Micro-entreprise mineur : est-ce possible en 2026 ?
La micro-entreprise n'est accessible qu'au mineur émancipé dès 16 ans. Le mineur non émancipé ne peut pas créer d'entreprise individuelle : il doit passer par une EURL ou une SASU, avec autorisation parentale. Le point complet sur le cadre juridique 2026, les autorisations, le régime fiscal et les démarches au guichet unique INPI.
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Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Chaque année, des lycéens, étudiants et jeunes créateurs s'interrogent sur leur capacité à lancer une activité avant leurs 18 ans. La question arrive souvent sous une forme directe : "Mon fils peut-il ouvrir une micro-entreprise ?" ou "J'ai 16 ans, je veux facturer mes clients, comment faire ?". La réponse n'est pas un simple oui ou non — elle dépend d'un paramètre juridique central que beaucoup ignorent : l'émancipation.
La confusion naît d'une idée reçue : parce que la micro-entreprise paraît simple et accessible, on suppose qu'elle est ouverte à tous. Ce n'est pas le cas. Le régime micro est une forme d'entreprise individuelle (EI), et les règles de capacité juridique s'appliquent intégralement. Le Code civil, notamment son article 388-1-2, fixe des conditions claires que ni l'URSSAF ni le guichet unique INPI ne peuvent contourner.
Réponse directe : un mineur non émancipé ne peut pas créer de micro-entreprise — la loi l'interdit. Seul un mineur émancipé (dès 16 ans) peut le faire, sous conditions. Le mineur non émancipé a une alternative : créer une EURL ou une SASU avec l'autorisation de ses deux parents et, pour le commerce, l'accord du juge.
Un mineur peut-il créer une micro-entreprise ?#
Oui, mais seulement s'il est émancipé. Non, s'il ne l'est pas — et cette distinction est absolue, pas graduelle.
La micro-entreprise est juridiquement un mode d'exercice de l'entreprise individuelle. Or un mineur non émancipé n'a pas la capacité juridique pour créer une EI. Ce n'est pas une règle administrative que l'on peut contourner avec un accord parental : c'est une incapacité légale. L'INPI rejettera le dossier si un mineur non émancipé tente de s'immatriculer en EI.
En revanche, un mineur émancipé est juridiquement assimilé à un majeur pour les actes de la vie civile. Il peut créer une EI, donc une micro-entreprise, à partir de 16 ans. Il reste soumis aux règles propres à l'activité : s'il veut être commerçant, une autorisation judiciaire supplémentaire est nécessaire (voir ci-dessous).
À partir de quel âge peut-on devenir auto-entrepreneur ?#
La réponse varie selon le statut du mineur :
- Mineur émancipé : dès 16 ans, il peut créer une EI et donc une micro-entreprise. Pour les activités commerciales, une autorisation spécifique d'exercer le commerce est requise, accordée par le juge des tutelles au moment de l'émancipation ou par le président du tribunal ultérieurement.
- Mineur non émancipé : aucun âge minimum ne suffit. Même à 17 ans et 11 mois, sans émancipation, la micro-entreprise reste fermée. La seule voie ouverte est la société à associé unique (EURL ou SASU), pas l'EI.
- Majeur (18 ans et plus) : accès libre à la micro-entreprise dans les conditions du droit commun.
L'émancipation s'obtient sur requête devant le juge des tutelles, à la demande des deux parents ou de l'un d'eux (le mineur étant entendu), ou automatiquement par le mariage (cas rare, soumis à dispense avant 18 ans). Elle ne s'accorde pas automatiquement à 16 ans : c'est une décision judiciaire individuelle.
Un mineur non émancipé peut-il être auto-entrepreneur ?#
Non. C'est la règle la plus importante à retenir, et la plus souvent mal comprise.
Un mineur non émancipé ne peut pas :
- créer une entreprise individuelle (EI) ;
- adopter le régime micro-entrepreneur (qui est une EI) ;
- être commerçant.
Il peut en revanche :
- être associé d'une société ;
- créer et diriger une EURL ou une SASU avec l'autorisation de ses deux parents ;
- préparer son projet en amont pour s'immatriculer dès l'émancipation ou la majorité.
La nuance entre "être associé" et "être entrepreneur individuel" est fondamentale. Un mineur peut détenir des parts sociales dans une société, mais il ne peut pas être l'exploitant d'une EI. La micro-entreprise, parce qu'elle est une EI, lui est donc fermée tant qu'il reste non émancipé.
