Kinésithérapeute : SEL ou BNC, le choix fiscal en 2026
Guide 2026 pour kinésithérapeutes : BNC (exercice individuel) ou SEL/SELARL (société). Fiscalité, protection sociale CARPIMKO, TVA exonérée, seuils micro-BNC et arbitrage.
Ce sujet relève de notre mission
Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Un kinésithérapeute peut exercer en BNC (bénéfices non commerciaux, nom propre, régime réel ou micro-BNC jusqu'à 83 600 €) ou en SEL (SELARL ou SELAS, soumis à l'IS). Le choix dépend du niveau de bénéfice, du besoin de protection sociale, de structuration d'un cabinet groupe et des objectifs de transmission. Les cotisations TNS (CARPIMKO) s'appliquent dans les deux cas, mais l'impôt et la distribution de revenus diffèrent radicalement.
Contexte 2026#
La kinésithérapie est l'une des professions paramédicales les plus représentées en France. Depuis le relèvement du seuil micro-BNC à 83 600 € (2026-2028) et le durcissement de la fiscalité des dividendes (PFU à 31,4 % depuis la LFSS 2026), le choix entre BNC et SEL repose désormais sur un calcul précis. Aucune règle universelle : tout dépend de votre projet de croissance, d'association, et de fiscalité patrimoniale.
Récemment, un kinésithérapeute en pluriactivité (libéral + remplacement) nous a sollicités pour valider un projet de cabinet groupe en SELARL. Son erreur courante : supposer que la SELARL offrirait une meilleure protection fiscale sans mesurer l'impact sur ses cotisations TNS et ses revenus distribuables. Une analyse détaillée a montré qu'en restant en BNC jusqu'à 100 k€, il gagnait 8 000 € par an en impôts et cotisations. C'est précisément ce que nous vérifions avant toute structuration.
Qu'est-ce que le BNC et qui y est assujetti en kinésithérapie ?#
Le BNC (Bénéfices Non Commerciaux) est le régime fiscal naturel des professions libérales réglementées (médecins, avocats, dentistes, kinésithérapeutes, experts-comptables). Chaque kinésithérapeute exerce en son nom propre, sur sa propre patientèle, sans interposition d'une structure sociétaire.
Régime d'imposition du BNC#
Le bénéfice imposable est calculé selon deux options :
| Régime | Volume minimum | Abattement / Taux | Comptabilité requise | Impôt payé sur |
|---|---|---|---|---|
| Micro-BNC (≤ 83 600 €) | 0 € | 34 % forfaitaire (min. 305 €) | Livre recettes | Bénéfice forfaitaire (recettes − abattement) |
| Régime réel (> 83 600 € ou option) | 83 600 € | Charges réelles (justifiées) | Liasse fiscale 2035 | Bénéfice réel (recettes − charges) |
Micro-BNC 2026 : si vos recettes N-1 ou N-2 ne dépassaient pas 83 600 €, vous pouvez rester en micro-BNC même si vous franchissez le seuil en N. Un dépassement sur une seule année ne vous fait pas perdre le régime. Au-delà, vous basculez obligatoirement en déclaration contrôlée (liasse 2035 + annexes 2035-A/B).
Affiliation CARPIMKO et cotisations TNS#
Dès que vous êtes kinésithérapeute en BNC (exercice libéral), vous êtes TNS (travailleur non salarié) affilié obligatoirement à CARPIMKO (Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Sages-Femmes, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-Podologues, Orthophonistes et Orthoptistes).
Les cotisations CARPIMKO se décomposent en :
- Retraite de base : 8,73 % jusqu'à 48 060 € (1 PASS), puis 1,87 % jusqu'à 240 300 € (5 PASS) ;
- Retraite complémentaire : cotisation proportionnelle (réforme 2026), assise entre 0,5 et 3 PASS ;
- Invalidité-décès : cotisation forfaitaire (1 022 € en 2026) ;
- ASV (avantage social vieillesse) : forfait (671 €) complété d'une part proportionnelle.
