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Notre expertise sectorielle

Expert-comptable bureau d'études et ingénierie

Expert-comptable pour bureaux d'études techniques (BET) et sociétés d'ingénierie : chiffre d'affaires à l'avancement, TVA, indice Syntec, CIR, CII et JEI, marge par affaire. Cabinet Hayot Expertise, Paris 8.

Samuel Hayot, expert-comptable
Page rédigée par
Samuel Hayot
Expert-comptable & commissaire aux comptes
Inscrit OEC Paris IDF · CRCC Paris
Taux CIR
30 %
Seuil JEI
20 %
Syntec
IDCC 1486
Norme
PCG 622
Notre expertise en un coup d'œil

Un expert-comptable pour bureau d'études ou société d'ingénierie tient vos comptes et traite ce qui est propre au métier : la méthode des contrats longs, à l'achèvement ou à l'avancement (PCG, art. 622-1 et suivants), les travaux en cours et les factures à établir, la TVA à l'encaissement ou aux débits, la révision des prix par l'indice Syntec, et l'assiette du CIR et du CII, ainsi que le seuil de dépenses du statut JEI, établis à partir des temps passés par affaire.

Notre valeur ajoutée
  • La méthode des contrats longs choisie et documentée : travaux en cours à l'achèvement, factures à établir et produits constatés d'avance à l'avancement.
  • La clause de révision indexée sur l'indice Syntec, publié chaque mois par la Fédération Syntec, calculée et facturée à chaque échéance du contrat.
  • Le cadrage comptable et fiscal du CIR, du CII et du statut JEI, avec un suivi des temps qui sert aussi à justifier l'avancement.

Pour qui ?

  • Bureaux d'études techniques (structures, fluides, acoustique, géotechnique, VRD, électricité, thermique), sociétés d'ingénierie et ingénieurs-conseils indépendants.
  • Dirigeants de BET qui pilotent des missions longues et veulent lire leur rentabilité affaire par affaire.

Quand faire appel à nous ?

  • Avant de signer un contrat au forfait qui franchira la clôture, ou d'appliquer une clause de révision Syntec.
  • Quand le CIR, le statut JEI, le forfait-jours des ingénieurs ou le passage en société deviennent des sujets.

Ce que vous obtenez

  • Une comptabilisation des contrats à long terme (travaux en cours, factures à établir, provision pour perte) et une révision Syntec correctement appliquées.
  • Une assiette de CIR fondée sur les temps passés et une rentabilité lue affaire par affaire.

Situation à risque ou pratique documentée : ce qui change

CritèreSituation à risquePratique documentée
Reconnaissance du chiffre d'affairesChiffre d'affaires calé sur l'échéancier de facturation, résultat suspendu à la date de livraisonMéthode choisie et documentée (PCG, art. 622-2), avancement justifié au sens de l'article 622-5 et appliqué à tous les contrats en cours (art. 622-7)
Crédit d'impôt rechercheForfait de fonctionnement encore calculé à 43 %, assiette calquée sur l'ingénierie facturée au client, frais de brevets et veille technologique conservés à tortForfait ramené à 40 % pour les dépenses engagées depuis le 15 février 2025, recherche séparée de la prestation vendue, temps imputés par affaire, formulaire 2069-A-SD
Indice SyntecClause de révision dormante, ou rédigée sur un indice qui n'existe pasRévision P1 = P0 x (S1 / S0) calculée et facturée à chaque échéance ; coefficient de raccordement de 0,97975 pour un contrat signé avant août 2022
MargeMarge globale lue une fois par an au bilanMarge à terminaison réestimée chaque mois, affaire par affaire, avancement des coûts confronté à l'avancement technique
Travaux en cours et factures à établirDécouverts à la clôture, travaux en cours parfois valorisés au prix de venteSuivis en cours d'exercice, travaux en cours au coût de production, factures à établir adossées à un avancement justifié
TVARégime jamais questionné, exigibilité confondue avec l'avancement comptableEncaissements ou débits arbitrés selon les délais de paiement réels des clients (CGI, art. 269-2-c) ; réception des factures électroniques depuis septembre 2026, émission et e-reporting préparés pour septembre 2027 (PME)
Cas type illustratif

Cas type (exemple représentatif)

Situation et dispositif

Le cas suivant est un exemple modélisé à des fins pédagogiques, et non un dossier client. Un bureau d'études thermiques et fluides, quinze ingénieurs, convention Syntec (IDCC 1486), exercice clos au 31 décembre. Il signe en septembre une étude au forfait de 120 000 euros hors taxes, livrable en juin de l'année suivante, facturée 30 % à la commande et le solde à la remise du rapport final. À la clôture, les feuilles de temps montrent 480 heures engagées sur les 1 200 heures budgétées, soit un avancement de 40 %, et le budget de coûts reste tenu. Le résultat à terminaison est estimé de façon fiable au sens des trois critères de l'article 622-5 du PCG : les produits sont connus (contrat forfaitaire signé), les coûts imputables sont identifiés (temps saisis par affaire, valorisés au coût horaire) et l'outil de suivi valide le pourcentage d'avancement.

Résultats modélisés

Le chiffre d'affaires reconnu à la clôture s'établit à 48 000 euros, soit 40 % de 120 000 euros. L'acompte de 36 000 euros déjà facturé étant inférieur au produit acquis, une facture à établir de 12 000 euros est comptabilisée. Si le troisième critère de l'article 622-5 n'était pas rempli, faute de temps imputés par affaire, l'article 622-4 limiterait le chiffre d'affaires aux charges ayant concouru à l'exécution du contrat : marge écrasée à zéro sur le contrat, et résultat suspendu à la date de livraison. Le même bureau d'études a par ailleurs isolé, dans ses temps, un travail de levée de verrou technique mené hors mission client. Sur 100 000 euros de dépenses de personnel affectées à la recherche, le forfait de fonctionnement de 40 % ajoute 40 000 euros : l'assiette ressort à 140 000 euros et le crédit d'impôt recherche à 42 000 euros au taux de 30 % (hors dotations aux amortissements), déclaré sur le formulaire 2069-A-SD, télétransmis au plus tard avec le relevé de solde n° 2572. Les mêmes feuilles de temps portent l'avancement et le CIR.

Réponse rapide : que fait un expert-comptable pour un bureau d'études ?#

Un bureau d'études techniques est une entreprise de prestations intellectuelles qui conçoit, calcule et prescrit pour le compte d'un maître d'ouvrage ou d'un autre constructeur, sans exécuter les travaux. On parle aussi de société d'ingénierie ou de cabinet d'ingénieurs-conseils. Ses missions se vendent au forfait ou en régie, se produisent sur plusieurs mois et relèvent en principe de la convention Syntec (IDCC 1486).

