou but exclusivement fiscal
- Légifrance, LPF art. L. 64 A : abus de droit à motif principalement fiscal, pour les actes passés depuis le 1er janvier 2020
- Légifrance, code civil art. 619 : l'usufruit accordé à une personne morale ne peut excéder trente ans
- Conseil d'État, 8e et 3e chambres réunies, 30 mars 2026, n° 502243 : portée de l'article 13, 5 du CGI
- BOFiP, BOI-IR-BASE-10-10-30 : imposition du produit de cession d'un usufruit temporaire
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-50 § 70 : usufruit à durée fixe estimé à 23 % par période de dix ans, sans pouvoir dépasser la valeur de l'usufruit viager
- Légifrance, CGI art. 1133 : la réunion de l'usufruit à la nue-propriété par l'expiration du temps fixé ne donne ouverture à aucun impôt ou taxe
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