S'y ajoutent la CSG-CRDS et la cotisation maladie (URSSAF), calculées séparément. Au total, la charge sociale d'un kinésithérapeute libéral représente de l'ordre de 35 à 45 % du revenu selon son niveau, CSG-CRDS comprises.
Caractéristiques fondamentales du BNC#
- Responsabilité illimitée : le patrimoine professionnel et personnel sont fusionnés ; créanciers peuvent saisir les biens propres.
- Pas de distinction TVA : les actes thérapeutiques (kinésithérapie prescrite) sont exonérés TVA (CGI art. 261, 4-1°). Les actes non thérapeutiques (bien-être, esthétique) sont taxables.
- Transmission délicate : la clientèle est personnelle ; pas de reprise aisée du fonds.
- Imposition IR : le bénéfice est imposé au titre de l'impôt sur le revenu (IR), dans la tranche marginale du kinésithérapeute (jusqu'à 45 %).
Qu'est-ce qu'une SEL (SELARL ou SELAS) pour un kinésithérapeute ?#
Une SEL (Société d'Exercice Libéral) est une structure sociétaire réservée aux professions libérales réglementées. Pour les kinésithérapeutes, deux formes existent :
SELARL : Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée#
La SELARL est la forme la plus courante (variante fermée ou ouverte).
| Critère | SELARL |
|---|---|
| Responsabilité | Limitée aux apports sociaux |
| Capital minimum | 500 € (obligatoire, divisible en parts) |
| Associés | Minimum 2 kinésithérapeutes (libéraux) ; possibilité d'associés passifs (investisseurs non-professionnels) en SELARL ouverte |
| Direction | Gérant ou plusieurs gérants ; au moins un gérant doit être kinésithérapeute libéral |
| Imposition | IS (Impôt sur les Sociétés) : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % |
| Régime social du gérant | TNS (CARPIMKO) si gérant majoritaire (> 50 % du capital) ; TNS même en SELARL ouverte tant qu'il dirige |
| Dividendes | Soumis au PFU 31,4 % si ≤ 10 % du capital social + primes + CCA moyen ; au-delà, cotisations TNS en sus |
SELAS : Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiée#
La SELAS est moins courante mais peut être pertinente si structure plus légère :
| Critère | SELAS |
|---|---|
| Responsabilité | Limitée aux apports |
| Actionnaires | Minimum 2 kinésithérapeutes libéraux |
| Imposition | IS : 15 % ≤ 42 500 € puis 25 % |
| Régime social du président | Assimilé-salarié (régime général, hors assurance chômage) |
| Dividendes | PFU 31,4 % si ≤ 10% du capital social + primes + CCA. Au-delà : cotisations retenues |
Différence clé : en SELAS, le président est assimilé-salarié (régime général), pas TNS CARPIMKO. C'est un désavantage retraite pour un kinésithérapeute, car CARPIMKO offre une meilleure pension.
Comparatif : BNC vs SEL en 2026#
| Aspect | BNC (exercice individuel) | SELARL (2+ kinés) | SELAS (2+ kinés) |
|---|---|---|---|
| Responsabilité | Illimitée | Limitée | Limitée |
| Imposition bénéfice | IR (0 % à 45 %) | IS 15%/25% | IS 15%/25% |
| Régime social dirigeant | TNS CARPIMKO (~40 %) | TNS CARPIMKO (si gérant > 50%) | Assimilé-salarié rég. gén. |
| Seuil micro | 83 600 € (34% abattement) | N/A (obligatoire IS) | N/A (obligatoire IS) |
| Déductibilité charges | Charges réelles (> 83.6k) | Toutes charges réelles | Toutes charges réelles |
| Rémunération du gérant/président | — | Salaire ou distributions | Salaire ou distributions |
| Dividendes | — | PFU 31,4% ou cotis. TNS > 10% | PFU 31,4% ou cotis. TNS > 10% |
| TVA actes thérapeutiques | Exonérée | Exonérée | Exonérée |
| Transmission | Difficile (clientèle personnelle) | Fonds + clientèle = cédable | Fonds + clientèle = cédable |
| Coûts comptables et juridiques | Faibles (micro) ou moyens (réel) | Moyens-élevés | Moyens-élevés |
Points clés#
En BNC :
- Jusqu'à 83 600 €, vous profitez d'une comptabilité simplifiée et d'un abattement forfaitaire de 34 %.
