Arrêt maladie 2026 : IJSS plafonnées et impact pour l'employeur
Le plafond des IJSS maladie est abaissé à 1,4 SMIC : ce que cela coûte vraiment à l'employeur en 2026, et comment ajuster maintien de salaire, prévoyance et subrogation.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Depuis le 1er avril 2025, l'IJSS maladie est calculée sur un salaire plafonné à 1,4 SMIC (au lieu de 1,8 SMIC). L'indemnité maximale atteint 41,95 € brut par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er février 2026, puis 42,97 € au 1er juillet 2026. L'écart à combler pèse désormais davantage sur l'employeur.
Un arrêt maladie n'est pas seulement un sujet de ressources humaines : c'est une ligne de coût qui s'est déplacée en 2026. La part prise en charge par la Sécurité sociale a été réduite, et la différence retombe mécaniquement sur l'employeur ou sur le contrat de prévoyance. Pour les rémunérations supérieures à 1,4 SMIC, le surcoût n'est plus marginal.
Nous accompagnons des dirigeants de TPE et PME sur la paie et le social, et nous constatons que cette réforme du plafond passe souvent inaperçue jusqu'au premier arrêt long d'un cadre. C'est précisément là que l'écart devient visible sur la trésorerie. Cet article explique le mécanisme, le chiffre le coût pour l'employeur, et propose un plan d'action concret.
Ce qui a changé : le plafond IJSS abaissé à 1,4 SMIC#
L'indemnité journalière de Sécurité sociale (IJSS) maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base, calculé sur les trois derniers mois de salaire brut. Ce principe n'a pas bougé. Ce qui a changé, c'est le plafonnement du salaire de référence.
Depuis le 1er avril 2025, le salaire pris en compte pour ce calcul est plafonné à 1,4 SMIC, contre 1,8 SMIC auparavant. Conséquence directe : le montant maximal de l'IJSS a baissé, et tout salarié rémunéré au-delà de 1,4 SMIC voit une part plus importante de sa rémunération sortir du champ de l'indemnisation Sécurité sociale.
Le montant maximal de l'IJSS maladie s'établit ainsi à 41,95 € brut par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er février 2026, puis à 42,97 € brut par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026, après la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026.
Les IJSS ne sont versées qu'à partir du quatrième jour d'arrêt : la Sécurité sociale applique un délai de carence de trois jours. Les trois premiers jours ne donnent donc lieu à aucune indemnité de la part de l'Assurance maladie.
| Paramètre | Avant le 1er avril 2025 | Depuis le 1er avril 2025 |
|---|---|---|
| Plafond du salaire de référence | 1,8 SMIC | 1,4 SMIC |
| Taux de l'IJSS | 50 % du salaire journalier de base | 50 % du salaire journalier de base |
| IJSS maximale (arrêts dès le 1er février 2026) | montant supérieur | 41,95 € brut/jour |
| IJSS maximale (arrêts dès le 1er juillet 2026) | montant supérieur | 42,97 € brut/jour |
| Carence Sécurité sociale | 3 jours | 3 jours |
Notre lecture. Le cœur du sujet n'est pas la baisse en valeur absolue de l'IJSS, mais le déplacement de la frontière : à 1,4 SMIC, beaucoup plus de salariés sont concernés par un plafonnement de leur indemnité. Un cadre, un technicien qualifié ou un commercial confirmé dépasse fréquemment ce seuil. Pour ces profils, la Sécurité sociale couvre une fraction plus faible du salaire qu'avant, et le reste se reporte sur le maintien de salaire ou la prévoyance.
Le maintien de salaire par l'employeur : un complément, pas un automatisme#
La loi de mensualisation impose à l'employeur, sous condition d'ancienneté, de compléter les IJSS pour garantir un certain niveau de rémunération. Le barème figure à l'article D1226-1 du code du travail : un complément à 90 % de la rémunération brute pendant une première période, puis à 66,66 % (deux tiers) pendant une seconde période, dont la durée dépend de l'ancienneté.
Ce maintien légal a sa propre carence. L'indemnisation par l'employeur ne démarre qu'à compter du huitième jour d'arrêt, soit une carence de sept jours (article D1226-3 du code du travail), sauf convention collective ou accord plus favorable qui réduit ou supprime ce délai.
Il faut donc distinguer deux logiques de carence qui se superposent :
- La carence Sécurité sociale de trois jours, qui décale le versement des IJSS au quatrième jour.
- La carence du maintien légal de sept jours, qui décale le complément employeur au huitième jour, hors disposition conventionnelle plus avantageuse.
