TVA et facturation en restauration 2026 : taux, caisse et e-reporting
TVA restauration 2026 : taux 10 %, 20 %, 5,5 % selon le mode de vente, obligation caisse NF525, e-reporting au 1er septembre 2026. Ce qu'un restaurateur doit savoir.
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Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
La TVA en restauration est l'un des sujets sur lesquels les dossiers de contrôle fiscal se concentrent le plus régulièrement. Trois taux coexistent — 5,5 %, 10 % et 20 % — et leur application dépend non pas seulement de ce qui est vendu, mais de la façon dont c'est vendu et consommé. En 2026, deux échéances supplémentaires s'ajoutent : l'obligation d'e-reporting en vigueur pour les assujettis concernés à partir du 1er septembre 2026 et la généralisation progressive de la facturation électronique. Ce guide explique ce que cela change concrètement pour un restaurateur.
Quels sont les taux de TVA applicables en restauration ?#
En France, la restauration est soumise à trois taux distincts de TVA. Le taux normal de 20 % s'applique aux boissons alcoolisées, quelle que soit la modalité de vente (sur place, à emporter ou en livraison). Le taux intermédiaire de 10 % couvre la restauration sur place, les ventes à emporter ou livrées dès lors qu'elles impliquent une consommation immédiate. Le taux réduit de 5,5 % s'applique aux produits alimentaires vendus à emporter ou livrés sans consommation immédiate, c'est-à-dire les denrées conditionnées destinées à être consommées à domicile et non préparées pour une dégustation immédiate.
| Type de vente | Produit | Taux TVA |
|---|---|---|
| Sur place (repas assis, terrasse) | Nourriture | 10 % |
| Sur place | Boisson alcoolisée | 20 % |
| À emporter / livré — consommation immédiate | Nourriture (sandwich chaud, plat traiteur) | 10 % |
| À emporter / livré — consommation immédiate | Boisson alcoolisée | 20 % |
| À emporter — sans consommation immédiate | Denrée alimentaire conditionnée (ex. : pain, épicerie) | 5,5 % |
| À emporter — sans consommation immédiate | Boisson alcoolisée | 20 % |
La ligne de partage entre 10 % et 5,5 % ne repose pas sur le contenant, mais sur le critère de consommation immédiate. Une baguette vendue à emporter dans une boulangerie-salon de thé relève du 5,5 % si elle n'est pas destinée à être consommée sur place ; le même produit accompagné d'une assiette et d'un couvert bascule à 10 %.
Différence sur place, à emporter et livré : ce que dit la règle#
La distinction sur place / à emporter est au cœur des contrôles TVA en restauration depuis plusieurs années. La règle de fond est simple : dès que la prestation comprend une dimension de service — table, vaisselle, service en salle, ambiance de restaurant — le taux de 10 % s'applique. Une vente à emporter de nourriture chaude ou préparée pour être consommée immédiatement reste à 10 %. Seul le 5,5 % concerne des denrées alimentaires brutes ou conditionnées, sans service.
La livraison par plateforme (Uber Eats, Deliveroo, etc.) est assimilée à de la vente à emporter avec consommation immédiate pour les plats préparés : le taux de 10 % s'applique sur la nourriture, le taux de 20 % sur les boissons alcoolisées commandées en même temps. Les commissions facturées par les plateformes de livraison sont quant à elles soumises à 20 % de TVA, souvent autoliquidée par le restaurateur. Le traitement comptable précis (CA brut, commission, rapprochement) est détaillé dans notre article dédié à la comptabilisation d'Uber Eats et Deliveroo.
Un point de vigilance fréquent sur nos dossiers restauration : certains établissements mixtes (épicerie fine avec espace de dégustation, traiteur avec comptoir snack) hésitent sur la qualification. La règle est claire — c'est l'intention de consommation au moment de la vente qui détermine le taux, pas le lieu physique seul.
Comment ventiler la TVA par ticket ?#
La ventilation de la TVA par ticket ou par bon de commande est une obligation, pas une option. Chaque vente doit être enregistrée au taux correct, ticket par ticket, ligne par ligne. Ce n'est pas une question comptable : c'est une condition de validité de la déclaration de TVA.
En pratique, la ventilation s'effectue au niveau du paramétrage de la caisse enregistreuse. Chaque article ou famille d'articles doit être affecté au bon taux de TVA. Un cocktail sans alcool vendu sur place relève du 10 %, une bière du 20 %, un plat chaud à emporter du 10 %, une tablette de chocolat vendue en boutique du 5,5 %.
