Chômage du dirigeant : ATI, GSC et assurances privées comparées
Président de SAS, gérant majoritaire ou indépendant : ce qui vous protège vraiment si vous perdez votre activité en 2026. ATI (600 à 800 € par mois pendant 182 jours), contrat de travail cumulé, assurance GSC et déductibilité des cotisations.
Ce sujet relève de notre mission
Optimisation rémunération dirigeant : salaire ou dividendesNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Un dirigeant qui perd son mandat ou son entreprise découvre souvent à ce moment-là qu'il n'a jamais cotisé à l'assurance chômage. Gérant majoritaire, président de SAS, entrepreneur individuel : chacun dispose d'un filet différent, parfois très mince. Ce comparatif met côte à côte l'allocation des travailleurs indépendants, le contrat de travail cumulé avec le mandat, l'assurance GSC et les contrats privés, avec leur traitement fiscal.
Réponse rapide. En 2026, l'assurance chômage du dirigeant n'existe pas par défaut : ni le président de SAS ni le gérant majoritaire n'y cotisent. Le filet public, l'ATI, verse environ 600 à 800 € par mois pendant 182 jours après une liquidation, un redressement avec départ du dirigeant ou une activité non viable. Au-delà, il faut une assurance GSC ou privée.
Un dirigeant a-t-il droit au chômage en 2026 ?#
Un dirigeant n'a pas droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) au titre de son seul mandat social, quel que soit son statut. L'ARE est l'allocation chômage des salariés, financée notamment par la contribution patronale d'assurance chômage assise sur les salaires, et aucune contribution d'assurance chômage n'est due sur la rémunération d'un mandat.
Le travailleur non salarié (TNS) est le dirigeant affilié à la Sécurité sociale des indépendants : entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, gérant majoritaire de SARL, associé unique gérant d'EURL. Ce régime ne comporte pas d'assurance chômage.
Le dirigeant assimilé salarié est le mandataire social affilié au régime général : président et directeur général de SAS, gérant minoritaire de SARL, dirigeant de SA. L'Urssaf rappelle qu'il ne cotise pas à l'assurance chômage, même s'il bénéficie de la protection sociale d'un cadre pour la santé et la retraite.
Trois mécanismes peuvent malgré tout jouer, chacun avec sa propre logique :
| Mécanisme | Nature | Qui verse | Événement déclencheur |
|---|---|---|---|
| ATI (allocation des travailleurs indépendants) | Allocation publique forfaitaire | France Travail | Liquidation judiciaire, redressement avec remplacement du dirigeant, activité non viable |
| ARE au titre d'un contrat de travail cumulé | Allocation chômage de droit commun | France Travail | Perte de l'emploi salarié, si le contrat est réel et l'affiliation reconnue |
| Assurance GSC ou contrat privé | Assurance facultative | L'assureur | Événements prévus au contrat : procédure collective, révocation, cession, etc. |
Un dirigeant qui était salarié avant de créer peut aussi conserver des droits ARE non consommés : ce cas relève du cumul de l'ARE avec la création d'entreprise, traité à part. Le choix du statut lui-même est détaillé dans notre guide pour choisir entre statut TNS et assimilé salarié.
Qu'est-ce que l'ATI et qui peut la toucher ?#
L'allocation des travailleurs indépendants (ATI) est une allocation forfaitaire versée par France Travail, pendant 182 jours au plus, au dirigeant qui cesse son activité de façon involontaire et définitive. Elle est régie par les articles L5424-24 à L5424-29 du Code du travail, et son accès a été élargi par la loi n° 2022-172 du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante.
Le champ de l'ATI est plus large qu'on ne le croit. L'article L5424-24 du Code du travail vise les travailleurs indépendants, mais aussi les dirigeants assimilés salariés mentionnés aux 11°, 12° et 23° de l'article L311-3 du Code de la sécurité sociale : gérant minoritaire de SARL, président et directeurs généraux de SA, président et dirigeants de SAS. Un président de SAS privé d'ARE peut donc, sous conditions, prétendre à l'ATI.
