CSRD norme ESRS E1 (climat) : les indicateurs à produire concrètement
ESRS E1 : décryptage des datapoints obligatoires (émissions GES scopes 1-2-3, plan de transition, cibles climat, tarification carbone interne). Tout ce qu'il faut rapporter pour la CSRD.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. La norme ESRS E1 (climat) du règlement délégué UE 2023/2772 impose aux grandes entreprises de rapporter des datapoints obligatoires : émissions GES brutes (scopes 1, 2 et 3), plan de transition climatique, cibles de réduction, consommation énergétique, absorptions de carbone et tarification interne du carbone. Ces disclosures répondent à la double matérialité (impact climatique + risque financier) et constituent le cœur du reporting climat CSRD.
Contexte 2026 : pourquoi la norme ESRS E1 s'impose maintenant#
La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive, 2022/2464), transposée en France par l'ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023, impose aux entreprises assujetties un reporting de durabilité structuré et vérifiable, organisé autour des normes ESRS et de l'analyse de double matérialité climat. Pour savoir si votre société entre dans le champ, consultez notre article sur qui est soumis à la CSRD et son calendrier. Le changement climatique est la première matière de ce reporting ESG : investisseurs, banques et donneurs d'ordre exigent une transparence sur les émissions GES, les risques de transition énergétique et les plans d'action.
Le paquet « Omnibus » a sensiblement resserré ce périmètre. La directive de fond, approuvée par le Parlement européen en décembre 2025 et adoptée définitivement début 2026 (directive (UE) 2026/470), relève le seuil principal d'assujettissement à plus de 1 000 salariés et plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires net, réduisant d'environ 80 % le nombre d'entreprises directement concernées ; les anciens seuils progressifs (500, puis 250 salariés) ne s'appliquent plus. En parallèle, la directive « stop-the-clock » (UE) 2025/794 a reporté de deux ans l'entrée en application des vagues suivantes : les grandes entreprises non encore soumises publieront sur l'exercice 2027 (rapport en 2028), les PME cotées sur l'exercice 2028 (rapport en 2029). La transposition française de ce nouveau seuil se poursuit en 2026. Même hors du champ obligatoire, beaucoup de PME produisent un reporting climat à la demande de leurs clients, de leurs financeurs ou via la norme volontaire VSME.
La norme ESRS E1 (Environmental standard 1 — Climate change, établie dans le règlement délégué 2023/2772) est l'instrument technique qui fixe précisément quels indicateurs climatiques rapporter et comment les calculer. Entrée en vigueur le 1er janvier 2024 pour les premières entreprises concernées, ESRS E1 s'impose maintenant dans les pratiques de reporting 2025-2026.
En 2026, votre premier ou deuxième reporting CSRD doit inclure les datapoints E1. Le non-respect expose à des critiques réglementaires et à une perte de confiance investisseur.
Qu'est-ce qu'ESRS E1 ? Principes fondamentaux#
ESRS E1 est une norme de reporting qui impose de divulguer les informations climatiques matérielles selon deux angles :
- Angle de matérialité d'impact : comment l'entreprise impacte le climat (émissions GES produites).
- Angle de matérialité financière : comment les enjeux climatiques impactent la performance financière (risques physiques et de transition énergétique).
Ensemble, ces deux angles forment la double matérialité : vous expliquez à la fois « je pollue le climat » et « je pourrais être impacté par le changement climatique ».
ESRS E1 ne vous demande pas une intention morale, mais une quantification précise, vérifiable et comparative : chiffres d'émissions, trajectoires, plans d'investissement.
Les datapoints obligatoires d'ESRS E1#
La norme ESRS E1 s'articule autour de neuf sections (E1-1 à E1-9), dont chacune regroupe un ou plusieurs datapoints. Voici les éléments qu'il vous faudra rapporter :
E1-1 : Plan de transition climatique#
Obligation : Rapporter si matériel.
Vous devez décrire comment votre stratégie commerciale et votre modèle d'affaires intègrent les objectifs climatiques. Concrètement :
- Énoncé de votre vision 2030-2050 (trajectoire vers zéro net, réduction intermédiaire).