- Au-delà, passage obligatoire au réel : charges documentées, plus d'administratif.
- Imposition IR : votre bénéfice s'ajoute à d'autres revenus (location, dividendes, etc.) et est soumis au barème progressif (jusqu'à 45 %).
En SELARL/SELAS :
- Le bénéfice de la structure est imposé à l'IS (15 % ≤ 42 500 €, puis 25 %), indépendamment de votre situation personnelle.
- Vous rémunérez ensuite le gérant/président en salaire (cotisations AS ou patronales) ou en dividendes (PFU ou cotisations).
- La part de bénéfice non distribuée capitalise dans la structure → avantage pour croissance et transmission.
Analyse par tranche de bénéfice : quel régime choisir ?#
Aucune réponse unique : l'arbitrage dépend du résultat, du besoin de revenu disponible et des projets d'association. Les ordres de grandeur ci-dessous sont indicatifs et doivent être affinés avec votre expert-comptable. Rappel clé : en SELARL, le gérant majoritaire reste TNS (cotisations CARPIMKO sur sa rémunération de gérance), il n'est pas assimilé salarié — c'est seulement en SELAS que le président relève du régime général.
Jusqu'à 30 000 € de bénéfice#
Verdict : BNC au micro-BNC. L'abattement forfaitaire de 34 % suffit, les cotisations CARPIMKO restent modérées et aucune complexité de structure ne se justifie. Créer une SELARL à ce niveau ajoute des coûts (statuts, comptabilité, gouvernance) sans contrepartie fiscale.
De 30 000 € à 83 600 € (zone micro-BNC)#
Verdict : BNC au micro-BNC. Tant que vos recettes restent sous 83 600 €, l'abattement de 34 % et la comptabilité de trésorerie offrent un rapport simplicité/coût difficile à battre. Vous restez TNS, affilié à la CARPIMKO, et votre bénéfice est imposé à l'IR au barème progressif.
De 83 600 € à 150 000 € (passage au réel)#
Au-delà du seuil, l'abattement forfaitaire disparaît : vous passez en déclaration contrôlée (2035) et déduisez vos charges réelles (loyer, équipement, secrétariat, amortissements). Deux trajectoires coexistent :
- BNC au réel : le bénéfice est imposé à l'IR (jusqu'à 41 %, voire 45 %) et supporte les cotisations TNS CARPIMKO. Régime simple, mais l'imposition grimpe avec la tranche marginale.
- SELARL à l'IS : la rémunération de gérance est déductible du résultat et supporte des cotisations TNS ; le bénéfice conservé est imposé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). L'intérêt apparaît quand vous pouvez laisser une partie du résultat en réserve plutôt que tout appréhender personnellement la même année.
Exemple indicatif : sur 110 000 € de recettes et 30 000 € de charges, le bénéfice de 80 000 € en BNC réel est imposé à l'IR sur votre tranche marginale. En SELARL, vous pourriez vous verser 55 000 € de rémunération (déductible, cotisations TNS), le solde étant imposé à l'IS à 15 % jusqu'à 42 500 € — la comparaison dépend alors de la part que vous souhaitez réellement consommer.
150 000 € et plus (cabinet de groupe)#
Verdict : la SELARL prend tout son sens. Vous lissez rémunération et dividendes, capitalisez des réserves taxées à l'IS (15 %/25 %) plutôt qu'à l'IR à 45 %, et partagez les coûts fixes entre associés. Sur un résultat de 250 000 € avant rémunération, verser 100 000 € de rémunération de gérance (déductible, cotisations TNS) laisse un résultat imposé à l'IS, dont une fraction peut financer la croissance ou préparer la transmission. À ce niveau, l'économie d'impôt compense le surcoût de gestion.