Les conditions d'ouverture de l'ATI sont cumulatives :
- Avoir exercé l'activité sans interruption pendant au moins deux ans, au titre d'une seule et même entreprise.
- Avoir cessé l'activité à la suite d'une liquidation judiciaire, d'un redressement judiciaire dont le plan impose le remplacement du dirigeant, ou de la cessation définitive d'une activité non viable.
- Avoir perçu au moins 10 000 € de revenus d'activité sur l'une des deux dernières années civiles précédant la cessation.
- Disposer de ressources personnelles inférieures au montant du RSA, soit 651,69 € par mois pour une personne seule depuis le 1er avril 2026.
- S'inscrire comme demandeur d'emploi à France Travail dans les 12 mois suivant la cessation, et rechercher effectivement un emploi.
Combien verse l'ATI en 2026 ?#
Le montant de l'ATI est fixé par le décret n° 2022-451 du 30 mars 2022 : 26,30 € par jour au maximum, soit environ 800 € par mois, et 19,73 € par jour au minimum, soit environ 600 € par mois. Lorsque le revenu mensuel moyen des deux années précédant la cessation est inférieur au plafond, l'allocation est ramenée à cette moyenne, sans descendre sous le plancher.
| Paramètre de l'ATI | Valeur en vigueur en septembre 2026 | Référence |
|---|---|---|
| Durée d'activité préalable | 2 ans minimum, sans interruption, même entreprise | Code du travail, art. L5424-25 |
| Revenus d'activité antérieurs | 10 000 € au moins sur l'une des 2 dernières années civiles | Décret n° 2022-450, depuis le 1er avril 2022 |
| Ressources personnelles | Inférieures au RSA : 651,69 € par mois (personne seule) depuis le 1er avril 2026 | Revalorisation du 1er avril 2026 |
| Montant journalier | De 19,73 € à 26,30 € (environ 600 à 800 € par mois) | Décret n° 2022-451 du 30 mars 2022 |
| Durée d'indemnisation | 182 jours, non renouvelable | France Travail |
| Délai d'inscription | 12 mois après la cessation d'activité | France Travail |
| Nouveau droit à l'ATI | Pas avant 5 ans après la fin du droit précédent | France Travail |
Exemple chiffré (illustratif) : un gérant majoritaire a déclaré 12 000 € de revenus d'activité en 2024 et 4 000 € en 2025, avant la liquidation de sa société en 2026. La condition des 10 000 € est remplie grâce à 2024. Son revenu mensuel moyen ressort à 16 000 € divisés par 24 mois, soit environ 667 € : l'ATI est ramenée à ce montant au lieu de 800 €.
L'ATI ne se cumule pas avec l'ARE. Si vous avez aussi des droits ARE issus d'un emploi salarié antérieur, France Travail verse l'ARE lorsqu'elle est plus favorable, et peut vous proposer un droit d'option dans le cas contraire.
Activité non viable : le rôle du tiers de confiance#
Depuis le 1er avril 2022, la cessation d'une activité non viable ouvre droit à l'ATI lorsque les revenus d'activité déclarés à l'impôt sur le revenu ont baissé d'au moins 30 %, d'après les deux dernières déclarations disponibles. Cette baisse doit être attestée par un tiers de confiance, au choix du dirigeant : un expert-comptable ou une personne habilitée du réseau consulaire dont relève l'activité.
Pour une activité soumise à l'impôt sur les sociétés, le décret n° 2022-450 ajoute une condition : le résultat de la société doit être stable ou en baisse sur la même période. Baisser sa propre rémunération pendant que la société reste bénéficiaire ne suffit donc pas.
Notre lecture. Le critère lié à l'IS vise à écarter les situations construites. Avant de signer une attestation de non-viabilité, au cabinet, nous conseillons de rapprocher trois documents : les liasses fiscales des deux derniers exercices, les décisions fixant la rémunération du dirigeant et ses déclarations de revenus. Une incohérence entre ces trois documents suffit à fragiliser le dossier.
