TVA e-commerce 2026 : OSS, IOSS, marketplaces et ventes à distance — panorama complet
Seuil 10 000 €, OSS Union, IOSS imports < 150 €, marketplaces réputées fournisseurs, taux par pays UE, drop-shipping, DAC7 et réforme ViDA : le panorama TVA e-commerce 2026 pour vendeurs B2C, établi par le Cabinet Hayot Expertise à Paris.
Ce sujet relève de notre mission
Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 12 mai 2026. La TVA e-commerce est aujourd'hui l'un des sujets de conformité les plus sous-estimés par les vendeurs en ligne français. Dès que vous vendez à des particuliers dans d'autres pays de l'UE, importez des marchandises hors UE ou passez par une marketplace, le régime de TVA applicable change selon le flux, le pays d'arrivée, la qualité du client et le canal de vente. Ce panorama structuré par le Cabinet Hayot Expertise à Paris présente les règles en vigueur en 2026, les arbitrages à connaître et les erreurs les plus fréquentes rencontrées dans les dossiers e-commerce.
Résumé décisionnel (50 mots) : En 2026, la TVA e-commerce repose sur quatre piliers : le seuil OSS de 10 000 € pour les ventes B2C intra-UE (CGI art. 298 sexdecies F), l'IOSS pour les imports hors UE sous 150 €, la règle du vendeur présumé pour les marketplaces (art. 256 V CGI), et DAC7 qui croise vos flux avec les déclarations des plateformes transmises à la DGFiP.
Tableau décisionnel — TVA e-commerce 2026 selon scénarios#
| Scénario | Régime applicable | Déclaration | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Ventes B2C UE, total < 10 000 €/an | TVA française (20 %) | CA3 française | Surveiller le cumul annuel |
| Ventes B2C UE, total ≥ 10 000 €/an | TVA pays destinataire | Guichet OSS Union (impots.gouv.fr) | Taux par pays à paramétrer |
| Ventes via marketplace (Amazon, Cdiscount) | Marketplace collecte la TVA (art. 256 V CGI) | Marketplace déclare à votre place | Vérifier cohérence avec DAC7 |
| Imports hors UE, colis < 150 € (B2C) | IOSS — TVA collectée à la vente | Déclaration IOSS mensuelle | Numéro EORI + contrat IOSS requis |
| Imports hors UE, colis ≥ 150 € ou B2B | TVA à l'importation (douane) | DAU + CA3 | Déduction TVA import sous conditions |
| Drop-shipping B2C UE (stock tiers) | TVA pays destinataire si > 10 000 € | OSS Union selon cas | Qualification du lieu de livraison (BOI-TVA-CHAMP-20-20) |
| Exportations hors UE | Exonération TVA (art. 262 I CGI) | CA3 (case export) | Preuve d'exportation obligatoire |
| Ventes influenceurs / commissions reversées | DAS2 (art. 240 CGI) si > 1 200 €/an | DAS2 annuelle | Indépendant de la TVA |
Vue d'ensemble : pourquoi la TVA e-commerce ne se pilote pas comme la TVA classique#
La TVA d'un commerçant de détail installé à Paris est simple : il collecte 20 % sur ses ventes françaises, déclare sur CA3 et déduit sa TVA amont. Dès qu'une activité e-commerce franchit les frontières, trois variables transforment la mécanique : la qualité du client (particulier ou professionnel), le lieu de livraison des biens et, depuis le 1er juillet 2021, l'identité juridique du vendeur réel quand une marketplace est impliquée.
En pratique, un vendeur parisien qui expédie des produits cosmétiques à des particuliers en Allemagne, en Italie et en Belgique tout en utilisant Amazon FBA ne relève pas d'un régime unique. Il peut relever simultanément de l'OSS Union pour ses ventes directes, de la règle du vendeur présumé pour ses ventes Amazon, et de l'IOSS pour des réapprovisionnements importés hors UE. La première discipline à acquérir est une cartographie des flux, pas un paramétrage logiciel.
