Fiscalité21 mars 2026

Fiscalité 2026 : guide complet entreprises et dirigeants

IS, TVA, rémunération, dividendes, patrimoine : les points de fiscalité à surveiller en 2026 pour piloter sans subir.

Samuel HAYOT
14 min de lecture

Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.

Fiscalité 2026 : guide complet entreprises et dirigeants

Mise à jour avril 2026 - La fiscalité entreprise n'est pas qu'une somme de déclarations à remplir et de dates à respecter. C'est une architecture de décisions qui impacte directement votre trésorerie, votre croissance et votre patrimoine personnel. Pour un dirigeant de PME, un créateur d'entreprise ou un investisseur, l'année 2026 impose de piloter simultanément plusieurs couches : résultat imposable, TVA, rémunération du dirigeant, dividendes, immobilier et calendrier déclaratif.

Ce guide de référence passe en revue l'ensemble des leviers fiscaux à connaître en 2026, avec les taux en vigueur, les obligations légales et les pistes d'optimisation conformes au droit fiscal français.

En bref : La fiscalité des entreprises en 2026 repose sur un impôt sur les sociétés au taux normal de 25 % (taux réduit de 15 % pour les PME sur la fraction de bénéfice n'excédant pas 45 000 €), une TVA dont les seuils de franchise en base restent à 37 500 € (services) et 85 000 € (ventes) suite à la suspension de la réforme, et un prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % sur les dividendes. La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) apporte des ajustements significatifs qu'il convient d'intégrer dans votre pilotage.

Quel est le taux d'imposition des entreprises en 2026 ?

L'impôt sur les sociétés (IS) constitue le premier poste de charges fiscales pour la majorité des entreprises soumises à cet impôt. Comprendre sa mécanique est le fondement de toute stratégie de fiscalité entreprise.

Taux normal et taux réduit

Le barème de l'IS en 2026 se décompose comme suit :

  • Taux normal : 25 % sur l'ensemble du bénéfice imposable pour les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes dépasse 7,63 millions d'euros.
  • Taux réduit PME : 15 % sur la fraction de bénéfice n'excédant pas 45 000 €, pour les sociétés dont le chiffre d'affaires est inférieur à 7,63 millions d'euros et dont le capital est détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Le solde du bénéfice est imposé au taux de 25 %.

La loi de finances 2026 a confirmé le maintien de ce barème sans modification structurelle, mais a ajusté certaines règles de calcul du résultat fiscal, notamment en matière de déductibilité des charges financières et de régime des plus-values.

Comment se calcule le résultat fiscal ?

Le résultat fiscal ne se confond pas avec le résultat comptable. Il s'obtient en appliquant au résultat comptable des réintégrations et des déductions extra-comptables :

  • Réintégrations : charges non déductibles fiscalement (amendes, pénalités, dépenses somptuaires, fraction non déductible des amortissements véhicules), quote-part de frais et charges sur les participations (5 % des produits nets de participation).
  • Déductions : plus-values à long régime, déficits reportables des exercices antérieurs (dans la limite de 50 % du bénéfice excédant 500 000 €), crédits d'impôt (CIR, CII).

Exemple concret : Une SARL dégage un résultat comptable de 120 000 €. Elle réintègre 5 000 € de charges non déductibles et déduit un déficit reportable de 15 000 €. Son résultat fiscal s'établit à 120 000 + 5 000 − 15 000 = 110 000 €. L'IS dû se calcule ainsi : 45 000 × 15 % = 6 750 € + (110 000 − 45 000) × 25 % = 16 250 €, soit un impôt total de 23 000 €. Le taux effectif d'imposition est de 23 000 / 110 000 = 20,9 %.

La contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises

Les entreprises dont le chiffre d'affaires excède 250 millions d'euros restent soumises à la contribution exceptionnelle de 3,3 % sur l'IS (article 235 ter ZC du CGI). Cette surtaxe ne concerne pas les PME mais pèse sur la fiscalité des grands groupes.

