Combien vaut mon entreprise ? Le calcul en 3 étapes
Une PME rentable vaut le plus souvent 4 à 7 fois son EBE retraité, dette nette déduite. La méthode en 3 étapes pour estimer votre entreprise, avec les multiples par secteur et un cas type chiffré.
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Évaluation d'entreprise par un expert-comptable à ParisNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide#
Une PME rentable vaut le plus souvent 4 à 7 fois son excédent brut d'exploitation (EBE) retraité, dette financière nette déduite, avec une moyenne observée autour de 5,5 fois sur les PME françaises en 2026. Pour un commerce, on raisonne plutôt en pourcentage du chiffre d'affaires, selon les barèmes de la profession. Trois étapes donnent une fourchette crédible en une heure.
Étape 1 : quel est votre EBE retraité ?#
Trois familles de méthodes coexistent (patrimoniale, multiples de marché, actualisation des flux) et notre guide des méthodes et barèmes d'évaluation les compare en détail. Pour répondre vite et juste à la question "combien vaut mon entreprise", la voie la plus proche du marché des PME reste le multiple d'EBE. Tout part donc de l'EBE, et l'EBE de votre liasse fiscale n'est presque jamais celui que retiendra un acquéreur.
Retraiter l'EBE, c'est répondre à une seule question : que dégagerait cette entreprise entre les mains d'un repreneur ordinaire, sans vos arrangements personnels ? Quatre corrections font l'essentiel de l'écart.
La rémunération du dirigeant. Elle doit être ramenée au coût de marché d'un salarié qui ferait votre travail, charges comprises. Un dirigeant qui se sous-paie gonfle mécaniquement son EBE : l'acquéreur, lui, devra payer un vrai directeur. Un dirigeant qui se sur-paie écrase le sien et se vend moins cher qu'il ne vaut.
Les loyers. Si les murs appartiennent à votre SCI, le loyer facturé est rarement le loyer de marché. Un loyer trop faible embellit l'EBE et sera corrigé par l'acquéreur, qui devra un jour renégocier le bail.
Les éléments non récurrents. Indemnité d'assurance, subvention exceptionnelle, litige soldé, frais de déménagement, chantier hors norme gagné une fois : tout ce qui ne se reproduira pas sort du calcul, dans les deux sens.
Les charges personnelles et le crédit-bail. Véhicule familial, déplacements privés, abonnements personnels : ces charges se réintègrent, à condition d'être documentées. Le crédit-bail se retraite également, puisqu'il finance des actifs d'exploitation.
Dernier réflexe : on travaille sur trois exercices, jamais sur le meilleur. Un acquéreur achète une tendance, pas un pic. Le détail de ces corrections est développé dans notre article sur les retraitements de l'EBE et de l'EBITDA.
Étape 2 : quel multiple s'applique à votre secteur ?#
Un multiple, c'est le nombre d'années d'EBE qu'un acquéreur accepte de payer d'avance. Il dépend d'abord de votre activité.
| Activité | Multiple d'EBE retraité |
|---|---|
| Moyenne PME France 2026 | env. 5,5x |
| PME traditionnelles (services, industrie, BTP, négoce) | 4 à 7x |
| SaaS et technologies | 8 à 15x |
| Restauration et commerces | 2,5 à 4,5x |
| Pharmacie et hôtellerie | 6 à 9x |
Au-delà de 5 M EUR d'EBE, une prime de taille de 1 à 2 points de multiple s'observe : les acheteurs de cette taille ont un coût du capital plus faible et une vraie capacité d'intégration. Les benchmarks de multiples par secteur donnent le détail activité par activité.
Si vous exploitez un commerce, la logique change : le marché raisonne en pourcentage du chiffre d'affaires du fonds. À titre indicatif, une boulangerie-pâtisserie se négocie de 60 à 110 % du CA TTC, un restaurant traditionnel de 50 à 105 % du CA TTC, un café ou un bar de 60 à 120 %, un salon de coiffure ou un institut de beauté de 50 à 90 %, une pharmacie de 60 à 120 % du CA HT. Ces barèmes sont des repères de place, jamais des valeurs opposables : ils ne dispensent pas d'analyser le bail, l'emplacement et la rentabilité réelle. Le détail figure dans notre barème d'évaluation des fonds de commerce. L'administration fiscale publie sa propre doctrine, qui combine valeur mathématique, valeur de productivité et valeur de rendement et admet des décotes : DGFiP, guide de l'évaluation des entreprises et des titres de sociétés.