Les chiffres confirment que l'ATI reste un filet étroit. Selon l'état des lieux publié par l'Unédic en juillet 2025, 1 550 personnes ont ouvert un droit à l'ATI en 2024, loin des 29 300 bénéficiaires anticipés par l'étude d'impact du projet de loi. Selon les données de France Travail reprises dans cette publication, le taux de rejet des demandes atteignait 86 %, dont les trois quarts parce qu'un droit ARE plus avantageux existait.
Le risque sous-estimé. L'ATI ne couvre ni la révocation, ni le non-renouvellement du mandat, ni la cession ou la dissolution amiable d'une société saine. Un président de SAS minoritaire écarté par ses associés après une levée de fonds n'a, en principe, ni ARE faute de contrat de travail, ni ATI faute de procédure collective. C'est précisément le cas où une assurance privée se justifie.
Le président de SAS peut-il toucher le chômage de France Travail ?#
Le président de SAS ne peut toucher l'ARE que s'il cumule son mandat avec un contrat de travail réel, distinct du mandat, et dont l'affiliation à l'assurance chômage est reconnue par France Travail. France Travail retient trois éléments : un travail effectif, une rémunération distincte de celle du mandat, et un lien de subordination juridique, c'est-à-dire un employeur capable de diriger et de contrôler ce travail.
En pratique, le contrat de travail doit porter sur des missions différentes de celles du mandat, être rémunéré séparément, avec des contributions chômage sur ce salaire, et être exécuté dans les faits. Lorsque ce cumul est validé, l'Urssaf indique que le mandataire peut relever de l'assurance chômage et de l'AGS après examen de son dossier par France Travail.
France Travail cite plusieurs situations exclues, quel que soit le contrat signé : le président associé unique ou majoritaire de SAS, l'associé unique ou l'associé unique gérant d'EURL, le gérant majoritaire et le collège de gérance égalitaire ou majoritaire de SARL, l'associé de SNC. Dans ces situations, l'affiliation est écartée même si un contrat de travail a été signé.
France Travail propose une étude de la situation du dirigeant, avant son départ ou après son inscription, par une demande en ligne. C'est la démarche qui sécurise le droit avant la perte d'emploi, plutôt qu'au moment où elle survient.
Points de vigilance. Un contrat de travail signé à l'approche d'une difficulté, sans missions distinctes ni subordination, résiste mal à l'examen. Les contributions versées sur ce salaire ne garantissent pas à elles seules l'indemnisation : c'est la situation réelle qui est appréciée. Demandez l'étude de France Travail dès la mise en place du cumul, et conservez les preuves de l'exécution du contrat (organigramme, comptes rendus, fiches de fonction).
Qu'est-ce que l'assurance GSC et que couvrent les contrats privés ?#
L'assurance GSC est une assurance perte d'emploi facultative, proposée par l'association GSC (garantie sociale des chefs et dirigeants d'entreprise), qui indemnise le dirigeant, TNS ou mandataire social, lorsqu'il perd involontairement son activité. D'autres assureurs proposent des contrats comparables, sur le même principe : une cotisation annuelle contre une indemnité plafonnée, après un délai d'attente.
Selon la documentation de l'association GSC, l'indemnité annuelle choisie va de 16 000 € à 250 000 €, dans la limite de 80 % du revenu net fiscal professionnel hors dividendes, pour une durée de 9, 12 ou 18 mois. Les événements couverts incluent la liquidation et le redressement judiciaires, la cession judiciaire, certaines décisions amiables sous contrainte économique (dissolution anticipée, cession, fusion, restructuration) ainsi que la révocation et le non-renouvellement du mandat.
Les indemnités GSC ne sont versées qu'après une franchise de 30 jours de chômage continu. Le délai d'attente est de 12 mois d'affiliation pour une indemnisation de 9 ou 12 mois, et de 18 mois pour une indemnisation de 18 mois. Le dirigeant indemnisé doit être inscrit à France Travail et rechercher un emploi.
À l'adhésion, la documentation GSC exige notamment d'être à plus de cinq ans de l'âge de la retraite à taux plein et de ne pas être en difficultés économiques et financières. Un créateur peut être affilié dès sa prise de fonctions, sans attendre la clôture du premier exercice.