L'expert-comptable d'un bureau d'études intervient sur quatre points que la comptabilité générale ne traite pas seule :

  • la reconnaissance du chiffre d'affaires, à l'achèvement ou à l'avancement, avec les travaux en cours et les factures à établir qui en découlent ;
  • l'assiette du crédit d'impôt recherche et le seuil de dépenses du statut JEI, établis à partir des temps passés par affaire et non des factures émises ;
  • la clause de révision de prix, indexée sur l'indice Syntec, qui ne protège la marge que si elle est calculée et facturée à chaque échéance ;
  • la marge par affaire, seule lecture qui dise si un contrat gagné a été rentable.

S'y ajoutent la tenue, la fiscalité et la paie sous convention Syntec.

BET, ESN, architecte, maître d'œuvre : ce qui n'est pas la même chose#

Ces quatre métiers sont souvent confondus, alors qu'ils n'ont ni le même modèle de facturation ni les mêmes risques comptables. Un bureau d'études techniques vend une prestation intellectuelle d'ingénierie : notes de calcul, dimensionnement, structure, fluides, thermique, environnement, process industriel. Il engage des heures d'ingénieur pour produire un livrable technique, le plus souvent au forfait, sur des missions qui s'étalent sur plusieurs mois et franchissent la clôture. C'est cette combinaison, forfait plus durée, qui déclenche toute la mécanique comptable décrite plus bas.

MétierCe qu'il vendLe sujet comptable dominant
Bureau d'études techniquesUne étude d'ingénierie livrée au forfaitAvancement des contrats, TEC et FAE, CIR
ESNDes jours-hommes de consultants, souvent en régieTaux journalier moyen, intercontrat, paie Syntec
ArchitecteUne mission de conception réglementée, ordinaleHonoraires par phase, assurance, régime BNC ou société
Maître d'œuvreLe pilotage de l'exécution des travauxCadre de la commande publique, responsabilité décennale

Un BET n'est pas une entreprise de travaux. Tout ce qui touche au chantier (TVA multi-taux sur travaux, autoliquidation de la sous-traitance, retenue de garantie, caisse de congés du bâtiment) appartient au BTP. Un BET auquel on applique une comptabilité de chantier hérite d'un plan de comptes qui ne répond à aucune de ses vraies questions.

Reconnaître le chiffre d'affaires à l'avancement : TEC, FAE et contrats à long terme#

C'est le cœur du dossier. Un BET signe une étude au forfait, la facture selon un échéancier négocié (à la commande, à la remise de l'avant-projet, à la livraison), et son exercice se clôture au milieu. Le chiffre d'affaires de l'exercice n'est ni ce qui a été facturé, ni ce qui a été encaissé : il dépend de la méthode retenue pour les contrats à long terme.

Le plan comptable général (règlement ANC n° 2014-03) traite ces contrats aux articles 622-1 et suivants, sous le nom de contrats à long terme.

Le point de départ est l'article 622-2 : un contrat à long terme se comptabilise soit selon la méthode à l'achèvement, soit selon la méthode à l'avancement. C'est un choix de l'entité, et non une obligation ; au 1er janvier 2026, l'avancement ne figure pas parmi les méthodes de référence du plan comptable général. L'article 622-3 ne s'applique donc que si vous avez retenu l'avancement : dans ce cas, et si le résultat à terminaison peut être estimé de façon fiable, le résultat est constaté en appliquant le pourcentage d'avancement au résultat à terminaison. Vous reconnaissez alors le chiffre d'affaires et la marge au rythme réel de production de l'étude. L'argument en faveur de l'avancement est un argument de pilotage et de lecture bancaire, pas une exigence comptable.

L'article 622-4 organise le repli : lorsque le résultat à terminaison ne peut pas être estimé de façon fiable, aucun profit n'est dégagé et le chiffre d'affaires constaté est limité au montant des charges ayant concouru à l'exécution du contrat. Le contrat ressort à résultat nul : les coûts sont couverts, aucune marge n'est anticipée. Ce n'est pas une sanction, c'est une prudence.

Toute la question devient donc : le résultat de vos contrats est-il estimé de façon fiable ? L'article 622-5 y répond par trois critères :

  1. la possibilité d'identifier clairement le montant total des produits du contrat ;
  2. la possibilité d'identifier clairement le montant total des coûts imputables au contrat ;
  3. l'existence d'outils de gestion, de comptabilité analytique et de contrôle interne permettant de valider le pourcentage d'avancement et de réviser, au fur et à mesure de l'avancement, les estimations de charges, de produits et de résultat.

Notre lecture. Le troisième critère est celui que personne ne lit et que tout le monde subit. Il ne demande pas une intention, il demande un outil. Un bureau d'études sans comptabilité analytique par affaire et sans feuilles de temps imputées par ingénieur et par contrat n'est pas, au sens du PCG, en mesure de justifier un pourcentage d'avancement. Il bascule mécaniquement dans le régime de l'article 622-4 : chiffre d'affaires limité aux charges ayant concouru à l'exécution du contrat, marge écrasée à zéro sur tous les contrats en cours à la clôture. Or ce sont exactement les mêmes feuilles de temps qui portent l'assiette du crédit d'impôt recherche. Un seul défaut d'organisation, le temps non imputé par affaire, fait tomber les deux : l'avancement et le CIR.

En pratique, deux comptes portent l'essentiel. Les travaux en cours (TEC) constatent la production réalisée et non encore reconnue en chiffre d'affaires, valorisée au coût de production. Les factures à établir (FAE) constatent le produit acquis, correspondant à un avancement réel, mais non encore facturé. Symétriquement, les produits constatés d'avance neutralisent un acompte qui court devant la production.

Un mécanisme mérite une attention particulière, car c'est le seul qui fait entrer dans les comptes, avant la livraison, la perte d'une affaire déficitaire : la provision pour perte à terminaison. Dès qu'une perte globale devient probable sur un contrat, c'est-à-dire lorsque son coût total estimé à terminaison dépasse le prix total du contrat, l'article 622-6 du PCG impose de provisionner cette perte globale, sous déduction des pertes déjà constatées, et non la seule quote-part de l'exercice, que l'on retienne l'avancement ou l'achèvement. La provision se comptabilise au compte 1516, provisions pour pertes sur contrats. Un forfait qui dérive pèse ainsi sur le résultat dès que sa perte devient probable, et non à la livraison.

Point de méthode souvent oublié : la décision d'adopter l'avancement porte sur tous les contrats en cours à cette date (article 622-7), et la méthode retenue est mentionnée dans l'annexe. Un BET ne peut pas reconnaître à l'avancement les contrats bénéficiaires et à l'achèvement les contrats douteux : cette asymétrie est ce que la norme interdit.

