Indice du coût de la construction : comment l'utiliser en 2026
L'ICC sert encore de référence dans certains baux et contrats. Au T4 2025, l'Insee le situe à 111,0. Voici comment le lire et l'utiliser sans contresens.
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Mise à jour du 4 avril 2026 - L'indice du coût de la construction (ICC) reste une référence utile dans certains baux, clauses d'indexation et analyses immobilières. Au T4 2025, la dernière publication de l'Insee (parue le 24 mars 2026) situe l'ICC à 111,0 en base 100 en 2021, en baisse de 2,37 % sur un an par rapport au T4 2024 (113,7). Ce mouvement s'inscrit dans un contexte plus large de ralentissement des coûts dans le secteur du bâtiment, que l'indice des coûts de production (ICP-F) confirme avec une hausse modérée de +1,6 % sur un an au même trimestre.
Pour compléter, consultez aussi Situation immobilière, Faut-il ouvrir une SCI pour investir ? et SARL de famille ou SCI.
Qu'est-ce que l'indice du coût de la construction (ICC)#
L'ICC est un indice trimestriel publié par l'Insee qui mesure l'évolution des coûts supportés par les maîtres d'ouvrage dans le secteur de la construction de logements neufs. Il couvre les dépenses de matériaux, la main-d'œuvre, les transports et les frais généraux liés à la construction.
La base de référence est 100 en 2021 (moyenne annuelle). L'indice est calculé pour la France métropolitaine et fait l'objet de révisions trimestrielles. Il se distingue de deux autres indices publiés dans la même série :
- l'ICP-F (indice du coût de production dans la construction), qui couvre l'ensemble du secteur et s'établit à 115,0 au T4 2025 ;
- l'IPEA (indice de prix des travaux d'entretien et d'amélioration), qui suit les prix des travaux de rénovation et s'établit à 118,5 (donnée provisoire) au T4 2025.
Chaque indice répond à un usage précis. Les confondre dans une clause contractuelle peut rendre une révision inapplicable ou contestable.
L'ICC au T4 2025 : les chiffres clés de l'Insee#
Voici les dernières valeurs publiées par l'Insee le 24 mars 2026 :
| Trimestre | ICC (base 100 en 2021) | ICP-F | IPEA |
|---|---|---|---|
| T4 2025 | 111,0 | 115,0 | 118,5 (p) |
| T3 2025 | 110,9 | 114,8 | 118,1 (p) |
| T2 2025 | 112,5 | 114,3 | 118,2 (p) |
| T1 2025 | 115,8 | 114,2 | 117,7 |
| T4 2024 | 113,7 | 113,3 | 117,1 |
| T4 2023 | 116,6 | 112,3 | 116,0 |
(p : donnée provisoire — Source : Insee, 24/03/2026)
Plusieurs enseignements se dégagent de ces données :
L'ICC est en baisse de 2,37 % sur un an entre le T4 2024 et le T4 2025. Cette diminution traduit un ralentissement des coûts de matériaux et une modération de la pression sur les prix de gros dans le bâtiment.
L'ICC a atteint un pic au T1 2025 (115,8) avant de refluer progressivement. Le T4 2025 (111,0) représente le niveau le plus bas depuis le T3 2023 (113,6), signe d'une détente significative des coûts de construction.
L'ICP-F reste orienté à la hausse (+1,6 % sur un an au T4 2025), ce qui signifie que les coûts de production globaux augmentent encore, même si le rythme est modéré. L'ICC, plus ciblé sur le logement neuf, bénéficie d'une dynamique plus favorable.
L'IPEA progresse de 1,2 % sur un an au T4 2025. Les travaux de rénovation et d'amélioration restent donc plus chers que la construction neuve en relatif, une tendance qui impacte directement les budgets de réhabilitation immobilière.
À quoi sert encore l'ICC en 2026#
L'ICC conserve plusieurs usages pratiques, même si son périmètre d'application s'est rétréci au fil des années :
Indexation de baux commerciaux et contrats anciens#
Certains baux commerciaux et contrats de construction conclus avant l'entrée en vigueur de l'indice des loyers commerciaux (ILC) ou de l'indice des loyers des activités tertiaires (ILAT) font encore référence à l'ICC. Lorsque la clause contractuelle désigne explicitement l'ICC, c'est cet indice qu'il faut appliquer, même si d'autres indices sont plus récents ou plus spécifiques.