Combien coûte une assurance chômage de dirigeant ?#
Le coût d'une assurance chômage de dirigeant ne suit aucun barème public : la cotisation est fixée par l'assureur selon le niveau d'indemnité, la durée d'indemnisation choisie et le profil du dirigeant. Plutôt que de retenir un tarif moyen, comparez des devis écrits à garanties identiques, puis vérifiez la notice sur ces points :
- La révocation et le non-renouvellement du mandat sont-ils couverts ?
- La cession ou la dissolution amiable est-elle couverte, et à quelles conditions ?
- Quel est le délai d'attente avant la première indemnisation possible ?
- Quelle franchise s'applique après la perte d'emploi ?
- La base d'indemnisation exclut-elle les dividendes ?
- Les indemnités seront-elles imposables dans votre situation ?
- Que devient l'indemnisation si vous reprenez une activité ?
L'assurance perte d'emploi ne couvre pas l'arrêt de travail pour maladie ou accident, qui relève de la prévoyance : voir notre analyse mutuelle et prévoyance du dirigeant TNS et, plus largement, la protection sociale du dirigeant TNS.
L'assurance chômage du dirigeant est-elle déductible ?#
L'assurance chômage du dirigeant est déductible selon des règles qui dépendent du statut : le TNS déduit ses cotisations de son revenu professionnel dans le plafond de l'article 154 bis du CGI, tandis que pour l'assimilé salarié, la prise en charge par la société est une charge pour elle et un complément de rémunération pour lui.
Pour le TNS au réel, l'article 154 bis du CGI admet la déduction des cotisations d'assurance perte d'emploi subie dans la limite la plus élevée de deux montants : 1,875 % du bénéfice imposable retenu dans la limite de huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), ou 2,5 % du PASS. Les gérants relevant de l'article 62 du CGI bénéficient du même cadre.
Avec un PASS fixé à 48 060 € pour 2026, le plafond de déduction va de 1 201,50 € à 7 209 €. Pour un bénéfice de 60 000 €, 1,875 % donne 1 125 € : c'est donc le plancher de 1 201,50 € qui s'applique. Pour un bénéfice de 150 000 €, le plafond atteint 2 812,50 €. Le détail des autres plafonds figure dans notre guide des plafonds du contrat Madelin.
La déduction a une contrepartie. Selon la documentation de l'association GSC, les indemnités deviennent imposables lorsque le TNS a opté pour la déduction Madelin, et le BOFiP (BOI-BNC-BASE-40-60-50-30) pose le principe d'imposition des revenus de remplacement servis par ces contrats. Le micro-entrepreneur, lui, ne peut rien déduire : son revenu imposable résulte d'un abattement forfaitaire.
Pour un président de SAS, la documentation de l'association GSC qualifie la cotisation prise en charge par la société d'avantage relevant de l'article 82 du CGI : un complément de rémunération soumis aux cotisations sociales et imposable pour le dirigeant. Pour la société, c'est une charge de personnel déductible si la rémunération globale correspond à un travail effectif et n'est pas excessive (article 39, 1-1° du CGI).
| Statut et payeur | Traitement de la cotisation | Point à vérifier |
|---|---|---|
| TNS au réel (EI, gérant majoritaire), cotisation payée par le dirigeant | Déductible dans la limite de l'article 154 bis : de 1 201,50 € à 7 209 € en 2026 | Indemnités imposables si la déduction est choisie |
| Micro-entrepreneur | Non déductible (abattement forfaitaire) | Régime des indemnités à confirmer selon le contrat |
| Assimilé salarié, cotisation payée par la société | Charge déductible pour la société (art. 39 CGI), complément de rémunération soumis à cotisations et imposable pour le dirigeant | Décision formalisée par l'organe qui fixe la rémunération |
| Assimilé salarié, cotisation payée à titre personnel | Hors cadre Madelin, réservé aux TNS | Régime des indemnités à confirmer selon le contrat |
En pratique. Pour un président de SAS, faites décider la prise en charge par l'organe compétent pour fixer sa rémunération selon les statuts, faites-la figurer sur le bulletin de paie et vérifiez que la rémunération globale reste justifiable. Pour un TNS, la vraie question est : à quel taux marginal déduisez-vous aujourd'hui, et à quel taux l'indemnité serait-elle imposée demain ?