Les erreurs de ventilation les plus courantes que nous observons :
- Tous les ventes à emporter paramétrées au même taux (souvent 10 %) alors que certains produits devraient relever du 5,5 %.
- Les boissons alcoolisées mélangées dans une famille « boissons » taxée à 10 % au lieu de 20 %.
- Les menus combinés non décomposés (repas + boisson alcoolisée) taxés à un taux unique, ce qui minore systématiquement la base taxable à 20 %.
La règle pour les menus : chaque composant du menu doit être ventilé à son taux propre. Si la décomposition n'est pas possible, l'administration admet une répartition au prorata du prix normal de chaque élément. En pratique, un logiciel de caisse bien paramétré gère cela automatiquement.
Caisse certifiée NF525 : l'obligation qui reste méconnue#
Depuis le 1er janvier 2018, tout assujetti à la TVA réalisant des ventes ou des prestations de services à des particuliers (B2C) est tenu d'utiliser un logiciel ou système de caisse certifié ou disposant d'une attestation individuelle. En restauration, cette obligation concerne la quasi-totalité des établissements.
La certification NF525 (ou l'attestation délivrée par l'éditeur) garantit que le logiciel respecte les quatre conditions posées par l'arrêté du 3 août 2016 (entrée en vigueur 1er janvier 2018) : inaltérabilité, sécurisation, conservation et archivage des données de caisse.
Ce que cela implique concrètement :
- Le restaurateur doit conserver l'attestation de conformité délivrée par l'éditeur ou la certification NF525 délivrée par un organisme accrédité.
- Ce document doit être présenté en cas de contrôle fiscal. L'absence de l'attestation expose à une amende de 7 500 € par logiciel (article 1770 duodecies du CGI), recouvrée même si aucune fraude n'est constatée.
- Un logiciel mis à jour doit disposer d'une nouvelle attestation couvrant la version utilisée.
Sur nos dossiers, la vérification de l'attestation NF525 est systématique lors de l'entrée en relation avec un nouveau restaurateur. C'est un document simple à obtenir auprès de l'éditeur, mais que beaucoup d'établissements n'ont jamais réclamé.
E-reporting et facturation électronique : le calendrier 2026-2027#
La réforme de la facturation électronique impacte la restauration à travers deux obligations distinctes : la facturation électronique (pour les transactions B2B) et le e-reporting (pour les transactions B2C, dont relève l'essentiel de l'activité de restauration).
| Obligation | Entreprises concernées | Date d'entrée en vigueur |
|---|---|---|
| Réception de factures électroniques | Toutes tailles | 1er septembre 2026 |
| E-reporting (données B2C) | Grandes entreprises et ETI | 1er septembre 2026 |
| E-reporting (données B2C) | PME et microentreprises | 1er septembre 2027 |
| Émission de factures électroniques (B2B) | Grandes entreprises et ETI | 1er septembre 2026 |
| Émission de factures électroniques (B2B) | PME et microentreprises | 1er septembre 2027 |
Pour un restaurateur dont l'activité est majoritairement B2C (repas de particuliers), l'obligation principale à court terme est le e-reporting : transmettre périodiquement à l'administration fiscale les données de transactions (montants, taux de TVA, mode de paiement) sans émettre une facture individuelle pour chaque client. Le e-reporting ne remplace pas le ticket de caisse — il s'y ajoute comme flux de données vers le Portail Public de Facturation (PPF) ou une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP).
Les restaurateurs qui ont des clients professionnels (restauration d'entreprise, traiteur événementiel, livraison à des sociétés) sont également concernés par l'obligation d'émission de factures électroniques pour ces transactions B2B.
Pour approfondir les implications du e-reporting sur vos flux de TVA, voir notre article sur la déclaration de TVA et notre analyse des budgets TVA pour l'organisation d'événements.
Comment déclarer la TVA en restauration ?#
La déclaration de TVA (CA3 mensuelle ou CA12 annuelle selon le régime) doit refléter la ventilation réelle des ventes par taux. Le cabinet conseille aux restaurateurs soumis au régime réel normal de tenir une comptabilité analytique par taux dès l'enregistrement en caisse, pour éviter tout retraitement en fin de période.
