Cotisations retraite complémentaire Agirc-Arrco : CET et CEG
Taux Agirc-Arrco par tranche, taux d'appel de 127 %, CEG et CET : ce que chaque ligne du bulletin recouvre, comment les points se calculent et comment sécuriser le paramétrage en paie et en DSN.
Ce sujet relève de notre mission
Expert-comptable paie à Paris : DSN et gestion socialeNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. En 2026, la retraite complémentaire Agirc-Arrco se prélève à 7,87 % sur la tranche 1 (jusqu'à 4 005 EUR/mois, 1 PASS) et à 21,59 % sur la tranche 2 (de 1 à 8 PASS), après taux d'appel de 127 %. S'y ajoutent la CEG (2,15 % T1 et 2,70 % T2) et la CET (0,35 % sur T1 et T2), cette dernière seulement au-delà d'un plafond.
Sur un bulletin de paie, la retraite complémentaire n'apparaît jamais en une seule ligne. Elle se décompose en plusieurs prélèvements (Agirc-Arrco, CEG, CET, parfois APEC pour les cadres), avec des assiettes et des taux distincts. Cette mécanique déroute beaucoup de dirigeants, surtout au moment d'embaucher un premier cadre ou de vérifier un bulletin établi par un logiciel.
Le cas type est celui d'un dirigeant qui constate que le coût d'un cadre dépasse nettement ses projections : il a raisonné sur un taux unique alors que la rémunération franchit le plafond de la Sécurité sociale, ce qui déclenche la tranche 2 et la CET. Cet article reprend la logique complète, ligne par ligne, pour que vous puissiez relire un bulletin et anticiper un coût employeur sans surprise.
Comment se construit une cotisation Agirc-Arrco#
Le régime Agirc-Arrco repose sur une mécanique à deux étages que la fiche Agirc-Arrco détaille précisément.
Le premier étage est le taux contractuel : c'est le taux qui sert à calculer les droits, c'est-à-dire le nombre de points acquis. Le second est le pourcentage d'appel, fixé à 127 %, qui majore le prélèvement réellement effectué pour financer l'équilibre du régime. Le produit des deux donne le taux effectif (ou taux appelé) qui figure sur le bulletin.
Formule à retenir : taux contractuel x 127 % = taux effectif prélevé. La part liée au taux d'appel ne génère aucun droit supplémentaire : elle finance le régime sans créer de points.
Les cotisations s'appliquent ensuite par tranche de rémunération, calées sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 EUR par an et 4 005 EUR par mois en 2026 d'après l'Urssaf. Pour bien situer ces seuils, relisez le plafond de la Sécurité sociale 2026, qui conditionne aussi d'autres cotisations.
- Tranche 1 (T1) : la part de rémunération jusqu'à 1 PASS, soit jusqu'à 4 005 EUR par mois.
- Tranche 2 (T2) : la part comprise entre 1 et 8 PASS, soit de 4 005 EUR à 32 040 EUR par mois (de 48 060 EUR à 384 480 EUR par an).
Les taux 2026 par tranche#
Le tableau ci-dessous reprend les taux effectifs (après taux d'appel) et leur répartition entre employeur et salarié, dans la répartition de droit commun de 60 % à la charge de l'employeur et 40 % à la charge du salarié.
| Cotisation | Assiette | Taux total effectif | Part employeur | Part salarié |
|---|---|---|---|---|
| Retraite complémentaire T1 | Jusqu'à 1 PASS | 7,87 % | 4,72 % | 3,15 % |
| Retraite complémentaire T2 | De 1 à 8 PASS | 21,59 % | 12,95 % | 8,64 % |
| CEG T1 | Jusqu'à 1 PASS | 2,15 % | 1,29 % | 0,86 % |
| CEG T2 | De 1 à 8 PASS | 2,70 % | 1,62 % | 1,08 % |
| CET | T1 + T2 | 0,35 % | 0,21 % | 0,14 % |
Le taux de 7,87 % en T1 résulte d'un taux contractuel de 6,20 % multiplié par 127 %. En T2, le taux contractuel de 17 % devient 21,59 % après application du taux d'appel. Ces valeurs sont issues de la fiche taux de l'Agirc-Arrco.
CEG et CET : à quoi servent ces deux contributions#
La contribution d'équilibre général (CEG) finance, depuis la fusion Agirc-Arrco de 2019, le coût des départs anticipés et les charges du régime. Elle est due par tous les salariés qui cotisent à l'Agirc-Arrco, au taux de 2,15 % sur la T1 et 2,70 % sur la T2.