ATI, contrat de travail ou GSC : quelle protection pour quel profil ?#
La protection adaptée à un dirigeant dépend de trois variables : son statut social, sa place dans le capital et la part de son revenu qui dépend du mandat. Le tableau ci-dessous sert de grille de décision rapide.
| Situation du dirigeant | Filet public possible | Ce qui reste découvert | Priorité conseillée |
|---|---|---|---|
| Entrepreneur individuel ou micro-entrepreneur | ATI en cas de liquidation ou d'activité non viable | Tout revenu au-delà de 800 € par mois | Épargne de précaution, puis assurance si le foyer en dépend |
| Gérant majoritaire de SARL | ATI sous conditions, pas d'ARE | Révocation, cession, dissolution amiable | Chiffrer une assurance perte d'emploi dès que le revenu est stable |
| Président de SAS associé unique ou majoritaire | ATI sous conditions, pas d'ARE | Tout événement hors procédure collective | Assurance privée à étudier dès la première année |
| Président ou DG de SAS minoritaire, par exemple après une levée de fonds | ARE seulement avec contrat de travail validé, ATI sous conditions | Révocation par les associés | Assurance couvrant la révocation et clauses de départ négociées dans le pacte |
| Dirigeant cumulant mandat et contrat de travail | ARE si l'affiliation est reconnue | Part du revenu liée au mandat | Demande d'étude à France Travail, puis complément éventuel |
Notre lecture. Pour la plupart des dirigeants de TPE, l'ATI est un filet de dernier recours, pas une protection de revenu : au plus 800 € par mois pendant six mois, pour des événements qui excluent la révocation et la cessation amiable. Au cabinet, nous conseillons de raisonner en trois couches : une trésorerie personnelle de précaution, une assurance perte d'emploi quand le revenu du foyer dépend du mandat, et une rémunération structurée pour que la base assurable reflète le revenu réel. Un dirigeant payé surtout en dividendes a une base d'indemnisation faible, puisque l'offre GSC exclut les dividendes de cette base.
La perte d'activité se double souvent d'un risque sur le patrimoine (caution personnelle, responsabilité pour insuffisance d'actif) : voir les leviers pour protéger son patrimoine personnel. Après une liquidation, la question suivante est celle du rebond après une liquidation.
Comment organiser sa protection contre la perte d'activité ?#
Organiser sa protection contre la perte d'activité se fait en sept étapes, idéalement dès la première année et en tout cas tant que l'entreprise est saine :
- Qualifier votre statut social exact (TNS ou assimilé salarié) et votre place dans le capital, qui conditionnent l'accès à l'ARE.
- Recenser vos droits existants : reliquat d'ARE issu d'un emploi salarié antérieur, éligibilité théorique à l'ATI (deux ans d'activité, 10 000 € de revenus).
- Chiffrer le besoin : charges fixes du foyer sur 12 mois, moins l'épargne mobilisable.
- Si vous cumulez mandat et contrat de travail, demander l'étude de votre situation à France Travail.
- Comparer les contrats sur les événements couverts, le délai d'attente et la base d'indemnisation, puis souscrire avant toute difficulté.
- Arbitrer le traitement fiscal (déduction Madelin ou prise en charge par la société) avec votre expert-comptable.
- Revoir la couverture chaque année, après la décision fixant votre rémunération.
Si vous quittez un emploi salarié pour créer, les conditions de départ comptent aussi : voir les façons de quitter un CDI pour entreprendre.
À retenir#
- Aucun dirigeant ne cotise à l'assurance chômage au titre de son mandat : ni le TNS, ni le président de SAS assimilé salarié.
- L'ATI verse de 19,73 € à 26,30 € par jour pendant 182 jours, uniquement après une liquidation, un redressement avec départ du dirigeant ou une activité non viable attestée.
- L'ATI est aussi ouverte aux présidents de SAS et gérants minoritaires, mais elle ne couvre pas la révocation.
