Réforme des retraites 2026 : ce que l'employeur doit savoir
La réforme des retraites de 2023 est suspendue en 2026. Age légal gelé, générations concernées, impacts paie et fins de carrière : le point côté employeur.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. La réforme des retraites de 2023 est suspendue par l'article 45 bis de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adopté le 12 novembre 2025. L'âge légal de départ reste gelé à 62 ans et 9 mois, au moins jusqu'au 1er janvier 2028, au lieu de monter vers 64 ans. Pour l'employeur, pas de changement immédiat de cotisations, mais des départs à anticiper.
Pourquoi la réforme des retraites est suspendue en 2026#
La réforme des retraites de 2023 prévoyait un recul progressif de l'âge légal de départ vers 64 ans. Ce calendrier est interrompu. L'article 45 bis de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adopté le 12 novembre 2025, suspend ce relèvement.
Concrètement, l'âge légal de départ n'augmente plus comme prévu. Il est gelé à 62 ans et 9 mois, au moins jusqu'au 1er janvier 2028. À compter du 1er septembre 2026, cet âge légal est figé à 62 ans et 9 mois.
Cette suspension est temporaire. Le gouvernement annonce la préparation d'une nouvelle réforme d'ici 2028, en concertation avec les partenaires sociaux, dans le cadre d'une conférence sociale. Autrement dit, la photographie de 2026 n'est pas définitive, et de nouvelles règles sont attendues.
Pour un dirigeant, le message est double. À court terme, le cadre se stabilise sur l'âge de départ. À moyen terme, l'incertitude demeure, ce qui plaide pour une gestion prudente des fins de carrière plutôt que pour des décisions figées sur plusieurs années.
Avant et après la suspension : ce qui change#
Le tableau ci-dessous résume la trajectoire de l'âge légal de départ, avant et après l'intervention de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
| Situation | Trajectoire de l'âge légal |
|---|---|
| Réforme de 2023, sans suspension | Recul progressif vers 64 ans |
| Loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (art. 45 bis) | Gel à 62 ans et 9 mois |
| À compter du 1er septembre 2026 | Âge légal figé à 62 ans et 9 mois |
| Horizon | Gel maintenu au moins jusqu'au 1er janvier 2028 |
| Au-delà | Nouvelle réforme annoncée, en concertation, d'ici 2028 |
Ce gel a une conséquence directe sur les flux de départs. Selon les estimations avancées, la mesure permettrait à environ 70 000 personnes de partir plus tôt en 2026 qu'elles ne l'auraient fait avec la trajectoire vers 64 ans. Ce desserrement représente un coût pour les caisses de retraite, mais aussi, pour l'entreprise, un volume de départs potentiellement plus élevé que prévu dans les plans d'effectifs.
Quelles générations sont concernées par le gel#
Le gel ne touche pas tout le monde de la même façon. Il vise les salariés dont l'âge de départ était relevé par la réforme de 2023 et qui bénéficient désormais du maintien à 62 ans et 9 mois.
| Génération | Effet du gel |
|---|---|
| Née entre 1964 et 1968 | Concernée par le gel à 62 ans et 9 mois |
| Née à partir de 1969 | L'âge de 64 ans s'appliquerait, sous réserve des règles à venir |
Cette distinction est utile pour anticiper. Dans vos effectifs, les salariés nés entre 1964 et 1968 sont ceux pour lesquels une date de départ peut désormais intervenir plus tôt que ce qu'une projection antérieure laissait penser. Les salariés nés à partir de 1969 restent dans une logique de relèvement, mais sous réserve des règles qui seront définies d'ici 2028.
Notre lecture : il ne s'agit pas de recalculer chaque dossier individuel, ce qui relève des caisses de retraite, mais de mettre à jour vos hypothèses de départ pour les générations charnières. Une estimation de départ établie sur la base de 64 ans pour un salarié né en 1965 mérite d'être revue.
Ce que la suspension change pour l'employeur#
C'est le point le plus mal compris. La suspension de la réforme ne modifie pas, par elle-même, les taux de cotisations vieillesse. Les cotisations restent dues dans les conditions habituelles, employeur et salarié. La grille reste lisible dans la grille des taux de cotisations 2026.
L'impact, pour l'entreprise, est avant tout un impact de gestion des ressources humaines. Il porte sur trois leviers principaux : la prévision des départs, l'accompagnement des fins de carrière et le remplacement des compétences.
- Mettre à jour vos estimations de départ. Les hypothèses construites sur une montée vers 64 ans sont à revoir pour les générations 1964 à 1968.