Révision de prix dans les marchés de construction#
Les marchés de travaux publics et les contrats de construction de maisons individuelles (CCMI) peuvent inclure des clauses de révision de prix basées sur l'ICC. Ces clauses permettent d'ajuster le prix du contrat en fonction de l'évolution des coûts constatée entre la signature et l'exécution des travaux.
Suivi économique et analyses immobilières#
Pour les professionnels de l'immobilier, les promoteurs et les investisseurs, l'ICC constitue un indicateur de tendance sur l'évolution des coûts de construction. Il permet d'anticiper les marges, de calibrer les budgets prévisionnels et de comparer l'évolution des coûts avec celle des prix de vente.
Comparaison avec d'autres indices immobiliers#
L'ICC se compare utilement avec l'IRL (indice de référence des loyers), l'ILC, l'ILAT et l'IPEA. Ces comparaisons permettent d'objectiver des raisonnements de valorisation, de révision de loyer ou de négociation contractuelle.
Comment calculer une révision avec l'ICC#
La formule de révision est généralement prévue dans le contrat. Dans sa forme la plus courante, elle s'écrit :
Nouveau montant = Montant initial x (Indice de référence / Indice de départ)
Où :
- l'indice de référence est le dernier indice connu à la date de révision ;
- l'indice de départ est l'indice retenu au moment de la signature du contrat ou de la dernière révision.
Exemple concret : un bail commercial signé en T1 2024 prévoit une révision annuelle basée sur l'ICC. Le loyer initial est de 10 000 euros. L'ICC au T1 2024 était de 115,8. L'ICC au T4 2025 (dernier indice connu) est de 111,0.
Le loyer révisé serait : 10 000 x (111,0 / 115,8) = 9 585,49 euros.
Dans ce cas, la baisse de l'ICC entraîne une diminution du loyer. C'est une situation rare mais possible lorsque l'indice de référence est inférieur à l'indice de départ.
Si le contrat prévoit une clause de plancher ou de plafond, la révision peut être limitée. Il convient de vérifier si la clause autorise une baisse ou si elle ne prévoit qu'une hausse (clause asymétrique).
Le bon réflexe en 2026 : 5 règles d'or#
-
Vérifier l'indice exact prévu dans le contrat : ne pas substituer un indice à un autre sans avenant. Si le contrat mentionne l'ICC, utilisez l'ICC, pas l'ICP-F ni l'IPEA.
-
Utiliser la bonne date de publication : l'Insee publie les indices avec un décalage d'un trimestre. Au 4 avril 2026, le dernier indice disponible est celui du T4 2025 (publié le 24 mars 2026).
-
Respecter la périodicité de révision : la plupart des clauses prévoient une révision annuelle. Ne pas réviser plus fréquemment que prévu.
-
Documenter le calcul appliqué : conserver une trace écrite du calcul, avec les références aux indices utilisés et les dates de publication.
-
Ne pas remplacer automatiquement ICC par ILC ou ILAT : ces indices ont des champs d'application différents.
Un changement d'indice requiert un avenant au contrat.
Conseil Hayot Expertise : un dossier d'indexation se sécurise d'abord en relisant la clause. Le choix du mauvais indice crée plus de risque que le calcul lui-même. Dans la pratique, nous constatons que les erreurs d'indice sont la première cause de contestation en cas de contrôle ou de litige.
ICC, ICP-F, IPEA : quel indice choisir#
Le choix de l'indice dépend de la nature du contrat et de l'objet de la révision :
| Indice | Champ | T4 2025 | Évolution annuelle | Usage principal |
|---|---|---|---|---|
| ICC | France métropolitaine | 111,0 | -2,37 % | Baux anciens, CCMI |
| ICP-F | France | 115,0 | +1,6 % | Coûts de production globaux |
| IPEA | France métropolitaine | 118,5 (p) | +1,2 % | Travaux de rénovation |
| IRL | France métropolitaine | Variable | Selon Insee | Révision de loyers d'habitation |
| ILC | France | Variable | Selon Insee | Baux commerciaux |
L'ICC est le seul indice qui ait enregistré une baisse sur un an au T4 2025. Cette particularité peut avoir un impact significatif sur les contrats qui s'y réfèrent, en particulier dans un contexte où les autres indices restent orientés à la hausse.