TVA pour kinésithérapeutes#
Actes thérapeutiques : exonérés TVA#
Les actes prescrits par un médecin (kinésithérapie thérapeutique) et les massages définis à l'art. R. 4321-3 du Code de la santé publique sont exonérés de TVA (CGI art. 261, 4-1°).
Actes non thérapeutiques : 20 % TVA#
Les actes de bien-être (massage relaxant, esthétique, coaching sportif) sont taxables à 20 % (taux normal). Il est crucial de segmenter la facturation en deux lignes distinctes pour respecter l'exonération.
Franchise TVA et actes non thérapeutiques#
Point essentiel : vos actes de soins prescrits sont exonérés de TVA quel que soit votre chiffre d'affaires — le seuil de franchise ne les concerne pas. La franchise en base (37 500 € de recettes de services en 2026) ne joue que pour vos éventuels actes taxables (bien-être, esthétique, coaching) : en dessous, aucune TVA à facturer ni à récupérer ; au-delà, vous devenez redevable de la TVA sur ces seules prestations taxables.
En SELARL, c'est la structure qui est redevable ; en BNC, c'est vous personnellement.
Cotisations TNS et dividendes en SEL#
Gérant SELARL et cotisations CARPIMKO#
Un gérant de SELARL qui détient > 50 % du capital reste TNS affilié à CARPIMKO (même cotisations qu'en BNC). Si gérant minoritaire (< 50 %), il peut être assimilé-salarié (plus complexe).
Dividendes et cotisations sociales TNS (règle 2025-2026)#
Depuis la LFSS 2024 (confirmée par la Cour de cassation 19/10/2023), la fraction de dividendes excédant 10 % du (capital social + primes d'émission + solde moyen CCA) est soumise à cotisations sociales TNS (CARPIMKO), en sus du PFU 31,4 %.
En deçà de 10 % : PFU seul 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux).
Exemple : SELARL avec capital 10 k€, CCA moyen 50 k€ → seuil 10 % = 6 k€. Dividendes 20 k€ :
- 6 k€ sous PFU 31,4 %
- 14 k€ sous cotisations TNS (~27 %) + impôt IR (~41 %)
C'est un piège fréquent : beaucoup de cabinets pensent que distribuer en dividendes c'est économiser des cotisations. C'est faux au-delà de 10 %.
Cas particuliers#
Remplaçant kiné en SELARL#
Un remplaçant peut adhérer à une SELARL pour partager les charges (loyer du cabinet). Il facture ses actes à son propre nom (BNC) et verse une quote-part à la SELARL. C'est une SCI ou une SCM (Société Civile de Moyens) qui fonctionne mieux qu'une SELARL pour ce modèle.
Cabinet de groupe en SCM#
Une SCM (Société Civile de Moyens) permet à plusieurs kinésithérapeutes d'exercer individuellement en BNC tout en partageant les coûts fixes. Chacun facture ses honoraires en son nom, la SCM refacture les charges communes au prorata. Aucune imposition supplémentaire à la SCM (transparence fiscale).
Points de vigilance 2026#
Erreur 1 — Ne pas mesurer l'impact fiscal net#
Comparer brut IS vs brut IR sans tenir compte des cotisations, distributions et CSG/CRDS. La vraie comparaison doit être nette d'impôts + cotisations.
Erreur 2 — Oublier que le seuil micro est à 83 600 € (recettes)#
Beaucoup pensent encore que c'est 77 700 € (le plafond 2023-2025). Non : le plafond actuel est 83 600 €, relevé pour 2026-2028.
Erreur 3 — Ignorer les dividendes excédant 10 %#
Distribuer 50 k€ en dividendes en pensant payer seulement du PFU, sans vérifier le seuil de 10%, génère des cotisations TNS inattendues.
Erreur 4 — Mal segmenter TVA exonérée / taxable#
Facturer en un bloc "kinésithérapie" sans isoler bien-être ou coaching → risque de redressement fiscal.