- Anticiper la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Un départ qui survient plus tôt que prévu peut désorganiser une équipe si la transmission n'a pas été préparée.
- Préparer l'entretien de fin de carrière. C'est le moment d'identifier les souhaits du salarié, les compétences à transmettre et le calendrier réaliste de transition.
- Organiser le remplacement ou la réorganisation. Recrutement, mobilité interne, tutorat : le choix dépend du poste et de la criticité des compétences.
- Sécuriser la paie du départ. Documents de fin de contrat et soldes restent à produire dans les règles, sans changement lié à la réforme.
Pour replacer ce sujet dans l'ensemble des nouveautés de l'exercice, nous renvoyons à notre point sur les mesures clés du 1er janvier 2026.
Mise à la retraite et départ volontaire : ne pas confondre#
Deux situations coexistent, avec des conséquences différentes pour l'employeur. Les distinguer évite des erreurs de procédure et de paie.
- Le départ volontaire à la retraite est à l'initiative du salarié, qui décide de liquider sa pension et quitte l'entreprise. L'employeur gère le préavis, l'indemnité de départ applicable et les documents de fin de contrat.
- La mise à la retraite est à l'initiative de l'employeur, strictement encadrée et soumise à des conditions d'âge et de procédure. Elle ne peut intervenir librement.
Le gel de l'âge légal ne supprime pas ces règles de procédure. Il déplace simplement, pour certaines générations, le moment où un salarié peut prétendre à un départ. Pour la sécurisation des formalités et des bulletins, l'appui d'un service de gestion de la paie et du social reste pertinent, car une erreur de qualification du départ se traduit souvent par un solde de tout compte à reprendre.
Cas particuliers#
Le cumul emploi-retraite reste une option à connaître. Un salarié peut, sous conditions, percevoir sa pension et reprendre une activité. Pour l'employeur qui réembauche un retraité, les obligations de paie et de déclaration s'appliquent normalement. Ce dispositif peut aider à conserver une compétence rare le temps d'une transmission.
Les régimes spéciaux et les départs anticipés (carrière longue, incapacité, pénibilité) obéissent à des règles propres qui ne se résument pas à l'âge légal. Un salarié concerné par un dispositif anticipé peut partir avant 62 ans et 9 mois. Ces situations s'apprécient au cas par cas, dossier par dossier, avec la caisse compétente.
Les très petites structures sont parfois les plus exposées. Le départ d'un salarié pivot, dans une équipe de quelques personnes, n'a rien d'anecdotique. C'est souvent là que l'absence d'anticipation coûte le plus cher en désorganisation.
Cas fréquent : une PME qui anticipe un départ#
Dans les dossiers de gestion sociale, un cas revient régulièrement. Une PME identifie qu'un salarié expérimenté, né en 1965, atteindra l'âge de départ plus tôt que ne le supposait le plan d'effectifs construit sur une montée vers 64 ans. Sans suspension, ce départ était projeté plus tard ; avec le gel à 62 ans et 9 mois, il se rapproche.
L'enjeu n'est pas administratif, il est opérationnel. Si ce salarié détient un savoir-faire clé, la question devient celle de la transmission : combien de mois faut-il pour former un successeur, faut-il recruter en amont, peut-on s'appuyer sur un cumul emploi-retraite temporaire. Une estimation de départ mise à jour à temps laisse le choix entre plusieurs options. Une estimation périmée enferme l'entreprise dans l'urgence.
C'est précisément le type d'arbitrage que nous aidons à structurer dans le cadre d'un pilotage RH externalisé, en reliant la projection des départs au plan de charge.
Points de vigilance 2026#
- Ne confondez pas suspension de la réforme et baisse des cotisations. Les cotisations vieillesse restent dues normalement.
- Ne traitez pas un départ volontaire comme une mise à la retraite : la procédure et l'indemnité diffèrent.
- Ne figez pas vos plans sur plusieurs années : une nouvelle réforme est annoncée d'ici 2028.
- Ne négligez pas les générations 1964 à 1968 : ce sont elles qui peuvent partir plus tôt que prévu.
- Ne reportez pas l'entretien de fin de carrière : il conditionne la qualité de la transmission.
Notre analyse d'expert-comptable#
La suspension de la réforme des retraites est souvent lue comme une bonne nouvelle de trésorerie pour les salariés concernés. Du point de vue de l'employeur, ce n'est pas le bon angle. Le vrai sujet n'est pas le coût social immédiat, qui ne bouge pas, mais le calendrier des départs, qui se déforme pour les générations 1964 à 1968.