Les risques d'une mauvaise indexation#
Utiliser le mauvais indice ou appliquer une formule incorrecte expose à plusieurs risques :
- Contestation par le locataire ou le cocontractant : une révision basée sur un indice non prévu au contrat peut être annulée par un juge.
- Régularisation rétroactive : si l'erreur est découverte après plusieurs années, les sommes indûment perçues ou non perçues doivent être régularisées.
- Perte de confiance : des erreurs répétées d'indexation nuisent à la relation contractuelle et peuvent compliquer les négociations futures.
- Sanctions en cas de clause abusive : certaines clauses d'indexation asymétriques (qui ne prévoient que des hausses) ont été jugées abusives par la jurisprudence.
Vous voulez vérifier une clause d'indexation#
Nous pouvons vous aider à relire le contrat, l'indice visé et la méthode de révision retenue. Notre accompagnement couvre l'analyse de la clause, le calcul de la révision et la préparation des courriers de notification.
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Conclusion#
Au T4 2025, l'indice du coût de la construction s'établit à 111,0 (base 100 en 2021), en baisse de 2,37 % sur un an. Cette évolution contraste avec la hausse modérée de l'ICP-F (+1,6 %) et de l'IPEA (+1,2 %). L'ICC doit être utilisé avec précision : bon indice, bonne période, bonne clause. Dans un contexte de détente des coûts de construction, les contrats qui s'y réfèrent peuvent voir leurs montants révisés à la baisse, une situation qui mérite une attention particulière lors des révisions annuelles.
Vous voulez vérifier un calcul d'indexation ou un dossier immobilier sensible ? Nous pouvons vous accompagner dans l'analyse de vos clauses et le calcul de vos révisions.
(Sources officielles : Insee — Indices de coûts et de prix dans la construction, publication du 24/03/2026 pour le T4 2025, https://www.insee.fr/fr/statistiques/2015347)
Questions fréquentes
Quelle est la dernière valeur connue de l'ICC en 2026 ?+
Au 4 avril 2026, la dernière valeur publiée par l'Insee est celle du T4 2025, soit 111,0 en base 100 en 2021. Cette donnée a été publiée le 24 mars 2026. L'ICC est en baisse de 2,37 % par rapport au T4 2024 (113,7). Le prochain indice (T1 2026) sera publié par l'Insee vers fin juin 2026.
Quelle est la différence entre l'ICC, l'ICP-F et l'IPEA ?+
Ces trois indices sont publiés par l'Insee mais mesurent des réalités différentes. L'ICC (indice du coût de la construction) suit les coûts de construction de logements neufs en France métropolitaine. L'ICP-F (indice du coût de production) couvre l'ensemble du secteur de la construction en France. L'IPEA (indice de prix des travaux d'entretien et d'amélioration) suit les prix des travaux de rénovation. Au T4 2025, l'ICC est le seul à être en baisse (-2,37 %), tandis que l'ICP-F progresse de +1,6 % et l'IPEA de +1,2 %.
Peut-on utiliser un autre indice que celui prévu dans le contrat ?+
Non. L'indice de révision est un élément contractuel. Si le bail ou le contrat désigne l'ICC, vous ne pouvez pas le remplacer unilatéralement par l'ILC, l'ILAT ou tout autre indice. Un changement d'indice requiert un avenant signé par les deux parties. Utiliser un indice non prévu expose à une annulation de la révision et à une régularisation rétroactive.
Comment se calcule une révision de loyer avec l'ICC ?+
La formule est la suivante : Nouveau loyer = Loyer initial x (Indice de référence / Indice de départ). L'indice de référence est le dernier indice connu à la date de révision, et l'indice de départ est celui retenu lors de la signature ou de la dernière révision. Si l'indice de référence est inférieur à l'indice de départ, le loyer peut diminuer, sauf si le contrat prévoit une clause de plancher.
L'ICC est-il encore utilisé pour les baux commerciaux récents ?+
De moins en moins. Les baux commerciaux conclus depuis 2007 font généralement référence à l'ILC (indice des loyers commerciaux) ou à l'ILAT (indice des loyers des activités tertiaires). L'ICC reste toutefois utilisé dans certains contrats anciens, les CCMI (contrats de construction de maisons individuelles) et certains marchés de travaux. Il convient de vérifier la clause d'indexation de chaque contrat pour identifier l'indice applicable.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
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