Index égalité sous 75 ou 85 points : plan de correction
Index égalité sous 85 ou 75 points : comment construire un plan de rattrapage chiffré, publier objectifs et mesures correctives, et éviter la pénalité de 1 % de la masse salariale.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Un index de l'égalité professionnelle inférieur à 85 points sur 100 impose de publier des objectifs de progression ; sous 75 points, l'entreprise doit mettre en place des mesures correctives à atteindre dans un délai de 3 ans. À défaut, la pénalité peut atteindre 1 % de la masse salariale annuelle (article L1142-10 du Code du travail).
Obtenir un score bas à l'index égalité n'est pas qu'une question d'image. C'est un déclencheur d'obligations précises, encadrées par le Code du travail, avec une pénalité financière à la clé. La vraie difficulté n'est pas de calculer l'index : c'est de transformer un résultat décevant en un plan de rattrapage crédible, chiffré et défendable devant la DREETS. C'est ce travail que nous menons régulièrement avec les directions et les services paie que nous accompagnons.
Nous rappelons d'abord le cadre, puis nous détaillons la méthode concrète pour construire un plan de correction qui sécurise l'entreprise. Pour la mécanique de notation indicateur par indicateur, vous pouvez vous reporter à notre article dédié au calcul des indicateurs de l'index égalité et de la pénalité.
Quelles obligations selon le score obtenu ?#
L'index de l'égalité professionnelle femmes-hommes est issu de la loi Avenir professionnel de 2018 (articles L1142-8 et suivants du Code du travail). Il est obligatoire pour toute entreprise d'au moins 50 salariés, qui doit le publier chaque année au plus tard le 1er mars, sur 100 points, de façon visible et lisible sur son site internet.
Le niveau du score conditionne directement les obligations qui s'enchaînent. Trois situations doivent être distinguées.
| Score obtenu | Obligation déclenchée | Base légale | Délai |
|---|---|---|---|
| 85 à 100 points | Aucune obligation complémentaire liée au résultat | Articles L1142-8 et s. | Publication annuelle au 1er mars |
| 75 à 84 points | Publier des objectifs de progression par indicateur non maximal | Article L1142-9-1 | À publier sur le site, transmettre au CSE et à la DREETS |
| Moins de 75 points | Mettre en place des mesures correctives (et programmer un rattrapage) | Article L1142-9 | 3 ans pour atteindre au moins 75 points |
Un point souvent mal compris : un score compris entre 75 et 84 n'expose pas à des mesures correctives, mais il oblige bien à publier des objectifs de progression chiffrés pour chaque indicateur qui n'a pas atteint sa note maximale. Beaucoup d'entreprises franchissent ce seuil sans s'en rendre compte.
Objectifs de progression ou mesures correctives : quelle différence ?#
Les deux dispositifs sont parfois confondus. Ils répondent pourtant à des logiques distinctes.
Les objectifs de progression, prévus à l'article L1142-9-1, s'appliquent dès que le score global est inférieur à 85 points. Ils consistent à fixer, pour chaque indicateur dont la note maximale n'a pas été atteinte, une cible de progression. Ces objectifs sont publiés sur le site internet de l'entreprise et portés à la connaissance du comité social et économique.
Les mesures correctives, prévues à l'article L1142-9, s'imposent uniquement sous 75 points. Elles sont plus contraignantes : l'entreprise doit définir des actions concrètes, le cas échéant programmer un rattrapage financier des écarts de rémunération, et atteindre au moins 75 points dans un délai de 3 ans. Ces mesures sont publiées sur la plateforme Index Egapro.
Comment ces engagements sont-ils formalisés ?#
Objectifs et mesures doivent être définis dans le cadre de la négociation obligatoire sur l'égalité professionnelle. En l'absence d'accord, l'employeur les arrête par décision unilatérale, après consultation du CSE. C'est un point de vigilance fort : un plan adopté sans dialogue social documenté fragilise toute la démarche. Nous rapprochons systématiquement ce dossier de la BDESE et de l'information du CSE, qui doit refléter les écarts et les engagements pris.
Comment construire un plan de correction chiffré ?#
Un plan de correction crédible ne se résume pas à une déclaration d'intention. Il s'appuie sur un diagnostic, des leviers priorisés et un budget. Voici la méthode que nous appliquons dans nos missions.
- Décomposer le score perdu, indicateur par indicateur. Identifiez précisément où les points manquent. Un index à 72 dont 25 points perdus viennent du seul écart de rémunération n'appelle pas le même plan qu'un index dégradé par le retour de congé maternité.
- Quantifier l'écart de rémunération réel. Reconstituez les rémunérations par catégorie socioprofessionnelle et tranche d'âge, à la maille de la méthode officielle, pour isoler les écarts non justifiés objectivement.