Le seuil de 10 000 € et le guichet OSS Union#
La règle du seuil (CGI art. 298 sexdecies F)#
Depuis le 1er juillet 2021, toute entreprise établie en France qui vend des biens à des particuliers d'autres États membres de l'UE est soumise à la TVA du pays de l'acheteur dès que ses ventes B2C intracommunautaires dépassent 10 000 € HT sur l'année civile en cours ou la précédente. Ce seuil est commun à l'ensemble des ventes vers tous les États membres, non par pays.
Sous ce seuil, vous pouvez choisir d'appliquer la TVA française. Mais ce choix implique de surveiller le cumul en continu : un pic d'activité en novembre peut faire basculer une boutique Shopify dans l'obligation OSS dès janvier suivant.
Le guichet OSS Union : fonctionnement pratique#
Le guichet OSS Union permet de centraliser, en une seule déclaration trimestrielle déposée sur le portail impots.gouv.fr, toutes les ventes B2C intracommunautaires. Vous ne vous immatriculez pas à la TVA dans chaque pays : vous déclarez et payez en France, et la DGFiP redistribue les montants aux États membres concernés. La déclaration est trimestrielle (mars, juin, septembre, décembre) et le paiement intervient dans le mois suivant la clôture du trimestre.
Ce qu'il faut bien comprendre : l'OSS ne dispense pas d'appliquer le bon taux de TVA par pays de destination. Livrer un acheteur en Allemagne nécessite d'appliquer 19 % (ou 7 % pour les taux réduits allemands selon la nature du bien), pas 20 %. Votre logiciel de facturation ou votre plateforme e-commerce doit être paramétré en conséquence.
Taux de TVA par pays UE : règle générale et principales références#
Le taux applicable est celui du pays de livraison pour le consommateur final. Voici les taux standard de quelques marchés majeurs :
| Pays | Taux standard | Taux réduit principal |
|---|---|---|
| France | 20 % | 10 % / 5,5 % |
| Allemagne | 19 % | 7 % |
| Italie | 22 % | 10 % / 4 % |
| Espagne | 21 % | 10 % / 4 % |
| Belgique | 21 % | 12 % / 6 % |
| Pays-Bas | 21 % | 9 % |
| Pologne | 23 % | 8 % / 5 % |
| Portugal | 23 % | 13 % / 6 % |
Notre lecture — Cabinet Hayot Expertise, Paris : Le paramétrage des taux par pays est le premier point de blocage opérationnel rencontré dans les dossiers e-commerce que nous accompagnons. Un taux mal configuré sur Shopify ou WooCommerce se propage silencieusement sur des centaines de commandes avant d'être détecté. Une revue de la configuration TVA doit précéder toute montée en puissance vers un nouveau marché européen.
Régime IOSS : importations hors UE inférieures à 150 €#
Le mécanisme (CGI art. 298 sexdecies G III)#
Le régime IOSS (Import One-Stop Shop) s'applique aux ventes à distance de biens importés depuis des pays tiers, d'une valeur intrinsèque inférieure à 150 €, à destination de particuliers dans l'UE. Le vendeur — ou l'interface électronique facilitatrice — collecte la TVA au taux du pays de destination au moment de la vente en ligne. Le colis est déclaré à l'importation douanière avec le numéro IOSS et entre en franchise de TVA douanière. La TVA est reversée mensuellement via la déclaration IOSS.
L'avantage pour l'expérience client est significatif : l'acheteur paye la TVA au moment de son achat et ne reçoit pas de surprise douanière à la livraison. Pour le vendeur, le taux de conversion s'améliore et les litiges de livraison liés aux frais douaniers disparaissent.
Sans IOSS : ce qui se passe concrètement#
Sans numéro IOSS, le transporteur collecte la TVA à l'importation auprès du destinataire (ou avance et refacture). Cela génère des frais supplémentaires non anticipés par l'acheteur, des taux d'abandon de livraison plus élevés et des réclamations. Pour les vendeurs expédiant depuis la Chine, les États-Unis ou le Royaume-Uni vers des clients français ou européens, l'IOSS est devenu un prérequis commercial autant qu'une obligation fiscale.