Pour approfondir la question du choix entre EI et EURL, notre article EI ou EURL présente les arbitrages structurants.
Quelles autorisations parentales sont nécessaires ?#
Pour un mineur non émancipé qui souhaite créer une EURL ou une SASU, les conditions sont les suivantes (Code civil, art. 388-1-2) :
Autorisation parentale (actes d'administration)
- Les deux parents doivent donner leur accord : déclaration écrite signée par les deux, ou acte notarié.
- Cette autorisation couvre les actes courants d'administration : signer des contrats ordinaires, ouvrir un compte bancaire professionnel, déposer des factures.
- Elle doit lister explicitement les actes autorisés.
Actes de disposition : interdits au mineur, réservés aux parents
- Achat ou vente d'un fonds de commerce.
- Emprunt bancaire professionnel.
- Constitution de garanties ou sûretés.
- Ces actes nécessitent l'intervention des parents (représentants légaux) et, dans certains cas, une autorisation du juge des tutelles.
Pour le commerce
- Si l'activité est commerciale, une autorisation judiciaire spécifique d'exercer le commerce est requise, même pour un mineur émancipé. Sans cette autorisation, le mineur ne peut pas exercer une activité commerciale, ni sous forme d'EI ni comme dirigeant d'une société commerciale.
Tableau comparatif : mineur émancipé vs non émancipé#
| Situation | EI / micro-entreprise | EURL ou SASU | Commerçant | Autorisation requise |
|---|---|---|---|---|
| Mineur non émancipé (moins de 18 ans) | Non — interdit | Oui (dès 16 ans) | Non | Accord des deux parents + acte notarié ou déclaration écrite |
| Mineur émancipé (dès 16 ans) | Oui | Oui | Oui, sous conditions | Autorisation judiciaire pour le commerce (juge des tutelles) |
| Majeur (18 ans et plus) | Oui | Oui | Oui | Aucune autorisation spécifique |
Tableau par type d'activité : ce qui est permis au mineur#
| Type d'activité | Mineur non émancipé | Mineur émancipé | Remarques |
|---|---|---|---|
| Prestation de services libérale (ex. : graphisme, développement web, rédaction) | Via EURL/SASU uniquement | EI / micro possible | Vérifier si l'activité est réglementée |
| Activité artisanale (ex. : création manuelle, réparation) | Via EURL/SASU uniquement | EI / micro possible | Qualification professionnelle requise selon l'activité |
| Activité commerciale (ex. : achat-revente, e-commerce) | Interdite, même via société sans autorisation du juge | EI / micro possible + autorisation juge pour le commerce | Autorisation judiciaire supplémentaire nécessaire |
| Activité libérale réglementée (ex. : expertise, conseil réglementé) | Via EURL/SASU uniquement | EI / micro possible | Vérifier les conditions d'accès à la profession |
Exemple concret : un lycéen de 16 ans veut facturer ses clients#
Situation : Théo, 16 ans, lycéen en terminale, propose des prestations de développement web et de design graphique à des PME locales. Il a déjà trois clients et veut facturer légalement.
Scenario 1 — Théo n'est pas émancipé. La micro-entreprise lui est fermée. Il ne peut pas s'immatriculer en EI. En revanche, ses parents peuvent l'autoriser à créer une SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) dont il serait président. L'autorisation des deux parents est nécessaire, sous forme d'une déclaration écrite listant les actes autorisés ou d'un acte notarié. Les actes courants (signer un contrat de prestation, émettre des factures, ouvrir un compte professionnel) sont couverts. Pour emprunter ou vendre des actifs, ses parents devraient intervenir.
Régime fiscal de la SASU : IS par défaut (taux réduit à 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice sous conditions). Les revenus de Théo (salaire de président) entrent dans le foyer fiscal des parents tant qu'il est rattaché.
Scenario 2 — Théo obtient son émancipation. Il peut désormais créer une micro-entreprise en BNC (bénéfices non commerciaux) pour ses prestations de services. Seuil micro 2026 : 83 600 €. Abattement forfaitaire : 34 %. Cotisations URSSAF au taux micro. Ses revenus sont déclarés dans sa propre déclaration fiscale ou rattachés au foyer parental s'il le choisit.
La question de l'émancipation n'est pas à prendre à la légère : c'est une décision judiciaire qui modifie en profondeur la situation civile du mineur. Elle mérite une réflexion de famille avant d'être engagée.