- Ressources allouées (capex, budget OPEX) à la transition climatique.
- Gouvernance : qui pilote le plan transition au niveau du conseil, comité, direction.
- Actions en cours ou prévues (efficacité énergétique, énergies renouvelables, électrification, capacités technologiques).
Format : récit structuré + chiffres clés (budget, calendrier).
E1-2 et E1-3 : politiques et actions de transition#
Entre le plan de transition (E1-1) et les cibles (E1-4), la norme prévoit deux exigences intermédiaires, à publier lorsqu'elles sont matérielles : E1-2 (politiques climatiques formalisées : engagements, périmètre, responsabilités) et E1-3 (actions et ressources engagées : projets de décarbonation et budgets associés). Pour une PME, ces sections restent souvent succinctes ; elles documentent la cohérence entre la stratégie affichée et les moyens réellement mobilisés.
E1-4 : Cibles climatiques (Targets)#
Obligation : Obligatoire si vous avez défini des cibles GES.
Vous devez publier vos cibles climatiques en format standardisé :
- Année de référence (ex : 2020, 2010).
- Année cible (ex : 2030, 2040, 2050).
- Réduction en % ou en valeur absolue (ex : « -50 % d'émissions scope 1+2 en 2030 vs 2020 »).
- Couverture : quelle part de l'entreprise et du scope 1+2+3 la cible couvre-t-elle ?
- Alignement science : la cible est-elle alignée avec l'Accord de Paris (1,5°C ou 2°C) ? Avez-vous suivi une méthodologie SBTi (Science Based Targets initiative) ?
Tableau standardisé obligatoire pour chaque cible.
E1-5 : Consommation d'énergie#
Obligation : Obligatoire.
Rapportez vos consommations énergétiques en MWh (ou autres unités équivalentes) par source et par scope :
- Énergie consommée (directe = combustible + électricité scope 1 ; indirecte = électricité achetée scope 2).
- Répartition par source : gaz naturel, charbon, électricité réseau, énergies renouvelables, autres.
- Taux d'énergies renouvelables : % de votre consommation couverte par EnR (solaire, éolien, hydroélectrique, géothermie).
- Données de 2-3 années précédentes pour montrer la tendance.
Cela permet aux investisseurs de voir si vous réduisez réellement votre consommation ou si vous la maintenez.
E1-6 : Émissions GES brutes (Gross GHG emissions)#
Obligation : Obligatoire.
C'est le cœur du datapoint. Vous devez rapporter :
Scopes 1, 2 et 3 (émissions en tCO₂-équivalent)
| Scope | Définition | Exemples pour entreprise type |
|---|---|---|
| Scope 1 | Émissions directes provenant de sources contrôlées | Chauffage au gaz, flotte automobile, combustion directe |
| Scope 2 | Émissions indirectes liées à l'électricité achetée | Électricité du bureau, refroidissement |
| Scope 3 | Autres émissions indirectes (chaîne de valeur) | Déplacements professionnels, trajets domicile-travail, logistique prestataires, déchets, energie consommée en aval |
Format obligatoire :
- Tonnes CO₂-équivalent (scope 1, scope 2, scope 3 détaillé si matériel).
- Par année civile (2024, 2023, 2022 minimum) : comparabilité.
- Intensité : émissions rapportées à l'unité de chiffre d'affaires ou effectif (tCO₂/€M ou tCO₂/ETP). Cela permet une comparaison entre entreprises de taille différente.
- Méthodologie : facteurs d'émission utilisés (IPCC, ADEME, GRI, etc.), périmètre opérationnel vs financier.
- Scope 3 détaillé : si scope 3 est matériel, lister les catégories pertinentes (achat de biens, transport et distribution, déplacements professionnels, trajets salariés, déchets, autres).
Point clé : beaucoup d'entreprises omettent le scope 3 ou le calculent de manière imprécise. ESRS E1 exige la quantification, même si basée sur des estimations prudentes.
E1-7 : Absorptions et crédits carbone#
Obligation : Obligatoire si vous recourez à des absorptions ou crédits carbone.
Si vous compensez une part de vos émissions par :
- Reboisement interne ou partenaire.