La contribution d'équilibre technique (CET), au taux de 0,35 % sur l'ensemble T1 + T2, n'est en revanche due que par les salariés dont la rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale (au-delà de 1 PASS, soit plus de 4 005 EUR par mois). Un salarié rémunéré sous le plafond ne paie pas de CET.
Point essentiel pour le calcul des droits : ni la CEG, ni la CET, ni la part "appel" de la cotisation principale ne sont génératrices de points. Elles financent le régime mais n'augmentent pas la future pension.
Le risque sous-estimé : le franchissement du plafond#
Le risque le plus fréquent concerne le passage de la tranche 1 à la tranche 2. Tant qu'un salarié reste sous 4 005 EUR par mois, le coût est limité à la T1 et il n'y a pas de CET. Dès que la rémunération dépasse ce plafond, trois effets se cumulent : la cotisation T2 (21,59 %), la CEG T2 (2,70 %) et la CET (0,35 % sur l'ensemble). Pour chiffrer un recrutement de cadre, raisonner sur un taux unique conduit à sous-estimer le coût réel. C'est exactement ce point que nous intégrons dans les simulations de la rémunération variable des cadres dirigeants.
La logique de points#
L'intérêt de cette décomposition se comprend mieux à la lumière du calcul des droits, décrit par l'Agirc-Arrco.
Seules les cotisations calculées au taux contractuel (6,20 % en T1, 17 % en T2) sont converties en points. La conversion se fait via le salaire de référence, qui est le prix d'achat d'un point, fixé chaque année par le régime. À la liquidation de la retraite, la pension annuelle est égale au nombre de points acquis multiplié par la valeur de service du point, elle aussi fixée chaque année.
- Chaque mois, la cotisation au taux contractuel est divisée par le salaire de référence de l'année pour obtenir un nombre de points.
- Ces points s'accumulent sur l'ensemble de la carrière, sur un compte individuel.
- À la retraite, le total de points est multiplié par la valeur de service du point en vigueur.
- Le pourcentage d'appel, la CEG et la CET ne participent pas à ce cumul de points.
Notre lecture. Pour le salarié, ce qui compte au long terme est le taux contractuel, pas le taux affiché sur le bulletin. Pour l'employeur, c'est l'inverse : c'est bien le taux effectif appelé qui pèse sur la masse salariale. Les valeurs chiffrées 2026 du point et du salaire de référence se vérifient chaque début d'année dans la circulaire "Paramètres" de l'Agirc-Arrco avant tout calcul de droits.
Traduction sur le bulletin et en DSN#
Sur un bulletin conforme, vous devez retrouver des lignes distinctes : retraite complémentaire T1, retraite complémentaire T2 le cas échéant, CEG T1, CEG T2, et CET pour les rémunérations au-delà du plafond. Les taux affichés sont les taux effectifs (appelés), pas les taux contractuels.
En paie dématérialisée, ces cotisations remontent via votre déclaration sociale nominative, selon le cahier d'aide à la codification publié par l'Agirc-Arrco. Une erreur de tranche ou de code en DSN se traduit par un compte de points erroné pour le salarié et par un risque de régularisation pour l'entreprise.
En pratique : sécuriser le paramétrage#
- Vérifier que le logiciel applique le bon PASS (4 005 EUR par mois en 2026) pour délimiter T1 et T2.
- Contrôler que la CET ne se déclenche qu'au-delà du plafond, et jamais en dessous.
- S'assurer que la répartition employeur/salarié respecte les pourcentages de droit commun, sauf accord d'entreprise plus favorable.
- En cas de bascule de prestataire, sécuriser la reprise de votre historique de paie pour que les cumuls de tranches et les points ne soient pas faussés.
- Faire relire le paramétrage par notre pôle social et paie à Paris lors de la première paie d'un cadre.
Un outil de paie intégré comme un outil de paie et de comptabilité intégré limite les erreurs de saisie, mais le paramétrage initial des tranches reste un point de contrôle à sécuriser.
Points de vigilance 2026#
Les taux de cotisation, le taux d'appel de 127 % et le PASS sont fixés pour l'année : un changement en cours d'année est rare mais possible par voie d'accord. La valeur du point et le salaire de référence sont revalorisés chaque début d'année, ce qui modifie les droits acquis sans changer le taux prélevé. Enfin, pour les cadres, une cotisation APEC complémentaire peut s'ajouter ; elle obéit à ses propres règles et se vérifie au cas par cas.
Ce contenu informe sur un cadre général. Le paramétrage exact d'une paie dépend de la convention collective, du statut du salarié et de la situation de l'entreprise : une vérification dossier par dossier reste nécessaire, en lien avec le suivi comptable du cabinet.
