Barème évaluation fonds de commerce 2026 : méthodes et prix
Méthode des barèmes, multiple d'EBE, comparables, droits d'enregistrement article 719 CGI : la lecture de Cabinet Hayot Expertise à Paris pour valoriser un fonds de commerce en 2026.
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Évaluation d'entreprise à Paris | PME, cession, litigeNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Un fonds de commerce se valorise en 2026 en croisant trois méthodes : le barème professionnel (pourcentage du CA TTC), le multiple d'EBE retraité (3x à 5x pour la majorité des TPE/PME) et la méthode comparable. Les droits d'enregistrement, fixés par l'article 719 du Code général des impôts, s'échelonnent de 0 % sous 23 000 € à 5 % au-delà de 200 000 € en intégrant les taxes additionnelles départementale et communale. La fourchette de prix dépend de la rentabilité réelle, du bail et de la qualité de l'emplacement, jamais du seul chiffre d'affaires.
Contexte 2026 — pourquoi les barèmes pèsent moins, la rentabilité plus#
Le marché de la transmission de fonds de commerce traverse une recomposition durable en 2026. Les défaillances d'entreprises restent à un niveau historiquement élevé, les taux d'emprunt bancaire pour reprise se sont stabilisés entre 4,5 % et 6 % selon les profils, et la rentabilité opérationnelle redevient le premier critère d'achat. Les acquéreurs ne paient plus une nostalgie de chiffre d'affaires : ils paient un excédent brut d'exploitation (EBE) défendable, capable de rembourser un emprunt vendeur ou bancaire sur sept ans.
Chez Hayot Expertise, cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France, nous accompagnons chaque année une dizaine de cédants et de repreneurs de fonds de commerce dans la fourchette 200 000 € – 2 M€. Récemment, un dirigeant d'un salon de coiffure parisien (CA 380 000 € TTC, EBE retraité 65 000 €) nous a sollicités après avoir reçu une offre à 110 % du CA. La méthode hybride EBE × 4 ramenait la valorisation défendable à 260 000 €, soit une décote de 38 % par rapport à l'offre initiale. Le repreneur a accepté la nouvelle base après contre-expertise. C'est cette discipline méthodologique que nous documentons ici.
Le cadre réglementaire 2026 reste pour l'essentiel celui issu de la loi de modernisation de l'économie : tarif fiscal aux articles 719 et suivants du CGI, formalité d'enregistrement obligatoire dans le mois de la cession, dépôt de l'inventaire détaillé aux services des impôts. La doctrine BOFiP (notamment BOI-ENR-DMTOM-10-20-20 et BOI-ENR-DMTG-10-40-10-40) précise l'assiette et les modalités d'évaluation des biens incorporels.
Que comprend juridiquement un fonds de commerce#
Un fonds de commerce regroupe l'ensemble des éléments mobiliers, corporels et incorporels, qu'un commerçant affecte à l'exercice de son activité pour attirer et fidéliser une clientèle. Trois familles d'actifs cohabitent :
- Les éléments incorporels — clientèle et achalandage, droit au bail, nom commercial, enseigne, marques, brevets et licences éventuelles (licence IV, licence de débit de tabac, agrément pharmacie). Ce sont eux qui expliquent l'essentiel de la valeur.
- Les éléments corporels d'exploitation — matériel, mobilier, outillage, agencement spécifique. Ils se valorisent à leur valeur d'usage, distincte de la valeur nette comptable.
- Le stock de marchandises — exclu de l'assiette des droits d'enregistrement au sens de l'article 719 du CGI, il fait l'objet d'une cession séparée valorisée HT au prix de revient, avec TVA selon l'option retenue (article 723 du CGI).
Sont en revanche exclus du fonds : les immeubles (cession soumise à droits d'enregistrement immobiliers), les créances et dettes (sauf clause expresse), les contrats de travail (transfert automatique au repreneur en application de l'article L. 1224-1 du Code du travail), et les contrats à caractère intuitu personae non transférables.