- Crédits carbone volontaires achetés (VCS, Gold Standard).
- Projets REDD+, absorption biologique, captage direct.
À rapporter :
- Quantité d'absorptions (tCO₂ /an).
- Source (projet, lieu, secteur : forêts, agriculture, industrie).
- Méthodologie de vérification.
- Risque majeur : ESRS E1 demande une prudence forte sur les crédits carbone. Une absorption basée sur une hypothèse optimiste (ex : un reboisement qui ne s'avère pas durables) sera questionnée par le vérificateur.
Attention : les absorptions ne réduisent pas vos émissions brutes (E1-6), elles sont rapportées à titre informatif ou de compensation volontaire.
E1-8 : Tarification interne du carbone#
Obligation : Obligatoire si vous utilisez un prix interne du carbone.
Certaines grandes entreprises appliquent un coût interne du carbone à leurs projets d'investissement pour intégrer le risque climatique dans les décisions financières. Exemples :
- Audit énergétique : coût ajouté = 50 €/tCO₂/an × réductions attendues.
- Choix de chauffage : électrique (carbon-free) vs gaz (facteur d'émission appliqué au prix du carbon interne).
À rapporter :
- Montant du prix interne (€/tCO₂) appliqué.
- Périmètre : quels projets / décisions le utilisent ?
- Logique : s'agit-il d'une tarification shadow (fictive, pour la décision) ou interne obligatoire ?
Ce datapoint est moins courant pour les PME, mais pertinent si votre entreprise pilote ses investissements par un coût carbone explicite.
E1-9 : Risques physiques et de transition#
Obligation : Obligatoire si matériel.
Rapportez les risques climatiques qui affectent votre entreprise :
Risques physiques (impacts du changement climatique) :
- Inondations, sécheresses, tempêtes : quel impact sur vos sites, chaîne d'approvisionnement ?
- Augmentation des coûts énergétiques.
- Disponibilité de l'eau.
Risques de transition (changement réglementaire, technologique, marché) :
- Tarification du carbone future, impôts écologiques.
- Interdictions de technologies polluantes.
- Demande client qui se détourne des produits carbonés.
- Compétence de la main-d'œuvre pour opérer des technologies bas-carbone.
Format : analyse qualitative + estimation financière si possible (ex : « risque d'augmentation des coûts énergétiques de 15 % en 2030 »).
Tableau synthétique : datapoints E1-1 à E1-9#
| Datapoint | Sujet | Obligatoire ? | Échelle de rapport | Format |
|---|---|---|---|---|
| E1-1 | Plan transition climatique | Si matériel | Entreprise | Récit + chiffres |
| E1-4 | Cibles climatiques | Si cibles définies | Cibles quantifiées | Tableau standardisé |
| E1-5 | Consommation énergétique | Oui | MWh par source / tCO₂ | Tableau + tendance |
| E1-6 | Émissions GES brutes (S1, S2, S3) | Oui | tCO₂eq + intensité | Tableau comparative 3 ans |
| E1-7 | Absorptions / crédits carbone | Si utilisés | tCO₂ supprimés | Tableau + méthodologie |
| E1-8 | Tarification carbone interne | Si utilisée | €/tCO₂ | Récit + exemples |
| E1-9 | Risques physiques et transition | Si matériels | Qualité + financier | Analyse scénarios |
Cas particuliers : entreprises par taille et activité#
Grandes sociétés cotées (>5000 salariés)#
Exigence maximale : toutes les sections E1 sont matérielles. Vos émissions scope 3 doivent être quantifiées avec détail (catégories), même si estimées. Attentes élevées sur le plan transition et les cibles alignées SBTi. Vérification externe obligatoire.
PME / ETI (250-5000 salariés) applicables à partir de 2028-2029#
Simplification possible : Si votre scope 3 est marginal (ex : micro-entreprise de services en ligne), vous pouvez revendiquer une matérialité réduite et limiter scope 3 à une estimation prudente. Néanmoins, E1-6 (émissions brutes scopes 1+2) reste obligatoire. Le plan transition peut être moins détaillé si votre profil de risque climatique est faible.