IOSS et marketplaces : qui gère quoi ?#
Quand vous vendez via une marketplace réputée fournisseur (Amazon, Cdiscount, etc.) pour des importations < 150 €, c'est la marketplace qui détient le numéro IOSS et gère la déclaration. Si vous vendez en direct sur votre propre boutique, vous devez obtenir votre propre numéro IOSS via le portail impots.gouv.fr ou un intermédiaire douanier habilité.
Marketplaces réputées fournisseurs : la règle de l'article 256 V du CGI#
Ce que la règle change depuis le 1er juillet 2021#
L'article 256 V du CGI, transposant la directive UE 2017/2455 modifiée, établit que certaines interfaces électroniques (marketplaces, plateformes) sont réputées avoir elles-mêmes effectué la vente lorsqu'elles facilitent des livraisons de biens à des particuliers dans l'UE. Concrètement : Amazon, Cdiscount et d'autres plateformes équivalentes collectent, déclarent et reversent la TVA à la place du vendeur tiers pour les transactions couvertes par la règle.
La règle s'applique dans deux cas : (1) ventes de biens importés hors UE d'une valeur inférieure à 150 € à des particuliers UE, quelle que soit la localisation du vendeur ; (2) ventes de biens déjà en UE à des particuliers UE par des vendeurs établis hors UE.
Ce que cela implique pour le vendeur tiers#
Vous n'êtes plus redevable de la TVA sur les transactions couvertes par la règle. En revanche, vous devez conserver la documentation permettant de démontrer que la vente a bien transité par la marketplace et que la TVA a été gérée par elle. Les interfaces de reporting Amazon Seller Central ou Cdiscount Pro fournissent ces données, mais elles doivent être réconciliées avec votre comptabilité.
Le risque sous-estimé : de nombreux vendeurs tiers continuent d'inclure ces ventes dans leur base OSS ou CA3, créant une double comptabilisation. C'est l'une des erreurs les plus fréquentes dans les dossiers e-commerce que nous révisons à Paris.
Pour le détail du workflow de réconciliation ligne à ligne entre vos exports marketplace et vos déclarations OSS/IOSS, consultez notre article dédié : Réconciliation TVA OSS/IOSS et marketplaces internationales 2026.
Drop-shipping : où se situe la TVA ?#
La chaîne de livraison B2B vs B2C (BOI-TVA-CHAMP-20-20)#
Le drop-shipping crée une chaîne de trois acteurs : le fournisseur (fabricant ou grossiste), le vendeur en ligne (votre boutique) et le client final. Sur le plan TVA, la livraison physique n'est réalisée qu'une seule fois — du fournisseur au client final — mais elle génère deux opérations imposables : la vente du fournisseur au vendeur (B2B) et la vente du vendeur au client (B2C).
Selon le BOI-TVA-CHAMP-20-20, la qualification du lieu de livraison suit les règles générales : la TVA est due dans le pays d'arrivée physique du bien pour la vente B2C. Si votre fournisseur est en Chine et votre client en France, la TVA française s'applique à l'importation sur la première opération. Si votre fournisseur est en Pologne et votre client en Allemagne, les règles intracommunautaires s'appliquent selon le montant et votre statut OSS.
Drop-shipping et OSS : quand le seuil s'applique#
Si vous réalisez du drop-shipping B2C depuis un stock situé en France ou dans un autre État membre vers des particuliers dans d'autres États membres, le seuil de 10 000 € s'applique. Dès ce seuil franchi, vous devez appliquer la TVA du pays de l'acheteur et passer par l'OSS Union ou, selon les flux, par une immatriculation locale.
