Crédit d'impôt audiovisuel : taux, dépenses et agrément CNC
Taux de 25 % et 10 %, dépenses éligibles réalisées en France, agrément du CNC et plafond d'aides publiques : ce que la production déléguée doit savoir pour sécuriser son crédit d'impôt audiovisuel.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : qu'est-ce que le crédit d'impôt audiovisuel et qui peut en bénéficier ?#
Le crédit d'impôt audiovisuel (CGI art. 220 sexies) est une aide fiscale réservée aux entreprises de production déléguée d'œuvres audiovisuelles agréées, soumises à l'impôt sur les sociétés. Il s'élève à 25 % des dépenses éligibles réalisées en France pour la fiction, l'animation et le documentaire, et à 10 % pour les autres œuvres.
À quoi sert le crédit d'impôt audiovisuel#
Ce dispositif vise à maintenir et à relocaliser en France la fabrication des programmes : tournage, post-production, écriture, technique. Il s'adresse à l'entreprise de production déléguée, c'est-à-dire celle qui assume l'initiative et la responsabilité financière, juridique et artistique de l'œuvre, et qui en garantit la bonne fin. Une société de production exécutive ou un simple prestataire n'y ouvre pas droit en son nom.
Dans notre pratique de cabinet, le crédit d'impôt audiovisuel est rarement un sujet isolé : il s'articule avec le plan de financement, les apports des diffuseurs, les aides du CNC et, le cas échéant, le crédit d'impôt international. C'est cette articulation, plus que le taux lui-même, qui fait gagner ou perdre de la trésorerie.
Les taux : 25 % et 10 %#
Le taux dépend du genre de l'œuvre. Voici la lecture que nous retenons pour l'audiovisuel.
| Type d'œuvre audiovisuelle | Taux du crédit d'impôt |
|---|---|
| Fiction | 25 % |
| Animation | 25 % |
| Documentaire | 25 % |
| Autres œuvres audiovisuelles | 10 % |
Le taux s'applique à l'assiette des dépenses éligibles, et non au budget total de l'œuvre. Une œuvre peut donc afficher un budget important sans que la totalité ouvre droit au crédit, ce qui surprend souvent les producteurs lors d'un premier projet.
Les dépenses éligibles, réalisées en France#
La territorialité est le cœur du dispositif. Sont prises en compte des opérations et prestations réalisées en France, parmi lesquelles :
- les rémunérations versées aux auteurs au sens de l'article L113-7 du code de la propriété intellectuelle, ainsi que les charges sociales afférentes ;
- les salaires et charges sociales des techniciens et collaborateurs de la fabrication ;
- les dépenses de fabrication (tournage, décors, costumes, matériels, post-production) engagées auprès de prestataires établis en France.
Le risque sous-estimé porte presque toujours sur la traçabilité de la territorialité. Une dépense facturée par un prestataire français mais exécutée à l'étranger, ou une ventilation approximative des postes, fragilise l'assiette. Nous recommandons de structurer le suivi analytique dès l'ouverture du projet, poste par poste, plutôt que de reconstituer l'assiette après coup.
L'agrément du CNC, en deux temps#
Le bénéfice du crédit suppose un agrément du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), délivré en deux étapes, après sélection par un comité d'experts :
- Agrément provisoire : il valide l'éligibilité du projet en amont.
- Agrément définitif : il intervient après réalisation et contrôle des dépenses.
Point d'attention décisif : les dépenses n'ouvrent droit au crédit qu'à compter de la réception de la demande d'agrément provisoire par le président du CNC. Engager des dépenses significatives avant ce dépôt revient, en pratique, à les sortir de l'assiette. C'est l'erreur la plus coûteuse que nous voyons sur les dossiers mal calés dans le temps.
Le plafond d'aides publiques#
Le crédit d'impôt ne se cumule pas sans limite avec les autres soutiens. Le montant total des aides publiques accordées à une production audiovisuelle, crédit d'impôt compris, ne peut excéder 50 % du coût définitif de production. Ce plafond est porté à 60 % pour les œuvres difficiles ou à petit budget.
Concrètement, ce plafond commande l'ingénierie du plan de financement : empiler aides régionales, subventions du CNC et crédit d'impôt sans simuler le plafond expose à une reprise. Nous chiffrons ce plafond dès le prévisionnel, pas à la clôture.
Cinéma et crédit international, en bref#
Le même article 220 sexies abrite aussi un crédit d'impôt cinéma, doté de son propre régime, avec un taux normal et un taux majoré selon les caractéristiques de l'œuvre. Nous ne le détaillons pas ici pour ne pas mélanger deux barèmes distincts.
Par ailleurs, le crédit d'impôt international, le C2I (CGI art. 220 quaterdecies), vise les productions étrangères tournées en France. Une production internationale qui localise une partie de sa fabrication sur le territoire peut, selon sa structuration, relever de ce dispositif plutôt que du crédit audiovisuel. L'arbitrage entre les régimes mérite une analyse au cas par cas.
Ce qu'il faut surveiller : notre checklist#
- Vérifier la qualité de production déléguée de l'entreprise et son assujettissement à l'IS.
- Déposer la demande d'agrément provisoire avant d'engager les dépenses lourdes.
- Isoler dès le départ les dépenses réalisées en France dans un suivi analytique dédié.
- Documenter la territorialité de chaque poste (lieu d'exécution, établissement du prestataire).
- Simuler le plafond d'aides publiques (50 % ou 60 %) sur le coût définitif estimé.
- Arbitrer, le cas échéant, avec le C2I pour les coproductions internationales.
- Préparer l'agrément définitif en cohérence avec les dépenses réellement engagées.
Sur ces dossiers, notre rôle est de sécuriser l'assiette et le calendrier autant que de calculer le crédit. Si vous structurez une production, notre accompagnement de la production audiovisuelle vous aide à articuler crédit d'impôt, agrément CNC et plan de financement sans fragiliser votre trésorerie. Cet article informe ; une décision tenant compte de votre projet précis suppose l'examen de votre situation, de vos contrats et des textes en vigueur.
Questions fréquentes
Quel taux de crédit d'impôt audiovisuel s'applique à un documentaire ?+
Le documentaire relève du taux de 25 % des dépenses éligibles, au même titre que la fiction et l'animation. Les autres œuvres audiovisuelles relèvent du taux de 10 %. Le taux s'applique à l'assiette des dépenses éligibles réalisées en France, et non au budget total de l'œuvre.
Peut-on engager des dépenses avant l'agrément du CNC ?+
Les dépenses n'ouvrent droit au crédit qu'à compter de la réception de la demande d'agrément provisoire par le président du CNC. Engager des dépenses significatives avant ce dépôt revient à les exclure de l'assiette. C'est pourquoi nous calons le calendrier du dépôt avant le démarrage de la production.
Le crédit d'impôt se cumule-t-il avec les autres aides ?+
Oui, dans une limite. Le total des aides publiques, crédit d'impôt compris, ne peut excéder 50 % du coût définitif de production, porté à 60 % pour les œuvres difficiles ou à petit budget. Ce plafond doit être simulé dès le plan de financement pour éviter une reprise.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
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