Secteurs exposés (construction, logistique, énergie)#
Exigence augmentée : risques physiques et de transition sont matériels par défaut. Scénarios climatiques (ex : impact d'une hausse de 2°C vs 3°C) doivent être rapportés. Plan transition très détaillé.
Points de vigilance 2026#
- Périmètre opérationnel vs financier : décidez si vous rapportez sur les sites que vous contrôlez (opérationnel) ou sur une part proportionnelle du groupe (financier, pour les participations minoritaires). Reste constant d'année en année.
- Facteurs d'émission : utilisez des facteurs à jour (ADEME 2024, IPCC 6th Assessment Report). Les facteurs 2020-2021 sont vieillissants.
- Estimation scope 3 : si vous n'avez pas de données précises, utilisez des estimations (ex : spend-based pour achats, distance-based pour trajets). Documentez la méthode. Le parfait est l'ennemi du bien : une estimation prudente vaut mieux que l'absence de scope 3.
- Vérificateur externe : les données ESRS doivent être vérifiées par un tiers (commissaire aux comptes ou auditeur accrédité). Préparez la documentation, gardez les justificatifs (factures énergétiques, relevés, études).
- Amélioration continue : votre E1-6 de 2025 servira de baseline pour celui de 2026. Une augmentation d'émissions doit être expliquée (croissance d'activité, changement périmètre, anomalie méthodologique ?).
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, nous avons accompagné une PME du conseil en ingénierie (320 salariés, sujette à la CSRD dès 2025). Ses premiers calculs montrait un scope 3 dominé par les déplacements professionnels (70 % des émissions : avions, trains, voitures de location). Après analyse, le plan transition incluait un virage vers la visioconférence (réduction cible -30 % déplacements en 2030) et l'achat de billets de train « bas-carbone » pour les trajets < 4h.
Le commissaire aux comptes a validé la méthodologie, mais a demandé de renforcer l'evidence : accord avec les clients sur réduction des déplacements (dépendance), capacité des outils de visio (infrastructure IT), formation des équipes. Sans ce travail, les chiffres auraient été remis en question. La leçon : ESRS E1 ne se réduit pas à un calcul statistique. C'est une narration où les datapoints chiffrés doivent être cohérents avec votre stratégie réelle et vérifiable.
Conseil Hayot Expertise. Commencez dès maintenant par un audit GES de référence couvrant les trois scopes (baseline 2024 ou 2025). Cet audit servira d'année 0 pour vos cibles 2030. Définissez vos cibles avec rigueur (utilisant si possible la méthodologie SBTi ou une approche science-based). Identifiez le plan transition : quels investissements, quels partenaires (rénovation énergétique, énergies renouvelables, logistique bas-carbone) ? Documentez vos facteurs d'émission et gardez les sources. Puis rapportez dans le format ESRS E1 (notre service RSE et reporting CSRD vous accompagne du diagnostic à la rédaction et vérification). En amont de votre vérification externe, nous faisons passer une pré-audit pour éviter les surprises du commissaire aux comptes. Consultez-nous dès maintenant pour affiner votre roadmap 2026.
Synthèse : obligatoire vs recommandé#
| Datapoint | Obligatoire ? | Cas d'exception |
|---|---|---|
| E1-1 Plan de transition | Si matériel | Entreprise sans exposition climat majeure |
| E1-4 Cibles | Si cibles établies | Aucune cible formalisée encore |
| E1-5 Consommation énergétique | OUI | Aucune exception |
| E1-6 Émissions GES (S1, S2, S3) | OUI | Aucune exception |
| E1-7 Absorptions / crédits | Si utilisés | Pas de compensation |
| E1-8 Tarification carbone interne | Si utilisée | Pas de tarification interne |
| E1-9 Risques physiques / transition | Si matériels | Risques évalués non-matériels |
Questions fréquentes
E1-6 est obligatoire : mais que se passe-t-il si je n'ai pas tous les chiffres pour le scope 3 ?+
Vous devez rapporter ce que vous pouvez quantifier avec les données disponibles. Si scope 3 est matériel mais incomplet, rapportez une estimation prudente (ex : spend-based utilisant les facteurs de dépense moyenne du secteur, ou distance-based pour trajets). Documentez la méthodologie et le degré de certitude. Le vérificateur accepte une estimation rigoureuse, mais pas l'absence.