Ventes hors UE : exportations et régime douanier#
Exportations exonérées (CGI art. 262 I)#
Les livraisons de biens expédiés ou transportés hors du territoire de l'UE bénéficient de l'exonération de TVA prévue à l'article 262 I du CGI. Cette exonération est subordonnée à la conservation d'une preuve d'exportation : déclaration en douane (DAU/EX1), justificatif de transport, ou dans certains cas constat d'embarquement. Sans cette preuve, l'exonération peut être remise en cause lors d'un contrôle.
Cas particulier du Royaume-Uni post-Brexit#
Depuis le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni est un pays tiers. Les ventes à des acheteurs britanniques sont des exportations exonérées côté français, mais elles sont soumises à la TVA britannique (UK VAT, taux standard 20 %) à l'importation au Royaume-Uni. Si votre volume de ventes vers le Royaume-Uni dépasse le seuil d'immatriculation britannique (85 000 GBP — à vérifier), vous pouvez avoir une obligation de TVA UK. Ce point dépasse le cadre du droit fiscal français et doit être examiné avec un conseil habilité en droit britannique.
Retours, avoirs et régularisation TVA#
Impact d'un retour sur la TVA déclarée#
Un retour produit génère une régularisation de la TVA initialement collectée. Si vous avez déclaré cette TVA via l'OSS Union, la régularisation s'effectue sur la prochaine déclaration OSS trimestrielle (déduction du montant remboursé au client du total à reverser). Si la TVA avait été déclarée via votre CA3 française, l'avoir est traité selon les règles habituelles : émission d'une facture d'avoir, déduction sur la prochaine période de déclaration.
Les frais d'expédition remboursés dans le cadre d'un retour suivent le même traitement que le bien principal (taux TVA du bien, ou taux zéro si le client est hors UE). La discipline documentaire — conservation des preuves de retour, numéros de tracking, dates — est indispensable pour une réconciliation sans litiges.
Frais d'expédition : taux TVA applicable#
Les frais d'expédition facturés au client sont qualifiés de prestation accessoire à la livraison principale. Ils suivent en principe le taux de TVA du bien principal livré. Si vous expédiez un article soumis à 10 % de TVA, les frais de port sont taxés à 10 %. Si vous vendez un bien exonéré ou exporté hors UE, les frais de port partagent cette exonération. En cas de livraison de biens à taux mixtes dans une même commande, le traitement doit être clarifié et documenté. Ne jamais taxer les frais de port à 20 % par défaut sans vérifier le taux du bien principal.
Influenceurs et commissions : DAS2 et TVA#
DAS2 (CGI art. 240) : obligations si vous rémunérez des créateurs#
Si vous reversez des commissions à des influenceurs, des affiliés ou des créateurs de contenu pour promouvoir vos produits, la déclaration DAS2 est obligatoire dès que les montants dépassent 1 200 € par bénéficiaire et par année civile. Cette obligation est indépendante de la TVA mais elle est souvent oubliée dans les structures e-commerce. La DGFiP croise les DAS2 avec les déclarations des bénéficiaires.
Pour la TVA, si l'influenceur ou l'affilié est assujetti, il doit émettre une facture avec TVA. Si c'est un micro-entrepreneur non assujetti, la question de la TVA ne se pose pas côté prestataire, mais votre obligation DAS2 demeure.
DAC7 et croisement DGFiP : la surveillance des plateformes en 2026#
Ce que la directive DAC7 impose (CGI art. 1649 ter A)#
La directive DAC7, transposée à l'article 1649 ter A du CGI, oblige les opérateurs de plateformes numériques (marketplaces, plateformes de services, plateformes de location) à déclarer chaque année à la DGFiP les revenus perçus par les vendeurs actifs sur leur plateforme. La première déclaration couvrant l'année 2023 a été transmise en janvier 2024. Les données déclarées pour 2024 et 2025 sont aujourd'hui disponibles pour la DGFiP.
Ce que cela signifie concrètement en 2026#
La DGFiP dispose désormais, pour chaque vendeur actif sur Amazon, Etsy, Vinted, Airbnb ou toute plateforme déclarante, d'un état des encaissements. Ce montant est croisé avec vos déclarations de TVA (CA3, OSS, IOSS) et vos déclarations de revenus. Tout écart non justifié constitue un signal de contrôle automatique. Les vendeurs qui avaient omis de déclarer une partie de leurs ventes marketplace sont exposés dès 2026 à des rappels accompagnés de pénalités.