Les points à vérifier avant chaque déclaration :
- Cohérence entre les données de caisse (Z journaliers) et les montants déclarés.
- Déductibilité de la TVA sur les achats : matières premières (taux variable selon produit), consommables, énergie, entretien, équipements. La TVA sur les dépenses à usage mixte doit faire l'objet d'un coefficient de déduction.
- TVA sur les pourboires : les pourboires versés librement par le client et remis intégralement aux salariés sont hors champ de TVA. Les suppléments de service inclus obligatoirement dans la note sont taxables.
- TVA sur les bons de réduction et offerts : une vigilance particulière s'impose selon que la réduction est consentie au client ou que l'offert est une charge interne.
Le régime simplifié d'imposition (RSI, CA12) avec acomptes semestriels est possible sous certains seuils (à vérifier auprès de votre cabinet), mais il réduit la visibilité sur la TVA en cours d'année. Pour les établissements en forte croissance ou avec des variations saisonnières importantes, le régime réel normal avec déclarations mensuelles est généralement préférable.
Particularités des boissons alcoolisées#
Les boissons alcoolisées constituent la principale source d'erreurs de taux en restauration. Elles sont toujours taxées à 20 %, sans exception : sur place, à emporter, en livraison, dans un menu, en cocktail. Même lorsqu'une bière est incluse dans un menu à prix fixe, la part correspondant à la boisson alcoolisée doit être taxée à 20 %.
La difficulté pratique est que les logiciels de caisse paramètrent parfois les menus comme une ligne unique. Si la décomposition n'est pas native, il faut soit configurer des menus décomposés, soit appliquer un prorata sur le prix de chaque composant. L'administration peut requalifier l'intégralité d'un menu à 10 % si aucune justification de la ventilation n'est disponible — et appliquer le taux le plus élevé en cas de doute.
Un cas pratique fréquent : un menu à 28 € comprenant une entrée, un plat et une boisson (eau, sodas ou bière au choix). Si un client choisit la bière à 5 € (prix unitaire normal), la ventilation correcte est : 23 € à 10 % et 5 € à 20 %. Sans paramétrage adapté, l'ensemble du menu est déclaré à 10 %, ce qui constitue une minoration de base imposable systématique — facilement identifiable lors d'un contrôle par recoupement avec les achats de boissons alcoolisées.
Cas terrain : mauvaise ventilation à emporter, redressement évité#
Un restaurateur parisien proposant de la vente à emporter (plats chauds, sandwichs, desserts en barquette, bouteilles de bière) avait paramétré l'intégralité de son activité à emporter au taux de 10 %. Après examen lors de la mise en place de la mission comptable, il est apparu que les bouteilles de bière (environ 12 % du chiffre d'affaires à emporter) auraient dû être taxées à 20 %, et que certains desserts conditionnés sans consommation immédiate relevaient du 5,5 %.
Le recalcul sur 24 mois a révélé un différentiel de TVA de l'ordre de 8 000 €. La régularisation spontanée, déposée avant tout contrôle, a permis d'éviter les pénalités de 40 % pour manquement délibéré. La mise à jour du paramétrage de la caisse et d'une procédure de vérification trimestrielle des taux ont été intégrées au dispositif de contrôle interne.
Ce type de situation n'est pas exceptionnel. La mise en place d'une activité à emporter ou d'une carte élargie sans revérification du paramétrage TVA est l'un des risques les plus courants et les plus mécaniques que nous rencontrons en restauration.
Sanctions en cas de mauvaise ventilation TVA#
Les sanctions applicables en cas de mauvaise ventilation de TVA sont significatives et cumulables :
- Intérêts de retard : 0,20 % par mois sur le montant de TVA non déclaré (soit 2,4 % par an), sans plafond.
- Majoration pour manquement délibéré : 40 % si l'administration établit l'intentionnalité — ce qui est souvent retenu lorsque les erreurs sont systématiques et portent sur des règles connues (comme les 20 % sur l'alcool).
- Majoration pour manœuvres frauduleuses : 80 % dans les cas les plus graves.
- Amende caisse : 7 500 € par logiciel en l'absence d'attestation NF525, indépendamment de tout redressement de taxe.
En restauration, les contrôles TVA sont fréquents car l'administration dispose d'éléments de recoupement efficaces : achats de matières premières (notamment boissons alcoolisées via les déclarations fournisseurs), recettes bancaires, données de plateformes de livraison. Un établissement dont les déclarations montrent un taux moyen de TVA collectée structurellement bas par rapport à sa carte ou à ses achats d'alcool sera identifié.
