Travailleur non salarié (TNS) : cotisations, couverture et arbitrages 2026
Combien coûte vraiment le statut de travailleur non salarié, et qu'obtenez-vous en échange ? Décryptage des cotisations sociales TNS, de la couverture maladie, maternité et retraite, et des arbitrages que nous conseillons aux dirigeants en 2026, avec les chiffres officiels à jour.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Le statut de travailleur non salarié (TNS) attire pour une raison simple : à revenu équivalent, les cotisations sociales sont nettement plus légères que celles d'un assimilé salarié. Mais derrière ce coût allégé se cache une couverture plus mince. La vraie question n'est donc pas « combien je paie », mais « qu'est-ce que j'obtiens en échange, et où sont mes trous de couverture ».
Cet article s'adresse au gérant majoritaire de SARL ou d'EURL, à l'entrepreneur individuel et au professionnel libéral qui veulent comprendre la mécanique des cotisations TNS, savoir ce que couvre réellement la Sécurité sociale des indépendants, et arbitrer en connaissance de cause. Tous les chiffres cités proviennent des sources officielles en vigueur au printemps 2026 et sont à reconfirmer pour votre exercice.
Réponse rapide#
Le travailleur non salarié cotise sur son revenu professionnel à un taux global d'environ 40 à 45 % pour des prestations plus limitées qu'un salarié : pas d'assurance chômage, des indemnités journalières maladie calculées sur un revenu moyen, une retraite souvent plus faible. En contrepartie, le coût social est inférieur de 20 à 30 points par rapport à l'assimilé salarié, ce qui laisse mécaniquement plus de revenu disponible, à condition de compenser les manques par des contrats facultatifs (prévoyance, retraite Madelin).
Qui est concerné par le statut TNS#
Relèvent du régime des travailleurs non salariés, géré par la Sécurité sociale des indépendants (SSI) intégrée au régime général :
- le gérant majoritaire de SARL (seul ou en collège de gérance détenant plus de 50 % des parts) ;
- l'associé unique gérant d'EURL ;
- l'entrepreneur individuel, y compris en micro-entreprise ;
- la plupart des professionnels libéraux, certains relevant en outre d'une caisse de retraite spécifique.
À l'inverse, le président de SAS ou de SASU et le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL sont assimilés salariés. Pour comprendre où se situe la frontière et ses conséquences, lisez notre comparatif TNS et assimilé salarié.
Ce que coûte le statut : les cotisations TNS#
Les cotisations du travailleur non salarié sont assises sur le revenu professionnel (le bénéfice pour l'entrepreneur individuel, la rémunération pour le gérant majoritaire). Elles regroupent plusieurs blocs :
- maladie-maternité ;
- indemnités journalières ;
- retraite de base et retraite complémentaire ;
- invalidité-décès ;
- allocations familiales ;
- CSG-CRDS ;
- contribution à la formation professionnelle.
Certaines cotisations sont proportionnelles dès le premier euro, d'autres comportent des seuils ou des taux progressifs. Le total représente couramment de l'ordre de 40 à 45 % du revenu net, mais ce pourcentage varie fortement selon le niveau de revenu et la profession. Pour le détail chiffré, reportez-vous au barème détaillé des cotisations sociales TNS 2026.
Le point d'attention de la première année#
Dans les dossiers de création, le blocage le plus fréquent n'est pas le taux mais le décalage de trésorerie : les cotisations de la première année sont d'abord appelées sur une base forfaitaire, puis régularisées une fois le revenu réel connu. Un dirigeant qui ne provisionne pas se retrouve avec un rattrapage de cotisations N-1 qui tombe en même temps que les appels N. Nous conseillons systématiquement de mettre de côté une provision dès le premier euro encaissé.
Ce que couvre la Sécurité sociale des indépendants#
Maladie et indemnités journalières#
Le TNS bénéficie d'une prise en charge des soins identique à celle des salariés. En cas d'arrêt de travail, il peut percevoir des indemnités journalières maladie, sous conditions d'affiliation et de revenu minimal.
La cotisation finançant ces indemnités journalières est fixe : son taux est de 0,50 %. Ce taux est ramené à 0 % au-delà de 240 300 EUR de revenu, soit 5 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Le montant de l'indemnité est calculé à partir du revenu d'activité moyen des dernières années, dans la limite d'un plafond. Concrètement, un indépendant à fort revenu ne sera indemnisé qu'à hauteur d'un plafond bien inférieur à son train de vie réel : c'est l'un des trous de couverture les plus sous-estimés.