- Chiffrer le rattrapage salarial. Calculez le coût d'une remise à niveau ciblée, charges patronales comprises. Ce chiffrage conditionne l'arbitrage budgétaire et la faisabilité du plan sur 3 ans.
- Sécuriser l'indicateur du retour de congé maternité. Cet indicateur (15 points) fonctionne en tout ou rien : une seule salariée non augmentée au retour fait perdre la totalité. Une consigne paie claire évite la perte.
- Formaliser, négocier, publier. Inscrivez les engagements dans la négociation égalité ou la décision unilatérale, déposez-les, publiez objectifs et mesures et tracez la transmission au CSE et à la DREETS.
Le rattrapage salarial étant un poste de coût et un sujet de politique de rémunération, nous le traitons en lien avec l'arbitrage de la politique de rémunération et la gestion de la paie et du social, pour que les régularisations soient bien intégrées en paie et correctement provisionnées.
Checklist du plan de correction#
- Le diagnostic détaille les points perdus par indicateur et leur cause probable.
- L'écart de rémunération non expliqué est isolé et chiffré, charges comprises.
- Le calendrier de rattrapage tient dans le délai de 3 ans (mesures correctives) ou affiche des cibles datées (objectifs).
- Les engagements sont issus de la négociation égalité ou d'une décision unilatérale après consultation du CSE.
- Les objectifs de progression sont publiés sur le site ; les mesures correctives sont déposées sur Index Egapro.
- La transmission au CSE et à la DREETS est tracée, avec dates et accusés.
- Le contrôle de cohérence de la paie intègre la vérification des augmentations au retour de congé maternité.
Cas particuliers#
Les entreprises de plus de 250 salariés calculent l'index sur 5 indicateurs : l'écart d'augmentations (20 points) et l'écart de promotions (15 points) y sont séparés, alors qu'ils sont fusionnés en un seul indicateur de 35 points pour les structures de 50 à 250 salariés. Le plan de correction doit donc cibler chacun de ces deux leviers distinctement.
Les entreprises d'au moins 1 000 salariés cumulent l'index avec la loi Rixain (loi n° 2021-1774 du 24 décembre 2021). Celle-ci impose un quota de représentation équilibrée parmi les cadres dirigeants et instances dirigeantes : 30 % de chaque sexe au 1er mars 2026, puis 40 % au 1er mars 2029, sous peine de sanction financière. Deux obligations, deux échéances, à piloter ensemble.
Les entreprises qui franchissent le seuil de 50 salariés découvrent souvent l'obligation tardivement. Le franchissement déclenche en cascade plusieurs obligations RH ; nous le replaçons dans le panorama des obligations employeur 2026, au côté de dispositifs comme l'index seniors.
Points de vigilance 2026#
Le risque sous-estimé. Beaucoup de dirigeants se concentrent sur la note globale et oublient que la pénalité de l'article L1142-10 peut atteindre 1 % de la masse salariale annuelle, calculée sur les rémunérations et gains au sens du Code de la sécurité sociale. Sur une masse salariale conséquente, cela dépasse largement le coût d'un rattrapage maîtrisé. La sanction n'est pas automatique : elle intervient après un index resté sous 75 points pendant 3 ans, avec un délai supplémentaire possible d'un an selon les efforts constatés.
Ce que l'administration regarde. La DREETS contrôle la publication, la transmission des indicateurs et l'effectivité des mesures. Un plan publié mais non suivi d'effet expose autant qu'une absence de publication. Les engagements doivent être datés, chiffrés et reliés à des décisions traçables.
Arbitrage. Face à un index dégradé, deux voies existent : un rattrapage salarial ciblé, plus coûteux mais qui agit sur l'indicateur le plus lourd, ou un travail sur les augmentations et promotions, plus progressif. Le bon arbitrage dépend de la décomposition du score et de la capacité financière. Nous le construisons au cas par cas.
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, une entreprise de services de la région parisienne nous a sollicités après un index tombé à 71 points, sur fond de tension avec son CSE. Le réflexe initial avait été de vouloir publier un plan ambitieux pour rassurer. Notre lecture a été différente : avant tout engagement, il fallait fiabiliser le diagnostic. La reconstitution des rémunérations a montré qu'une part de l'écart provenait d'erreurs de classification et non de discrimination réelle, et que l'essentiel des points perdus tenait à deux retours de congé maternité non traités.
Notre conviction, forgée sur ces dossiers, est qu'un plan de correction se gagne dans la précision du diagnostic, pas dans l'ampleur des promesses. Un engagement chiffré et tenu vaut mieux qu'un plan généreux et non suivi : le second nourrit le contentieux et le risque de pénalité. En tant qu'experts-comptables inscrits à l'Ordre, nous sécurisons la dimension paie et budgétaire du rattrapage, et nous travaillons l'articulation avec le dialogue social via notre accompagnement juridique de l'entreprise.