Le risque sous-estimé n'est pas fiscal, il est bancaire. Un BET qui bascule à l'achèvement présente un résultat en dents de scie, suspendu à la date de livraison de deux ou trois gros contrats : le banquier y lit une volatilité et une perte un exercice sur deux. La même entreprise, à carnet de commandes identique, présentée à l'avancement, montre une marge régulière et lisible.

Un exemple chiffré : le même contrat à l'avancement et à l'achèvement#

Une mission d'ingénierie est vendue 80 000 € HT. Son coût de production est estimé à 56 000 €, soit un résultat à terminaison de 24 000 €. À la clôture, les temps saisis et les frais engagés sur l'affaire totalisent 21 000 €, soit un avancement de 37,5 % (21 000 / 56 000), mesuré par les coûts comme l'article 622-3 le permet.

À la clôtureAvancementAchèvement
Chiffre d'affaires reconnu (compte 706)30 000 € (80 000 × 37,5 %)0 €
Variation des en-cours (compte 7134)0 €21 000 €
Coûts engagés sur l'exercice21 000 €21 000 €
Résultat de l'exercice sur ce contrat9 000 € (24 000 × 37,5 %)0 €

À l'avancement, on rapproche ce qui a déjà été facturé du chiffre d'affaires reconnu. Si le bureau d'études a déjà comptabilisé 40 000 € de factures d'échéancier en chiffre d'affaires, l'écart de 10 000 € se neutralise en produits constatés d'avance (compte 487). S'il n'a facturé que 12 000 €, les 18 000 € manquants se constatent en factures à établir (compte 4181). À l'achèvement, les 21 000 € de coûts sont portés en travaux en cours (compte 34) et le résultat attend la livraison.

TVA d'un bureau d'études : à l'encaissement par défaut, aux débits sur option#

Pour une prestation de services, la TVA est exigible à l'encaissement par défaut, et l'exigibilité d'après les débits n'existe que sur option (CGI, article 269-2-c). Un bureau d'études ne reverse donc la taxe qu'une fois payé, sauf s'il a expressément opté pour les débits, auquel cas elle devient exigible dès la facturation.

Ce point se combine avec la reconnaissance à l'avancement : une facture à établir n'est pas une facture. Au régime de droit commun, celui de l'encaissement, le produit constaté en FAE à la clôture ne rend aucune TVA exigible tant que le client n'a pas payé. Sous l'option pour les débits, l'exigibilité suit le débit du compte client, qui coïncide en pratique avec l'émission de la facture (BOI-TVA-BASE-20-50-10) ; la taxe afférente aux factures à établir s'enregistre en attente, au compte 44587. Confondre l'avancement comptable avec l'exigibilité conduit soit à reverser une taxe non due, soit à en oublier une qui l'est.

L'arbitrage encaissement contre débits dépend d'abord des délais de paiement réels de vos clients. Le droit fixe des plafonds, que le tableau ci-dessous résume ; dans les faits, les retards existent, et c'est sur eux que se mesure l'effet de trésorerie. Rester à l'encaissement protège la trésorerie : la taxe n'est reversée qu'une fois le client payé. Opter pour les débits simplifie le suivi et permet au client B2B de déduire dès réception de la facture, mais fait avancer la TVA avant l'encaissement. Dans tous les cas, un acompte encaissé rend la TVA exigible immédiatement, même aux débits.

Votre clientDélai de paiement maximalEn cas de retard
Acheteur public : État, collectivité, établissement public administratif30 jours (code de la commande publique, art. R. 2192-10)Intérêts moratoires au taux de la BCE majoré de 8 points et indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement, dus de plein droit
Établissement public de santé50 jours (art. R. 2192-11)Mêmes intérêts moratoires et même indemnité
Entreprise publique, hors établissement public local60 jours (art. R. 2192-11)Mêmes intérêts moratoires et même indemnité
Entreprise privée60 jours après l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit (code de commerce, art. L. 441-10)Pénalités au taux prévu au contrat, jamais inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal (à défaut, taux de la BCE majoré de 10 points), et indemnité de 40 € (art. D. 441-5)

Le détail des pénalités et des sanctions figure dans notre article sur les délais de paiement entre entreprises.

La réforme de la facturation électronique entre dans ce choix. Depuis le 1er septembre 2026, tout bureau d'études assujetti doit être en capacité de recevoir des factures électroniques, quelle que soit sa taille. L'émission des factures électroniques et la transmission des données de transaction ne visent à cette date que les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire : pour les PME, les TPE et les micro-entreprises, elles commencent le 1er septembre 2027. Le choix de l'exigibilité y pèse aussi : pour une prestation dont la TVA est due à l'encaissement, le bureau d'études devra transmettre la date et le montant de chaque encaissement (statut « Encaissée » d'une facture électronique, ou flux de données de paiement), alors qu'une option pour les débits l'en dispense. Nous chiffrons l'effet de trésorerie contre la simplicité avant toute option ; le calendrier complet est dans notre guide de la facturation électronique 2026.

À compter du 1er janvier 2027, les règles de TVA quittent le code général des impôts pour le code des impositions sur les biens et services, à droit constant pour l'essentiel ; les références au CGI restent admises dans les factures et les contrats jusqu'au 30 juin 2028.

L'indice Syntec : la clause de révision que beaucoup de BET n'activent jamais#

L'indice Syntec est publié mensuellement par la Fédération Syntec. Contrairement à une idée répandue, il n'est pas publié par l'INSEE : le confondre conduit à rédiger des clauses inapplicables.

Il mesure l'évolution du coût de la main-d'œuvre pour des prestations essentiellement intellectuelles, ce qui en fait l'indice naturel du contrat d'ingénierie. Sa fonction est contractuelle : il sert d'indice de révision du prix. La formule usuelle est P1 = P0 x (S1 / S0), où S0 est l'indice de référence retenu à la signature et S1 l'indice du mois de révision. La Fédération Syntec publie désormais un indice révisé, dont le point de référence est fixé à décembre 2019 ; le raccordement avec l'ancien indice s'est fait en août 2022, par un coefficient de 0,97975 (280,6 / 286,4) à appliquer à l'indice révisé pour un contrat signé avant cette date. Vérifiez donc la base d'indice avant tout calcul. À titre de repère, l'indice révisé d'août 2026, publié le 30 septembre 2026, s'établit à 320,4, soit 313,9 après raccordement pour un contrat signé avant août 2022.

Un BET signe une étude pluriannuelle en année N sur la base d'un coût d'ingénieur donné, et livre en N+2 avec des salaires qui ont augmenté entre-temps. Sans clause de révision, l'inflation salariale sort de sa marge. Trois défauts sont possibles : aucune clause au contrat, une clause présente mais jamais appliquée faute de suivi, ou une clause rédigée sur un mauvais indice. La révision de prix est un point de marge : elle mérite d'être calculée, facturée et suivie affaire par affaire.