En pratique : conservez vos exports de données vendeur (Amazon Seller Central, Etsy Shop Stats, etc.) sur les trois dernières années et assurez-vous que les montants correspondent ligne à ligne à vos déclarations fiscales. C'est l'un des premiers points que nous vérifions lors d'un audit TVA e-commerce au Cabinet Hayot Expertise.
Réforme ViDA : ce qui change dès 2025 et en 2028#
Extension de la règle marketplace en 2025#
La directive ViDA (VAT in the Digital Age), adoptée par le Conseil de l'UE en novembre 2024, étend la règle du vendeur présumé à de nouvelles catégories de plateformes à partir de 2025, notamment dans les secteurs du transport de passagers à la demande et de la location de courte durée (type Airbnb, Booking). Ces plateformes deviennent redevables de la TVA à la place des prestataires individuels, à l'instar de ce qui existe depuis 2021 pour les marketplaces de biens.
Digital reporting en temps réel : horizon 2028#
La réforme ViDA prévoit également l'introduction d'un système de déclaration numérique en temps réel pour les transactions intra-UE (e-invoicing B2B et rapports de TVA par transaction). Ce chantier, prévu pour 2028, transformera la relation entre les entreprises et les administrations fiscales européennes. La France a déjà anticipé une partie de cette évolution avec la réforme de la facturation électronique (PPF/PDP), dont le déploiement progressif a débuté en 2026. L'articulation entre la réforme française et le cadre ViDA reste à préciser (à confirmer publication BOFiP).
Articulation entre CA3, OSS et IOSS : qui déclare quoi#
Un e-commerçant inscrit à l'OSS Union et à l'IOSS gère trois flux déclaratifs parallèles :
- CA3 française : TVA sur ventes françaises (B2C France, B2B UE avec autoliquidation, importations ≥ 150 €), TVA déductible sur achats et services français.
- Déclaration OSS Union (trimestrielle) : TVA collectée sur ventes B2C vers particuliers dans les autres États membres de l'UE, au taux de chaque pays de destination. Pas de déduction de TVA amont sur cette déclaration.
- Déclaration IOSS (mensuelle) : TVA collectée sur ventes à distance de biens importés < 150 € à des particuliers UE, au taux du pays de destination. Déclaration mensuelle, paiement mensuel.
Ces trois flux doivent être réconciliés avec les données comptables, les exports logistiques et les rapports des marketplaces. Un écart non réconcilié est une erreur en attente d'être détectée.
Erreurs fréquentes en TVA e-commerce#
Erreur 1 : inclure dans l'OSS les ventes prises en charge par la marketplace#
Les ventes B2C sur Amazon ou Cdiscount couvertes par la règle de l'article 256 V du CGI ne doivent pas figurer dans votre déclaration OSS. C'est la marketplace qui déclare. Inclure ces ventes dans votre OSS crée une double déclaration et un excédent de TVA reversé à tort. C'est l'une des corrections les plus fréquentes lors des audits TVA e-commerce.
Erreur 2 : ne pas surveiller le seuil de 10 000 €#
Beaucoup de petites boutiques e-commerce passent sous le seuil en début d'année et le franchissent lors d'une campagne promotionnelle. Le basculement dans l'obligation OSS peut intervenir en cours d'année, avec obligation d'appliquer rétroactivement la TVA du pays de destination à compter du dépassement. La surveillance mensuelle du cumul B2C intracommunautaire est indispensable.
Erreur 3 : appliquer le taux français par défaut dans les pays UE#
C'est l'erreur de paramétrage la plus courante. Le taux français de 20 % n'est pas le taux par défaut en Europe. Chaque pays a ses propres taux standard et réduits, et la nature du bien peut qualifier un taux réduit dans un pays et non dans un autre.