Nos émissions ont augmenté en 2025 vs 2024 : est-ce grave pour ESRS E1 ?+
Non, si vous expliquez la hausse (croissance du chiffre d'affaires, augmentation d'effectif, changement périmètre, changement facteur d'émission). La variation doit être transparente et justifiée. C'est normal que les émissions absolues croissent si l'activité croît ; ce qui compte, c'est l'intensité (émissions par euro ou par effectif) et la trajectoire à moyen terme.
Peut-on « compenser » des émissions scope 3 avec des crédits carbone volontaires pour afficher une réduction ?+
Non. ESRS E1 sépare strict les émissions brutes (E1-6, non-compensables) des absorptions ou crédits (E1-7, rapportés à titre informatif). Vous ne pouvez pas réduire votre scope 3 officiel en achetant des crédits carbone. Les crédits sont une action additionnelle, pertinente pour la communication volontaire ou un engagement net-zéro, mais n'annulent pas les émissions brutes du reporting réglementaire.
ESRS E1 m'impose de publier mon plan transition : est-ce pas risqué si mes plans changent après ?+
C'est couvert. ESRS E1 (section E1-1) demande un plan de transition en début de période et le met à jour année après année. Si les circonstances changent (technologie nouvelle, réglementation plus stricte, opportunité d'investissement), vous actualisez votre plan dans l'année N+1. C'est une narration qui évolue, pas une promesse gravée dans le marbre.
Quelle est la différence entre une cible ESRS E1-4 et un engagement ESG volontaire ?+
ESRS E1-4 (cibles) est obligatoire si vous avez défini des cibles climat formelles. Une cible est typiquement : « réduire nos émissions scope 1+2 de 50 % en 2030 vs 2020 ». C'est un chiffre précis, public, vérifiable. Un engagement ESG volontaire est moins précis (ex : « nous nous engageons à réduire nos émissions » sans année ni %). ESRS E1 exige la rigueur.
Faut-il des méthodologies SBTi pour valider les cibles E1-4 ?+
Non, pas obligatoire. Mais fortement recommandé. SBTi (Science Based Targets initiative) fournit une grille pour vérifier que votre cible climatique est alignée avec la science du climat (Accord de Paris). Les investisseurs et régulateurs considèrent une cible SBTi comme plus crédible. Si vous pouvez vous soumettre à SBTi, faites-le.
E1-9 (risques) : faut-il faire un scénario climatique formel (1,5°C, 3°C, etc.) ?+
ESRS E1 recommande (pas obligatoire) un scénario « consistent with the latest IPCC scenarios ». Pour une PME, une analyse qualitative des risques (« inondations flood plain risks pour nos entrepôts », « hausse coûts électricité »)suffira. Pour une grande société ou secteur très exposé, un scénario quantifié est attendu.
À retenir#
- ESRS E1 impose le reporting climat selon deux angles : impact de l'entreprise sur le climat + risques climatiques pour l'entreprise (double matérialité).
- Datapoints obligatoires clés : consommation énergétique (E1-5), émissions GES brutes scopes 1+2+3 (E1-6).
- Datapoints conditionnels : plan transition (si matériel), cibles (si définies), risques physiques (si matériels).
- Calcul précis : 2-3 années de données historiques pour montrer la tendance ; intensité carbone (émissions/€ ou /ETP) pour comparabilité.
- Scope 3 doit être estimé si données précises indisponibles : utiliser spend-based ou distance-based avec facteurs sectoriels.
- Vérification externe obligatoire (commissaire aux comptes) : documentation rigoureuse, justificatifs, méthodologie transparente.
- Plan transition : narration cohérente des actions (investissements, calendrier, responsabilités) pour atteindre les cibles et réduire les risques.
- Actualisation annuelle : rapporter année après année, ajuster si contexte change.
Sources officielles#

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
Ce sujet relève de notre mission RSE & CSRD | Reporting ESG pour PME et ETI
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