TVA 2026 : seuils, régimes et obligations

La TVA représente la première ressource fiscale de l'État et la principale obligation déclarative des entreprises. Sa maîtrise est un pilier de la fiscalité entreprise.

Les seuils de franchise en base en 2026

Au 4 avril 2026, les pages officielles de Service-Public.fr confirment que la réforme prévoyant un abaissement généralisé des seuils de franchise en base de TVA est suspendue jusqu'à la fin de l'année 2026. En pratique, les seuils applicables restent :

ActivitéSeuil de baseSeuil majoré
Prestations de services37 500 €41 900 €
Vente de marchandises85 000 €94 300 €

Le dépassement du seuil majoré entraîne l'assujettissement à la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Entre le seuil de base et le seuil majoré, l'entreprise dispose d'une franchise partielle avec TVA progressive.

Les taux de TVA applicables

  • Taux normal : 20 % — la grande majorité des biens et services.
  • Taux intermédiaire : 10 % — restauration, transports de voyageurs, travaux d'amélioration énergétique.
  • Taux réduit : 5,5 % — produits alimentaires, livres, spectacles vivants.
  • Taux super-réduit : 2,1 % — médicaments remboursables, presse, redevance audiovisuelle.

Régimes déclaratifs

Le régime de déclaration de TVA dépend du chiffre d'affaires et du choix de l'entreprise :

  • Régime réel simplifié : déclaration CA12 annuelle avec deux acomptes semestriels.
  • Régime réel normal : déclarations mensuelles (CA3) ou trimestrielles selon le chiffre d'affaires.

Pour approfondir, consultez notre guide sur la TVA des PME et notre article sur la déclaration de TVA.

Conseil Hayot Expertise : Le choix du régime de TVA n'est pas anodin. Un passage prématuré au réel normal alourdit vos obligations déclaratives, mais un maintien trop long au simplifié peut générer des décalages de trésorerie sur la récupération de TVA.

Rémunération du dirigeant : salaire ou dividendes ?

La fiscalité du dirigeant ne peut jamais être analysée isolément. Elle doit être rapprochée des charges sociales, de la protection sociale, du besoin de trésorerie personnel et de la stratégie patrimoniale globale.

Les trois leviers de rémunération

LevierCharges socialesFiscalité personnelleProtection sociale
Rémunération (TNS)~43-45 % du netBarème progressif IRDroits complets
Rémunération (assimilé salarié)~75-80 % du netBarème progressif IRDroits complets
DividendesPFU 31,4 % (ou barème)PFU ou barème + abattement 40 %Aucun droit généré

Comment arbitrer entre salaire et dividendes ?

L'arbitrage dépend de votre statut social et de vos objectifs :

  • Gérant majoritaire de SARL (TNS) : les cotisations sociales sont modérées (~45 %). Une rémunération de base est souvent plus efficiente fiscalement que les dividendes, car déductible du résultat IS. Au-delà d'un certain niveau, les dividendes deviennent intéressants malgré l'absence de droits sociaux.
  • Président de SAS (assimilé salarié) : les charges sociales sont élevées (~80 %). Les dividendes sont souvent privilégiés car ils échappent totalement aux cotisations sociales, mais ne génèrent aucun droit à la retraite.
  • Dirigeant unique d'EURL : le régime TNS s'applique. La rémunération reste le levier principal, complétée par des dividendes raisonnés.

Pour aller plus loin, consultez notre article dividendes vs salaire et testez notre simulateur de rémunération du dirigeant.

Fiscalité patrimoniale et immobilière du dirigeant

En 2026, les décisions fiscales personnelles du dirigeant passent fréquemment par l'immobilier. La détention de biens immobiliers, qu'elle soit professionnelle ou privée, a un impact direct sur la fiscalité entreprise et la fiscalité personnelle.

Détention en direct ou via SCI ?