Étape 3 : comment passer de la valeur d'entreprise au prix des titres ?#
C'est l'étape que presque tout le monde oublie, et la première source de malentendu en négociation.
EBE retraité multiplié par le multiple : vous obtenez la valeur d'entreprise. Elle rémunère l'outil d'exploitation, indépendamment de la façon dont il est financé. Or ce que vous vendez, ce sont des titres. Il faut donc retrancher la dette financière nette : emprunts bancaires, encours de crédit-bail, découverts, comptes courants d'associés créditeurs, moins la trésorerie disponible.
Deux précisions pratiques. D'abord, toute la trésorerie n'est pas excédentaire : une partie finance le besoin en fonds de roulement et la saisonnalité, elle reste dans l'entreprise et ne vous revient pas. Seule la trésorerie réellement en excès s'ajoute au prix. Ensuite, votre compte courant d'associé n'est pas une part sociale : c'est une créance sur la société, qui se rembourse et se négocie séparément. Confondre les deux fausse toute la discussion.
Cas type (exemple représentatif) : une PME de services#
PME de services, deux associés, huit salariés, croissance régulière.
| Élément | Montant |
|---|---|
| EBE comptable de l'exercice | 150 000 EUR |
| Rémunération du dirigeant sous le marché | -30 000 EUR |
| Loyer versé à la SCI, supérieur au marché | +10 000 EUR |
| Indemnité d'assurance non récurrente | -20 000 EUR |
| Coût d'un litige prud'homal soldé | +10 000 EUR |
| EBE retraité | 120 000 EUR |
Le secteur se négocie 4 à 7 fois l'EBE. L'entreprise est saine mais dépend encore beaucoup de son dirigeant : on retient 5x. Valeur d'entreprise : 600 000 EUR. Dette financière nette (emprunts moins trésorerie disponible) : 100 000 EUR. Valeur des titres : 500 000 EUR. En restant prudent, on présente une fourchette de 4,5x à 5,5x, soit 440 000 à 560 000 EUR pour 100 % du capital.
Le dirigeant, lui, était parti de son EBE comptable et d'un multiple de 5, soit 750 000 EUR de valeur d'entreprise et 650 000 EUR pour ses titres. L'écart de 150 000 EUR ne vient d'aucune méthode exotique : il vient uniquement des retraitements et de la dette.
Qu'est-ce qui fait monter ou baisser la valeur ?#
Le multiple n'est pas une donnée, c'est une conclusion. Cinq facteurs déplacent le curseur dans la fourchette.
- La dépendance au dirigeant. Si les clients, les prix et le savoir-faire tiennent à vous seul, la décote va de 1 à 2 points de multiple. C'est le premier poste de destruction de valeur dans les PME.
- La concentration client. Un client qui pèse plus de 30 % du chiffre d'affaires justifie une décote : l'acquéreur achète aussi un risque de départ.
- La récurrence. Contrats pluriannuels, abonnements, maintenance, taux de renouvellement élevé : c'est ce qui fait passer du bas au haut de la fourchette, et ce qui explique les multiples des activités SaaS.
- La taille. Au-delà de 5 M EUR d'EBE, la prime de taille joue en votre faveur.
- La liquidité. Des titres non cotés, minoritaires ou soumis à agrément supportent une décote d'illiquidité usuellement de l'ordre de 10 à 20 %, à justifier au cas par cas et non à appliquer par réflexe.
Trois de ces cinq leviers se travaillent avant la mise en vente : c'est l'objet des chantiers qui rendent une entreprise vendable.
Quand l'estimation rapide ne suffit-elle plus ?#
Une fourchette en trois étapes suffit pour se situer, arbitrer entre vendre et continuer, ou préparer un premier rendez-vous. Elle ne suffit plus dans cinq situations.
- Une vente réelle. Face à un acquéreur accompagné, chaque retraitement sera contesté, et il faut raisonner net de fiscalité : la plus-value de cession de titres relève en 2026 du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux).
- Un financement. Une banque ne finance pas une intuition : elle finance un rapport daté, signé, et une capacité de remboursement démontrée.
- Un litige entre associés. En cas de contestation de la valeur des droits sociaux lors d'une cession ou d'un rachat prévu par la loi ou les statuts, la valeur est fixée par un expert désigné par le président du tribunal statuant en la forme des référés, sans recours possible sur cette désignation (Légifrance, Code civil article 1843-4). Autant préparer sa position avant.
- Une donation ou une succession. L'administration peut rectifier une insuffisance de prix pour les droits d'enregistrement (Légifrance, LPF article L. 17). Une valeur retenue sans dossier est une valeur fragile.
