Dépenses éligibles au CIR : guide complet 2026
Quelles dépenses peuvent entrer dans l'assiette du crédit d'impôt recherche en 2026 ? Guide détaillé des dépenses éligibles CIR, taux, plafonds et pièges à éviter.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Mise à jour avril 2026 - Le crédit d'impôt recherche (CIR) représente plus de 6 milliards d'euros de soutien annuel à l'innovation des entreprises françaises. Mais son efficacité dépend d'un point simple : la qualité de l'assiette déclarée. Savoir identifier les dépenses éligibles CIR est la clé pour maximiser votre crédit d'impôt tout en restant conforme à la doctrine fiscale.
En 2026, la doctrine BOFiP mise à jour le 13 août 2025 (BOI-BIC-RICI-10-10) reste la référence pour déterminer quelles dépenses de recherche entrent dans le calcul du CIR. Ce guide détaille chaque catégorie éligible, les taux applicables et les pièges les plus fréquents relevés lors des contrôles fiscaux.
Réponse rapide : Les dépenses éligibles CIR comprennent les dépenses de personnel de recherche (chercheurs, techniciens), les dotations aux amortissements des équipements de R&D, les dépenses de fonctionnement (calculées forfaitairement à 43 % des dépenses de personnel et 75 % des amortissements), les opérations de recherche externalisées auprès d'organismes agréés (plafonnées à 10 M€ ou 2 fois les dépenses internes), ainsi que les frais de défense et de protection des brevets et la veille technologique. Le taux du CIR est de 30 % jusqu'à 100 M€ de dépenses et 5 % au-delà.
Comment fonctionne le crédit d'impôt recherche en 2026 ?#
Le CIR est régi par l'article 244 quater B du Code général des impôts. Il concerne les entreprises industrielles, commerciales et agricoles imposées d'après leur bénéfice réel, qui engagent des dépenses de recherche et développement.
Le mécanisme est le suivant :
- 30 % des dépenses de recherche dans la limite de 100 millions d'euros ;
- 5 % des dépenses excédant ce plafond.
Pour une entreprise déclarant 500 000 € de dépenses de recherche éligibles, le crédit d'impôt s'élève donc à 150 000 € (500 000 × 30 %). Ce montant vient en déduction de l'impôt sur les sociétés dû. Si le CIR excède l'IS, le solde est remboursable pour les PME au sens communautaire (moins de 250 salariés, CA < 50 M€ ou bilan < 43 M€). Pour les autres entreprises, l'excédent est reportable sur trois exercices.
Les activités éligibles se répartissent en trois catégories définies par le manuel de Frascati, repris par la doctrine BOFiP :
- Recherche fondamentale : travaux expérimentaux ou théoriques sans application pratique spécifique ;
- Recherche appliquée : investigations visant à acquérir de nouvelles connaissances en vue d'une application déterminée ;
- Développement expérimental : travaux systématiques fondés sur des connaissances existantes pour fabriquer de nouveaux matériaux, produits ou procédés.
Point de vigilance : Le développement itératif classique (amélioration incrémentale d'un produit existant) ne relève généralement pas du CIR. Il faut démontrer la présence de verrous technologiques non résolus et d'une démarche expérimentale.
Dépenses de personnel : le poste principal de l'assiette CIR#
Les dépenses de personnel constituent en pratique le premier poste de l'assiette du crédit d'impôt recherche. Elles représentent souvent 60 à 80 % du total déclaré.
Qui est concerné ?#
Peuvent être prises en compte les rémunérations des personnes participant directement aux projets de R&D :
- Chercheurs : cadres ou experts concevant et dirigeant les travaux de recherche ;
- Techniciens de recherche : personnel contribuant à la mise en œuvre expérimentale des projets ;
- Personnel de gestion des projets de recherche : chefs de projet, responsables de laboratoire ;
- Personnel de soutien technique : documentalistes scientifiques, techniciens de maintenance des équipements de recherche.
