Entreprises et industries : allégez le coût de l'énergie
Sobriété, pilotage, fiscalité énergétique, TICFE et gains process : comment alléger durablement le coût de l'énergie en entreprise.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
#Entreprises et industries : allégez le coût de l'énergie
Mise à jour mars 2026 - Le coût de l'énergie représente un poste stratégique pour toute entreprise. Entre la fin du bouclier tarifaire au 31 décembre 2025, la revalorisation de l'accise sur l'électricité et la volatilité des marchés, le coût de l'énergie entreprise se pilote. Sobriété, efficacité des équipements, optimisation contractuelle et fiscalité énergétique : les leviers sont multiples.
Comprendre la structure de votre facture énergétique#
La facture d'électricité d'une entreprise se structure autour de quatre composantes. Le prix de l'énergie proprement dit, fixé par votre contrat de fourniture, représente généralement 30 à 40 % du montant total. Les tarifs de réseau (TURPE pour l'électricité, ATRT pour le gaz), régulés par la CRE, couvrent le transport et la distribution jusqu'à votre compteur.
Les taxes et contributions pèsent entre 25 et 35 % de la facture selon votre profil de consommation. C'est ici que se joue une part significative du coût de l'énergie entreprise. La TVA s'applique au taux normal de 20 % sur l'ensemble des postes depuis le 1er août 2025 pour les abonnements inférieurs ou égaux à 36 kVA.
Chaque composante appelle des actions différentes. Négocier le prix de fourniture ne réduit ni les taxes ni les tarifs de réseau. Une approche globale du coût de l'énergie entreprise exige de traiter chaque poste spécifiquement.
L'accise sur l'électricité (ex-TICFE) : ce qui change en 2026#
La TICFE a été fusionnée avec la CSPE pour former l'accise sur l'électricité. Depuis le 1er janvier 2022, sa collecte est assurée par la DGFiP, et non plus par les Douanes.
Depuis le 1er février 2026, les tarifs normaux de l'accise sur l'électricité s'établissent comme suit :
- Ménages et assimilés (≤ 36 kVA) : 30,85 €/MWh
- PME (36 à 250 kVA) : 26,58 €/MWh
- Hautes puissances (> 250 kVA) : 26,58 €/MWh
Ces montants marquent une hausse de +3,06 % par rapport à 2025 (25,79 €/MWh). Pour une entreprise consommant 500 MWh/an en haute puissance, cela représente près de 400 € de surcoût annuel au seul titre de l'accise, soumis à la TVA de 20 %.
Le gaz naturel suit une dynamique similaire. L'accise sur le gaz (ex-TICGN) s'établit à 16,39 €/MWh depuis le 1er février 2026, contre 15,43 €/MWh en 2025. Les taxes et contributions représentent environ un quart des factures de gaz des professionnels.
Les taux réduits d'accise : un levier souvent méconnu#
La fiscalité énergétique ne s'applique pas uniformément. La loi prévoit des régimes dérogatoires pour certaines activités, rarement mobilisés spontanément. C'est un axe majeur pour alléger le coût de l'énergie entreprise de manière structurelle.
Depuis le 1er février 2026, le dispositif des taux réduits a été rationalisé. Le nombre de tarifs applicables aux activités industrielles est passé de sept à cinq, avec l'introduction d'un nouveau seuil d'électro-sensibilité :
- Activités électro-intensives (électro-intensité > 6,75 %) : 0,5 €/MWh
- Activités hyper électro-intensives (électro-intensité > 13,5 %) : 0,5 €/MWh
- Activités électro-sensibles (électro-sensibilité > 2,25 %) : 3,0 €/MWh
- Grandes consommatrices d'électricité (électro-intensité > 0,5 %) : 5,5 €/MWh
- Activités exposées à la concurrence internationale : 0,5 €/MWh
Un régime spécifique concerne les data centers : leur tarif d'accise peut être abaissé à 10 €/MWh sous conditions (électro-intensité ≥ 2,25 %, consommation annuelle minimale ≥ 1 GWh/an, respect de contraintes d'efficacité énergétique). La liste des secteurs exposés a été actualisée par l'arrêté du 18 décembre 2025.