Erreur 5 — Négliger les charges déductibles en BNC au réel#
Au-delà de 83 600 €, passer au réel offre une vraie déductibilité : loyer, équipement, salaire secrétaire, etc. Beaucoup continuent à appliquer l'abattement mental.
Notre analyse d'expert-comptable#
La fiscalité d'un kinésithérapeute se complexifie avec le projet. Jusqu'à 80–100 k€ de bénéfice, rester en BNC micro offre une clarté et une flexibilité que peu reconnaissent. Le seuil à 83 600 € est un vrai soulagement : cela laisse respirer les praticiens en croissance modérée.
Chez Hayot Expertise, nous avons accompagné une quinzaine de cabinets de kinésithérapie. Le schéma gagnant : BNC au réel jusqu'à 120–130 k€, puis basculer progressivement vers une SELARL à 2 ou 3 gérants quand le cabinet atteint 150 k€ et qu'une structuration collaborative devient nécessaire.
Un cas mémorable : un kinésithérapeute à 95 000 € de bénéfice souhaitait créer une SELARL pour « économiser 20 000 € d'impôts ». Le calcul détaillé a montré un gain net bien plus modeste une fois intégrés les cotisations TNS sur la rémunération de gérance, l'impôt sur les sociétés appliqué au résultat conservé et le surcoût annuel de gestion (statuts, comptabilité, gouvernance, de l'ordre de 4 000 €). Verdict : à ce niveau de revenu, l'économie réelle ne justifiait pas encore la bascule.
Conseil Hayot Expertise. Avant de changer de structure, faites un vrai calcul fiscal sur 3 ans, en tenant compte des cotisations patronales, distributions, réserves et coûts comptables. La vraie comparaison doit être : (impôts + cotisations + coûts comptables) en BNC vs (impôts + cotisations + coûts comptables) en SELARL. Nous offrons ce diagnostic gratuitement : c'est 2 heures de travail qui évitent des erreurs de 10 000 € par an pendant 5 ans. Et si vous visez l'association avec un collègue, anticiper la SELARL dès maintenant, avant le montage structurel, réduit les risques de refonte future.
Questions fréquentes
Un kinésithérapeute peut-il rester en micro-BNC au-delà de 83 600 € ?+
Non. Si vos recettes dépassent 83 600 € une année donnée, vous basculerez obligatoirement au régime déclaration contrôlée (liasse 2035) l'année suivante. Un seul dépassement n'élimine pas immédiatement le régime micro, mais l'année N+1 est au réel. Vous pouvez revenir en micro si les recettes redescendent sous le seuil sur deux années consécutives.
En SELARL, suis-je obligé de payer des cotisations patronales ?+
Oui si vous vous rémunérez en salaire (la forme la plus courante). Les cotisations patronales (~42 % du brut) s'ajoutent. Si vous vous distribuez en dividendes, vous payez du PFU 31,4 % ou des cotisations TNS selon le dépassement du seuil 10 %. Le salaire offre plus de clarté retraite (régime général ou TNS clairement défini).
Quelle est la différence entre SELAS et SELARL pour un kiné ?+
La SELAS impose une présidence assimilée-salariée (régime général) ; la SELARL permet au gérant majoritaire de rester TNS CARPIMKO. Pour un kinésithérapeute, la SELARL est presque toujours préférable car CARPIMKO offre une meilleure retraite. La SELAS ne s'impose que si vous cherchez une légèreté statutaire (moins de formalités de gouvernance).
Comment fonctionnent les dividendes en SELARL en 2026 ?+
Les dividendes jusqu'à 10 % du (capital + primes + CCA moyen) sont soumis au PFU 31,4 %. Au-delà, cotisations TNS CARPIMKO s'ajoutent (environ 27 %). Cette règle s'applique en SELARL comme en SELAS. Donc un dividende apparemment « avantageux » peut coûter cher s'il dépasse le seuil.
