Brevet d'invention : coût INPI et stratégie de protection
Combien coûte un brevet à l'INPI en 2026, comment construire une stratégie de protection et quel traitement comptable et fiscal (CIR, amortissement, IP Box) retenir, vu par un expert-comptable.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. En 2026, déposer un brevet à l'INPI coûte au minimum environ 636 euros (dépôt 26 euros, rapport de recherche 520 euros, délivrance 90 euros), auxquels s'ajoutent des annuités croissantes de 38 à 790 euros, soit de l'ordre de 4 500 euros sur 20 ans de protection. Les personnes physiques et PME bénéficient d'une réduction de 50 pour cent. Côté fiscal, les frais ouvrent droit au crédit d'impôt recherche et les revenus du brevet peuvent relever de l'IP Box à 10 pour cent.
Un brevet n'est pas qu'une affaire d'ingénieurs et d'avocats en propriété industrielle. C'est aussi une décision d'investissement, qui pèse sur la trésorerie au démarrage, sur le bilan pendant des années, et qui ouvre des leviers fiscaux souvent ignorés. Pour un fondateur de startup deeptech ou un dirigeant de PME industrielle, la vraie question n'est pas seulement comment protéger une invention, mais combien cela coûte réellement, comment l'inscrire au bilan et comment en récupérer une part par l'impôt.
Nous traitons ici les trois dimensions ensemble : le coût réel à l'INPI, la stratégie de protection à calibrer selon votre activité, et le traitement comptable et fiscal côté expert-comptable. L'objectif est que vous arriviez en rendez-vous avec votre conseil en propriété industrielle en sachant déjà ce que le brevet va peser et ce qu'il peut rapporter.
Combien coûte vraiment un brevet à l'INPI en 2026 ?#
La procédure de base auprès de l'INPI repose sur trois redevances principales. Au tarif normal 2026, la redevance de dépôt s'élève à 26 euros, la redevance de rapport de recherche à 520 euros et la redevance de délivrance à 90 euros. Le minimum pour obtenir un brevet délivré est donc d'environ 636 euros de redevances officielles.
Ce montant ne représente toutefois qu'une partie du coût total. Une fois le brevet délivré, il faut payer des annuités de maintien en vigueur pour le conserver. Ces annuités sont croissantes : elles partent de 38 euros par an pour les premières années et atteignent environ 790 euros par an pour les dernières. Sur l'ensemble de la durée de protection de 20 ans, le total des annuités représente de l'ordre de 4 500 euros.
Ces chiffres ne couvrent que les redevances versées à l'INPI. Ils n'incluent pas les honoraires d'un conseil en propriété industrielle pour la rédaction de la demande, ni les éventuelles extensions à l'étranger, qui peuvent largement dépasser le coût des redevances françaises.
| Poste de coût (tarif normal 2026) | Montant |
|---|---|
| Redevance de dépôt | 26 euros |
| Redevance de rapport de recherche | 520 euros |
| Redevance de délivrance | 90 euros |
| Sous-total procédure de base | environ 636 euros |
| Annuités de maintien (par an) | de 38 à 790 euros |
| Annuités cumulées sur 20 ans | de l'ordre de 4 500 euros |
Qui bénéficie de la réduction de 50 pour cent ?#
L'INPI applique une réduction de 50 pour cent sur les principales redevances pour certains déposants. En bénéficient les personnes physiques, les PME de moins de 1 000 salariés dont le capital n'est pas détenu à 25 pour cent ou plus par une entité non éligible, ainsi que les organismes à but non lucratif des secteurs de la recherche et de l'enseignement.
Cette réduction n'est pas acquise pour toute la vie du brevet. Elle n'est plus possible au-delà de la 7e annuité. Autrement dit, le coup de pouce porte sur le dépôt, la recherche, la délivrance et les premières années de maintien, mais les annuités les plus élevées, qui interviennent en fin de vie du brevet, se paient au tarif plein.