L'écart entre le tarif normal (26,58 €/MWh) et le taux réduit le plus bas (0,5 €/MWh) est considérable. Pour un site industriel consommant 2 000 MWh/an, la différence annuelle dépasse 52 000 €.
Comment bénéficier des exonérations et taux réduits#
L'accès aux régimes dérogatoires n'est jamais automatique. Il repose sur une démarche proactive de l'entreprise, qui doit qualifier ses usages et constituer un dossier conforme.
Plusieurs cas d'exonération totale existent, indépendamment du secteur d'activité. L'électricité utilisée dans des procédés métallurgiques, de réduction chimique ou d'électrolyse est exonérée. Il en va de même lorsque l'électricité représente plus de 50 % des coûts de production, ou dans la fabrication de produits minéraux non métalliques (division 23 de la nomenclature NACE).
Pour les taux réduits, l'éligibilité repose sur des critères techniques et économiques précis définis par le CIBS. Le code NAF constitue un point de départ, mais rarement une conclusion. Deux entreprises du même code NAF peuvent se retrouver dans des situations fiscales très différentes selon leurs usages réels.
La procédure exige que le consommateur complète une attestation Cerfa et la remette à son fournisseur. Les attestations ne sont pas transmises à la DGFiP mais doivent être tenues à disposition de l'administration. Une modification d'usage, de process ou de périmètre peut remettre en cause l'éligibilité en cours de contrat.
Récupérer l'accise trop payée : un droit souvent ignoré#
Lorsqu'une entreprise était éligible à une exonération ou à un taux réduit mais ne l'a pas appliqué, un remboursement rétroactif est possible. Le délai de reprise est limité à deux exercices antérieurs suivant l'année du paiement.
Pendant les années de bouclier tarifaire, ce mécanisme était largement inopérant. Depuis le retour au régime de droit commun en 2025, deux exercices complets se sont écoulés. Les entreprises éligibles retrouvent une capacité pleine de rattrapage.
Ce droit au remboursement exige un dossier documenté, qualifiant les usages électriques site par site, et démontrant l'éligibilité sur les périodes concernées. Un travail technique combinant analyse fiscale, compréhension des process industriels et maîtrise des obligations déclaratives. Les montants en jeu justifient presque toujours l'investissement.
Sobriété énergétique et efficacité : les gains rapides#
Au-delà de la fiscalité, la réduction du coût de l'énergie entreprise passe par une maîtrise concrète des consommations. L'ADEME identifie plusieurs axes d'action immédiatement mobilisables.
Le pilotage des usages arrive en tête. Installer des compteurs divisionnaires, identifier les postes consommateurs, détecter les consommations hors production (nuits, week-ends). Les gains de sobriété sont souvent les plus rapides et les moins coûteux. Une entreprise peut réduire sa facture de 5 à 15 % par la seule élimination des gaspillages.
L'efficacité des équipements constitue le deuxième levier. Les moteurs électriques, les systèmes d'air comprimé, le chauffage et la climatisation représentent des gisements d'économie importants. Le remplacement d'un moteur ancien par un modèle IE3 ou IE4 peut générer des économies de 20 à 40 % sur ce poste. L'ADEME propose des aides pour financer ces investissements, notamment via les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE).
Le pilotage des pics de consommation est un troisième axe. Pour les sites en tarif jaune ou vert, la puissance souscrite détermine une part fixe de la facture. Décaler certaines opérations énergivores en heures creuses peut réduire ce poste de 10 à 20 %, sans réduction de la production.
Les aides ADEME et CEE : ne pas laisser d'argent sur la table#
L'Agence de la Transition Écologique (ADEME) propose plusieurs dispositifs de soutien aux entreprises.
Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) financent une large gamme de travaux : isolation, éclairage LED, variateurs de vitesse, récupération de chaleur fatale, audits énergétiques. La sixième période des CEE (2026-2030) est en cours de déploiement avec un cadre renforcé.