Quelles rémunérations intégrer ?#
L'assiette inclut l'ensemble des éléments suivants, dans la proportion du temps consacré aux opérations de recherche :
- salaires bruts et traitements ;
- avantages en nature ;
- indemnités de fin de carrière ;
- cotisations sociales légales et conventionnelles (part patronale) ;
- intéressement et participation ;
- stock-options et attributions gratuites d'actions (dans les conditions prévues par le CGI).
La règle de la traçabilité du temps#
C'est le point le plus sensible lors d'un contrôle fiscal. L'entreprise doit être en mesure de justifier la part du temps de chaque salarié affectée à la R&D. Les outils acceptés par l'administration incluent :
- feuilles de temps individuelles ou collectives ;
- comptes-rendus de projets ;
- contrats de travail précisant la mission de recherche ;
- organigrammes fonctionnels par projet.
Exemple concret : Une ESN de 120 salariés affecte 15 ingénieurs à un projet de R&D sur l'optimisation algorithmique. Le temps passé est tracé via un outil de gestion de projets avec imputation hebdomadaire. Si ces 15 ingénieurs consacrent en moyenne 70 % de leur temps au projet éligible, seules 70 % de leurs rémunérations entrent dans l'assiette CIR.
Amortissements des biens utilisés pour la recherche#
Les dotations aux amortissements des biens corporels affectés à la recherche sont éligibles, sous certaines conditions.
Biens concernés#
- Équipements et outillages : machines de test, prototypes, serveurs de calcul, instruments de mesure ;
- Bâtiments : uniquement dans la proportion de leur surface affectée à la recherche (la doctrine limite cette prise en compte).
Règles spécifiques#
- Seule la dépréciation économique (amortissement linéaire) est retenue ;
- Pour les biens utilisés partiellement pour la recherche, seule la quote-part d'utilisation est éligible ;
- Les biens amortis selon un mode dégressif font l'objet d'un retraitement.
Cas pratique : Une startup biotech acquiert un spectromètre de masse à 250 000 €, amorti linéairement sur 5 ans. La dotation annuelle de 50 000 € entre intégralement dans l'assiette CIR si l'appareil est exclusivement dédié à la R&D.
Dépenses de fonctionnement : le calcul forfaitaire#
Les dépenses de fonctionnement ne sont pas déclarées au réel. Elles sont calculées forfaitairement, ce qui constitue un avantage significatif pour les déclarants :
- 43 % des dépenses de personnel de recherche ;
- 75 % des dotations aux amortissements éligibles.
Ce forfait couvre l'ensemble des frais indirects : fournitures de laboratoire, énergie, documentation scientifique, frais de publication, déplacements liés aux projets de recherche. Aucun justificatif complémentaire n'est requis pour ces dépenses forfaitaires, ce qui simplifie considérablement la constitution du dossier.
Illustration : Pour 300 000 € de dépenses de personnel et 60 000 € d'amortissements éligibles, les dépenses de fonctionnement forfaitaires s'élèvent à (300 000 × 43 %) + (60 000 × 75 %) = 129 000 + 45 000 = 174 000 €. L'assiette totale atteint alors 534 000 €, générant un CIR de 160 200 €.
Recherche externalisée : règles et plafonds#
Les dépenses confiées à des tiers sont éligibles, mais leur traitement est strictement encadré par la doctrine BOFiP (BOI-BIC-RICI-10-10-20-30).
Prestataires éligibles#
- Organismes de recherche publics (universités, CNRS, Inserm, CEA, etc.) ;
- Établissements d'enseignement supérieur ;
- Sociétés de portage de projets de recherche agréées par le ministère de la Recherche ;
- Experts individuels qualifiés (dans la limite de 10 % du montant total des dépenses externalisées).
Plafonds applicables#
Les dépenses externalisées sont prises en compte dans la limite du plus faible des deux montants suivants :
- 10 millions d'euros ;
- 2 fois les dépenses internes de recherche de l'entreprise.
Important : Une entreprise qui ne réalise aucune opération de R&D en interne ne peut pas fonder l'intégralité de sa déclaration CIR sur des dépenses externalisées. La doctrine exige une implication directe du déclarant dans les travaux de recherche.