CIR et CII : l'assiette d'un bureau d'études s'est resserrée#

Le CIR est, pour un BET, une évidence et un piège : l'activité produit de la connaissance technique, mais la prestation vendue au client n'est pas, en elle-même, de la recherche. Est éligible la levée d'un verrou scientifique ou technique, pas l'application, même savante, de méthodes connues à un projet client. Séparer les deux dans les temps saisis est la seule façon de rendre l'assiette défendable.

Les paramètres au 1er janvier 2026, tels qu'ils figurent au CGI (article 244 quater B) :

ParamètreValeur
Taux du CIR30 % jusqu'à 100 M€ de dépenses de recherche, 5 % au-delà
Taux dans les départements d'outre-mer50 %
Forfait de fonctionnement75 % des dotations aux amortissements + 40 % des dépenses de personnel
Taux du CII (métropole)20 %, sur une assiette plafonnée à 400 000 € par an, soit 80 000 € de crédit au maximum
DéclarationFormulaire 2069-A-SD, télétransmis : pour une société à l'IS, au plus tard avec le relevé de solde n° 2572 (15 mai pour un exercice clos le 31 décembre) ; pour une entreprise à l'IR, avec la déclaration de résultats

Deux évolutions doivent être intégrées au calcul, sous peine de surestimer le crédit attendu. Le forfait de fonctionnement assis sur les dépenses de personnel a été ramené de 43 % à 40 % pour les dépenses engagées depuis le 15 février 2025. Et plusieurs postes sont sortis de l'assiette : frais de prise, de maintenance et de défense des brevets, dépenses de veille technologique (autrefois retenues dans la limite de 60 000 euros), doublement d'assiette des jeunes docteurs. La loi de finances pour 2026 a maintenu le dispositif, sans réforme des taux.

Une confusion mérite d'être démentie sans détour, car elle circule jusque dans des business plans : il n'existe pas de taux de CIR majoré au titre du statut JEI. Les seules majorations de taux sont géographiques. Pour le CII, elles visent les départements d'outre-mer (60 %) et la Corse (35 % ou 40 %). Un BET qui a construit sa trésorerie prévisionnelle sur un CIR « bonifié JEI » découvrira l'écart au moment du remboursement.

Chiffrez un premier ordre de grandeur avec notre simulateur CIR et JEI. Notre mission financement de l'innovation porte sur le cadrage comptable et fiscal du crédit : assiette, suivi des temps, calcul et formulaire 2069-A-SD, en cohérence avec la reconnaissance à l'avancement. Le dossier technique (état de l'art, verrous, travaux menés) est rédigé par vos ingénieurs ou par un cabinet spécialisé.

Ce qui est regardé en premier dans un dossier CIR de bureau d'études#

Un BET a une particularité qui le distingue d'un laboratoire ou d'un éditeur de logiciels : ses ingénieurs travaillent, le même jour, sur des missions client facturées et, parfois, sur la levée d'un verrou technique. Les deux sortent des mêmes cerveaux, des mêmes bureaux et des mêmes feuilles de temps. C'est précisément cette porosité qui rend l'assiette fragile quand elle n'est pas tracée.

La frontière entre la prestation et la recherche. Une étude vendue au forfait, même techniquement exigeante, reste l'application de méthodes connues à un cas particulier : elle n'est pas éligible du seul fait de sa difficulté. Est éligible le travail mené pour lever une incertitude scientifique ou technique que l'état de l'art ne permet pas de résoudre, au sens du manuel de Frascati, le référentiel de l'OCDE sur lequel l'administration s'appuie pour apprécier ce type de verrou. Un BET qui déclare un pourcentage de son chiffre d'affaires d'ingénierie, sans avoir isolé les heures correspondantes, présente une assiette qu'il ne pourra pas défendre.

Les heures, pas les factures. L'assiette se construit à partir des dépenses de personnel affectées à la recherche, majorées du forfait de fonctionnement (75 % des dotations aux amortissements et 40 % des dépenses de personnel). Le point de départ est donc une saisie des temps par ingénieur, par projet et par nature de tâche, tenue en continu. Reconstituer les temps de mémoire en fin d'exercice, à quelques semaines du dépôt de la liasse, est le scénario qui se termine mal.

Une assiette qui a changé. Une réserve à connaître avant de renoncer à un poste réel : les frais de brevets sortis de l'assiette du CIR, comme ceux de certificats d'obtention végétale, de dessins et modèles, demeurent pris en compte au titre du crédit d'impôt innovation, pour les micro, petites et moyennes entreprises au sens du règlement européen, dans le plafond commun de 400 000 € par an et pour les dépenses exposées jusqu'au 31 décembre 2027. Un dossier reconduit d'une année sur l'autre, sans reprise des paramètres issus de la loi de finances pour 2025, surévalue le crédit et fabrique lui-même son propre redressement. Le crédit se déclare sur le formulaire 2069-A-SD, à télétransmettre, pour une société à l'IS, au plus tard avec le relevé de solde n° 2572.

Un bureau d'études qui fait de la recherche pour ses clients. Une entreprise peut retenir dans son propre CIR les dépenses de recherche qu'elle confie à un organisme agréé par le ministère chargé de la recherche (CGI, art. 244 quater B, II d bis). Pour un bureau d'études, l'agrément ouvre une porte commerciale, avec une contrepartie : la même dépense ne compte qu'une fois. Le bureau d'études agréé exclut de sa propre assiette les dépenses engagées pour ces travaux, sauf si son client ne peut pas bénéficier du crédit, une entreprise étrangère par exemple (BOI-BIC-RICI-10-10-30-20). Chez le client, ces dépenses entrent dans la limite de trois fois ses autres dépenses de recherche et de 2 millions d'euros par an, portée à 10 millions d'euros en l'absence de lien de dépendance. L'agrément est délivré par le ministère, en principe pour trois ans, sur une demande déposée dans l'outil CIROCO ; le guide du CIR 2025 indiquait un délai moyen de traitement de huit mois.

Le rescrit, avant d'engager les dépenses. Quand l'éligibilité d'un projet se discute, le rescrit CIR permet d'interroger l'administration en amont (livre des procédures fiscales, art. L. 80 B, 3°). La demande se dépose au moins six mois avant la date limite de dépôt de la déclaration spéciale, soit au plus tard le 15 novembre pour une société à l'IS dont l'exercice coïncide avec l'année civile ; faute de réponse motivée dans les trois mois, l'administration est réputée avoir donné son accord.