C'est l'articulation entre l'IJSS plafonnée et le complément employeur qui détermine le reste à charge réel de l'entreprise. Plus le salaire dépasse 1,4 SMIC, plus la part que l'employeur doit financer pour atteindre 90 % puis deux tiers est importante. Ce mécanisme de complément est détaillé dans notre article sur la subrogation et maintien de salaire.
| Niveau de rémunération | Part couverte par l'IJSS plafonnée | Charge probable pour l'employeur/la prévoyance |
|---|---|---|
| Salaire inférieur ou égal à 1,4 SMIC | IJSS calculée sur le salaire réel | Complément limité pour atteindre le barème |
| Salaire supérieur à 1,4 SMIC | IJSS calculée sur le plafond, non sur le salaire réel | Écart à combler plus élevé, surcoût croissant avec le salaire |
| Cadre à rémunération élevée | Fraction faible du salaire couverte | Reste à charge important, prévoyance souvent indispensable |
Impact chiffré : ce que l'employeur finance réellement#
Le raisonnement à tenir est simple : l'employeur (ou son contrat de prévoyance) comble la différence entre l'IJSS plafonnée et le niveau de salaire qu'il doit maintenir. Quand le plafond passe de 1,8 à 1,4 SMIC, cette différence s'élargit pour tous les salariés au-dessus du plafond.
Nous ne chiffrons pas ici un cas individuel précis sans connaître la convention collective, l'ancienneté et la rémunération exacte : chaque dossier appelle un calcul propre. Mais le principe est constant : plus la rémunération est élevée, plus la baisse du plafond creuse l'écart financé hors Sécurité sociale.
Cas fréquent. Un dirigeant que nous accompagnons emploie plusieurs cadres rémunérés nettement au-dessus de 1,4 SMIC. Lors d'un arrêt long de l'un d'eux, il a découvert que l'IJSS couvrait une part bien plus faible qu'attendu, et que son ancien contrat de prévoyance, calibré sur l'ancien plafond, laissait un reste à charge direct sur la paie. Le sujet n'était pas la conformité, mais la trésorerie : un coût non anticipé sur plusieurs mois.
Le risque sous-estimé. Beaucoup d'entreprises ont un contrat de prévoyance ancien dont les garanties ont été dimensionnées sur le plafond de 1,8 SMIC. Si le contrat indemnise en complément des IJSS sans clause d'ajustement, l'abaissement du plafond peut soit creuser le reste à charge de l'employeur, soit, à l'inverse, augmenter la sollicitation du contrat. Dans les deux cas, le coût réel diffère de ce qui avait été budgété.
La subrogation : un levier de trésorerie à activer#
La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS de la Sécurité sociale, en lieu et place du salarié, lorsqu'il maintient tout ou partie du salaire. Concrètement, l'entreprise verse le salaire maintenu au salarié, puis récupère les IJSS auprès de l'Assurance maladie.
Ce mécanisme ne change pas le montant total de l'indemnisation, mais il fluidifie la trésorerie et évite au salarié l'avance de fonds. Il sécurise aussi le suivi : l'employeur sait ce qu'il perçoit et ce qu'il finance réellement.
En pratique. Pour que la subrogation fonctionne sans friction, trois éléments doivent être en place : une attestation de salaire transmise sans délai (le plus souvent en DSN événementielle), une mention de subrogation correcte, et un suivi des versements de l'Assurance maladie sur le compte de l'entreprise. Un retard ou une erreur d'attestation décale l'encaissement des IJSS et fausse le rapprochement de paie. Les outils de paie comme Silae ou PayFit automatisent l'émission de l'attestation et le calcul du complément, ce qui réduit ce risque.
Points de vigilance 2026#
Points de vigilance 2026. Trois sujets méritent une revue avant le prochain arrêt long dans l'entreprise :
- La convention collective applicable, qui peut prévoir un maintien plus favorable que le barème légal (carence réduite, taux supérieur, durée plus longue) : c'est elle qui prime quand elle est plus avantageuse.
- Le contrat de prévoyance collective, dont les garanties doivent être relues à l'aune du plafond à 1,4 SMIC, notamment pour les rémunérations élevées.
- Le paramétrage du logiciel de paie, pour vérifier que le plafond, la carence et le complément sont à jour, et que la subrogation est correctement déclarée.
Ces vérifications s'inscrivent dans la gestion de la paie et du social et, plus largement, dans la gestion administrative et comptable de l'entreprise. Elles relèvent du dialogue régulier avec votre expert-comptable, en lien avec votre courtier en prévoyance.
Le cas de l'intérim mérite une attention spécifique en raison du calcul de l'ancienneté et de la succession de contrats : nous y consacrons un article sur l'arrêt maladie en intérim. Si vous structurez votre première paie, la logique du maintien de salaire et de la prévoyance se prépare dès l'embauche, comme nous l'expliquons pour embaucher votre premier salarié.
Ce que l'administration et l'Assurance maladie regardent#
Ce que l'administration regarde. Le contrôle porte surtout sur la cohérence des éléments déclarés : l'attestation de salaire doit refléter les salaires bruts des trois mois de référence, le respect des carences, et l'exactitude des IJSS reversées en cas de subrogation. Un écart entre le salaire déclaré et la paie réelle, ou une attestation tardive, est le premier point de friction. La rigueur documentaire protège l'entreprise et accélère l'indemnisation.