Les trois méthodes d'évaluation actualisées 2026#
L'évaluation rigoureuse d'un fonds de commerce repose sur le croisement systématique de trois approches. Aucune méthode unique ne suffit ; la convergence des trois indicateurs constitue la fourchette de négociation défendable face à l'administration et face au banquier du repreneur.
Méthode 1 — Le barème professionnel par pourcentage du CA#
C'est la méthode historique, codifiée dans les barèmes Francis Lefebvre, repris par les CCI et par les juridictions en cas de litige. Elle consiste à appliquer un coefficient au chiffre d'affaires TTC moyen des trois derniers exercices, calibré secteur par secteur. La méthode est utile pour cadrer un ordre de grandeur initial et obtenir une borne supérieure lors d'une négociation.
Limites principales : elle ignore totalement la rentabilité, elle traite mal les activités saisonnières (CA non lissé) et elle n'a aucun sens pour les activités à modèle économique digital (e-commerce, SaaS, marketplace, plateformes de service).
Méthode 2 — Le multiple d'EBE retraité (méthode de rentabilité)#
L'EBE retraité représente le résultat d'exploitation avant amortissements, corrigé des éléments propres au cédant. C'est l'agrégat de référence des opérations de M&A small cap. Le retraitement consiste à neutraliser : la rémunération du dirigeant cédant remplacée par celle d'un salarié-cadre équivalent, les charges personnelles passées en frais d'entreprise, les loyers de complaisance, les éléments exceptionnels, et les amortissements non récurrents.
Le multiple appliqué dépend du secteur, de la croissance, de la dépendance au dirigeant et de la qualité du bail. Pour un fonds classique en 2026, le multiple observé oscille entre 3x et 5x. Bpifrance Création rappelle dans son encyclopédie que la méthode de la rentabilité combine cette capitalisation de l'EBE avec une analyse de la pérennité du flux.
Méthode 3 — Les comparables (méthode analogique)#
La méthode consiste à observer le prix de cession effectif de fonds comparables, dans la même zone géographique, sur les 12 à 24 mois précédents. Les sources publiques (BODACC pour les ventes de fonds, statistiques de la Chambre nationale des notaires, observatoires CCI) permettent de constituer un échantillon. La méthode est puissante pour les commerces de bouche urbains et les pharmacies, plus faible pour les activités atypiques.
| Méthode | Force | Faiblesse | Cas d'usage prioritaire |
|---|---|---|---|
| Barème % du CA | Simple, codifiée, opposable indicativement | Ignore la rentabilité | Cadrage initial, fonds à forte saisonnalité |
| Multiple d'EBE retraité | Reflète la valeur économique réelle | Sensible à la qualité du retraitement | M&A small cap, transmission familiale |
| Comparables | Reflète le marché effectif | Données souvent incomplètes | Commerces urbains, pharmacies, hôtels |
Barème indicatif 2026 par secteur d'activité#
Les fourchettes ci-dessous sont issues du croisement des barèmes Francis Lefebvre, des observations CCI France et de nos propres observations 2025-2026 sur les opérations small cap. Elles s'appliquent au CA TTC moyen des trois derniers exercices, hors stock.