JEI : un seuil porté à 20 %, et un avantage qui a changé de nature#

Le statut de jeune entreprise innovante (CGI, article 44 sexies-0 A) reste accessible à beaucoup de bureaux d'études, à condition de raisonner sur le régime actuel et non sur celui que décrivent encore des dizaines d'articles en ligne. La condition de dépenses est désormais fixée à 20 % au moins des charges fiscalement déductibles de l'exercice consacrées à la recherche. L'ancien seuil de 15 % ne vaut plus que pour les exercices clos avant le 1er mars 2025. Entre 5 % et 20 % de dépenses de recherche et développement, l'entreprise relève du statut de jeune entreprise de croissance (JEC), assorti d'une condition d'indicateurs de performance économique. S'y ajoutent les conditions classiques : moins de huit ans (condition d'âge applicable aux entreprises créées depuis le 1er janvier 2023), PME au sens européen (moins de 250 salariés, chiffre d'affaires inférieur à 50 M€ ou bilan inférieur à 43 M€), capital détenu pour moitié au moins par des personnes physiques, absence de création par concentration ou restructuration.

L'avantage, lui, a changé de nature. L'exonération d'impôt sur les bénéfices est supprimée pour les JEI créées à compter du 1er janvier 2024. Ce qui subsiste, et qui reste très significatif pour un BET dont les salaires d'ingénieurs constituent l'essentiel des charges, c'est l'exonération de cotisations patronales d'assurances sociales et d'allocations familiales sur les personnels affectés à la recherche. Elle s'applique dans une double limite : 4,5 SMIC par salarié (8 401,58 euros par mois) et 5 PASS par établissement (240 300 euros par an, pour un PASS 2026 de 48 060 euros). Cette exonération sociale reste ouverte aux entreprises créées avant le 31 décembre 2028, et la loi de finances pour 2026 (article 40) a prorogé jusqu'à la même date les exonérations de CFE et de taxe foncière que les collectivités peuvent accorder. Un bureau d'études créé en 2026 reste donc éligible à l'exonération sociale, contrairement à une idée répandue qui fermait cette fenêtre fin 2025.

Le CIR et le statut JEI se cumulent. Ce cumul, correctement documenté, change la trajectoire de trésorerie d'un jeune bureau d'études.

Convention Syntec, code NAF et forfait-jours#

Les BET relèvent en principe de la convention Syntec (IDCC 1486), et leurs ingénieurs sont souvent au forfait annuel en jours. Le point propre au bureau d'études tient en une phrase : le forfait-jours dispense de décompter les heures, il ne dispense pas de suivre le temps passé par affaire. Deux objets différents, l'un relevant du droit du travail, l'autre de l'article 622-5 du PCG et de l'assiette du CIR. Le dirigeant qui répond « mes ingénieurs sont au forfait, donc je ne suis pas les temps » se prive des deux.

Le code NAF attribué par l'INSEE ne décide pas de la convention collective : la convention applicable est celle de l'activité principale réellement exercée par l'employeur (code du travail, art. L. 2261-2), le code n'étant qu'un indice. La nomenclature range les métiers voisins sous des codes distincts :

Activité principaleCode NAF
Ingénierie, études techniques71.12B
Activité des géomètres71.12A
Analyses, essais et inspections techniques71.20B

Une nouvelle nomenclature, la NAF 2025, entre en vigueur le 1er janvier 2027 (décret n° 2025-736 du 31 juillet 2025) : le code attribué sera alors à revérifier. Un doute sur l'activité principale se tranche avant la première embauche : il commande les salaires minima, les conditions du forfait-jours et la prévoyance.

Piloter la marge par affaire : les indicateurs d'un BET#

La comptabilité générale d'un BET dit peu de choses utiles. La marge se gagne ou se perd affaire par affaire, sur des contrats dont personne ne mesure la dérive avant la livraison. L'alerte la plus précoce est l'écart entre l'avancement des coûts et l'avancement technique : un forfait qui a consommé 60 % de son budget d'heures pour 40 % des livrables produits appelle une décision avant la livraison, pas après. Les huit indicateurs présentés plus bas, dans les cartes de pilotage, sont ceux que nous mettons en place ; aucun ne figure dans un plan de comptes standard.

Erreurs fréquentes dans les bureaux d'études#

  • Facturer, c'est reconnaître. Le chiffre d'affaires est calé sur l'échéancier de facturation, pas sur l'avancement réel : le résultat devient un artefact de la négociation.
  • Des feuilles de temps déclaratives, remplies en fin de mois de mémoire. Elles ne valident ni l'avancement, ni l'assiette du CIR, et ne résistent pas à un contrôle.
  • Une assiette CIR calquée sur l'ingénierie facturée au client, passée en bloc en recherche. C'est le redressement le plus prévisible du secteur.
  • Un CIR calculé avec un forfait de fonctionnement à 43 %, alors qu'il est à 40 % depuis le 15 février 2025, ou incluant encore les frais de brevets et la veille technologique.
  • Une clause de révision Syntec jamais activée, ou indexée sur un indice qui n'existe pas.
  • Des travaux en cours valorisés au prix de vente au lieu du coût de production, ce qui constate une marge non encore acquise.

Responsabilité décennale : un bureau d'études n'est pas toujours constructeur#

La question se pose pour tout bureau d'études du bâtiment, et la réponse n'est pas uniforme. La présomption de responsabilité décennale des articles 1792 et suivants du code civil pèse sur les constructeurs, et l'article 1792-1 range parmi eux « tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage ». Deux conditions se cumulent donc : intervenir en qualité de technicien sur l'ouvrage, et être lié au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage.

Ce qui en découle en pratique : un bureau d'études qui conçoit une structure, des fluides ou une installation technique dans le cadre d'un marché passé avec le maître de l'ouvrage entre dans le champ, avec l'obligation d'assurance qui l'accompagne. Un bureau d'études qui intervient en sous-traitance d'un autre constructeur, sans contrat direct avec le maître de l'ouvrage, ou dont la mission ne porte pas sur l'ouvrage lui-même, n'y entre pas de la même façon. La distinction se lit dans le contrat, pas dans l'intitulé de l'activité, et elle commande la prime d'assurance comme le provisionnement des litiges.

Ingénieur indépendant ou bureau d'études en société : quel cadre ?#

Beaucoup de bureaux d'études commencent par un ingénieur seul, sous son nom. Trois cadres coexistent ; le bon dépend du chiffre d'affaires, des investissements et du projet de recruter.