Quelle est la TVA sur les actes de kinésithérapie prescrite ?+
Exonérée totalement. Les actes prescrits par un médecin (rééducation, kinésithérapie thérapeutique) et massages tels que définis au R. 4321-3 CSP ne sont soumis à aucune TVA. Les actes non thérapeutiques (bien-être, massage relaxant, coaching) sont taxables à 20 %.
En BNC au réel, quelles charges puis-je déduire ?+
Loyer du cabinet, assurances RC Pro, équipement et amortissements, électricité/chauffage, téléphone, personnel de secrétariat, cotisations CARPIMKO, formation continue, adhésions syndicales. À condition d'être documentées par des factures ou contrats.
Un kinésithérapeute doit-il être assujetti à la TVA ?+
Pour vos actes de soins prescrits, non : ils sont exonérés de TVA quel que soit le montant. La franchise de 37 500 € ne vise que vos éventuels actes taxables (bien-être, esthétique) ; au-delà de ce seuil, vous êtes redevable de la TVA sur ces seules prestations.
Comment la transmission du cabinet fonctionne-t-elle en BNC vs SELARL ?+
En BNC, le fonds n'existe pas légalement ; seule la clientèle se transmet (contrat de partenariat avec le repreneur). En SELARL, le fonds (parts sociales) est un objet de cession clairement identifié. Plus facile à valoriser et transmettre, d'où un intérêt à structurer en SELARL si vous préparez une sortie.
À retenir#
-
BNC jusqu'à 83 600 € : votre base. Abattement forfaitaire 34 %, cotisations CARPIMKO, flexibilité maximale. Le seuil pour 2026-2028 est fixe.
-
Passage au réel > 83 600 € : charges réelles documentées. Imposition IR progressive jusqu'à 45 %. Intéressant dès 100 k€ de bénéfice si vous maîtrisez les déductions.
-
SELARL pertinente à partir de 150 k€ et cabinet groupe. IS 15%/25% plus avantageux que IR 45 %, mais cotisations patronales élevées. Préparer la structuration bien avant le montage.
-
Dividendes en SELARL : 10 % du (capital + primes + CCA) en PFU seul. Au-delà, cotisations TNS s'ajoutent. Piège courant, à calculer précisément.
-
TVA actes thérapeutiques : exonérée. Bien-être et coaching à 20 %. Segmentation indispensable à la facturation.
-
CARPIMKO s'applique en BNC ET SELARL. Votre régime de retraite ne change pas, mais cotisations et cotisations patronales diffèrent.
-
Transmission et association : SELARL offre une structure cédable. BNC plus flexible à court terme, mais fonds de commerce flou en cas de départ.
Sources officielles#
- Légifrance — CGI art. 92-1° et 205 A (régimes BNC et IR)
- BOFiP — Micro-BNC 2026 (seuil 83 600 EUR, abattement 34%)
- Légifrance — TVA art. 261, 4-1° (exonération actes thérapeutiques)
- CARPIMKO — Cotisations TNS pour kinésithérapeutes
- BOFiP — IS taux réduit 15% (jusqu'à 42 500 EUR, art. 219 I-b)
- Légifrance — Dividendes : cotisations TNS au-delà de 10% (LFSS 2024 + Cass. 2023)
- impots.gouv.fr — Franchise TVA services 2026 (37 500 EUR)
- Code de la santé publique — art. R. 4321-3 (actes kinésithérapie)

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — CGI art. 92-1° et 205 A (régimes BNC et IR)
- BOFiP — Micro-BNC 2026 (seuil 83 600 EUR, abattement 34%)
- Légifrance — TVA art. 261, 4-1° (exonération actes thérapeutiques)
- CARPIMKO — Cotisations TNS pour kinésithérapeutes
- BOFiP — IS taux réduit 15% (jusqu'à 42 500 EUR, art. 219 I-b)
- Légifrance — Dividendes : cotisations TNS au-delà de 10% (LFSS 2024 + Cass. 2023)
- impots.gouv.fr — Franchise TVA services 2026 (37 500 EUR)
- Code de la santé publique — art. R. 4321-3 (actes kinésithérapie)
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