Recodification TVA du CGI vers le CIBS : ce qui change en 2026
La TVA quitte le CGI pour le CIBS au 1er septembre 2026. Recodification à droit constant : aucun taux ne change, mais vos références d'articles, factures et contrats, oui. Notre marche à suivre.
Ce sujet relève de notre mission
Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. L'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 transfère, au 1er septembre 2026, les règles de TVA du Code général des impôts vers le Livre II du code des impositions sur les biens et services (CIBS). C'est une recodification à droit constant : aucun taux ni régime ne change, mais les références d'articles, elles, changent.
Vous n'aurez pas un euro de TVA en plus à payer à cause de cette réforme. En revanche, vous avez peut-être des mentions d'articles à mettre à jour sur vos factures, vos conditions générales, vos contrats de bail ou le paramétrage de votre logiciel. C'est tout l'enjeu de la recodification de la TVA dans le CIBS : un changement de référentiel juridique, pas de fiscalité. Récemment, le dirigeant d'une PME de négoce nous a appelés, inquiet, après avoir lu que « la TVA sort du CGI » : il pensait à une hausse d'impôt. Il s'agissait en réalité d'un simple déménagement de texte, mais avec des conséquences pratiques bien réelles sur sa documentation commerciale.
Qu'est-ce que la recodification de la TVA dans le CIBS ?#
La recodification consiste à déplacer les articles relatifs à la TVA, aujourd'hui logés dans le Code général des impôts (CGI), vers un code dédié : le code des impositions sur les biens et services, ou CIBS. Ce code n'est pas nouveau. Il a été créé par l'ordonnance n° 2021-1843 du 22 décembre 2021, entrée en vigueur le 1er janvier 2022, et regroupait jusqu'ici les accises (alcools, tabacs, énergies) et diverses impositions sectorielles.
L'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, publiée au Journal officiel du 20 décembre 2025, ajoute la TVA à ce code. À compter du 1er septembre 2026, les dispositions de TVA quittent le CGI pour rejoindre le Livre II du CIBS, articles L200-1 à L246-12. L'objectif affiché par l'administration est de mettre fin à la dispersion des règles fiscales sur les biens et services, jusqu'ici réparties entre une vingtaine de corps de textes.
Concrètement, l'ampleur est considérable : l'ensemble des articles TVA du CGI (de l'ordre de 230 articles) est réécrit en un nombre nettement plus élevé d'articles dans le CIBS (proche du millier selon les premières analyses), avec des articles plus courts et une structure thématique repensée. Pour anticiper les obligations qui arrivent en parallèle, voyez notre guide complet sur la réforme de la TVA dans le CIBS.
La recodification change-t-elle les règles de fond de la TVA ?#
Non, et c'est le point essentiel à retenir. La recodification est réalisée à droit constant : le taux normal reste à 20 %, les taux réduits (10 %, 5,5 %, 2,1 %) demeurent, les règles de territorialité, d'exigibilité, de droit à déduction et les régimes d'imposition ne sont pas modifiés sur le fond. Le rapport au Président de la République précise que l'opération est « strictement sans incidence sur les règles de fond applicables ».
Une nuance s'impose toutefois. « Droit constant » ne signifie pas « copier-coller à l'identique ». L'administration a saisi l'occasion pour réécrire des articles, intégrer des définitions issues de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne et reclasser certaines dispositions entre niveau législatif et réglementaire. Le sens des règles ne change pas, mais leur formulation et leur emplacement, oui. C'est pourquoi nous parlons d'un nouveau référentiel à apprivoiser plutôt que d'un simple renumérotage.
| Ce qui ne change PAS | Ce qui change |
|---|---|
| Taux de TVA (20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 %) | Numérotation des articles (CGI vers CIBS) |
| Champ d'application et territorialité | Code de référence à citer |
| Droit à déduction et conditions | Formulation de certains articles |
| Franchise en base (37 500 / 85 000 €) | Emplacement des règles dans la hiérarchie des normes |
| Régimes (réel normal, réel simplifié) | Renvois croisés dans contrats et CGV |
Faut-il modifier ses factures et ses documents pour le CIBS ?#
Pour l'immense majorité des entreprises, la facture courante n'a pas à citer un article de loi. Les mentions obligatoires (numéro, date, identité, taux, montant de TVA, numéro de TVA intracommunautaire) restent inchangées. Vous n'avez donc rien à modifier sur une facture standard.
Le sujet se pose dès qu'un document s'appuie sur une référence légale précise. C'est le cas des factures en exonération ou en autoliquidation, qui mentionnent souvent un article du CGI pour justifier le régime appliqué. Pensez aussi aux conditions générales de vente, aux contrats de bail commercial avec option à la TVA, aux contrats de prestation transfrontaliers et aux modèles de mentions de votre logiciel de facturation.