Pour la plupart de nos clients startups et PME, cette réduction divise donc par deux le ticket d'entrée. Encore faut-il vérifier la condition de détention du capital : une PME majoritairement détenue par un groupe non éligible peut perdre le bénéfice de la réduction. C'est un point que nous contrôlons avec vous avant le dépôt, notamment dans le cadre de notre conseil juridique d'entreprise.
Combien de temps un brevet protège-t-il ?#
Un brevet d'invention protège votre invention pendant 20 ans à compter de la date de dépôt. Cette durée est un maximum, et elle est conditionnée : la protection n'est maintenue que si vous payez chaque annuité. Une annuité non réglée entraîne la déchéance du brevet, qui tombe alors dans le domaine public.
Cette logique a une conséquence stratégique. Tous les brevets ne méritent pas d'être maintenus 20 ans. Beaucoup d'entreprises laissent volontairement déchoir des brevets devenus obsolètes pour ne plus payer les annuités les plus chères. Le maintien d'un portefeuille de brevets se pilote donc comme un budget, année après année.
Comment construire une stratégie de protection ?#
Le brevet n'est pas toujours le bon outil. Avant de déposer, il faut confronter votre invention à la réalité de votre activité et à votre capacité à défendre vos droits. Voici la démarche que nous recommandons pour protéger et budgéter une invention.
- Vérifiez la brevetabilité de l'invention : nouveauté, activité inventive et application industrielle sont les trois conditions de fond. Une divulgation publique préalable peut détruire la nouveauté.
- Sécurisez l'antériorité en amont, par exemple par une enveloppe Soleau, qui constitue une preuve de date à coût modéré sans conférer de monopole.
- Déterminez le périmètre géographique : France seule, Europe ou international. Chaque extension multiplie les coûts et impose des délais à respecter.
- Arbitrez entre brevet et secret. Un procédé difficile à reconstituer peut être mieux protégé par le secret, qui évite la publication et n'a pas de durée limitée, mais ne donne aucun monopole opposable.
- Budgétez l'ensemble : redevances INPI, honoraires de conseil, annuités sur la durée visée, et le cas échéant extensions à l'étranger.
| Outil de protection | Ce qu'il protège | Repère de coût |
|---|---|---|
| Brevet d'invention | Une solution technique nouvelle, monopole de 20 ans | Redevances dès environ 636 euros, plus annuités |
| Certificat d'utilité | Une invention, protection plus courte, sans rapport de recherche obligatoire au dépôt | Inférieur au brevet |
| Enveloppe Soleau | Une preuve de date de création, sans monopole | Peu coûteux |
| Secret | Un savoir-faire non divulgué, sans durée limitée | Coût de confidentialité interne |
| Marque | Un signe distinctif (nom, logo), objet différent du brevet | Redevances de dépôt de marque |
Les frais de brevet sont-ils déductibles et éligibles au CIR ?#
C'est là que l'expert-comptable apporte une valeur que peu de déposants anticipent. Les frais de prise et de maintenance de brevets figurent parmi les dépenses éligibles au crédit d'impôt recherche, prévu à l'article 244 quater B du CGI. Concrètement, une partie des redevances et frais associés à la protection de vos inventions peut alimenter votre assiette de CIR, et donc réduire votre impôt.
Cette éligibilité est particulièrement intéressante pour les structures qui mènent déjà une activité de recherche et développement et qui mobilisent le CIR ou le statut de jeune entreprise innovante. Si c'est votre cas, le brevet ne doit pas être traité isolément, mais intégré à la stratégie globale d'aides à l'innovation. Nous coordonnons ces points dans le cadre de notre accompagnement CIR, CII et statut JEI, et vous pouvez approfondir la mécanique du dispositif avec notre article sur la réforme du statut JEI en 2026.
Le brevet acquis ou déposé constitue par ailleurs une immobilisation incorporelle à l'actif du bilan. Il est amortissable sur sa durée de protection ou d'utilisation prévue. Le coût n'est donc pas une charge intégralement déduite l'année du dépôt, mais une valeur étalée comptablement, ce qui change le visage de votre résultat et de vos capitaux propres.