Erreur 4 : oublier la preuve d'exportation pour les ventes hors UE#
L'exonération à l'exportation (art. 262 I CGI) est conditionnée à la conservation d'une preuve de sortie du territoire de l'UE. Un contrôle fiscal qui ne trouve pas cette preuve peut remettre en cause l'exonération et réintégrer la TVA avec majorations.
Erreur 5 : négliger la cohérence entre DAC7 et déclarations TVA#
Voir section DAC7 ci-dessus. C'est en 2026 que les premières vérifications croisées DGFiP sont susceptibles de déclencher des demandes de justification automatiques. Un écart documenté et justifié est tolérable ; un écart inexpliqué ne l'est pas.
Notre lecture — Cabinet Hayot Expertise, Paris#
La TVA e-commerce est un sujet de cartographie avant d'être un sujet déclaratif. Dans les dossiers e-commerce que nous accompagnons à Paris, le problème n'est que rarement une méconnaissance des régimes OSS ou IOSS. Il est presque toujours une mauvaise cartographie des flux : stock mal localisé, rôle de la marketplace mal qualifié, seuil non surveillé, taux par pays non paramétrés.
Notre approche pour les e-commerçants consiste à établir une cartographie des flux (pays de départ, pays d'arrivée, qualité du client, canal de vente) avant de choisir les régimes déclaratifs. Cette cartographie devient le référentiel de paramétrage pour le logiciel de facturation, de gestion commerciale et de comptabilité.
Les évolutions à surveiller en 2026 sont : (1) les premiers contrôles croisés DAC7 / TVA, (2) l'extension ViDA dans le transport et l'hébergement, (3) la montée en charge de la facturation électronique française et son articulation future avec le reporting TVA en temps réel.
Pour les vendeurs qui utilisent des marketplaces internationales et souhaitent sécuriser leur réconciliation mensuelle, consultez notre article technique : Réconciliation TVA OSS/IOSS et marketplaces internationales 2026. Pour une lecture des erreurs à éviter dans la comptabilité e-commerce, lisez également : Erreurs comptables e-commerce à éviter en 2026.
Pour un accompagnement personnalisé de votre TVA e-commerce à Paris, prenez rendez-vous avec notre équipe : Mission fiscalité TVA — Cabinet Hayot Expertise Paris.
Checklist TVA e-commerce — points à vérifier avant chaque trimestre#
- Cumul des ventes B2C intracommunautaires depuis le 1er janvier : seuil de 10 000 € approché ou franchi ?
- Taux TVA par pays de destination correctement paramétrés dans la boutique en ligne ?
- Ventes marketplace bien exclues de la déclaration OSS (art. 256 V CGI) ?
- Déclaration IOSS mensuelle déposée pour les imports < 150 € vendus en direct ?
- Preuves d'exportation conservées pour les ventes hors UE ?
- Frais d'expédition taxés au taux du bien principal, pas au taux par défaut ?
- Cohérence entre encaissements marketplace (données DAC7) et déclarations TVA vérifiée ?
- DAS2 préparée pour les commissions reversées aux influenceurs/affiliés ≥ 1 200 €/an ?
Sources : Légifrance — CGI art. 256 V, 262 I, 298 sexdecies F, 298 sexdecies G III, 1649 ter A ; BOFiP BOI-TVA-CHAMP-20-20 ; Commission européenne, portail OSS TVA e-commerce ; Douane française, régime IOSS. Directive ViDA adoptée par le Conseil de l'UE en novembre 2024. DAC7 : première déclaration plateforme janvier 2024 pour l'année 2023.
Questions fréquentes
À partir de quel chiffre d'affaires doit-on s'inscrire au guichet OSS Union ?
Dès que le total de vos ventes B2C vers d'autres États membres de l'UE dépasse 10 000 € HT sur l'année civile en cours ou précédente, vous devez appliquer la TVA du pays destinataire. Le guichet OSS Union, accessible via le portail impots.gouv.fr, vous permet de centraliser la déclaration et le paiement sans vous identifier dans chaque pays. En dessous du seuil, vous pouvez continuer à facturer la TVA française, mais vous devez surveiller ce cumul au fil de l'eau.