Les diagnostics énergétiques obligatoires pour certaines entreprises constituent une opportunité. Au-delà de l'obligation réglementaire, ils révèlent des gisements d'économie souvent insoupçonnés. Certaines régions et collectivités territoriales proposent des aides complémentaires. Rapprochez-vous de votre chambre de commerce ou de votre agence régionale ADEME.
Conseil Hayot Expertise : le meilleur gain énergie vient souvent d'une combinaison de petites décisions rationnelles, pas d'une seule mesure spectaculaire.
Le bon angle d'analyse pour une entreprise ou une industrie#
Pour piloter le coût de l'énergie entreprise avec rigueur, il faut distinguer quatre types d'action :
- Économie d'usage : consommer moins sans modifier le modèle opérationnel. C'est une économie nette qui améliore directement la marge.
- Optimisation contractuelle : renégocier les contrats de fourniture, revoir les structures tarifaires, vérifier que la puissance souscrite correspond à l'usage réel.
- Fiscalité énergétique : comprendre quelles taxes s'appliquent, identifier les régimes d'exonération ou de réduction disponibles, exercer les droits au remboursement de l'accise trop acquittée.
- Investissement rentable : remplacer les équipements énergivores, moderniser les process. Cela exige une modélisation financière sérieuse, pas une simple estimation de délai de retour.
Vous pouvez prolonger avec remboursement CSPE, optimisation fiscale entreprise et question fiscale ou sociale.
Questions fréquentes
Quel est le montant de la TICFE pour les entreprises en 2026 ?+
Depuis le 1er février 2026, l'accise sur l'électricité (ex-TICFE) s'établit à 26,58 €/MWh pour les entreprises disposant d'un compteur supérieur à 36 kVA, et à 30,85 €/MWh pour les ménages et assimilés (≤ 36 kVA). Ce montant représente une hausse de +3,06 % par rapport à 2025. Il est soumis à la TVA de 20 %, ce qui porte le coût réel à environ 31,90 €/MWh TTC pour les entreprises. Les activités industrielles électro-intensives peuvent bénéficier de taux réduits allant jusqu'à 0,5 €/MWh sous conditions d'éligibilité.
Comment une entreprise peut-elle obtenir un taux réduit de TICFE ?+
L'entreprise doit d'abord vérifier son éligibilité en analysant ses usages électriques, son niveau d'électro-intensité et son exposition à la concurrence internationale. Le code NAF seul ne suffit pas. Ensuite, elle doit compléter l'attestation Cerfa correspondante et la transmettre à son fournisseur d'électricité. L'attestation n'est pas envoyée à la DGFiP mais doit être conservée à disposition de l'administration en cas de contrôle. Si l'entreprise a payé l'accise au tarif normal alors qu'elle était éligible, elle peut demander un remboursement rétroactif dans un délai de deux ans suivant l'année du paiement.
Quelles sont les aides disponibles pour réduire la facture énergétique des entreprises ?+
Plusieurs dispositifs coexistent en 2026. Les Certificats d'Économies d'Énergie (CEE) financent des travaux d'efficacité énergétique (isolation, éclairage, moteurs, récupération de chaleur). L'ADEME propose des accompagnements techniques et des aides financières pour les diagnostics énergétiques et les investissements de sobriété. Certaines régions et collectivités territoriales offrent des subventions complémentaires. Enfin, les régimes dérogatoires de fiscalité énergétique (taux réduits d'accise, exonérations) constituent un levier direct de réduction du coût de l'énergie entreprise, souvent sous-estimé par rapport aux aides à l'investissement.
Conclusion#
En 2026, alléger le coût de l'énergie suppose de piloter le sujet comme un poste de marge à part entière. La fin du bouclier tarifaire, la revalorisation de l'accise et la complexité des régimes dérogatoires rendent indispensable une approche structurée. Sobriété, efficacité des équipements, optimisation contractuelle et maîtrise de la fiscalité énergétique : chaque levier compte.
Vous voulez identifier des gains concrets et défendables sur vos coûts énergie ? Nous pouvons vous accompagner.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
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