Qu'est-ce que l'IP Box et comment l'utiliser ?#
L'IP Box, prévue à l'article 238 du CGI, est un régime de faveur trop peu utilisé par les PME. Sur option, le résultat net de cession, de concession ou de sous-concession de brevets, et d'actifs assimilés, est imposé à un taux réduit d'impôt sur les sociétés de 10 pour cent, au lieu du taux normal de 25 pour cent.
Les actifs concernés ne se limitent pas aux brevets : entrent aussi dans le dispositif les certificats d'utilité, les logiciels protégés par le droit d'auteur et certains procédés de fabrication. En revanche, les marques, dessins et modèles sont exclus du régime. Une startup qui licencie une technologie brevetée ou un logiciel protégé peut donc voir une partie de ses revenus imposée à 10 pour cent plutôt qu'à 25 pour cent.
Ce taux réduit n'est pas automatique. Il s'applique sous réserve d'un ratio dit nexus, qui tient compte de la part des dépenses de recherche et développement réalisées en France. Plus votre R&D est localisée et tracée en France, plus la fraction de revenus éligible au taux réduit est élevée. Cela suppose une comptabilité analytique rigoureuse, que nous mettons en place dans le cadre de notre expertise comptable à Paris 8e.
| Levier fiscal | Mécanisme | Référence |
|---|---|---|
| Crédit d'impôt recherche | Frais de prise et de maintenance de brevets éligibles à l'assiette du CIR | Article 244 quater B du CGI |
| Amortissement | Brevet inscrit en immobilisation incorporelle, amorti sur la durée de protection ou d'utilisation | Plan comptable général |
| IP Box | Résultat net de cession, concession ou sous-concession imposé à 10 pour cent au lieu de 25 pour cent | Article 238 du CGI |
Notre lecture#
Trop de fondateurs raisonnent uniquement sur le ticket d'entrée des 636 euros et découvrent ensuite les annuités, les honoraires de conseil et le coût des extensions. Le brevet est un engagement pluriannuel, pas un achat ponctuel. À l'inverse, beaucoup de dirigeants ignorent que la protection peut être en partie refinancée par le CIR et que les revenus tirés du brevet relèvent potentiellement de l'IP Box à 10 pour cent. Notre conviction est que la décision de breveter doit se prendre en regardant les deux faces : le coût sur la durée et le rendement fiscal possible.
En pratique#
Un cas fréquent dans nos dossiers : une startup deeptech sollicite notre cabinet avant un dépôt. Le fondateur a chiffré 636 euros et s'arrête là. Nous reconstruisons avec lui le budget complet : redevances réduites de 50 pour cent grâce au statut de PME éligible, annuités croissantes sur l'horizon de protection visé, et honoraires de rédaction. En parallèle, nous vérifions que les frais de prise du brevet alimentent bien son assiette de CIR, et nous anticipons le traitement des revenus de licence en cas d'IP Box. Le brevet cesse d'être une dépense subie pour devenir une ligne du plan de financement, cohérente avec sa préparation de première levée de fonds.
Points de vigilance 2026#
La réduction de 50 pour cent suppose des conditions précises de taille et de détention du capital, et elle disparaît au-delà de la 7e annuité : ne tablez pas dessus pour les annuités les plus chères. Une annuité oubliée fait tomber le brevet dans le domaine public, parfois définitivement. L'IP Box exige une traçabilité fine des dépenses de recherche et développement pour justifier le ratio nexus : sans comptabilité analytique adaptée, l'avantage est fragilisé en cas de contrôle. Enfin, le brevet publie votre invention, ce qui peut être un inconvénient face au secret pour certains procédés.
En tant qu'expert-comptable inscrit à l'Ordre et commissaire aux comptes, nous intervenons sur le volet économique et fiscal du brevet, en lien avec votre conseil en propriété industrielle pour le volet technique et juridique de la demande. Si vous lancez votre structure, nos repères sur les choix structurants au lancement d'une startup et notre accompagnement des startups tech complètent utilement cette réflexion.