Étapes pour lancer l'activité d'un mineur : la liste à suivre#
- Déterminer le statut du mineur : émancipé ou non ? Si non, l'EI et la micro sont exclues.
- Identifier la nature de l'activité : libérale, artisanale, commerciale ? Une activité commerciale impose une autorisation judiciaire supplémentaire même pour un émancipé.
- Vérifier si l'activité est réglementée : certaines professions nécessitent un diplôme, une inscription à un ordre ou une habilitation administrative.
- Choisir la structure : micro-entreprise (émancipé seulement) ou EURL/SASU (non émancipé, avec autorisation parentale).
- Préparer les autorisations : pour le non émancipé, rédiger la déclaration des deux parents ou consulter un notaire pour l'acte.
- Constituer le dossier d'immatriculation : via le guichet unique INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), obligatoire depuis le 1er janvier 2023.
- Ouvrir un compte bancaire professionnel : obligatoire pour la SASU/EURL ; recommandé pour la micro-entreprise.
- Vérifier le rattachement fiscal : les revenus du mineur sont en principe rattachés au foyer fiscal des parents s'il y est encore rattaché. Une déclaration séparée est possible mais pas automatique.
- Informer l'URSSAF : pour la micro-entreprise, déclaration en ligne du début d'activité et choix des options (versement libératoire si éligible).
- Souscrire une assurance professionnelle si l'activité l'exige (responsabilité civile professionnelle).
Pour les formalités au guichet unique, notre article sur les obligations légales à la création d'entreprise détaille les étapes générales applicables à toute structure.
La fiscalité du mineur entrepreneur#
Ce point est souvent sous-estimé. Le régime fiscal du mineur entrepreneur dépend de deux questions : est-il rattaché au foyer fiscal des parents ? Quelle est la structure choisie ?
Mineur rattaché au foyer parental (cas le plus fréquent)
- Les revenus professionnels du mineur (bénéfices de la micro, salaire de la SASU, etc.) s'ajoutent aux revenus du foyer et sont imposés au barème de l'impôt sur le revenu des parents.
- Cela peut avoir un impact significatif si les parents sont dans une tranche élevée.
- Le rattachement procure en contrepartie une demi-part supplémentaire pour les parents.
Mineur avec déclaration fiscale séparée
- Possible, mais rarement avantageux dans les premières années d'activité si les revenus sont faibles.
- A analyser au cas par cas avec un expert-comptable.
Cas de la SASU / EURL à l'IS
- La société paie l'IS sur ses bénéfices. Les revenus versés au mineur (salaire, dividendes) sont imposés selon leur nature dans le foyer fiscal approprié.
- Le PFU sur dividendes est de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (hausse d'1,4 point liée à la LFSS 2026).
Pour un aperçu du régime micro dans sa version standard, notre guide micro-BIC ou réel aide à comprendre quand le forfait est avantageux et quand il ne l'est plus.
Ce que nous observons en cabinet : cas terrain#
Quand un parent nous consulte pour son enfant créateur, la demande initiale est presque toujours "je veux qu'il ouvre une micro-entreprise". Notre premier réflexe est de poser deux questions : l'enfant est-il émancipé ? L'activité est-elle commerciale ?
Dans la majorité des dossiers que nous traitons, le mineur n'est pas émancipé, et l'activité — même si elle paraît "digitale" ou "créative" — peut avoir une composante commerciale (achat-revente de produits, affiliation, dropshipping). Dans ce cas, la micro-entreprise est doublement fermée : par le statut du mineur et par la nature de l'activité.
Le montage que nous recommandons le plus souvent est la SASU : régime social clair (assimilé salarié pour le président, pas de cotisations sans rémunération), IS avec taux réduit possible, et une gouvernance lisible. La EURL est une alternative si les parents préfèrent un régime TNS et une imposition transparente à l'IR par défaut.
Dans tous les cas, nous rédigeons avec la famille un document listant précisément les actes autorisés au mineur, pour éviter tout contentieux sur la portée des engagements pris.
Ce qu'il faut surveiller en 2026#
Le risque sous-estimé : de nombreuses plateformes (Fiverr, Malt, plateformes d'affiliation, marketplaces) permettent techniquement à un mineur de s'inscrire et de percevoir des revenus sans immatriculation. Ce n'est pas sans conséquence : des revenus non déclarés, même modestes, peuvent générer un redressement URSSAF ou une situation fiscale irrégulière. La régularisation est possible, mais elle doit être anticipée.
