Amortissement des véhicules 2026 : plafonds et CO2
Plafonds d'amortissement déductible des voitures de société en 2026 selon le CO2 (art. 39-4 CGI) : barème de 30 000 à 9 900 euros, calcul de la réintégration et exemples chiffrés.
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Fiscalité holding à Paris | IS, mère-fille, apport-cessionNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. En 2026, l'amortissement déductible d'une voiture de société est plafonné selon ses émissions de CO2 (art. 39-4 du CGI) : 30 000 euros sous 20 g/km (électrique), 20 300 euros de 20 à 49 g, 18 300 euros de 50 à 160 g et 9 900 euros au-delà de 160 g. La fraction excédentaire est réintégrée chaque année au résultat fiscal.
Vous achetez une voiture pour votre société et vous l'inscrivez à l'actif : comptablement, vous l'amortissez sur sa valeur totale. Fiscalement, ce n'est pas si simple. Une partie de cet amortissement peut ne jamais être déductible, et l'écart grimpe vite sur les modèles haut de gamme ou très émetteurs. C'est l'un des points que nous reprenons systématiquement au moment de la clôture.
Cet article fait le point sur les plafonds applicables en 2026, sur la mécanique de la réintégration prévue à l'article 39-4 du Code général des impôts, et sur les arbitrages concrets que cela implique avant un achat. Nous donnons un exemple chiffré complet et la méthode de calcul, pour que vous sachiez ce que coûte réellement, en impôt, un véhicule au-delà du plafond.
Pourquoi l'amortissement d'une voiture est plafonné#
La voiture de tourisme inscrite à l'actif d'une entreprise s'amortit en comptabilité sur sa durée d'usage, généralement quatre à cinq ans. Cette charge réduit le résultat comptable. Mais le législateur a posé une limite fiscale spécifique pour les voitures particulières, codifiée à l'article 39-4 du CGI.
L'idée est de ne pas laisser une entreprise déduire sans limite l'amortissement d'un véhicule coûteux ou polluant. Au-delà d'un plafond fixé selon les émissions de CO2, la fraction d'amortissement correspondante n'est pas admise en déduction du résultat imposable.
Le plafond ne dépend donc pas de votre choix comptable : il s'impose. Plus le véhicule émet de CO2, plus le plafond déductible est bas. C'est un dispositif incitatif, qui favorise les modèles électriques et hybrides rechargeables.
Précision importante : ce plafonnement concerne uniquement les voitures particulières, immatriculées dans la catégorie M1. Les véhicules utilitaires, camionnettes et fourgons (catégorie N1, mention « VU » ou « CTTE » sur la carte grise) ne sont pas concernés et s'amortissent sans limite de ce type.
Les plafonds d'amortissement 2026 selon le CO2#
Le barème 2026 retient quatre tranches d'émissions, exprimées en grammes de CO2 par kilomètre. Le taux à prendre en compte est celui mesuré selon la norme WLTP, qui figure sur le certificat d'immatriculation du véhicule. Le plafond s'apprécie sur la valeur TTC d'acquisition.
Barème des plafonds par tranche de CO2 (2026)#
| Émissions de CO2 (WLTP) | Plafond d'amortissement déductible | Profil de véhicule typique |
|---|---|---|
| Moins de 20 g/km | 30 000 euros | Voiture 100 % électrique |
| De 20 à 49 g/km | 20 300 euros | Hybride rechargeable |
| De 50 à 160 g/km | 18 300 euros | Thermique ou hybride classique |
| Plus de 160 g/km | 9 900 euros | Véhicule très émetteur |
La lecture est directe : un véhicule électrique bénéficie du plafond le plus favorable, à 30 000 euros, tandis qu'un modèle thermique puissant au-delà de 160 g/km voit sa déduction limitée à 9 900 euros. L'écart de plafond, du simple au triple, change profondément le coût fiscal d'un même budget d'achat.
Le seuil supérieur de 160 g/km est la valeur applicable en 2026 selon la norme WLTP. Pensez à vérifier le taux WLTP exact du véhicule sur la carte grise : c'est lui qui détermine la tranche, et non une estimation commerciale ou un ancien chiffre en cycle NEDC.
Comment se calcule la fraction non déductible#
Le mécanisme est purement fiscal. Vous continuez à enregistrer l'amortissement comptable sur la valeur totale du véhicule. Mais chaque année, la part de cet amortissement qui correspond à la valeur dépassant le plafond est réintégrée de façon extra-comptable au résultat fiscal. Elle ne diminue donc pas l'impôt.
Voici la méthode pour calculer cette réintégration annuelle.
- Déterminez le prix d'acquisition TTC du véhicule inscrit à l'actif.