Facturation et documentation#
Chaque facture doit détailler précisément :
- la nature des travaux de recherche confiés ;
- le lien avec les projets de R&D du donneur d'ordre ;
- le coût correspondant à chaque opération.
Une convention écrite doit encadrer la relation entre le donneur d'ordre et le prestataire, en précisant notamment la propriété intellectuelle des résultats.
Autres dépenses éligibles au crédit d'impôt recherche#
Au-delà des postes principaux, plusieurs catégories complémentaires viennent enrichir l'assiette CIR :
Frais de défense et de protection des brevets#
Les dépenses liées au dépôt et à la protection des brevets d'invention sont éligibles, dans la limite de 60 000 € par an et par entreprise. Cela inclut :
- taxes de dépôt auprès de l'INPI ou de l'OEB ;
- honoraires de conseils en propriété industrielle ;
- frais de traduction pour les extensions internationales.
Les frais de défense en contentieux (contrefaçon, nullité de brevet) ne sont en revanche pas éligibles.
Veille technologique#
Les dépenses de veille scientifique et technologique sont prises en compte dans la limite de 60 000 € par an. Sont concernés :
- abonnements à des bases de données scientifiques ;
- participation à des colloques et salons professionnels ;
- frais d'abonnement à des revues spécialisées.
Normalisation et rédaction de normes#
Les dépenses exposées dans le cadre de la participation à des commissions de normalisation sont éligibles, sous réserve que les travaux visent à établir des normes techniques liées aux activités de R&D de l'entreprise.
Dépenses de sous-traitance en innovation (CII)#
Attention à ne pas confondre CIR et Crédit d'Impôt Innovation (CII, article 244 quater C du CGI). Le CII concerne les dépenses de conception de prototypes et d'installations pilotes de nouveaux produits, sans exigence de recherche au sens de Frascati. Le taux du CII est de 20 % (depuis le 1er janvier 2023), avec un plafond de dépenses de 400 000 € pour les PME, soit un crédit maximal de 80 000 €. Une entreprise peut cumuler CIR et CII sur des projets distincts.
Les causes fréquentes de redressement CIR#
L'administration fiscale examine les déclarations CIR avec une attention particulière. Voici les motifs de rejet les plus courants observés lors des contrôles :
- Qualification erronée des travaux : développement itératif ou adaptation de solutions existantes qualifiés à tort de recherche expérimentale ;
- Absence de justification scientifique : le dossier technique ne démontre pas l'existence de verrous technologiques ni la démarche expérimentale ;
- Traçabilité du temps insuffisante : aucune imputation horaire ou des estimations globales non documentées ;
- Prestataire non qualifié : sous-traitant ne disposant pas de l'agrément ministère ou ne relevant pas des catégories prévues par le CGI ;
- Dépenses de fonctionnement déclarées au réel au lieu du forfait ;
- Pièces contractuelles manquantes : absence de convention écrite avec le prestataire ou factures non détaillées.
Conseil Hayot Expertise : Un bon CIR ne se défend pas seulement avec un montant. Il se défend avec une méthode scientifique rigoureuse, un dossier technique complet et une assiette fiscalement propre. La notice technique CERFA n°2006 (révisée) détaille les attendus du dossier justificatif à conserver.
Cumul du CIR avec d'autres dispositifs#
Le CIR est cumulable avec plusieurs aides à l'innovation :
- Statut Jeune Entreprise Innovante (JEI) : exonérations de charges sociales et d'impôt sur les bénéfices, cumulables avec le CIR sous réserve du respect des plafonds d'aides de minimis ;
- Subventions publiques : les dépenses subventionnées sont exclues de l'assiette CIR, mais le reste à charge reste éligible ;
- Crédit d'impôt innovation (CII) : cumul possible sur des opérations distinctes ;
- Dispositif de recherche collaborative (article 244 quater B-3° du CGI) : taux majoré de 50 % pour les dépenses de recherche confiées à des organismes publics dans le cadre de partenariats structurés.