- Un apport en nature. Dès qu'une société par actions reçoit un apport en nature, le commissaire aux apports est obligatoire. La dispense reste possible en SARL et en SAS, à la constitution, par décision unanime, si aucun apport ne dépasse 30 000 EUR et si le total des apports en nature reste inférieur à la moitié du capital ; en contrepartie, les associés répondent solidairement pendant cinq ans de la valeur retenue.
Deux niveaux de livrables existent : l'avis de valeur, document court qui pose une fourchette argumentée, à partir de 800 EUR HT pour des parts de SCI ou une TPE simple ; le rapport d'évaluation complet, opposable à un tiers, à partir de 2 500 EUR HT pour un chiffre d'affaires inférieur à 2 M EUR et 4 500 EUR HT pour un chiffre d'affaires de 2 à 10 M EUR.
Notre lecture#
Sur les dossiers que nous traitons, l'écart entre le chiffre que le dirigeant a en tête et la fourchette que nous posons vient presque toujours des mêmes trois points : une rémunération de dirigeant jamais normalisée, une dette nette oubliée, une dépendance au dirigeant non traitée. Le secteur, lui, ne réserve pas de surprise.
Deuxième constat : celui qui obtient le haut de fourchette n'est pas celui qui négocie le mieux, c'est celui qui a préparé son dossier deux à trois ans avant. Documenter les procédures, sortir les charges personnelles, installer un deuxième niveau de management, diversifier le portefeuille clients : ces chantiers pèsent plus lourd que toute discussion sur le multiple.
Troisième constat : une estimation gratuite ne remplace pas un dossier, mais elle évite de perdre six mois sur une valeur fantasmée. Notre simulateur de valorisation pour PME donne une fourchette indicative en deux minutes à partir de votre EBE, de votre secteur et de votre dette nette.
Questions fréquentes
Combien vaut une entreprise par rapport à son chiffre d'affaires ?+
Le chiffre d'affaires seul ne dit rien de la valeur : deux sociétés au même CA peuvent avoir des rentabilités opposées. Le raisonnement en pourcentage du chiffre d'affaires n'a de sens que pour les fonds de commerce, où les barèmes de place vont par exemple de 50 à 105 % du CA TTC pour un restaurant traditionnel. Pour une société, on part toujours de l'EBE retraité.
Peut-on estimer une entreprise gratuitement en ligne ?+
Oui, pour obtenir un ordre de grandeur. Un simulateur applique un multiple sectoriel à l'EBE que vous saisissez, puis déduit la dette nette : c'est exactement la méthode en trois étapes. Ses limites sont connues : il ne retraite pas vos comptes à votre place, ne juge pas la qualité de votre portefeuille clients et ne produit aucun document opposable à une banque ou à l'administration.
Quelle différence entre valeur et prix ?+
La valeur est le résultat d'une méthode : elle s'argumente et se démontre. Le prix est le résultat d'une négociation : il dépend de l'acquéreur, de son financement, de ses synergies et du rapport de force. Un même dossier peut se vendre au-dessus de sa valeur face à un concurrent stratégique, et en dessous face à un repreneur individuel financé au plus juste.
Combien coûte une évaluation par un expert-comptable ?+
Un avis de valeur démarre à 800 EUR HT pour des parts de SCI ou une TPE simple. Un rapport d'évaluation complet démarre à 2 500 EUR HT pour un chiffre d'affaires inférieur à 2 M EUR, et 4 500 EUR HT pour un chiffre d'affaires de 2 à 10 M EUR. Un commissariat aux apports démarre à 1 200 EUR HT. Les missions judiciaires ou contradictoires sont chiffrées sur devis.
Faut-il déduire les comptes courants d'associés du prix des titres ?+
Ils se traitent séparément. Un compte courant créditeur est une créance de l'associé sur la société, remboursable en plus du prix des titres ou reprise par l'acquéreur. Il pèse sur la valeur des titres via la dette nette, mais il vous revient en remboursement : les deux effets se compensent largement. L'erreur classique consiste à l'oublier d'un côté et à le compter deux fois de l'autre.
Prochaine étape#
Vous avez une fourchette. La question suivante est de savoir si elle résiste à un acquéreur, à une banque ou à l'administration. C'est précisément le travail d'un professionnel : normaliser vos comptes, choisir et justifier le multiple, documenter les décotes, signer un document qui engage son auteur. Notre cabinet, à Paris 8, conduit ces missions d'évaluation d'entreprise pour des cessions, des donations, des entrées d'associés et des litiges. Un premier échange suffit pour déterminer le niveau de livrable adapté à votre situation.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
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