- Identifiez la tranche de CO2 WLTP et le plafond correspondant dans le barème ci-dessus.
- Calculez l'amortissement comptable annuel : prix TTC divisé par la durée d'amortissement retenue (par exemple cinq ans).
- Calculez l'amortissement annuel déductible : plafond divisé par la même durée.
- La différence entre les deux est la réintégration extra-comptable de l'année, à reporter sur la liasse fiscale.
Cette réintégration se répète chaque année tant que le véhicule est amorti. La somme des réintégrations sur la durée correspond exactement à la fraction de la valeur du véhicule qui excède le plafond.
Exemple chiffré complet#
Prenons une société soumise à l'impôt sur les sociétés qui acquiert une berline thermique de 45 000 euros TTC, émettant 155 g/km de CO2. Elle relève donc de la tranche 50 à 160 g/km, soit un plafond de 18 300 euros. Le véhicule est amorti en linéaire sur cinq ans.
Détail de la réintégration annuelle#
| Élément | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Prix d'acquisition TTC | Donnée | 45 000 euros |
| Plafond déductible (50 à 160 g) | Barème 2026 | 18 300 euros |
| Amortissement comptable annuel | 45 000 / 5 | 9 000 euros |
| Amortissement déductible annuel | 18 300 / 5 | 3 660 euros |
| Réintégration extra-comptable annuelle | 9 000 - 3 660 | 5 340 euros |
| Réintégration cumulée sur 5 ans | 5 340 x 5 | 26 700 euros |
Chaque année, 5 340 euros d'amortissement ne sont pas déductibles et viennent majorer le résultat fiscal. Si cette tranche de résultat est imposée au taux réduit d'IS de 15 % (applicable jusqu'à 42 500 euros de bénéfice sous conditions), le surcoût d'impôt est d'environ 801 euros par an. Au taux normal de 25 %, il atteindrait environ 1 335 euros par an. Sur cinq ans, la non-déductibilité porte sur 26 700 euros de base.
Le même budget de 45 000 euros consacré à un modèle 100 % électrique, sous le plafond de 30 000 euros, aurait limité la réintégration à la seule fraction au-delà de 30 000 euros, soit 15 000 euros de base sur cinq ans. L'écart de traitement fiscal, à prix d'achat identique, est concret.
Notre lecture#
Dans les dossiers que nous suivons, l'erreur la plus fréquente n'est pas un mauvais calcul, c'est l'absence de calcul. Le dirigeant raisonne sur le prix d'achat et la mensualité, rarement sur la part d'amortissement réellement déductible. Or c'est cette part qui détermine l'économie d'impôt attendue.
Notre lecture est simple : le plafond d'amortissement doit entrer dans la décision avant la signature du bon de commande, pas après. À budget égal, un véhicule électrique ou hybride rechargeable laisse passer une déduction nettement plus large. Ce n'est pas le seul critère, mais il pèse réellement sur le coût net du véhicule pour la société.
Nous rappelons aussi que l'amortissement n'est qu'un volet du sujet. Les taxes annuelles sur l'affectation des véhicules, l'éventuel avantage en nature si le dirigeant utilise la voiture à titre privé et la récupération de TVA forment un ensemble qu'il faut regarder globalement, dossier par dossier.
Le risque sous-estimé#
Le risque le plus sous-estimé concerne la location longue durée et le crédit-bail. Beaucoup de dirigeants pensent échapper au plafonnement en ne portant pas le véhicule à l'actif. C'est inexact. En LLD ou en crédit-bail, une réintégration équivalente s'applique sur la part des loyers correspondant à l'amortissement du véhicule au-delà du plafond.
Concrètement, le loueur calcule et indique souvent cette fraction non déductible sur un état annuel, mais c'est à l'entreprise de la réintégrer sur sa liasse. Si ce retraitement est oublié, l'entreprise déduit trop, et l'écart se révèle en cas de contrôle.
Le second angle mort tient à la confusion entre amortissement et taxes annuelles. Le plafonnement de l'article 39-4 et les taxes sur l'affectation des véhicules (désormais intégrées au CIBS, ex-TVS) sont deux dispositifs distincts. Un même véhicule peut être à la fois plafonné en amortissement et redevable des taxes annuelles : ce sont deux lignes différentes, à ne pas additionner ni confondre.
Points de vigilance 2026#
Quelques contrôles méritent d'être systématisés en clôture pour les véhicules de tourisme.
- Relevez le taux de CO2 WLTP exact sur chaque carte grise, pas une valeur approximative ou un ancien chiffre NEDC.
- Vérifiez la catégorie du véhicule : un utilitaire (catégorie N1, mention VU) échappe au plafonnement, une voiture particulière (M1) y est soumise.