La bonne pratique est d'effectuer une vérification annuelle du paramétrage de caisse et une réconciliation entre achats d'alcool et TVA à 20 % collectée — une procédure simple que notre équipe intègre dans le suivi des dossiers restauration.
Ce qu'il faut surveiller en 2026#
E-reporting : si votre établissement relève d'une grande entreprise ou d'une ETI (plus de 250 salariés ou plus de 50 M€ de chiffre d'affaires), l'obligation de e-reporting est effective au 1er septembre 2026. Pour les PME et microentreprises, la date est le 1er septembre 2027, mais la préparation technique (choix d'une PDP ou connexion au PPF, paramétrage du logiciel de caisse) doit être anticipée au moins 6 mois à l'avance.
Attestation NF525 : vérifiez que votre attestation couvre la version actuellement utilisée de votre logiciel de caisse. Tout changement de version majeure implique une nouvelle attestation.
Menus décomposés : avec la transmission des données de TVA à l'administration via le e-reporting, la ventilation par taux sera directement lisible. Les établissements dont le paramétrage est approximatif seront plus facilement identifiables.
À jour au 2 juin 2026. Cet article présente les règles générales applicables en matière de TVA en restauration ; il ne remplace pas l'analyse de votre situation particulière par un expert-comptable. Les taux de TVA, seuils de régime et calendriers de la réforme de la facturation électronique doivent être vérifiés au regard de votre dossier et des textes en vigueur à la date de votre déclaration. Sources : BOFiP, CGI, DGFiP.
Questions fréquentes
Quel taux de TVA s'applique sur un repas pris sur place dans un restaurant ?
Le taux de 10 % s'applique sur les plats et boissons non alcoolisées servis sur place. Les boissons alcoolisées (bière, vin, spiritueux) restent taxées à 20 %, même consommées sur place. La distinction tient à la nature de la prestation (consommation immédiate avec service) et non au mode de paiement.
Un café ou restaurant doit-il obligatoirement avoir une caisse certifiée NF525 ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2018, tout établissement assujetti à la TVA réalisant des ventes B2C doit utiliser un logiciel de caisse certifié NF525 ou disposant d'une attestation individuelle de conformité délivrée par l'éditeur. L'absence de ce document expose à une amende de 7 500 € par logiciel (article 1770 duodecies du CGI), indépendamment de tout redressement de taxe.
À partir de quand un restaurateur doit-il transmettre des données de e-reporting à l'administration ?
Pour les grandes entreprises et ETI, l'obligation de e-reporting est effective au 1er septembre 2026. Pour les PME et microentreprises (la majorité des restaurants), la date d'entrée en vigueur est le 1er septembre 2027. La préparation technique (choix d'une PDP ou connexion au PPF, paramétrage du logiciel de caisse) doit être anticipée au moins 6 mois à l'avance.
Un sandwich vendu à emporter est-il taxé à 5,5 % ou à 10 % ?
Un sandwich préparé vendu à emporter avec l'intention d'une consommation immédiate est taxé à 10 %. Le taux de 5,5 % s'applique uniquement aux denrées alimentaires non préparées pour une consommation immédiate, comme une tablette de chocolat, du pain non garni ou des produits d'épicerie conditionnés vendus sans service.
Comment ventiler la TVA dans un menu qui comprend une boisson alcoolisée ?
Chaque composant du menu doit être ventilé à son taux propre : la nourriture à 10 %, la boisson alcoolisée à 20 %. Si le logiciel de caisse ne gère pas la décomposition automatique, la ventilation peut être effectuée au prorata des prix unitaires de chaque élément. L'absence de ventilation expose au risque de redressement avec majoration.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- BOFiP — TVA sur les prestations de restauration et de vente de denrées alimentaires (BOI-TVA-LIQ-30-20-10-30)
- Légifrance — CGI art. 278-0 bis et 279 (taux réduit et intermédiaire)
- impots.gouv.fr — Réforme de la facturation électronique et e-reporting
- Légifrance — Arrêté du 3 août 2016 (logiciels de caisse NF525)
- Portail Public de Facturation (Chorus Pro / PPF)
- CGI — Article 1770 duodecies (sanctions logiciel de caisse)
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