Droits d'enregistrement sur cession de parts et actions 2026
Actions à 0,1 %, parts sociales à 3 % après abattement, prépondérance immobilière à 5 % : taux, abattement de 23 000 € et exemples chiffrés des droits d'enregistrement 2026.
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Juridique d'entreprise à Paris | AG, statuts, cessionsNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. La cession d'actions (SAS, SA) supporte un droit d'enregistrement de 0,1 %. La cession de parts sociales (SARL, SNC, sociétés civiles) supporte 3 %, après un abattement égal à 23 000 € rapporté au nombre de parts cédées. Les titres de sociétés à prépondérance immobilière sont taxés à 5 %. Le droit est en principe à la charge de l'acquéreur et payé lors de l'enregistrement de l'acte.
Contexte 2026#
Toute cession de titres de société donne lieu à un droit d'enregistrement, prévu par l'article 726 du Code général des impôts. Son montant varie fortement selon la nature des titres : un même prix de cession ne coûte pas le même droit selon que l'on cède des actions ou des parts sociales. Ce paramètre, souvent négligé au moment du choix de la forme sociale, peut représenter plusieurs milliers d'euros à la revente. Chez Hayot Expertise, nous chiffrons ces droits en amont, pour le cédant comme pour le repreneur, et nous les intégrons dans la négociation du prix.
Le principe : l'article 726 du CGI#
L'article 726 fixe trois taux, selon la catégorie de titres cédés :
- 0,1 % pour les cessions d'actions et parts de fondateurs ou parts bénéficiaires de sociétés par actions (cotées ou non), sans prépondérance immobilière.
- 3 % pour les cessions de parts sociales dans les sociétés dont le capital n'est pas divisé en actions, après application d'un abattement.
- 5 % pour les cessions de participations dans des personnes morales à prépondérance immobilière.
La distinction « action » / « part sociale » dépend de la forme de la société : les SAS et SA émettent des actions ; les SARL, SNC et sociétés civiles émettent des parts sociales.
Actions : 0,1 %, le régime le plus léger#
Pour les actions, le droit est de 0,1 % du prix de cession, sans abattement et sans plafond. C'est le régime le plus favorable : la cession d'un bloc d'actions d'une valeur de 500 000 € génère un droit de 500 € seulement.
Ce taux réduit explique en partie l'attrait de la SAS pour les projets destinés à être revendus : à la sortie, les droits d'enregistrement sont marginaux.
Parts sociales : 3 % après abattement de 23 000 €#
Pour les parts sociales (SARL, SNC, sociétés civiles non immobilières à titre principal), le droit est de 3 %, mais il s'applique après un abattement. Cet abattement est égal à :
23 000 € × (nombre de parts cédées / nombre total de parts de la société).
Autrement dit, on retranche de la valeur des parts cédées la fraction de 23 000 € correspondant à la proportion de parts vendues. L'abattement n'est total (23 000 €) que si l'on cède 100 % des parts.
Sociétés à prépondérance immobilière : 5 %#
Lorsque la société cédée est à prépondérance immobilière — c'est-à-dire que ses titres ne sont pas cotés et que son actif est principalement composé d'immeubles ou de droits immobiliers situés en France (ou de participations dans de telles sociétés) — le droit est porté à 5 %, sans abattement. Une SCI ou une société d'exploitation détenant majoritairement de l'immobilier relève donc de ce taux.
Tableau des taux et exemples chiffrés#
| Type de titres | Taux | Abattement | Exemple (prix de cession) | Droit dû |
|---|---|---|---|---|
| Actions (SAS, SA) | 0,1 % | Aucun | 500 000 € | 500 € |
| Parts sociales (SARL) | 3 % | 23 000 € au prorata | 300 000 € (100 parts sur 200) | 8 655 € |
| Prépondérance immobilière | 5 % | Aucun | 400 000 € | 20 000 € |
Détail de l'exemple SARL : pour 100 parts cédées sur 200, l'abattement est de 23 000 × 100/200 = 11 500 €. La base taxable est de 300 000 − 11 500 = 288 500 €, soit un droit de 3 % × 288 500 = 8 655 €.
Qui paie le droit, et quand ?#
Le droit d'enregistrement est en principe à la charge de l'acquéreur, même si sa répartition peut être négociée entre les parties. Il doit être acquitté lors de l'enregistrement de l'acte de cession, en principe dans le mois suivant sa signature. Pour une cession d'actions, un acte écrit n'est pas toujours obligatoire, mais l'enregistrement reste nécessaire pour rendre l'opération opposable et acquitter le droit.
Cas particuliers#
- Cession à 100 % des parts d'une SARL : l'abattement de 23 000 € s'applique en totalité, ce qui réduit légèrement la base.
- Holding et titres de participation : la cession des titres d'une holding suit le régime de l'article 726 selon que la holding est une société par actions ou non, et selon sa prépondérance immobilière éventuelle.
- Cession de titres vs cession de fonds : le choix de céder les titres ou le fonds modifie complètement les droits ; voir notre arbitrage entre fonds et titres.