Conseil Hayot Expertise. Ne publiez jamais un plan de correction sans avoir chiffré le coût du rattrapage et vérifié sa soutenabilité sur 3 ans. Documentez la consultation du CSE, datez chaque engagement et conservez les accusés de transmission. Un plan modeste mais tenu protège mieux qu'un plan ambitieux et abandonné.
Questions fréquentes
Quelle pénalité si l'index égalité est trop bas ?+
La pénalité peut atteindre 1 % de la masse salariale annuelle, calculée sur les rémunérations et gains au sens du Code de la sécurité sociale, en application de l'article L1142-10 du Code du travail. Elle s'applique notamment après un index resté sous 75 points pendant trois ans, sans correction effective des écarts constatés.
Quel délai pour corriger l'index sous 75 points ?+
L'entreprise dont l'index est inférieur à 75 points dispose de 3 ans pour mettre en place des mesures correctives et atteindre au moins 75 points, conformément à l'article L1142-9 du Code du travail. Un délai supplémentaire d'un an peut être accordé selon les efforts constatés et les motifs de la défaillance.
Faut-il publier les objectifs de progression dès 84 points ?+
Oui. Tout score inférieur à 85 points oblige l'entreprise à fixer et publier des objectifs de progression pour chaque indicateur n'ayant pas atteint sa note maximale, en application de l'article L1142-9-1. Ces objectifs sont publiés sur le site internet et portés à la connaissance du comité social et économique.
Quelle différence entre objectifs de progression et mesures correctives ?+
Les objectifs de progression s'imposent sous 85 points et fixent des cibles par indicateur. Les mesures correctives, plus contraignantes, s'imposent sous 75 points : elles supposent des actions concrètes, le cas échéant un rattrapage financier des écarts de rémunération, à réaliser dans un délai de trois ans.
Comment financer un rattrapage salarial femmes-hommes ?+
Le rattrapage est un coût de masse salariale, charges patronales comprises, à intégrer au budget et à provisionner. Nous le chiffrons par catégorie, en isolant les écarts non justifiés, puis nous l'étalons dans le délai de trois ans afin de préserver la trésorerie tout en atteignant la cible de score requise.
Qui contrôle le respect de l'index égalité ?+
La DREETS, service déconcentré de l'inspection du travail, contrôle la publication de l'index, la transmission des indicateurs et l'effectivité des mesures. L'entreprise doit aussi communiquer l'index et son détail au comité social et économique. Les résultats et mesures sont déposés sur la plateforme Index Egapro.
Une entreprise de 50 à 250 salariés calcule-t-elle l'index différemment ?+
Oui. De 50 à 250 salariés, l'index repose sur 4 indicateurs : écart de rémunération (40 points), écart d'augmentations fusionnant augmentations et promotions (35 points), retour de congé maternité (15 points) et dix plus hautes rémunérations (10 points). Au-delà de 250 salariés, augmentations et promotions deviennent deux indicateurs distincts.
À retenir#
- L'index égalité est obligatoire dès 50 salariés, publié au 1er mars sur 100 points.
- Sous 85 points : objectifs de progression à publier (article L1142-9-1).
- Sous 75 points : mesures correctives à atteindre en 3 ans (article L1142-9).
- La pénalité peut atteindre 1 % de la masse salariale annuelle (article L1142-10).
- Un plan crédible repose sur un diagnostic chiffré, pas sur des promesses.
- Les engagements passent par la négociation égalité ou une décision unilatérale après consultation du CSE.
Sources officielles#
- Service-Public Entreprendre : Index de l'égalité professionnelle
- Ministère du Travail : Index de l'égalité professionnelle, calcul et questions-réponses
- Légifrance : article L1142-9 du Code du travail
- Légifrance : article L1142-10 du Code du travail
- Légifrance : article L1142-8 du Code du travail (loi Avenir professionnel 2018)
- Légifrance : loi n° 2021-1774 du 24 décembre 2021 (loi Rixain)

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Service-Public Entreprendre : Index de l'égalité professionnelle (F35103)
- Ministère du Travail : Index de l'égalité professionnelle, calcul et questions-réponses
- Légifrance : article L1142-9 du Code du travail (mesures correctives)
- Légifrance : article L1142-10 du Code du travail (pénalité financière)
- Légifrance : article L1142-8 du Code du travail (loi Avenir professionnel 2018)
- Ministère du Travail : représentation équilibrée F/H dans les postes de direction (loi Rixain)
- Légifrance : loi n° 2021-1774 du 24 décembre 2021 (loi Rixain)
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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