Bonne nouvelle : une période transitoire protège ces documents. Selon le rescrit publié au BOFiP (BOI-RES-TVA-000253), les actes, factures et contrats mentionnant les anciens articles du CGI conservent leur validité, et les renvois aux anciennes dispositions restent admis jusqu'au 31 décembre 2027. Vous avez donc le temps, mais pas l'éternité. Pour fiabiliser ce chantier en même temps que vos déclarations, notre accompagnement en fiscalité d'entreprise à Paris sécurise les mentions sensibles.
Les documents à passer en revue#
- Les modèles de factures en exonération ou autoliquidation citant un article du CGI.
- Les conditions générales de vente et conditions générales de prestation.
- Les baux commerciaux avec option pour la TVA et leurs avenants.
- Les contrats internationaux (clauses TVA, lieu de taxation).
- Le paramétrage des libellés et mentions automatiques du logiciel de facturation.
- Les attestations et formulaires internes renvoyant à un article précis.
Comment réussir la transition vers le CIBS en pratique ?#
La méthode que nous appliquons dans les dossiers tient en quelques étapes simples, à étaler sur le second semestre 2026 et l'année 2027.
- Recenser les documents qui citent un article du CGI relatif à la TVA (factures spéciales, CGV, baux, contrats).
- Identifier l'article CIBS correspondant à l'aide des tables de concordance que l'administration s'est engagée à publier.
- Mettre à jour progressivement les modèles et clauses, en gardant une trace de l'ancienne et de la nouvelle référence.
- Vérifier le paramétrage du logiciel de facturation et des mentions automatiques avec votre éditeur.
- Former la personne qui établit les factures et suit la TVA, pour qu'elle s'oriente dans le nouveau plan du CIBS.
- Documenter la mise à jour dans un mémo interne daté, utile en cas de contrôle.
Cette démarche s'intègre naturellement à votre tenue et révision comptable, où nous contrôlons déjà la cohérence de vos mentions et de vos déclarations de TVA. Pour le rythme déclaratif lui-même, notre article sur la déclaration de TVA reste votre repère opérationnel : les imprimés et le calendrier ne sont pas modifiés par la recodification.
Cas particuliers#
Auto-entrepreneurs et micro en franchise. Si vous bénéficiez de la franchise en base (37 500 € en services, 85 000 € en commerce), vous ne facturez pas de TVA et la mention de franchise figure sur vos factures. Le régime ne change pas ; seule la référence légale citée dans la mention pourra évoluer. La franchise reste un dispositif à surveiller, surtout depuis l'abandon du seuil unique de 25 000 €.
Entreprises concernées par la facture électronique. La date du 1er septembre 2026 n'est pas un hasard : elle coïncide avec l'entrée en vigueur de l'obligation de facturation électronique (émission pour les grandes entreprises et ETI, réception obligatoire pour toutes les entreprises). Mener les deux chantiers ensemble est cohérent. Les principes de TVA portés par les formats électroniques s'appuieront sur le CIBS.
Opérations intracommunautaires et import. Les entreprises qui réalisent des opérations transfrontalières citent fréquemment des articles dans leurs contrats et factures. C'est là que le travail de mise à jour des renvois est le plus utile, notamment pour les acteurs du e-commerce déjà concernés par la directive ViDA et la TVA à l'ère numérique.
Points de vigilance 2026#
Le risque sous-estimé n'est pas fiscal, il est documentaire. Une clause de contrat ou une mention de facture qui renvoie à un article du CGI abrogé restera juridiquement comprise jusqu'au 31 décembre 2027 grâce aux dispositions transitoires, mais au-delà, un renvoi obsolète peut créer une ambiguïté avec un partenaire, un acheteur public ou un contrôleur.
Ce que l'administration regarde : la cohérence entre le régime que vous appliquez et la justification que vous en donnez. Une exonération ou une autoliquidation correctement appliquée mais mal référencée n'est pas, en soi, un redressement ; mais une mention erronée affaiblit votre dossier. Mieux vaut migrer proprement vos références plutôt que d'attendre la fin de la période transitoire.
Attention enfin aux modèles dupliqués : beaucoup d'entreprises ont plusieurs gabarits de factures et de contrats qui circulent en parallèle. Oublier un seul modèle, c'est laisser passer une référence périmée pendant des années.
Notre analyse d'expert-comptable#
Notre lecture est simple : cette réforme est un non-événement fiscal et un vrai sujet d'organisation. La plupart de nos clients TPE n'auront, en pratique, rien à faire d'autre que vérifier que leur logiciel est à jour. Les entreprises qui ont des contrats structurés, des baux avec option à la TVA, des opérations exonérées ou internationales, elles, ont un petit chantier de fiabilisation à mener, sans urgence mais sans le négliger.