| Secteur d'activité | Coefficient indicatif sur CA TTC | Multiple d'EBE retraité observé |
|---|---|---|
| Boulangerie-pâtisserie | 65 % à 135 % | 3,5x à 5x |
| Café / bar (sans tabac) | 50 % à 110 % | 2,5x à 4x |
| Restaurant traditionnel | 50 % à 120 % | 3x à 5x |
| Restauration rapide / snack | 50 % à 115 % | 3x à 4,5x |
| Pharmacie | 80 % à 135 % | 6x à 9x |
| Coiffure (mixte) | 60 % à 135 % | 2,5x à 4x |
| Tabac-presse-loto | 80 % à 185 % | 4x à 7x |
| Hôtel de tourisme classé | 100 % à 300 % du CA (ou prix au lit) | 6x à 10x |
| Garage / réparation automobile | 45 % à 75 % | 3x à 4,5x |
| Supermarché / supérette | 15 % à 50 % | 4x à 6x |
| Salon esthétique / institut | 50 % à 110 % | 2,5x à 4x |
| Fleuriste | 40 % à 90 % | 2x à 3,5x |
Ces fourchettes ne valent que pour des fonds rentables, en zone d'achalandage stable et avec un bail commercial sécurisé. Un EBE négatif ou un bail expirant à moins de 18 mois fait sortir de la fourchette par le bas.
Méthode du goodwill : la rigueur de la survaleur#
La méthode du goodwill (ou survaleur) calcule la valeur des éléments incorporels du fonds en capitalisant le superprofit dégagé par l'entreprise. Le superprofit correspond à l'écart entre la rentabilité réelle (EBE retraité) et la rémunération normale des capitaux investis dans l'actif d'exploitation (méthode dite des praticiens).
Étapes du calcul :
- Évaluer l'actif d'exploitation nécessaire (corporels + BFR normatif).
- Calculer la rémunération normale de cet actif au taux sans risque majoré d'une prime (5 % à 8 % en 2026).
- Soustraire cette rémunération de l'EBE retraité : on obtient le superprofit annuel.
- Capitaliser le superprofit sur un nombre d'années de réinvestissement (généralement 3 à 7 ans, selon la pérennité).
- Ajouter cette survaleur à la valeur des actifs corporels pour obtenir la valeur du fonds.
Cette méthode est particulièrement adaptée aux activités à forte intensité immatérielle (cabinets de services, agences, e-commerce) et aux situations où le simple multiple d'EBE n'éclaire pas suffisamment la qualité du fonds.
Cas particuliers à traiter à part#
Restauration et débits de boissons#
La valeur de la licence IV ou de la licence de spectacle s'ajoute en élément séparé. La sortie de la zone géographique de la licence (article L. 3332-11 du Code de la santé publique) modifie sa valorisation. Le poids du droit au bail est déterminant en zone touristique.
Salons de coiffure et d'esthétique#
La clientèle est très volatile et fortement attachée à la personne du coiffeur cédant. Une période d'accompagnement post-cession de 3 à 6 mois est quasi obligatoire. Une clause de non-concurrence renforcée (rayon 5-10 km, durée 2 ans) est valorisée. Notre observation : 60 % de la clientèle non fidélisée par programme CRM disparaît dans les 18 mois.
E-commerce et DNVB#
La valorisation ignore le barème CA et s'appuie sur un multiple d'EBITDA (3x à 5x), une valorisation séparée du stock et la qualité de l'actif intangible (base CRM, audience sociale, contrats fournisseurs). Le BFR (parfois négatif) doit être analysé spécifiquement.
SaaS B2B#
Standard de marché 2026 : multiple de l'ARR (annual recurring revenue) entre 2x et 6x selon la croissance YoY, le NRR (net revenue retention), la marge brute et la qualité de la base clients. Le barème par % du CA n'a aucun sens.
Pharmacie d'officine#
Le marché reste structurellement haussier malgré la baisse des marges sur les médicaments remboursés. Les multiples d'EBE 6x à 9x s'expliquent par la rareté des transferts d'autorisation (numerus clausus implicite via le maillage géographique).