Plan d'action pour l'employeur#
- Identifier les salariés rémunérés au-dessus de 1,4 SMIC, les plus exposés à un reste à charge en cas d'arrêt.
- Relire le contrat de prévoyance collective et confronter ses garanties au nouveau plafond.
- Vérifier la convention collective : carence, taux et durée du maintien.
- Confirmer le paramétrage du logiciel de paie (plafond IJSS, carence, complément, subrogation).
- Activer ou fiabiliser la subrogation pour piloter la trésorerie.
- Anticiper le surcoût budgétaire pour les rémunérations élevées dans le prévisionnel social.
Questions fréquentes
Quel est le montant maximal de l'IJSS maladie en 2026 ?+
L'IJSS maladie est plafonnée à 41,95 € brut par jour pour les arrêts qui débutent à compter du 1er février 2026, puis à 42,97 € brut par jour pour ceux qui débutent à compter du 1er juillet 2026, après la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026. Ces montants résultent du plafonnement du salaire de référence à 1,4 SMIC.
Pourquoi le plafond des IJSS a-t-il baissé ?+
Depuis le 1er avril 2025, le salaire de référence servant au calcul de l'IJSS est plafonné à 1,4 SMIC, contre 1,8 SMIC auparavant. Cette mesure réduit la part du salaire couverte par la Sécurité sociale pour les rémunérations situées au-dessus de ce seuil, et déplace l'effort vers l'employeur ou la prévoyance.
Qui paie la différence entre l'IJSS et le salaire ?+
L'employeur comble une partie de l'écart au titre du maintien de salaire légal ou conventionnel, et le contrat de prévoyance collective peut compléter au-delà. Plus la rémunération dépasse 1,4 SMIC, plus la part financée hors Sécurité sociale augmente, d'où l'intérêt de revoir les garanties de prévoyance.
Combien de jours de carence s'appliquent à un arrêt maladie ?+
Deux carences se superposent. La Sécurité sociale verse les IJSS à partir du quatrième jour, soit trois jours de carence. Le maintien de salaire légal de l'employeur démarre au huitième jour, soit sept jours de carence, sauf convention collective plus favorable qui réduit ou supprime ce délai.
À quoi sert la subrogation pour l'employeur ?+
La subrogation permet à l'employeur de percevoir directement les IJSS à la place du salarié, lorsqu'il maintient le salaire. Elle ne modifie pas le montant total versé mais améliore la trésorerie et évite au salarié l'avance de fonds, à condition que l'attestation de salaire soit transmise correctement et sans délai.
Faut-il revoir son contrat de prévoyance en 2026 ?+
C'est recommandé pour les entreprises employant des salariés au-dessus de 1,4 SMIC. Un contrat calibré sur l'ancien plafond de 1,8 SMIC peut laisser un reste à charge inattendu. Une revue des garanties avec votre courtier et votre expert-comptable permet d'ajuster la couverture au nouveau plafond.
Le barème de maintien de salaire a-t-il changé ?+
Le barème de l'article D1226-1 du code du travail reste inchangé : complément à 90 % de la rémunération brute pendant une première période, puis 66,66 % ensuite, selon l'ancienneté. Ce qui change, c'est l'IJSS plafonnée plus basse, donc un complément employeur plus important pour les salaires élevés.
À retenir#
- Depuis le 1er avril 2025, l'IJSS maladie est calculée sur un salaire plafonné à 1,4 SMIC, contre 1,8 SMIC auparavant.
- L'IJSS maximale est de 41,95 € brut par jour pour les arrêts dès le 1er février 2026, puis 42,97 € dès le 1er juillet 2026.
- L'écart à combler entre l'IJSS et le salaire maintenu pèse davantage sur l'employeur et la prévoyance pour les rémunérations au-dessus de 1,4 SMIC.
- Deux carences coexistent : trois jours côté Sécurité sociale, sept jours pour le maintien légal (art. D1226-3), sauf convention plus favorable.
- La subrogation reste un levier de trésorerie : attestation rapide et paramétrage de paie fiable sont indispensables.
- Cet article informe ; une décision sur votre situation suppose l'examen de la convention collective, des contrats et de la paie réelle avec votre expert-comptable.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance - Code du travail, art. D1226-1 (barème de maintien de salaire)
- Légifrance - Code du travail, art. D1226-3 (délai de carence du maintien employeur)
- URSSAF - Indemnités journalières de Sécurité sociale et plafonnement
- Service-public.fr - Arrêt de travail pour maladie du salarié (indemnisation)
- Sécurité sociale - Indemnités journalières maladie
- Légifrance - Loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025 (cadre 2026)
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
Besoin d'un devis ou d'un conseil personnalisé ?
Notre cabinet d'expertise comptable vous accompagne dans toutes vos démarches. Obtenez un devis gratuit pour analyser votre situation et vous proposer une offre tarifaire sur-mesure ou contactez-nous directement.