L'ACRE pour un mineur : si le mineur émancipé crée une micro-entreprise, il peut bénéficier de l'ACRE (exonération partielle de cotisations sociales en début d'activité), sous conditions. Les taux exacts sont à vérifier auprès de l'URSSAF, car ils varient selon le profil et la date de création.
Seuils micro 2026 (revalorisation triennale) : pour une micro en BNC (graphisme, développement web, conseil, etc.), le seuil de chiffre d'affaires est désormais de 83 600 € (contre 77 700 € jusqu'en 2025). L'abattement forfaitaire reste à 34 %. Source : entreprendre.service-public.gouv.fr.
Note de cadrage : cet article présente le cadre juridique général au 29 mai 2026. Chaque situation concrète — selon l'âge, le statut du mineur, la nature de l'activité et la composition du foyer fiscal — mérite une analyse personnalisée. Il ne remplace pas un accompagnement par un expert-comptable ou un conseil juridique.
Notre équipe accompagne les jeunes créateurs et leurs familles dans le choix de la structure, la rédaction des autorisations et les formalités au guichet unique INPI.
Pour les projets qui vont au-delà du régime micro, notre page SARL ou SAS et notre guide statut auto-entrepreneur complètent utilement cette lecture. Notre service création d'entreprise Paris couvre l'ensemble des formalités, du choix de la structure à l'immatriculation. Pour les questions d'autorisation et de gouvernance, notre service conseil juridique Paris intervient en complément.
Sources : Entreprendre.service-public.fr — À partir de quel âge créer une entreprise ; Un mineur peut-il être associé d'une société ; Qui peut devenir commerçant ; Guichet unique des formalités ; Nouveaux seuils micro 2026-2028. Mis à jour le 29 mai 2026.
Questions fréquentes
Un mineur peut-il créer une micro-entreprise en France ?
Non, si le mineur n'est pas émancipé. La micro-entreprise est une forme d'entreprise individuelle, et un mineur non émancipé n'a pas la capacité juridique pour créer une EI. Seul un mineur émancipé dès 16 ans peut accéder au régime micro, sous réserve des règles propres à l'activité et, pour le commerce, d'une autorisation judiciaire supplémentaire.
À partir de quel âge peut-on devenir auto-entrepreneur en France ?
Un mineur émancipé peut créer une micro-entreprise dès 16 ans. Sans émancipation, aucun âge ne suffit : même à 17 ans, la micro-entreprise reste fermée. Un adulte peut s'immatriculer dès ses 18 ans sans condition supplémentaire de capacité.
Un mineur non émancipé peut-il être auto-entrepreneur ?
Non. Un mineur non émancipé ne peut pas créer d'entreprise individuelle et ne peut donc pas adopter le régime auto-entrepreneur. Il peut en revanche créer une EURL ou une SASU avec l'accord écrit de ses deux parents, qui couvre les actes courants d'administration. Les actes de disposition (emprunt, vente de fonds) restent réservés aux parents avec autorisation du juge.
Quelles autorisations parentales sont nécessaires pour qu'un mineur crée une entreprise ?
Pour créer une EURL ou une SASU, un mineur non émancipé a besoin de l'accord écrit des deux parents : soit une déclaration écrite signée par les deux, soit un acte notarié listant les actes d'administration autorisés. Les actes de disposition (emprunt bancaire, achat-vente d'un fonds de commerce) nécessitent en plus une autorisation du juge des tutelles.
Quelle structure conseiller à un mineur non émancipé qui veut exercer une activité professionnelle ?
La SASU ou l'EURL à associé unique, selon le régime social et fiscal souhaité. La SASU offre le régime assimilé salarié (pas de cotisations sans rémunération, IS par défaut) et convient bien aux activités de services. L'EURL permet une transparence fiscale à l'IR par défaut et un régime TNS. Dans les deux cas, l'autorisation des deux parents est obligatoire et doit être formalisée par écrit.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Service-Public — À partir de quel âge peut-on créer une entreprise
- Service-Public — Un mineur peut-il être associé d'une société
- Service-Public — Qui peut devenir commerçant
- Service-Public — Formalités d'immatriculation d'une entreprise individuelle
- Service-Public — Choisir la forme juridique de votre entreprise
Ce sujet relève de notre mission Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalité
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