Droits d'enregistrement et fiscalité de la cession en 2026#
Le tarif fiscal de la cession est défini à l'article 719 du Code général des impôts, complété par les taxes additionnelles départementale (article 1595 du CGI) et communale (article 1584 du CGI). Le barème consolidé pour les cessions enregistrées en 2026 est le suivant :
| Tranche de prix | Droit budgétaire (CGI 719) | Taxe départementale | Taxe communale | Total cumulé |
|---|---|---|---|---|
| 0 € à 23 000 € | 0 % | 0 % | 0 % | 0 % (minimum 25 €) |
| 23 001 € à 107 000 € | 2,00 % | 0,60 % | 0,40 % | 3,00 % |
| 107 001 € à 200 000 € | 0,60 % | 1,40 % | 1,00 % | 3,00 % |
| Au-delà de 200 000 € | 2,60 % | 1,40 % | 1,00 % | 5,00 % |
Le droit est en principe à la charge de l'acquéreur, sauf stipulation contraire de l'acte. Des régimes favorables existent dans les zones France Ruralités Revitalisation (ex-ZRR), et un abattement de 500 000 € s'applique pour les cessions au profit d'un salarié ou d'un membre de la famille proche (article 732 ter du CGI), sous conditions de détention et de poursuite d'exploitation.
Côté cédant, la plus-value de cession est imposée au régime des plus-values professionnelles. Plusieurs exonérations sont mobilisables : article 151 septies du CGI (selon recettes), article 238 quindecies (cession de branche complète d'activité jusqu'à 500 000 € exonérés totalement, dégressivité jusqu'à 1 M€), article 151 septies A (départ à la retraite). Nous détaillons ces mécanismes dans notre guide consacré aux exonérations fiscales sur les plus-values de cession.
Pondération de la valeur : surcotes et décotes 2026#
L'application brute d'un coefficient ne suffit jamais. Plusieurs facteurs modulent la valeur finale à la hausse ou à la baisse.
Décotes structurantes#
- Bail commercial à échéance courte sans engagement de renouvellement : décote de 20 % à 40 %.
- Local en classe énergétique F ou G : décote de 10 % à 25 % au regard du décret tertiaire (objectif – 40 % d'énergie en 2030).
- Clientèle ultra-dépendante du dirigeant cédant : décote de 10 % à 20 %, atténuée par un accompagnement post-cession.
- Procédure collective récente du cédant ou du bailleur : décote de 15 % à 30 %.
- Matériel obsolète nécessitant un capex de remise à niveau : décote au montant du capex.
Surcotes défendables#
- Emplacement n°1 en métropole (zone piétonne premium, flux > 5 000 passants/jour) : surcote de 10 % à 25 %.
- Bail récemment renouvelé avec loyer plafonné : surcote de 5 % à 15 %.
- Base CRM exploitable de plus de 3 000 contacts qualifiés : surcote de 5 % à 10 %.
- Audience sociale qualifiée de plus de 10 000 abonnés engagés : surcote de 5 % à 15 %.
- Contrats commerciaux transférables et récurrents (abonnements, baux longs des clients B2B) : surcote au multiple de l'ARR additionnel.
Notre analyse d'expert-comptable#
Chez Hayot Expertise, nous observons que le principal piège de l'évaluation reste la confusion entre valeur fiscale, valeur de marché et valeur d'usage. Le barème DGFiP n'a jamais été conçu comme une valeur de marché : c'est un référentiel administratif destiné à éviter la sous-évaluation manifeste lors de la liquidation des droits d'enregistrement, conformément à l'article L. 17 du Livre des procédures fiscales. L'utiliser comme prix de vente revient à confondre l'outil et l'objectif.
Notre méthode hybride, appliquée en M&A small cap : multiple d'EBITDA retraité (3x à 5x) moins dette nette plus actifs spécifiques (stock, BFR positif, licences cessibles). Pour les fonds digitaux ou hybrides, nous y ajoutons un multiple d'ARR pour la part récurrente du chiffre d'affaires. Cette approche aligne le prix sur la capacité réelle du repreneur à rembourser un emprunt sur sept ans à 5 % avec un taux d'effort raisonnable (60 % maximum de l'EBE post-acquisition).