CadreCe qui le caractérisePoint de vigilance
Micro-entreprise (régime micro-BNC)Régime ouvert tant que les recettes ne dépassent pas 83 600 € deux années de suite (seuil de 2026 à 2028 ; 77 700 € jusqu'en 2025), abattement forfaitaire de 34 % pour l'impôtAucune dépense réelle déductible ; franchise de TVA jusqu'à 37 500 € de recettes, 41 250 € en seuil majoré
Entreprise individuelle au réel (BNC)Déclaration 2035, dépenses réelles déductiblesLe bénéfice est imposé et soumis aux cotisations sociales, qu'il soit prélevé ou non
Société à l'impôt sur les sociétés (SASU, EURL, SAS, SARL)Impôt sur les sociétés au taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, sous conditions, puis 25 %Rémunération et dividendes à arbitrer ; comptes annuels et liasse fiscale

En libéral, un ingénieur-conseil cotise à la CIPAV pour sa retraite et son régime d'invalidité-décès. Le passage en société devient pertinent quand il faut recruter, investir ou laisser des bénéfices dans l'entreprise ; nous le simulons sur vos chiffres avant toute décision. Pour une activité de conseil sans dimension d'ingénierie, notre page expert-comptable pour consultants est plus adaptée.

Combien coûte un expert-comptable pour un bureau d'études ?#

Nos honoraires dépendent de la structure (ingénieur-conseil ou société), du volume et des missions à forte valeur comme le CIR. Ils sont fixés dans la lettre de mission, sans surprise.

ProfilCe qui est couvertHonoraires
Ingénieur-conseil en BNCTenue, déclaration 2035, TVA, conseil courantà partir de 258 € HT/mois
Bureau d'études en société (TPE)Tenue, TVA, clôtures avec avancement, bilan et liasse, social légerà partir de 350 € HT/mois
BET en croissanceClôtures mensuelles, marge par affaire, paie sous convention Syntec, tableau de bordsur devis
Cadrage du CIR, du CII et du statut JEIAssiette, suivi des temps, calcul du crédit, formulaire 2069-A-SD, conditions JEIsur devis

Un devis chiffré vous est adressé sous 24 à 48 heures ouvrées après réception des pièces demandées.

Notre conviction. Dans un bureau d'études, tout se joue sur une seule discipline : imputer le temps par affaire. C'est elle qui autorise la reconnaissance à l'avancement au sens du PCG, elle qui construit une assiette de CIR défendable, elle qui rend la marge lisible affaire par affaire. Un même relâchement fait tomber les trois. Notre rôle n'est pas de tenir des comptes exacts une fois l'an, c'est d'installer, dès la lettre de commande, l'organisation qui transforme vos comptes en instrument de décision plutôt qu'en constat tardif.

Ce que fait le cabinet Hayot Expertise pour votre bureau d'études#

Le cabinet est dirigé par Samuel Hayot, expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France et commissaire aux comptes inscrit sur la liste établie par la Haute autorité de l'audit (H2A), membre de la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris. Cabinet Hayot Expertise, 58 rue de Monceau, 75008 Paris.

Concrètement : comptabilité analytique par affaire et suivi des temps, reconnaissance du chiffre d'affaires à l'avancement avec la documentation exigée par l'article 622-5, travaux en cours et factures à établir à la clôture, cadrage comptable et fiscal du CIR et du CII, conditions JEI et exonération de cotisations patronales, révision des prix par l'indice Syntec, tenue comptable, fiscalité et paie.

Un premier échange permet de dire, sur pièces, si vos contrats en cours sont reconnus correctement et si votre organisation des temps tient les deux exigences : celle du PCG et celle du CIR.

À jour au 2 octobre 2026. Contenu informatif relu par un expert-comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France.

Suivis chaque mois, affaire par affaire

Les indicateurs de pilotage d'un bureau d'études

Taux d'imputation des ingénieurs

Calcul

Heures affectées à une affaire / heures payées

Lecture

Suivi chaque mois : les heures non imputées absorbent la marge sans bruit

Marge à terminaison par affaire

Calcul

(Produits du contrat moins coûts à terminaison réestimés) / produits du contrat

Lecture

Réestimée à chaque point mensuel, toute dérive expliquée

Avancement des coûts contre avancement technique

Calcul

Heures engagées / heures budgétées, comparé à la part des livrables produits

Lecture

L'alerte la plus précoce d'un forfait qui dérive

Travaux en cours et factures à établir

Calcul

(Travaux en cours + factures à établir) / chiffre d'affaires de l'exercice

Lecture

Suivis en cours d'exercice, jamais découverts à la clôture

Part des heures de recherche

Calcul

Heures de levée de verrou technique / heures totales saisies

Lecture

Tracée par affaire, distincte de la prestation vendue

Révision Syntec appliquée

Calcul

Contrats révisés / contrats porteurs d'une clause de révision

Lecture

Revue à chaque échéance contractuelle

Délai de facturation après jalon

Calcul

Jours entre l'atteinte d'un jalon contractuel et l'émission de la facture

Lecture

Chaque jour de retard repousse d'autant l'encaissement

Délai de paiement des clients

Calcul

Créances clients / chiffre d'affaires TTC × 365, ou délai réel par client

Lecture

À comparer aux plafonds légaux : 30 jours pour la plupart des acheteurs publics, 60 jours entre entreprises

Écosystème du secteur

Selon l'INSEE (Ésane), la sous-classe 71.12B « Ingénierie, études techniques » comptait 57 154 entreprises en 2023, employant 244 604 salariés en équivalent temps plein, pour 50,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires hors taxes, dont 9,1 milliards à l'export. Les bureaux d'études interviennent dans le bâtiment (structure, fluides, électricité, thermique), les infrastructures et l'industrie. Ils relèvent en principe de la convention collective nationale des bureaux d'études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils (IDCC 1486, dite Syntec), qui encadre notamment les salaires minima et le forfait-jours.

57 154
Entreprises d'ingénierie et d'études techniques en 2023
50,9 Md€
Chiffre d'affaires hors taxes
22,8 Md€
Valeur ajoutée
9,1 Md€
Chiffre d'affaires à l'export
Ingénierie structure (béton, charpente métallique)Fluides (CVC, plomberie, désenfumage)Électricité, courants forts et faiblesVRD (voirie, réseaux divers, assainissement)Acoustique et vibrationsGéotechnique et géologieThermique et performance énergétiqueBIM (Building Information Modeling)Ingénierie des procédés industriels
Cadre d'intervention

Guide pratique : la comptabilité d'un bureau d'études

01

1. Choisir la méthode des contrats longs et la documenter

Achèvement ou avancement : le choix appartient à l'entreprise (PCG, art. 622-2), mais l'avancement suppose d'estimer le résultat à terminaison de façon fiable (art. 622-5). La décision d'adopter l'avancement porte sur tous les contrats en cours (art. 622-7) et la méthode se mentionne dans l'annexe.