Points de vigilance 2026#
- Anticiper le coût à la revente dès la création. Le choix entre SAS et SARL détermine le taux applicable plus tard : 0,1 % pour des actions contre 3 % pour des parts.
- Vérifier la prépondérance immobilière. Une société dont l'actif bascule majoritairement vers l'immobilier passe au taux de 5 % — un point à contrôler avant la cession.
- Ne pas confondre droits d'enregistrement et imposition de la plus-value. Les droits frappent l'acquéreur ; la plus-value du cédant relève, elle, du prélèvement forfaitaire unique ou du barème, et des éventuelles exonérations de plus-value professionnelle.
- Respecter le délai d'enregistrement. Un enregistrement tardif expose à des intérêts de retard.
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, deux associés souhaitaient céder leur société de services. Constituée en SARL, la cession des parts aurait supporté 3 % de droits. En examinant le dossier en amont, nous avons constaté que la transformation en SAS, envisagée pour d'autres raisons, aurait ramené le droit à 0,1 % à la revente — un écart de plusieurs milliers d'euros sur le prix négocié. La forme sociale n'est donc pas neutre : elle se décide aussi en pensant à la sortie.
Notre conviction : les droits d'enregistrement sont un coût discret mais réel de la cession. Les intégrer tôt dans la réflexion — au moment du choix de la forme sociale, puis dans la négociation du prix — évite les mauvaises surprises. C'est un calcul simple, mais qui change l'équilibre d'une opération.
Questions fréquentes
Quel est le droit d'enregistrement sur une cession d'actions ?+
La cession d'actions (SAS, SA) supporte un droit de 0,1 % du prix de cession, sans abattement ni plafond. Pour 500 000 € d'actions, le droit est donc de 500 €. C'est le taux le plus léger de l'article 726 du CGI.
Comment se calcule le droit sur une cession de parts de SARL ?+
Le taux est de 3 %, après un abattement égal à 23 000 € multiplié par la proportion de parts cédées. Pour 100 parts cédées sur 200, l'abattement est de 11 500 €. Le droit s'applique ensuite sur la valeur des parts diminuée de cet abattement.
Pourquoi 5 % sur une société à prépondérance immobilière ?+
Parce que l'article 726, 2° du CGI taxe à 5 % la cession de titres de sociétés non cotées dont l'actif est principalement composé d'immeubles français. L'objectif est d'aligner la taxation sur celle des mutations immobilières. Aucun abattement ne s'applique.
Qui doit payer les droits d'enregistrement ?+
En principe, c'est l'acquéreur qui paie le droit, lors de l'enregistrement de l'acte de cession. Les parties peuvent toutefois convenir d'une autre répartition dans l'acte. Le droit doit être acquitté en principe dans le mois suivant la cession.
Les droits d'enregistrement remplacent-ils l'impôt sur la plus-value ?+
Non. Ce sont deux impositions distinctes. Les droits d'enregistrement sont dus par l'acquéreur sur le prix. La plus-value, elle, est imposée chez le cédant (prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 pour une personne physique, ou barème, sous réserve d'exonérations).
Faut-il un acte notarié pour enregistrer une cession de titres ?+
Pas nécessairement. Une cession de parts ou d'actions peut être constatée par acte sous seing privé. L'enregistrement auprès du service des impôts reste néanmoins requis pour acquitter le droit et donner date certaine à l'opération.
À retenir#
- Actions (SAS, SA) : 0,1 % du prix, sans abattement — le régime le plus léger.
- Parts sociales (SARL, SNC) : 3 %, après un abattement de 23 000 € proratisé au nombre de parts cédées.
- Prépondérance immobilière : 5 %, sans abattement.
- Le droit est en principe payé par l'acquéreur, lors de l'enregistrement de l'acte (dans le mois).
- Les droits d'enregistrement sont distincts de l'imposition de la plus-value du cédant (PFU 31,4 % ou barème).
- Le choix SAS / SARL détermine le taux applicable à la revente : un arbitrage à anticiper dès la création.
Sources officielles#
- Article 726 du CGI – cessions de droits sociaux (Légifrance) — Taux 0,1 % / 3 % / 5 % et abattement
- Cessions de droits sociaux, articles 726 à 730 quinquies du CGI (Légifrance) — Régime complet
- BOFiP – Cessions de droits sociaux : modalités de taxation — Calcul de l'abattement et des droits
- BOFiP – Cessions de droits sociaux : champ d'application — Définition des titres concernés
- Cessions de fonds de commerce, articles 719 à 723 du CGI (Légifrance) — Pour comparaison avec le barème du fonds

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Article 726 du CGI – cessions de droits sociaux (Légifrance)
- Cessions de droits sociaux, articles 726 à 730 quinquies du CGI (Légifrance)
- BOFiP – Cessions de droits sociaux : modalités de taxation (BOI-ENR-DMTOM-40-10-20)
- BOFiP – Cessions de droits sociaux : champ d'application (BOI-ENR-DMTOM-40-10-10)
- Cessions de fonds de commerce, articles 719 à 723 du CGI (Légifrance)
Ce sujet relève de notre mission Juridique d'entreprise à Paris | AG, statuts, cessions
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