Nous observons que les entreprises bien préparées ne sont pas celles qui suivent l'actualité législative de près, mais celles qui tiennent une cartographie simple de leurs effectifs proches de la retraite. Cette cartographie, croisée avec les compétences critiques, transforme une réforme subie en décision pilotée. La suspension étant temporaire, et une nouvelle réforme étant attendue d'ici 2028, cette discipline de suivi vaut bien au-delà de l'année en cours.
En tant que cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables, nous tenons à distinguer ce qui est stable de ce qui évoluera. L'âge gelé à 62 ans et 9 mois, le périmètre des générations, l'absence de changement de cotisations : ce sont les repères de 2026. La trajectoire au-delà de 2028 reste, elle, à écrire.
Conseil Hayot Expertise. Établissez une liste de vos salariés nés entre 1964 et 1968 et mettez à jour leur date de départ probable. Identifiez parmi eux les compétences critiques et préparez l'entretien de fin de carrière sans attendre. Pour la partie paie et formalités de départ, notre accompagnement comptable et social sécurise chaque étape.
Questions fréquentes
La réforme des retraites est-elle suspendue en 2026 ?+
Oui. La réforme des retraites de 2023 est suspendue par l'article 45 bis de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adopté le 12 novembre 2025. Le recul progressif de l'âge légal vers 64 ans est interrompu. Cette suspension est temporaire et une nouvelle réforme est annoncée d'ici 2028.
À quel âge part-on à la retraite en 2026 ?+
L'âge légal de départ est gelé à 62 ans et 9 mois, au moins jusqu'au 1er janvier 2028, au lieu de continuer à monter vers 64 ans. À compter du 1er septembre 2026, cet âge légal est figé à 62 ans et 9 mois. Les départs anticipés relèvent de règles propres.
Quelles générations sont concernées par le gel ?+
Le gel à 62 ans et 9 mois concerne les générations nées entre 1964 et 1968. L'âge de 64 ans ne s'appliquerait qu'aux personnes nées à partir de 1969, sous réserve des règles qui seront définies par la nouvelle réforme attendue d'ici 2028.
Qu'est-ce que la suspension change pour l'employeur ?+
Pas de bouleversement immédiat des cotisations vieillesse, qui restent dues dans les conditions habituelles. L'enjeu est de gestion : anticiper des départs qui peuvent survenir plus tôt pour certaines générations, préparer l'entretien de fin de carrière et organiser le remplacement des compétences clés.
La suspension fait-elle baisser les cotisations vieillesse ?+
Non. La suspension porte sur l'âge de départ, pas sur les taux. Les cotisations vieillesse restent dues normalement, part employeur et part salarié. Pour le détail des taux applicables, consultez la grille des cotisations sociales en vigueur en 2026.
Faut-il revoir nos estimations de départ ?+
Oui, en priorité pour les salariés nés entre 1964 et 1968. Une projection construite sur un départ à 64 ans peut désormais intervenir plus tôt, à 62 ans et 9 mois. Mettre à jour ces dates permet d'anticiper la transmission des compétences plutôt que de la subir.
Combien de personnes partiraient plus tôt grâce à la suspension ?+
Selon les estimations avancées, la mesure permettrait à environ 70 000 personnes de partir plus tôt en 2026. Ce desserrement représente un coût pour les caisses de retraite et, pour les entreprises concernées, un volume de départs potentiellement plus élevé que prévu dans les plans d'effectifs.
À retenir#
- La réforme des retraites de 2023 est suspendue par l'article 45 bis de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adopté le 12 novembre 2025.
- L'âge légal de départ est gelé à 62 ans et 9 mois, au moins jusqu'au 1er janvier 2028 ; il est figé à compter du 1er septembre 2026.
- Le gel concerne les générations nées entre 1964 et 1968 ; l'âge de 64 ans viserait les personnes nées à partir de 1969.
- Les cotisations vieillesse ne changent pas du fait de la suspension : elles restent dues dans les conditions habituelles.
- L'enjeu employeur est la gestion des départs : estimations à jour, entretien de fin de carrière, transmission et remplacement.
- La suspension est temporaire : une nouvelle réforme est annoncée d'ici 2028, en concertation avec les partenaires sociaux.
Sources officielles#

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance, loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026
- Service-public.fr, âge de départ à la retraite
- Service-public.fr, mise à la retraite d'un salarié
- Urssaf, cotisations vieillesse de l'employeur
- Info-retraite.fr, le service public de l'information retraite
- Service-public.fr, cumul emploi-retraite
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
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