Pour élargir la réflexion, voyez aussi Nouveaux dispositifs fiscaux en 2026, notre guide Financement d'entreprise 2026 et la page pilier Fiscalité 2026.
Notre accompagnement#
Nous aidons à identifier l'assiette CIR, à fiabiliser la documentation et à articuler le volet fiscal avec la réalité opérationnelle du projet. Notre méthode comprend un audit préalable de vos dépenses de R&D, une analyse de l'éligibilité scientifique de vos projets au regard de la doctrine BOFiP, et un accompagnement complet dans la constitution du dossier technique et de la déclaration fiscale (formulaire 2069-A-2).
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Conclusion#
En 2026, les dépenses éligibles au CIR ne doivent pas être lues comme une liste théorique. Elles doivent être confrontées aux faits, aux pièces justificatives et à la doctrine fiscale applicable. Avec un taux de 30 % sur les 100 premiers millions d'euros, le crédit d'impôt recherche demeure l'un des dispositifs de soutien à l'innovation les plus généreux au monde. Mais cette générosité s'accompagne d'une exigence de rigueur : chaque euro déclaré doit être traçable, justifié et conforme aux textes.
(Sources officielles : CGI article 244 quater B — Code général des impôts ; BOFiP BOI-BIC-RICI-10-10 — doctrine fiscale des dépenses de recherche éligibles, mise à jour du 13/08/2025 ; entreprendre.service-public.gouv.fr — Crédit d'impôt recherche (CIR), fiche F23533 ; économie.gouv.fr — aides et financements pour le CIR ; Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche — notice technique CIR n°2006 révisée ; Légifrance — article 244 quater B du CGI)
Questions fréquentes
Quel est le taux du crédit d'impôt recherche en 2026 ?
Le taux du CIR est de 30 % pour la fraction des dépenses de recherche n'excédant pas 100 millions d'euros, et de 5 % pour la fraction au-delà de ce plafond. Ces taux n'ont pas été modifiés par la loi de finances pour 2026. Le crédit d'impôt innovation (CII), dispositif distinct, est quant à lui fixé à 20 % avec un plafond de 400 000 € de dépenses pour les PME.
Les frais de dépôt de brevet sont-ils éligibles au CIR ?
Oui, les dépenses liées au dépôt et à la protection des brevets d'invention sont éligibles dans la limite de 60 000 € par an et par entreprise. Cela inclut les taxes de dépôt (INPI, OEB), les honoraires de conseils en propriété industrielle et les frais de traduction pour les extensions internationales. En revanche, les frais de contentieux en matière de contrefaçon ne sont pas pris en compte.
Peut-on faire du CIR si toute la R&D est externalisée ?
Non. La doctrine BOFiP est claire : une entreprise qui ne réalise aucune opération de recherche en interne ne peut pas fonder l'intégralité de sa déclaration CIR sur des dépenses externalisées. L'entreprise doit démontrer une implication directe dans les travaux de recherche, ne serait-ce que par la définition du cahier des charges scientifique et le suivi des opérations.
Comment justifier le temps passé en R&D lors d'un contrôle fiscal ?
L'administration accepte plusieurs modes de justification : feuilles de temps individuelles ou collectives, comptes-rendus de projets, contrats de travail précisant la mission de recherche, organigrammes fonctionnels par projet. L'essentiel est que la traçabilité soit régulière, fiable et cohérente avec la réalité des projets. Des estimations globales a posteriori sont systématiquement rejetées.
Quelle est la différence entre le CIR et le CII ?
Le CIR (crédit d'impôt recherche, article 244 quater B du CGI) finance des travaux de recherche au sens du manuel de Frascati : recherche fondamentale, appliquée et développement expérimental. Le CII (crédit d'impôt innovation, article 244 quater C) concerne la conception de prototypes et d'installations pilotes de nouveaux produits, sans exigence de recherche. Le taux du CIR est de 30 %, celui du CII de 20 %. Les deux dispositifs sont cumulables sur des opérations distinctes.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
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