Maternité, paternité et naissance#
La travailleuse indépendante a droit à une allocation forfaitaire de repos maternel et à des indemnités journalières pendant son congé. Pour en bénéficier, elle doit justifier d'au moins 6 mois d'affiliation et de paiement de cotisations à la date présumée de l'accouchement, condition qui vaut tant pour les indemnités journalières que pour l'allocation de repos maternel.
Un congé supplémentaire de naissance a par ailleurs été instauré pour les indépendants. Selon les textes en vigueur au printemps 2026, il s'applique pour un enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026, pour une durée pouvant aller jusqu'à 2 mois, l'indemnité journalière supplémentaire étant servie à compter du 1er juillet 2026. Son montant est déjà fixé : 70 % du montant de référence le premier mois, soit 46,09 EUR par jour, puis 60 % le second mois, soit 39,50 EUR par jour ; une indemnité forfaitaire réduite à 6,58 EUR par jour s'applique lorsque le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 EUR. Les bases juridiques sont l'article L623-2 du Code de la sécurité sociale et l'article D623-4-1 du Code du travail. Le numéro d'article de la loi de financement de la sécurité sociale qui le porte reste à vérifier au cas par cas.
Retraite#
Le TNS cotise pour une retraite de base et une retraite complémentaire. À revenu équivalent, les droits constitués sont souvent inférieurs à ceux d'un assimilé salarié, en particulier sur la part complémentaire. C'est précisément le manque que les contrats facultatifs viennent combler. Notez que la réforme de l'assiette unique des indépendants modifie la façon dont l'assiette de cotisation et de droits est calculée : un sujet d'arbitrage à intégrer à votre stratégie de rémunération.
Ce qui n'est pas couvert#
Le travailleur non salarié n'a pas d'assurance chômage au titre de son activité. Le dispositif d'allocation des travailleurs indépendants existe mais reste très encadré et d'un montant limité. C'est un point décisif pour qui hésite encore sur son statut.
Compenser les trous : la loi Madelin#
Les contrats Madelin permettent au TNS de se constituer une retraite supplémentaire et une prévoyance (incapacité, invalidité, décès) ou une complémentaire santé, avec un avantage fiscal à la clé : les cotisations sont déductibles du bénéfice imposable, dans des limites précises.
L'article 154 bis du Code général des impôts fixe les plafonds de déduction des cotisations Madelin des travailleurs non salariés non agricoles, à la fois pour la retraite et pour la prévoyance et la santé. L'article 154 bis-0 A vise, pour sa part, les chefs d'exploitation ou d'entreprise agricole, et non la retraite Madelin des TNS non agricoles. Concrètement, le plafond de déduction au titre de la retraite et le plafond au titre de la prévoyance et de la santé sont deux enveloppes distinctes, calculées chacune en fonction du bénéfice et du plafond annuel de la Sécurité sociale.
Notre lecture : la déductibilité Madelin est un vrai levier, mais elle ne doit jamais piloter seule la décision. Un contrat de prévoyance se choisit d'abord sur ses garanties réelles (délai de carence, définition de l'invalidité, maintien des indemnités), pas sur sa ligne fiscale. Nous détaillons ces critères dans notre analyse de la prévoyance et mutuelle du dirigeant TNS.
Notre analyse : TNS ou assimilé salarié#
Le choix du statut social ne se résume pas à un écart de cotisations. Voici comment nous l'abordons en cabinet.
| Critère | TNS (gérant majoritaire, EI) | Assimilé salarié (président SAS) |
|---|---|---|
| Coût social global | Plus faible | Plus élevé |
| Indemnités journalières | Plafonnées, base revenu moyen | Plus protectrices |
| Retraite à revenu égal | Souvent plus faible | Souvent supérieure |
| Chômage | Non | Non (mandataire social) |
| Dividendes | Cotisés au-delà d'un seuil | Soumis aux prélèvements sociaux |
| Effort à fournir | Prévoyance et retraite à compléter | Couverture de base plus complète |
Le risque sous-estimé#
Le piège classique consiste à raisonner uniquement sur l'économie de cotisations de l'année en cours, sans chiffrer ce que coûterait un arrêt de travail long ou une invalidité avec une couverture insuffisante. Un dirigeant TNS sans prévoyance correcte qui se blesse pendant six mois peut voir ses revenus s'effondrer alors que ses charges fixes continuent de courir. L'économie de cotisations est immédiate et visible ; le trou de couverture est différé et invisible, jusqu'au jour où il se réalise.