02

2. Saisir les temps par ingénieur et par affaire

La même feuille de temps sert trois fois : elle valide le pourcentage d'avancement, elle construit l'assiette du CIR et elle mesure la marge. Une saisie hebdomadaire, par affaire et par nature de tâche, vaut mieux qu'une reconstitution de fin d'exercice.

03

3. Arrêter les en-cours à chaque clôture

Travaux en cours au coût de production, factures à établir pour le produit acquis non facturé, produits constatés d'avance pour les acomptes en avance sur la production, provision dès qu'une perte à terminaison devient probable. À l'encaissement, ces écritures ne rendent aucune TVA exigible ; sur option pour les débits, la taxe suit en pratique l'émission de la facture.

04

4. Activer la révision Syntec à chaque échéance

Relevez l'indice de référence retenu à la signature, la périodicité et la formule, puis calculez et facturez la révision à chaque date prévue. Pour un contrat signé avant août 2022, appliquez le coefficient de raccordement publié par la Fédération Syntec.

05

5. Arbitrer la TVA à l'encaissement ou aux débits

Par défaut, la TVA des prestations de services est due à l'encaissement. L'option pour les débits avance la taxe à la facturation : elle se décide au regard des délais de paiement réels de vos clients et du calendrier de la facturation électronique, qui impose l'émission aux PME à compter du 1er septembre 2027.

06

6. Analyser la marge par affaire chaque mois

Comparez l'avancement des coûts (heures engagées sur heures budgétées) à l'avancement technique (part des livrables produits), et réestimez la marge à terminaison. L'écart entre les deux est l'alerte la plus précoce d'un forfait qui dérive.

Vos garanties

Un cabinet parisien qui travaille à distance dans toute la France

Où que vous soyez en France, nous travaillons à distance avec des outils de pilotage en ligne, qui réunissent vos pièces et vos chiffres au même endroit.

Cabinet réglementé

Samuel Hayot est expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre de Paris Île-de-France et à la CRCC de Paris.

Couverture nationale

Cabinet basé à Paris 8, avec un mode de travail pensé pour accompagner des entreprises implantées partout en France.

Stack moderne

Pennylane, Dext, Silae et un fonctionnement orienté automatisation, visibilité et rapidité d’exécution.

Contact direct

Téléphone visible, prise de contact simple, lettre de mission rapide et cadrage plus direct du besoin.

Ressources utiles

Un point sur votre situation ?

30 minutes offertes avec Samuel Hayot pour challenger votre pilotage et identifier vos leviers prioritaires.

Expertise & Veille

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FAQ

Questions fréquentes

Un bureau d'études peut-il reconnaître son chiffre d'affaires à l'avancement ?

Oui, à condition que le résultat à terminaison soit estimé de façon fiable. L'article 622-5 du PCG (règlement ANC n° 2014-03) pose trois critères : identifier clairement le montant total des produits du contrat, identifier clairement le montant total des coûts imputables au contrat, et disposer d'outils de gestion, de comptabilité analytique et de contrôle interne permettant de valider le pourcentage d'avancement et de réviser, au fur et à mesure, les estimations de charges, de produits et de résultat. Sans feuilles de temps imputées par affaire, ce troisième critère n'est pas rempli. L'article 622-4 s'applique alors : le chiffre d'affaires est limité aux charges ayant concouru à l'exécution du contrat, et la marge est écrasée à zéro sur tous les contrats en cours à la clôture.

Quelle différence entre travaux en cours (TEC) et factures à établir (FAE) ?

Ce ne sont pas des synonymes. Les travaux en cours valorisent, au coût de production, une production réalisée qui n'est pas encore reconnue en chiffre d'affaires. Les factures à établir constatent un produit acquis, correspondant à un avancement réel justifié, mais non encore facturé au client : elles sont du chiffre d'affaires. Symétriquement, un acompte encaissé qui court devant la production se neutralise en produits constatés d'avance. Erreur fréquente : des travaux en cours valorisés au prix de vente au lieu du coût de production, ce qui constate une marge non encore acquise.

L'indice Syntec est-il publié par l'INSEE ?

Non. L'indice Syntec est publié mensuellement par la Fédération Syntec, et non par l'INSEE. La confusion est fréquente et elle coûte cher : une clause de révision indexée sur un indice INSEE qui n'existe pas est inapplicable. L'indice mesure l'évolution du coût de la main-d'œuvre pour des prestations essentiellement intellectuelles, ce qui en fait l'indice naturel du contrat d'ingénierie. La formule usuelle de révision est P1 = P0 x (S1 / S0), S0 étant l'indice de référence retenu à la signature et S1 l'indice du mois de révision. Pour un contrat signé avant août 2022, l'indice révisé se corrige par le coefficient de raccordement publié par la Fédération Syntec, 0,97975.

Toute l'ingénierie d'un bureau d'études est-elle éligible au CIR ?

Non. Le CIR ne vise pas l'ingénierie que vous facturez au client, même savante : il vise la levée d'un verrou scientifique ou technique. Appliquer des méthodes connues à un projet client, aussi exigeant soit-il, ne suffit pas. La seule façon de rendre l'assiette défendable est de séparer, dans les temps saisis, les heures de prestation vendue et les heures de recherche. Le taux est de 30 % jusqu'à 100 M€ de dépenses de recherche et de 5 % au-delà, et le forfait de fonctionnement s'établit à 75 % des dotations aux amortissements plus 40 % des dépenses de personnel. Déclaration sur le formulaire 2069-A-SD, à télétransmettre, pour une société à l'IS, au plus tard avec le relevé de solde n° 2572 (15 mai pour un exercice clos le 31 décembre).

Le statut JEI donne-t-il droit à un CIR majoré ?

Non. Il n'existe pas de taux de CIR majoré au titre du statut JEI, et cette confusion circule jusque dans des business plans. Les seules majorations de taux sont géographiques : 50 % pour les dépenses de recherche exposées dans les départements d'outre-mer. Pour le crédit d'impôt innovation, le taux est de 20 % en métropole, sur une assiette plafonnée à 400 000 euros par an, soit 80 000 euros de crédit au maximum, avec des majorations réservées aux départements d'outre-mer (60 %) et à la Corse (35 % ou 40 %). Le CIR et le statut JEI se cumulent, mais chacun selon ses propres règles.

Quel est le seuil de dépenses de recherche pour être JEI ?

Les dépenses de recherche doivent représenter au moins 20 % des charges fiscalement déductibles de l'exercice. L'ancien seuil de 15 % ne vaut plus que pour les exercices clos avant le 1er mars 2025. Entre 5 % et 20 %, l'entreprise relève du statut de jeune entreprise de croissance, assorti d'une condition d'indicateurs de performance économique. L'avantage a lui aussi changé de nature : l'exonération d'impôt sur les bénéfices est supprimée pour les JEI créées à compter du 1er janvier 2024. Subsiste l'exonération de cotisations patronales sur les personnels affectés à la recherche, dans la limite de 4,5 SMIC par salarié et de 5 PASS par établissement.