L'arbitrage que nous recommandons : ne pas tout refaire en septembre 2026, mais profiter du renouvellement naturel de vos modèles (nouvelle version de CGV, nouveau bail, mise à jour logicielle) pour basculer vers les références CIBS, en s'appuyant sur les tables de concordance officielles. La période transitoire jusqu'à fin 2027 est faite pour cela.
En tant qu'expert-comptable inscrit à l'Ordre et commissaire aux comptes, nous suivons de près la doctrine BOFiP, qui reste opposable malgré le changement de code. C'est un point rassurant : votre sécurité juridique est préservée, à condition de garder à jour vos références.
Conseil Hayot Expertise. Faites un inventaire ciblé de vos documents qui citent un article de TVA, plutôt qu'une revue exhaustive. Attendez la publication des tables de concordance officielles avant de réécrire vos clauses. Et synchronisez ce chantier avec votre mise en conformité facture électronique de septembre 2026 : un seul projet, deux livrables.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la recodification de la TVA dans le CIBS ?+
C'est le transfert des règles de TVA du Code général des impôts vers le code des impositions sur les biens et services, au 1er septembre 2026, en application de l'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025. Les règles de fond restent identiques : seules les références d'articles changent.
La recodification change-t-elle les règles de fond de la TVA ?+
Non. L'opération est réalisée à droit constant. Les taux, le champ d'application, le droit à déduction et les régimes d'imposition ne sont pas modifiés. Certains articles sont réécrits ou reclassés, mais sans incidence sur les règles applicables, selon le rapport au Président de la République.
Faut-il modifier ses factures pour le CIBS ?+
Une facture standard n'a pas à citer d'article de loi : elle n'est donc pas concernée. Seuls les documents qui renvoient à une référence précise du CGI (factures en exonération ou autoliquidation, CGV, contrats) devront être mis à jour, avec une période transitoire jusqu'au 31 décembre 2027.
Quand le CIBS remplace-t-il le CGI pour la TVA ?+
Le 1er septembre 2026. À cette date, les dispositions législatives de TVA quittent le CGI pour le Livre II du CIBS, articles L200-1 à L246-12. Cette date coïncide avec l'entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique pour les grandes entreprises et les ETI.
Mes anciens contrats citant le CGI restent-ils valables ?+
Oui. Selon le rescrit BOI-RES-TVA-000253, les actes, factures et contrats mentionnant les anciens articles du CGI conservent leur validité, et les renvois aux anciennes dispositions sont admis jusqu'au 31 décembre 2027. Au-delà, mieux vaut avoir migré vos références.
La doctrine fiscale BOFiP reste-t-elle applicable après la recodification ?+
Oui. Les commentaires BOFiP et les prises de position administratives demeurent opposables sans modification. Les références aux anciens articles du CGI s'entendent désormais comme des références aux articles correspondants du CIBS. Votre sécurité juridique est donc préservée par le texte.
Le CIBS, qu'est-ce que c'est exactement ?+
Le code des impositions sur les biens et services a été créé par l'ordonnance n° 2021-1843 du 22 décembre 2021. Il regroupait les accises (alcools, tabacs, énergies) et diverses impositions sectorielles. Depuis l'ajout de la TVA, il devient le code de référence des impôts sur la consommation en France.
À retenir#
- La TVA quitte le CGI pour le Livre II du CIBS le 1er septembre 2026, via l'ordonnance n° 2025-1247.
- L'opération est faite à droit constant : aucun taux, régime ou règle de fond n'est modifié.
- Une facture standard n'est pas concernée ; seuls les documents citant un article de TVA le sont.
- Une période transitoire protège les anciennes références jusqu'au 31 décembre 2027.
- La doctrine BOFiP reste opposable et des tables de concordance seront publiées.
- Synchronisez la mise à jour de vos références avec votre passage à la facture électronique.
Sources officielles#
- Ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025 (Légifrance)
- Rapport au Président de la République relatif à l'ordonnance n° 2025-1247 (Légifrance)
- BOI-RES-TVA-000253 : dispositions transitoires de la recodification (BOFiP)
- Code des impositions sur les biens et services (Douane.gouv.fr)
- Facturation électronique : calendrier officiel (impots.gouv.fr)
- Tout savoir sur la facturation électronique (economie.gouv.fr)

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Ordonnance n° 2025-1247 du 17 decembre 2025 portant recodification de la TVA (Legifrance)
- Rapport au President de la Republique relatif a l'ordonnance n° 2025-1247 (Legifrance)
- BOI-RES-TVA-000253 : dispositions transitoires de la recodification TVA dans le CIBS (BOFiP)
- Code des impositions sur les biens et services (Douane.gouv.fr)
- Facturation electronique : que va-t-il se passer pour mon entreprise (impots.gouv.fr)
- Tout savoir sur la facturation electronique pour les entreprises (economie.gouv.fr)
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôle
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