Comment fonctionne l'IOSS pour les ventes hors UE inférieures à 150 € ?
Le régime IOSS (Import One-Stop Shop), prévu à l'article 298 sexdecies G III du CGI, permet aux vendeurs établis hors UE — ou aux interfaces électroniques — de collecter la TVA au taux du pays de destination au moment de la vente, puis de la reverser mensuellement via une déclaration IOSS. Le colis entre alors en Union européenne en franchise de TVA douanière. Sans IOSS, la TVA est collectée à l'importation par le transporteur, souvent à la charge de l'acheteur, ce qui nuit à l'expérience client et au taux de conversion.
Si je vends via Amazon ou Cdiscount, qui collecte la TVA à ma place ?
Depuis le 1er juillet 2021, les marketplaces qui facilitent des ventes à des particuliers européens sont réputées fournisseurs au sens de l'article 256 V du CGI. Concrètement, Amazon, Cdiscount ou toute plateforme équivalente collecte la TVA sur les ventes de vendeurs tiers et la reverse elle-même. Cela ne vous dispense pas de facturer correctement vos ventes directes hors marketplace, ni de vérifier que vos données de stock et de flux sont cohérentes avec ce que la plateforme déclare.
Le taux de TVA à appliquer est-il toujours le taux français ?
Non. Pour les ventes B2C dépassant le seuil de 10 000 €, la règle générale est que la TVA est due au taux du pays de destination de l'acheteur. Un particulier allemand paye 19 % (taux standard allemand), un acheteur en Italie 22 %, en Espagne 21 %. La TVA française à 20 % ne s'applique qu'aux ventes livrées en France ou tant que vous restez sous le seuil de 10 000 €. L'OSS Union vous évite de vous immatriculer pays par pays, mais vous devez appliquer les bons taux par pays de destination dans votre système de facturation.
Comment la réforme ViDA change-t-elle les règles des marketplaces ?
La directive ViDA (VAT in the Digital Age), adoptée par le Conseil de l'UE en novembre 2024, étend à partir de 2025 la règle du vendeur présumé (deemed supplier) à de nouvelles catégories de plateformes, notamment dans les secteurs du transport de passagers et de la location de courte durée. Les obligations de digital reporting en temps réel pour les transactions intra-UE sont prévues pour 2028. Ces évolutions renforcent la surveillance croisée des données entre plateformes et administrations fiscales. Nous recommandons d'anticiper dès maintenant la qualité et la granularité de vos exports de données de vente.
Qu'est-ce que la déclaration DAC7 et comment cela me concerne-t-il ?
La directive DAC7, transposée à l'article 1649 ter A du CGI, oblige les opérateurs de plateformes numériques à déclarer annuellement à la DGFiP les revenus perçus par leurs vendeurs ou prestataires. La première déclaration couvrant l'année 2023 a été transmise en janvier 2024. La DGFiP croise ces données avec vos déclarations fiscales et TVA dès 2026. Si vous vendez sur Amazon, Vinted, Etsy ou toute autre plateforme déclarante, les montants déclarés par la plateforme doivent correspondre à vos propres déclarations. Tout écart non justifié constitue un signal de contrôle.

Article rédigé par Samuel Hayot
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — CGI art. 256 V (marketplace réputée fournisseur)
- Légifrance — CGI art. 262 I (exportations exonérées)
- Légifrance — CGI art. 298 sexdecies F (OSS Union, seuil 10 000 €)
- Légifrance — CGI art. 298 sexdecies G III (IOSS importations < 150 €)
- Légifrance — CGI art. 1649 ter A (DAC7, déclaration plateformes)
- BOFiP — BOI-TVA-CHAMP-20-20 (lieu des livraisons de biens)
- Commission européenne — Portail OSS TVA e-commerce
- Douane française — Numéro EORI, régime IOSS
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôle
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