La seconde erreur fréquente est de présenter au repreneur un EBE non retraité. Un cédant qui se rémunérait 30 000 € par an pour une fonction qui en vaut 60 000 € sur le marché du travail double mécaniquement l'EBE affiché. Le retraitement intellectuellement honnête est la condition d'une transaction qui tient dans la durée.
Enfin, le rapport d'évaluation doit être documenté, daté et signé. Il sert d'argumentaire face au banquier du repreneur, mais aussi de protection face à l'administration fiscale en cas de contrôle sur l'insuffisance de prix.
Conseil Hayot Expertise. Ne signez jamais un acte de cession sans avoir croisé au minimum deux méthodes (barème + multiple d'EBE) et sans avoir documenté un retraitement transparent. Prévoyez 6 à 12 mois entre la décision de céder et la signature pour préparer le dossier d'évaluation, sécuriser le bail et anticiper la fiscalité de sortie. Un rapport d'évaluation indépendant coûte 3 000 € à 8 000 € et évite des contentieux à six chiffres.
À retenir#
- Trois méthodes obligatoires à croiser en 2026 : barème % du CA, multiple d'EBE retraité (3x à 5x pour la majorité des TPE/PME), comparables sectoriels.
- Les fourchettes par secteur ne valent que pour des fonds rentables et avec un bail commercial sécurisé.
- Droits d'enregistrement consolidés (article 719 CGI + taxes additionnelles) : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % entre 23 001 € et 200 000 €, 5 % au-delà.
- Le barème DGFiP n'est pas une valeur de marché : c'est un référentiel anti-minoration au sens de l'article L. 17 du LPF.
- E-commerce, SaaS et activités digitales nécessitent une méthode hybride EBITDA + ARR, pas un pourcentage du CA.
- Préparer le dossier 6 à 18 mois avant la cession pour sécuriser le bail, le DPE et la fiscalité de sortie.
Sources officielles#
- Code général des impôts, article 719 et suivants (cessions de fonds de commerce)
- impots.gouv.fr — Cession de fonds de commerce
- Service-public.fr — Droits d'enregistrement lors d'une mutation de fonds de commerce
- BOFiP — BOI-ENR-DMTOM-10-20-20 — Tarif et liquidation
- BOFiP — BOI-ENR-DMTG-10-40-10-40 — Évaluation des biens meubles incorporels
- Bpifrance Création — Méthode d'évaluation par comparaison
- Bpifrance Création — Méthode d'évaluation par la rentabilité
- Livre des procédures fiscales, article L. 17 (insuffisance de prix)
Questions fréquentes
Quel pourcentage du chiffre d'affaires pour évaluer un fonds de commerce en 2026 ?
Le pourcentage applicable dépend strictement du secteur d'activité et de la qualité du fonds. Selon les fourchettes professionnelles (Francis Lefebvre, CCI, observations de cession 2025-2026) : une boulangerie-pâtisserie se valorise entre 65 % et 135 % du CA TTC annuel ; un restaurant traditionnel entre 50 % et 120 % ; une pharmacie entre 80 % et 135 % ; un salon de coiffure entre 60 % et 135 % ; un hôtel de tourisme entre 100 % et 300 % du CA. Ces fourchettes ne sont qu'indicatives : un fonds peu rentable se valorise en bas de fourchette, voire en dessous.
Quelle différence entre méthode des barèmes et méthode du goodwill ?
La méthode des barèmes applique mécaniquement un pourcentage du CA TTC, ce qui suppose une rentabilité moyenne du secteur. La méthode du goodwill (ou survaleur) calcule la valeur des éléments incorporels en capitalisant le superprofit, c'est-à-dire l'excédent de rentabilité de l'entreprise par rapport à la rémunération normale des capitaux investis. Le goodwill est plus rigoureux car il sanctionne immédiatement une sous-rentabilité, là où le barème pur la masque. Pour un fonds de commerce classique, les deux méthodes sont croisées avec un multiple d'EBE retraité.