- Recalculez la réintégration chaque exercice tant que le véhicule est amorti, et non la seule année d'acquisition.
- En LLD ou crédit-bail, réclamez l'état de réintégration au loueur et reportez-le sur la liasse.
- Distinguez clairement, dans votre suivi, l'amortissement plafonné et les taxes annuelles sur les véhicules.
Questions fréquentes
Quel est le plafond d'amortissement d'une voiture de société en 2026 ?+
Le plafond dépend des émissions de CO2 du véhicule (art. 39-4 du CGI). En 2026, il est de 30 000 euros sous 20 g/km, 20 300 euros de 20 à 49 g, 18 300 euros de 50 à 160 g et 9 900 euros au-delà de 160 g. Il s'apprécie sur la valeur TTC d'acquisition.
Comment le CO2 limite-t-il l'amortissement déductible ?+
Plus le véhicule émet de CO2, plus son plafond d'amortissement déductible est bas. Le barème retient quatre tranches selon le taux WLTP figurant sur la carte grise. La fraction d'amortissement portant sur la valeur du véhicule au-delà du plafond n'est pas admise en déduction du résultat fiscal.
L'amortissement non déductible se réintègre-t-il ?+
Oui. La part d'amortissement correspondant à la valeur excédant le plafond est réintégrée chaque année de façon extra-comptable au résultat fiscal, sur la liasse. Elle ne réduit donc pas l'impôt. Le total des réintégrations égale la fraction du prix du véhicule dépassant le plafond.
Les véhicules électriques ont-ils un plafond plus élevé ?+
Oui. Les voitures émettant moins de 20 g/km de CO2, dont les modèles 100 % électriques, bénéficient du plafond le plus favorable, fixé à 30 000 euros en 2026. C'est le triple du plafond de 9 900 euros applicable aux véhicules les plus émetteurs, au-delà de 160 g/km.
Les véhicules utilitaires sont-ils concernés par ce plafond ?+
Non. Le plafonnement de l'article 39-4 du CGI vise les voitures particulières de catégorie M1. Les véhicules utilitaires, camionnettes et fourgons (catégorie N1, mention VU ou CTTE sur la carte grise) ne sont pas soumis à cette limite et s'amortissent sur leur valeur totale.
La location longue durée échappe-t-elle au plafonnement ?+
Non. En location longue durée ou crédit-bail, une réintégration équivalente s'applique sur la part des loyers correspondant à l'amortissement au-delà du plafond. Le loueur indique souvent ce montant, mais c'est à l'entreprise de l'inscrire en réintégration sur sa liasse fiscale.
Amortissement plafonné et taxes sur les véhicules, est-ce la même chose ?+
Non, ce sont deux dispositifs distincts. Le plafonnement de l'amortissement relève de l'impôt sur les bénéfices (art. 39-4 du CGI). Les taxes annuelles sur l'affectation des véhicules, désormais dans le CIBS (ex-TVS), sont un impôt séparé. Un véhicule peut relever des deux à la fois.
À retenir#
- En 2026, l'amortissement d'une voiture particulière est plafonné selon le CO2 : 30 000, 20 300, 18 300 ou 9 900 euros (art. 39-4 du CGI).
- La fraction d'amortissement au-delà du plafond est réintégrée chaque année au résultat fiscal et ne réduit pas l'impôt.
- Le plafond s'apprécie sur la valeur TTC et se lit à partir du taux de CO2 WLTP de la carte grise.
- Les véhicules utilitaires (N1) ne sont pas concernés ; la LLD et le crédit-bail subissent une réintégration équivalente.
- À budget égal, un véhicule électrique laisse passer une déduction bien plus large qu'un modèle très émetteur.
- L'amortissement plafonné et les taxes annuelles sur les véhicules sont deux sujets différents à traiter séparément.
Cet article présente le cadre général applicable en 2026 ; il ne remplace pas l'examen de votre situation. Pour sécuriser le traitement d'un véhicule à l'actif ou en location, notre cabinet d'expertise comptable à Paris 8 étudie votre dossier au regard des règles en vigueur.
Article rédigé par Samuel Hayot, expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France. À jour au 12 juin 2026.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Article 39-4 du Code général des impôts (Légifrance)
- BOFiP, BIC, amortissement, limitation de la déduction pour les véhicules de tourisme (bofip.impots.gouv.fr)
- Achat d'un véhicule de société et déductibilité (entreprendre.service-public.fr)
- Impôt sur les sociétés : déclaration et paiement (impots.gouv.fr)
- Taxes sur l'affectation des véhicules à des fins économiques (CIBS), impots.gouv.fr
Ce sujet relève de notre mission Fiscalité holding à Paris | IS, mère-fille, apport-cession
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