Le choix de la structure de détention immobilière influence fortement la charge fiscale :

  • Détention en nom propre : les revenus fonciers sont imposés au barème progressif de l'IR après déduction des charges réelles ou application de l'abattement forfaitaire de 30 % (régime micro-foncier si revenus < 15 000 €). Les déficits fonciers sont imputables sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an.
  • SCI à l'IR : transparence fiscale, les revenus sont imposés directement entre les mains des associés selon la catégorie fiscale applicable (revenus fonciers ou BIC si meublé).
  • SCI à l'IS : les revenus sont soumis à l'impôt sur les sociétés au taux de 25 %. La plus-value de cession est imposée selon le régime des plus-values professionnelles, souvent plus favorable que le régime des plus-values des particuliers.

Location meublée : le régime LMNP

Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) reste un levier d'optimisation patrimoniale majeur en 2026. Il permet de déduire l'ensemble des charges réelles et d'amortir le bien, réduisant ainsi la base imposable à zéro pendant de nombreuses années.

Attention : La loi de finances 2026 a durci certaines conditions d'accès au régime LMNP, notamment en matière de classification des meublés de tourisme. Vérifiez l'impact sur votre situation avant tout nouvel investissement.

Transmission du patrimoine

La transmission des actifs immobiliers et financiers doit être anticipée. Les outils disponibles en 2026 incluent :

  • Donation-partage : abattements renouvelables tous les 15 ans (100 000 € par enfant et par parent).
  • Démembrement de propriété : transmission de la nue-propriété avec conservation de l'usufruit, réduisant la base taxable selon un barème fixé par l'article 669 du CGI.
  • Assurance-vie : abattement de 152 500 € par bénéficiaire après 8 ans de détention.

Le calendrier fiscal 2026 à ne pas manquer

La meilleure optimisation fiscale reste inutile si les échéances ne sont pas respectées. Voici les dates clés du calendrier fiscal des entreprises en 2026 :

ÉchéanceDate limiteConcernés
TVA mensuelle (CA3)19 du mois suivantEntreprises au réel normal
TVA trimestrielle (CA3)19 du mois suivant le trimestreEntreprises option trimestrielle
Acomptes IS15 mars, 15 juin, 15 sept., 15 déc.Sociétés à l'IS
Déclaration de résultats (liasse 2065)2ᵉ jour ouvré suivant la clôtureToutes sociétés à l'IS
Taxe sur les salaires15 du mois suivantEmployeurs non soumis à la TVA
CFE et CVAEDécembre 2026Toutes entreprises
IFI15 juin 2026Patrimoine immobilier > 1,3 M€

Conseil Hayot Expertise : La bonne fiscalité n'est pas agressive. Elle est documentée, cohérente et réversible autant que possible. Anticiper les échéances, c'est éviter les pénalités de retard (10 % majoration automatique) et les intérêts de retard (0,20 % par mois).

Optimisation fiscale légale : les leviers à connaître

L'optimisation fiscale n'est pas un mot tabou. Il s'agit simplement d'utiliser les mécanismes prévus par la loi pour réduire légalement la charge fiscale de votre entreprise.

Le crédit d'impôt recherche (CIR)

Le CIR reste le principal levier de réduction d'impôt pour les entreprises innovantes. Il représente 30 % des dépenses de recherche jusqu'à 100 millions d'euros et 5 % au-delà. Les dépenses éligibles incluent les frais de personnel des chercheurs, les amortissements des équipements de recherche et les sous-traitances de recherche.

Le crédit d'impôt innovation (CII)

Réservé aux PME, le CII couvre 20 % des dépenses de conception de prototypes et de tests de nouveaux produits, dans la limite de 400 000 € de dépenses par an (soit un crédit maximum de 80 000 €).

Les dispositifs de défiscalisation

  • Investissement outre-mer (articles 199 undecies B et 217 undecies du CGI) : réduction d'IS ou d'IR pour les investissements réalisés dans les DOM-TOM.
  • Sociétés de capital-risque : exonération partielle des plus-values de cession de titres de PME innovantes.
  • Jeune entreprise innovante (JEI) : exonération d'IS pendant 7 ans sur les bénéfices issus de l'activité innovante, sous conditions.