Quels sont les droits d'enregistrement sur la cession d'un fonds de commerce en 2026 ?
Les droits sont fixés par l'article 719 du Code général des impôts : 0 % jusqu'à 23 000 €, 2 % entre 23 001 € et 107 000 €, 0,60 % entre 107 001 € et 200 000 €, puis 2,60 % au-delà de 200 000 €. À ce droit budgétaire s'ajoutent une taxe départementale (articles 1595 et 1595 bis du CGI) et une taxe communale (article 1584 du CGI), portant le taux global, droits cumulés, à 3 % sur la tranche 23 001 €–200 000 € et à 5 % au-delà. Le droit minimum perçu est de 25 €.
Le barème DGFiP de l'administration fiscale est-il opposable au prix de vente ?
Non. Les barèmes professionnels et les fourchettes utilisées par l'administration ne sont pas opposables aux parties qui restent libres de fixer leur prix. Toutefois, en cas de suspicion de minoration du prix de cession, l'administration peut engager une procédure de rectification sur le fondement de l'article L. 17 du Livre des procédures fiscales (insuffisance de prix ou d'évaluation). Le prix doit donc rester économiquement défendable, documenté par un rapport d'évaluation indépendant.
Quel multiple d'EBE pour valoriser un fonds de commerce en 2026 ?
Pour un fonds de commerce de TPE/PME classique, le multiple d'EBE retraité observé sur les transactions 2025-2026 se situe entre 3x et 5x. Les pharmacies, tabacs et hôtels peuvent dépasser 6x à 8x. Les commerces fragiles (presse, bars en zone rurale) tombent à 2x voire 1,5x. L'EBE doit être retraité de la rémunération normale d'un dirigeant remplaçant, des charges personnelles passées en frais professionnels, des loyers hors marché et des éléments exceptionnels.
Comment évaluer un fonds e-commerce ou une activité SaaS en 2026 ?
Les barèmes traditionnels par pourcentage du CA ne sont pas adaptés. Pour un e-commerce, la valorisation combine un multiple de l'EBE retraité (3x à 5x), une valorisation séparée du stock et la prise en compte du BFR négatif éventuel. Pour un SaaS B2B, le standard de marché est un multiple de l'ARR (annual recurring revenue) compris entre 2x et 6x selon la croissance, le taux de rétention et la marge brute. Notre cabinet utilise systématiquement une méthode hybride : multiple d'EBITDA retraité moins dette nette plus actifs spécifiques.
Quelles décotes appliquer en 2026 sur un fonds de commerce ?
Les décotes structurantes observées en 2026 sont : 20 % à 40 % pour un bail commercial proche de l'échéance sans engagement de renouvellement, 10 % à 25 % pour un local en classe énergétique F ou G non conforme aux obligations DPE tertiaire, 10 % à 20 % pour une clientèle dépendante du dirigeant cédant, 5 % à 15 % pour un emplacement n°2 ou de périphérie. Les surcotes existent aussi : audience qualifiée sur les réseaux sociaux, base CRM exploitable, contrats commerciaux transférables.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — Code général des impôts, article 719 (droits d'enregistrement sur cession de fonds de commerce)
- impots.gouv.fr — Cession de fonds de commerce (espace professionnel)
- Service-public.fr — Comment calculer les droits d'enregistrement lors d'une mutation de fonds de commerce
- BOFiP — BOI-ENR-DMTOM-10-20-20 — Tarif et liquidation des cessions de fonds de commerce
- BOFiP — BOI-ENR-DMTG-10-40-10-40 — Évaluation des biens meubles incorporels
- Bpifrance Création — Méthode d'évaluation d'entreprise par comparaison
- Bpifrance Création — Méthode d'évaluation d'entreprise par leur rentabilité
- Légifrance — Livre des procédures fiscales, article L. 17 (insuffisance de prix)
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