Mes ingénieurs sont au forfait-jours : faut-il quand même suivre les temps par affaire ?

Oui. Le forfait annuel en jours, très répandu chez les ingénieurs relevant de la convention Syntec (IDCC 1486), dispense de décompter les heures au sens du droit du travail. Il ne dispense pas de suivre le temps passé par affaire, qui relève d'un tout autre corpus : l'article 622-5 du PCG, qui exige un outil validant le pourcentage d'avancement, et l'assiette du crédit d'impôt recherche, qui exige des heures imputées. Le dirigeant qui répond « mes ingénieurs sont au forfait, donc je ne suis pas les temps » se prive des deux à la fois.

La marge globale suffit-elle à piloter un bureau d'études ?

Non. La marge globale d'un bureau d'études est une moyenne : elle masque les contrats qui dérivent et ne les révèle qu'à la livraison, quand il est trop tard pour renégocier. Ce qui se pilote, ce sont le taux d'avancement des coûts (heures engagées sur heures budgétées) confronté à l'avancement technique (part des livrables produits), la marge à terminaison réestimée à chaque point mensuel, et le taux d'imputation, c'est-à-dire les heures affectées à une affaire rapportées aux heures payées. Les heures non imputées absorbent silencieusement la rentabilité. En pratique, l'écart entre avancement des coûts et avancement technique est l'alerte la plus précoce.

La TVA d'un bureau d'études est-elle due à la facturation ou à l'encaissement ?

À l'encaissement par défaut. Pour une prestation de services, la TVA est exigible lors de l'encaissement des acomptes ou du prix, l'exigibilité d'après les débits n'existant que sur option (CGI, article 269-2-c). Point de vigilance : une facture à établir constatée à la clôture est du chiffre d'affaires comptable, mais elle n'a pas été facturée. À l'encaissement, elle ne rend aucune TVA exigible tant que le client n'a pas payé ; sur option pour les débits, l'exigibilité suit le débit du compte client, en pratique l'émission de la facture. Un acompte encaissé, en revanche, rend la taxe exigible immédiatement, même aux débits.

Comment traiter une affaire déficitaire dans un bureau d'études ?

Par une provision pour perte à terminaison. Dès qu'une perte globale devient probable sur un contrat, c'est-à-dire lorsque son coût total estimé à terminaison dépasse le prix total du contrat, l'article 622-6 du PCG impose de provisionner cette perte globale, sous déduction des pertes déjà constatées, et non la seule part de l'exercice, que vous soyez à l'avancement ou à l'achèvement. C'est le seul mécanisme comptable qui constate, avant la livraison, la perte d'un forfait qui dérive. Une affaire laissée sans provision gonfle le résultat d'un exercice sur une perte déjà acquise.

Une entreprise créée en 2026 peut-elle encore obtenir le statut JEI ?

Oui. L'exonération de cotisations patronales reste ouverte aux entreprises créées avant le 31 décembre 2028, et la loi de finances pour 2026 a prorogé jusqu'à la même date les exonérations de CFE et de taxe foncière. Contrairement à une affirmation répandue qui fermait cette fenêtre fin 2025, un bureau d'études créé en 2026 reste éligible, s'il consacre au moins 20 % de ses charges fiscalement déductibles à la recherche et remplit les autres conditions (moins de huit ans, PME indépendante). Seule l'exonération d'impôt sur les bénéfices a disparu, et pour les seules JEI créées à compter du 1er janvier 2024.

Un ingénieur-conseil indépendant doit-il passer en société ?

Pas nécessairement. En micro-entreprise, le régime reste ouvert tant que les recettes ne dépassent pas 83 600 € deux années de suite (77 700 € jusqu'en 2025), et l'impôt se calcule après un abattement forfaitaire de 34 %, sans déduction des dépenses réelles. Au réel, la déclaration 2035 permet de déduire les dépenses, mais tout le bénéfice est imposé et soumis aux cotisations. La société à l'impôt sur les sociétés devient pertinente pour recruter, investir ou laisser des bénéfices dans l'entreprise, avec un taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, sous conditions. Le bon cadre se simule sur vos chiffres.

Quel délai de paiement un client public doit-il respecter ?

Trente jours pour l'État, les collectivités territoriales et les établissements publics administratifs (code de la commande publique, art. R. 2192-10), cinquante jours pour les établissements publics de santé et soixante jours pour les entreprises publiques. Passé ce délai, des intérêts moratoires au taux de la Banque centrale européenne majoré de huit points et une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement sont dus de plein droit, sans formalité. Entre entreprises, le plafond est de 60 jours après l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit (code de commerce, art. L. 441-10). Ces délais pèsent directement sur le choix entre TVA à l'encaissement et TVA aux débits.

Un bureau d'études peut-il faire de la recherche pour un client qui demande le CIR ?

Oui, s'il est agréé par le ministère chargé de la recherche. Son client retient alors dans son propre CIR les dépenses de recherche qu'il lui confie (CGI, art. 244 quater B, II d bis), dans la limite de trois fois ses autres dépenses de recherche et de 2 millions d'euros par an, portée à 10 millions d'euros sans lien de dépendance. La même dépense ne compte qu'une fois : le bureau d'études agréé exclut de sa propre assiette les dépenses engagées pour ces travaux, sauf si son client ne peut pas bénéficier du crédit, par exemple une entreprise étrangère. L'agrément est en principe accordé pour trois ans, sur une demande déposée dans l'outil CIROCO du ministère.

Combien coûte un expert-comptable pour un bureau d'études ?

Cela dépend de la structure et des missions. Pour un ingénieur-conseil en BNC, la tenue, la déclaration 2035 et la TVA démarrent à 258 euros HT par mois. Pour un bureau d'études en société, les clôtures avec avancement, le bilan et la liasse se situent à partir de 350 euros HT par mois. Une structure en croissance, avec comptabilité analytique par affaire et paie sous convention Syntec, comme le cadrage du CIR ou du statut JEI, fait l'objet d'un devis. Les honoraires sont fixés dans la lettre de mission et un devis chiffré vous est adressé sous 24 à 48 heures ouvrées après réception des pièces demandées.

Samuel Hayot, expert-comptable inscrit à l'Ordre (OEC Paris-IDF)

Rédigé par Samuel Hayot

Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.

Cabinet réglementéMis à jour 02 octobre 202615 sources citées

Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.

Sources du dossier

Sources officielles et de référence citées pour cette page.