Questions fréquentes
Quels sont les taux Agirc-Arrco en 2026 ?+
En 2026, le taux effectif est de 7,87 % sur la tranche 1, jusqu'à 1 PASS soit 4 005 EUR par mois, et de 21,59 % sur la tranche 2, de 1 à 8 PASS. Ces taux intègrent le taux d'appel de 127 %. La répartition est de 60 % pour l'employeur et 40 % pour le salarié.
Qu'est-ce que la CEG et la CET ?+
La contribution d'équilibre général (CEG) finance l'équilibre du régime au taux de 2,15 % sur la tranche 1 et 2,70 % sur la tranche 2 ; elle est due par tous les cotisants. La contribution d'équilibre technique (CET), de 0,35 % sur l'ensemble, n'est due qu'au-delà du plafond de la Sécurité sociale.
Comment fonctionne le taux d'appel de 127 % ?+
Le taux d'appel majore la cotisation prélevée par rapport au taux contractuel qui sert à calculer les droits. On multiplie le taux contractuel par 127 % pour obtenir le taux effectif sur le bulletin. La part liée à cet appel finance le régime mais ne génère aucun point de retraite supplémentaire pour le salarié.
Comment sont calculés les points de retraite complémentaire ?+
Seules les cotisations au taux contractuel, soit 6,20 % en T1 et 17 % en T2, sont converties en points. On divise la cotisation par le salaire de référence de l'année. À la retraite, la pension est égale au nombre de points multiplié par la valeur de service du point, fixée chaque année par l'Agirc-Arrco.
La CET est-elle due par tous les salariés ?+
Non. La contribution d'équilibre technique de 0,35 % n'est due que par les salariés dont la rémunération dépasse le plafond de la Sécurité sociale, soit plus de 4 005 EUR par mois en 2026. Un salarié rémunéré sous ce plafond ne paie pas de CET, mais reste redevable de la CEG.
La CEG et la CET donnent-elles droit à des points ?+
Non. Ni la CEG, ni la CET, ni la part liée au taux d'appel ne sont génératrices de points de retraite. Elles servent uniquement à financer l'équilibre du régime Agirc-Arrco. Seules les cotisations calculées au taux contractuel ouvrent des droits convertis en points individuels.
Comment ces cotisations apparaissent-elles sur le bulletin ?+
Le bulletin doit comporter des lignes distinctes : retraite complémentaire T1, retraite complémentaire T2 le cas échéant, CEG par tranche et CET au-delà du plafond. Les taux affichés sont les taux effectifs appelés. En paie dématérialisée, ces cotisations sont déclarées en DSN selon le cahier de codification Agirc-Arrco.
À retenir#
- En 2026, la retraite complémentaire Agirc-Arrco se prélève à 7,87 % sur la T1 et 21,59 % sur la T2, après taux d'appel de 127 %.
- Le PASS 2026 (4 005 EUR par mois, 48 060 EUR par an) délimite la tranche 1 ; la tranche 2 va de 1 à 8 PASS.
- La CEG (2,15 % T1, 2,70 % T2) est due par tous ; la CET (0,35 %) seulement au-delà du plafond.
- Seules les cotisations au taux contractuel (6,20 % et 17 %) génèrent des points de retraite.
- Le franchissement du plafond déclenche la T2, la CEG T2 et la CET : un point à anticiper pour chiffrer un cadre.
- Le paramétrage des tranches en paie et en DSN mérite un contrôle dédié, notamment à la première paie d'un cadre.
Sources officielles#
- Agirc-Arrco - Le calcul des cotisations de retraite complémentaire
- Agirc-Arrco - Points de retraite : comment sont-ils obtenus ?
- Urssaf - Plafonds de la Sécurité sociale 2026
- Service-public.fr - Retraite complémentaire Agirc-Arrco du salarié
- Légifrance - Code de la sécurité sociale, art. L242-1
- Net-entreprises.fr - La DSN

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Agirc-Arrco - Le calcul des cotisations de retraite complémentaire
- Agirc-Arrco - Points de retraite : comment sont-ils obtenus ?
- Urssaf - Plafonds de la Sécurité sociale 2026
- Service-public.fr - Retraite complémentaire Agirc-Arrco du salarié
- Légifrance - Code de la sécurité sociale, art. L242-1 (assiette des cotisations)
- Net-entreprises.fr - La DSN
- Agirc-Arrco - DSN, cahier d'aide a la codification
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris : DSN et gestion sociale
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