- L'ARE n'est possible qu'avec un contrat de travail réel, distinct du mandat, dont l'affiliation est reconnue par France Travail.
- L'assurance GSC et les contrats privés couvrent la révocation, avec un délai d'attente de 12 à 18 mois : il faut souscrire tant que l'entreprise est saine.
- Le TNS déduit ses cotisations de 1 201,50 € à 7 209 € en 2026 (article 154 bis du CGI) ; pour l'assimilé salarié, la prise en charge par la société est un complément de rémunération.
Contenu informatif relu par un expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France. Il ne remplace pas l'analyse de votre situation, de vos statuts et de votre contrat d'assurance.
Questions fréquentes
Un dirigeant a-t-il droit au chômage ?+
Pas au titre de son mandat. Ni le travailleur non salarié ni le président de SAS assimilé salarié ne cotisent à l'assurance chômage. Le dirigeant peut en revanche toucher l'ARE s'il cumule un contrat de travail réel reconnu par France Travail, l'ATI en cas de liquidation ou d'activité non viable, ou les indemnités d'une assurance privée souscrite à l'avance.
Qu'est-ce que l'ATI ?+
L'ATI, allocation des travailleurs indépendants, est une allocation versée par France Travail pendant 182 jours au dirigeant qui cesse involontairement son activité. Elle suppose deux ans d'activité dans la même entreprise, 10 000 € de revenus sur l'une des deux dernières années et des ressources inférieures au RSA. Son montant va de 19,73 € à 26,30 € par jour.
Qu'est-ce que l'assurance GSC ?+
La GSC est une assurance perte d'emploi facultative proposée par l'association GSC aux dirigeants, TNS ou mandataires sociaux. Selon sa documentation, elle verse une indemnité annuelle de 16 000 € à 250 000 €, limitée à 80 % du revenu professionnel hors dividendes, pendant 9, 12 ou 18 mois, après un délai d'attente de 12 ou 18 mois.
L'assurance chômage du dirigeant est-elle déductible ?+
Pour un TNS au réel, oui, dans la limite de l'article 154 bis du CGI : de 1 201,50 € à 7 209 € en 2026, et les indemnités deviennent alors imposables. Pour un président de SAS, la cotisation payée par la société est une charge déductible pour elle, mais un complément de rémunération soumis à cotisations et imposable pour lui.
Un gérant majoritaire de SARL peut-il toucher l'ARE ?+
Non. France Travail range le gérant majoritaire de SARL parmi les situations exclues de l'assurance chômage, même lorsqu'un contrat de travail a été signé avec la société. Il peut en revanche prétendre à l'ATI si sa société est liquidée ou si son activité est jugée non viable, et souscrire une assurance perte d'emploi privée.
Quand souscrire une assurance perte d'emploi de dirigeant ?+
Le plus tôt possible, et avant toute difficulté. Les contrats imposent un délai d'attente, de 12 à 18 mois dans l'offre de l'association GSC, qui écarte aussi l'adhésion d'un dirigeant dont l'entreprise est déjà en difficulté économique et financière. Un créateur peut être affilié dès sa prise de fonctions, ce qui fait courir le délai d'attente plus tôt. Pour dimensionner votre protection en même temps que votre rémunération, échangez avec nous sur l'optimisation de la rémunération du dirigeant.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- France Travail : l'allocation pour les travailleurs indépendants (ATI), conditions, montant et durée
- Unédic : fiche thématique sur l'allocation des travailleurs indépendants (ATI)
- Unédic : allocation des travailleurs indépendants, état des lieux (juillet 2025)
- France Travail : dirigeant d'entreprise ou associé, droits à l'allocation chômage
- Urssaf : l'assurance chômage et l'AGS (cas des mandataires sociaux)
- Légifrance : article 154 bis du Code général des impôts
- Urssaf : plafonds de la Sécurité sociale 2026
- Association GSC : foire aux questions (garanties, délai d'attente, fiscalité des cotisations)
Ce sujet relève de notre mission Optimisation rémunération dirigeant : salaire ou dividendes
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