Cas fréquent#
Un gérant majoritaire de SARL se verse une rémunération modeste et privilégie les dividendes pour réduire ses cotisations. La logique est défendable, mais elle a deux contreparties : une base de calcul des indemnités journalières et de la retraite réduite d'autant, et, au-delà d'un seuil, des dividendes eux-mêmes assujettis aux cotisations sociales. L'arbitrage rémunération et dividendes doit donc se faire chiffres en main, pas à l'intuition.
En pratique : checklist du dirigeant TNS#
- Provisionner les cotisations sociales dès la première année pour absorber la régularisation.
- Vérifier le calcul de la base des indemnités journalières et de la retraite au regard de votre niveau de revenu.
- Souscrire une prévoyance choisie sur ses garanties réelles, pas seulement sur sa déductibilité.
- Cadrer un contrat Madelin retraite si l'enveloppe de déduction n'est pas saturée.
- Réévaluer l'arbitrage rémunération et dividendes à chaque clôture.
- Intégrer l'impact de la réforme de l'assiette unique dans la projection.
Questions fréquentes
Le statut TNS coûte-t-il vraiment moins cher que l'assimilé salarié ?+
Oui, à revenu équivalent, le coût social global du TNS est inférieur de l'ordre de 20 à 30 points à celui d'un assimilé salarié. Mais cet écart finance des prestations plus limitées : pas de chômage, des indemnités journalières plafonnées et une retraite souvent plus faible. L'économie est réelle, à condition de réinvestir une partie dans une couverture facultative.
Quelle couverture maladie pour un travailleur non salarié ?+
Le TNS a la même prise en charge des soins qu'un salarié. En cas d'arrêt, il peut percevoir des indemnités journalières maladie, financées par une cotisation fixe de 0,50 % ramenée à 0 % au-delà de 240 300 EUR de revenu (5 PASS). L'indemnité est calculée sur le revenu moyen, dans la limite d'un plafond, ce qui pénalise les hauts revenus.
Combien de temps faut-il être affilié pour toucher les indemnités maternité ?+
La travailleuse indépendante doit justifier d'au moins 6 mois d'affiliation et de paiement de cotisations à la date présumée de l'accouchement, condition qui vaut tant pour les indemnités journalières que pour l'allocation forfaitaire de repos maternel. C'est un point à anticiper en début d'activité pour celles qui envisagent un congé maternité à court terme.
La loi Madelin est-elle toujours intéressante ?+
La déductibilité des cotisations Madelin reste un avantage fiscal réel, encadré par l'article 154 bis du Code général des impôts, avec deux enveloppes distinctes pour la retraite et pour la prévoyance et la santé. Mais le choix d'un contrat doit d'abord reposer sur la qualité des garanties. Un bon contrat mal fiscalisé reste préférable à un mauvais contrat bien déduit.
Pour aller plus loin#
Le statut social d'un dirigeant n'est jamais un choix isolé : il interagit avec la forme juridique, la politique de rémunération et la fiscalité personnelle. Avant de trancher, faites chiffrer plusieurs scénarios. Notre cabinet accompagne les dirigeants dans cet arbitrage, du choix du statut à la construction d'un package de couverture cohérent. Vous pouvez tester un premier ordre de grandeur avec notre simulateur de rémunération du dirigeant, puis nous solliciter pour une analyse adaptée à votre situation.
Cet article a une vocation d'information générale. Il ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation, de vos documents et des textes en vigueur à la date de votre décision.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Service-public.fr - Cotisations sociales d'un travailleur independant (F23890)
- Ameli.fr - Prestations maternite des travailleuses independantes
- Service-public.fr - Conge supplementaire de naissance du travailleur independant (F39686)
- Legifrance - Article 154 bis du Code general des impots
- Urssaf.fr - Independants : cotisations et contributions sociales
- Securite sociale des independants (SSI) - Indemnites journalieres
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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