Conseil Hayot Expertise. Avant de déposer, posez un budget sur toute la durée de protection, vérifiez votre éligibilité à la réduction de 50 pour cent et faites le lien avec votre CIR. Si vous prévoyez de licencier la technologie, étudiez l'option IP Box dès le départ, car elle se prépare en amont par la qualité de votre suivi des dépenses de recherche.
Questions fréquentes
Combien coûte un brevet à l'INPI ?+
Au tarif normal 2026, la procédure de base coûte au minimum environ 636 euros : 26 euros de dépôt, 520 euros de rapport de recherche et 90 euros de délivrance. S'y ajoutent les annuités de maintien, de 38 à 790 euros par an, soit de l'ordre de 4 500 euros sur 20 ans.
Combien de temps un brevet protège-t-il ?+
Un brevet protège votre invention pendant 20 ans à compter de la date de dépôt. Cette protection est conditionnée au paiement des annuités de maintien en vigueur. Si une annuité n'est pas réglée, le brevet est déchu et l'invention tombe dans le domaine public avant le terme des 20 ans.
Qui peut bénéficier de la réduction de 50 pour cent sur les redevances ?+
La réduction de 50 pour cent s'applique aux personnes physiques, aux PME de moins de 1 000 salariés dont le capital n'est pas détenu à 25 pour cent ou plus par une entité non éligible, et à certains organismes de recherche et d'enseignement à but non lucratif. Elle n'est plus possible au-delà de la 7e annuité.
Les frais de brevet sont-ils déductibles ?+
Les frais de prise et de maintenance de brevets figurent parmi les dépenses éligibles au crédit d'impôt recherche, à l'article 244 quater B du CGI. Le brevet lui-même constitue une immobilisation incorporelle, amortissable sur sa durée de protection ou d'utilisation prévue, et non une charge déduite en une seule fois.
Qu'est-ce que l'IP Box ?+
L'IP Box, à l'article 238 du CGI, permet sur option d'imposer à 10 pour cent, au lieu de 25 pour cent, le résultat net de cession, de concession ou de sous-concession de brevets et d'actifs assimilés, sous réserve d'un ratio nexus lié à la R&D réalisée en France. Les marques, dessins et modèles en sont exclus.
Comment financer un brevet ?+
Le brevet peut être intégré au plan de financement de l'entreprise et en partie refinancé par le crédit d'impôt recherche, car les frais de prise et de maintenance entrent dans l'assiette du CIR. Les structures innovantes peuvent aussi mobiliser le statut de jeune entreprise innovante et leurs aides à l'innovation.
À retenir#
- La procédure de base à l'INPI coûte au minimum environ 636 euros en 2026, plus des annuités de 38 à 790 euros, soit de l'ordre de 4 500 euros sur 20 ans.
- La protection dure 20 ans à compter du dépôt, conditionnée au paiement de chaque annuité.
- Les personnes physiques et PME éligibles bénéficient d'une réduction de 50 pour cent, qui n'est plus possible au-delà de la 7e annuité.
- Les frais de brevet sont éligibles au crédit d'impôt recherche, et le brevet s'amortit en immobilisation incorporelle.
- L'IP Box de l'article 238 du CGI permet d'imposer à 10 pour cent les revenus de cession ou de concession de brevets et actifs assimilés, marques exclues.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Redevances de brevet (INPI)
- Tarifs et redevances de procedure (INPI)
- Article 238 du CGI, imposition reduite des produits de brevets (Legifrance)
- Article 244 quater B du CGI, credit d'impot recherche (Legifrance)
- Imposition au taux reduit des revenus de la propriete industrielle (BOFiP)
- Credit d'impot recherche, depenses eligibles (impots.gouv.fr)
Ce sujet relève de notre mission CIR, CII, JEI | Financement innovation sécurisé
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