Pour découvrir l'ensemble des mesures de la loi de finances 2026, consultez notre article dédié : loi de finances 2026 pour les PME.

Comment bâtir une fiscalité saine en 2026

Nous recommandons de structurer votre approche en quatre étapes :

  1. Sécuriser la base déclarative : conformité TVA, IS, liasse fiscale, obligations sociales. C'est le socle non négociable.
  2. Mesurer les fuites de trésorerie : TVA non récupérée, charges non optimisées, crédits d'impôt non réclamés.
  3. Arbitrer rémunération et investissements : salaire vs dividendes, réinvestissement vs distribution, dettes vs capitaux propres.
  4. Préparer la transmission : holding de reprise, donation-partage, pacte Dutreil pour les transmissions d'entreprise.

Vous pouvez compléter votre lecture avec notre service de fiscalité holding et notre expertise comptable.

Questions fréquentes

Quel est le taux de l'impôt sur les sociétés en 2026 ?+

Le taux normal de l'impôt sur les sociétés est de 25 % en 2026. Les PME bénéficient d'un taux réduit de 15 % sur la fraction de bénéfice n'excédant pas 45 000 €, sous condition de chiffre d'affaires inférieur à 7,63 millions d'euros et de détention du capital à au moins 75 % par des personnes physiques. Le solde du bénéfice est imposé à 25 %. (Source : article 219 du CGI, Service-Public Entreprendre)

Quels sont les seuils de franchise de TVA applicables en 2026 ?+

La réforme des seuils de franchise en base étant suspendue jusqu'à fin 2026, les seuils restent : 37 500 € pour les prestations de services (seuil majoré : 41 900 €) et 85 000 € pour les ventes de marchandises (seuil majoré : 94 300 €). Le dépassement du seuil majoré entraîne l'assujettissement à la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. (Source : article 293 B du CGI, Service-Public.fr)

Dividendes ou salaire : que choisir pour un dirigeant en 2026 ?+

Il n'existe pas de réponse universelle. Pour un gérant majoritaire de SARL (TNS), la rémunération est souvent plus efficiente car déductible de l'IS et soumise à des charges sociales modérées (~45 %). Pour un président de SAS (assimilé salarié), les dividendes sont souvent privilégiés car ils échappent aux cotisations sociales (~80 % de charges sur le salaire). L'arbitrage doit intégrer la protection sociale, la trésorerie de l'entreprise et le projet patrimonial. (Source : Code de la sécurité sociale art. L. 131-6, BOFiP BOI-RPPM-PVBMC)

Quels sont les crédits d'impôt accessibles aux PME en 2026 ?+

Les principales PME peuvent accéder au crédit d'impôt recherche (CIR) (30 % des dépenses de recherche), au crédit d'impôt innovation (CII) (20 % des dépenses de prototypage, dans la limite de 400 000 € de dépenses/an), et au dispositif JEI (exonération d'IS pour les jeunes entreprises innovantes). D'autres crédits existent : crédit d'impôt formation du dirigeant, crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE remplacé par des baisses de charges pérennes). (Source : articles 244 quater B et C du CGI, impôts.gouv.fr)

Comment optimiser légalement sa fiscalité immobilière en 2026 ?+

Plusieurs leviers existent : le régime LMNP (loueur en meublé non professionnel) permet d'amortir le bien et de réduire la base imposable ; la SCI à l'IS offre une fiscalité des plus-values professionnelle souvent plus favorable ; le déficit foncier est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 €/an. Le choix de la structure de détention (directe, SCI, holding) doit être analysé au cas par cas en fonction du projet patrimonial. (Source : BOFiP BOI-RFPI, articles 31 et 156 du CGI)

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Article rédigé par Samuel HAYOT

Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.

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