Combien touche-t-on net après la vente de son entreprise ?
Le prix de vente affiché n'est pas le net. PFU à 31,4 %, abattement retraite de 500 000 €, CEHR, frais : comment calculer ce que vous conservez vraiment après la cession.
Ce sujet relève de notre mission
Évaluation d'entreprise & M&A | Stratégie de croissanceNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Le net après cession se calcule en retranchant du prix de vente le prix d'acquisition des titres, puis l'imposition de la plus-value. Par défaut, celle-ci subit le PFU (flat tax) de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. S'ajoutent éventuellement la CEHR et les frais de conseil.
Vous avez signé une lettre d'intention à 1 000 000 €, et vous comptez déjà sur cette somme. C'est l'erreur la plus fréquente que nous voyons dans les dossiers de cession : confondre le prix affiché et le prix net après impôt. Entre la signature et le virement réellement disponible, l'écart se chiffre souvent en centaines de milliers d'euros. Cet article détaille, étape par étape, comment passer du prix de vente au montant que vous conservez vraiment.
Le calcul, étape par étape#
Le « net » n'est pas un chiffre unique : il dépend de votre prix d'acquisition, de votre régime d'imposition et de votre situation personnelle. La logique reste toujours la même.
- Déterminez le prix de cession des titres, net des frais directement liés à la vente.
- Soustrayez le prix d'acquisition des titres (ou leur valeur d'apport si vous les avez reçus en échange d'un apport).
- Obtenez la plus-value imposable, qui sert de base de calcul à l'impôt.
- Appliquez le PFU de 31,4 % (ou, sur option globale, le barème progressif de l'impôt sur le revenu).
- Ajoutez, le cas échéant, la CEHR et déduisez les frais de conseil, d'audit et de mandat.
Le tableau ci-dessous résume le passage du prix au net dans le cas le plus courant, celui du PFU sans abattement particulier.
| Étape | Élément | Effet sur le net |
|---|---|---|
| 1 | Prix de cession des titres | Point de départ |
| 2 | Moins le prix d'acquisition | Réduit la base imposable |
| 3 | Égale la plus-value | Base de l'imposition |
| 4 | Moins l'impôt sur le revenu (12,8 %) | Sur la plus-value |
| 5 | Moins les prélèvements sociaux (18,6 %) | Sur la plus-value |
| 6 | Moins la CEHR éventuelle (3 % puis 4 %) | Sur le revenu fiscal de référence |
| 7 | Moins les frais de conseil | Honoraires, audit, mandat |
| = | Net réellement conservé | Montant disponible |
Avant même de lancer ce calcul, encore faut-il connaître la valeur de ses titres. C'est l'objet d'un travail préalable d'estimation, que nous détaillons dans notre article sur les trois méthodes pour évaluer une entreprise avant cession et dans les benchmarks de multiples de valorisation par secteur.
Le taux d'imposition de la plus-value en 2026#
Par défaut, la plus-value de cession de titres relève du PFU, ou prélèvement forfaitaire unique, souvent appelé flat tax. Son taux global est de 31,4 % en 2026. Il se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, ces derniers ayant été relevés de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026.
Vous pouvez renoncer au PFU et opter, de façon globale pour l'ensemble de vos revenus du capital de l'année, pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option n'est intéressante que dans des configurations précises, par exemple lorsque votre taux marginal est faible ou que d'anciens abattements pour durée de détention restent applicables. C'est un arbitrage à chiffrer au cas par cas, jamais à présumer.
Notre lecture. Dans la grande majorité des dossiers de cession récents, le PFU reste le régime le plus simple et souvent le plus avantageux. L'option pour le barème mérite d'être chiffrée précisément, mais elle se révèle pénalisante dès que la plus-value est importante, car elle expose la totalité du gain au taux marginal de l'IR.
L'abattement de 500 000 € du dirigeant partant à la retraite#
Le dirigeant de PME qui cède ses titres à l'occasion de son départ à la retraite peut bénéficier d'un abattement fixe de 500 000 € prévu par l'article 150-0 D ter du Code général des impôts. Ce dispositif a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2031, sous conditions strictes : cessation des fonctions et départ à la retraite dans les deux ans, qualification de PME, durée de détention, entre autres.
Attention à un point que beaucoup de cédants découvrent trop tard. L'abattement de 500 000 € ne réduit que l'impôt sur le revenu, c'est-à-dire la part de 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent calculés sur la totalité de la plus-value, sans aucun abattement. C'est mécaniquement la principale source d'écart entre le net espéré et le net réel.
Le risque sous-estimé. Nous avons accompagné un dirigeant convaincu, après une lecture rapide, que l'abattement « effaçait » 500 000 € d'imposition. Il avait raisonné comme si les 31,4 % du PFU disparaissaient sur cette fraction. En réalité, seuls les 12,8 % d'IR étaient neutralisés sur les 500 000 € ; les 18,6 % de prélèvements sociaux continuaient de s'appliquer à l'ensemble de la plus-value. L'écart entre son estimation et le net réel dépassait largement les 90 000 € sur cette seule ligne.
Pour aller plus loin sur les régimes d'exonération et leurs conditions, consultez notre article dédié aux exonérations fiscales sur les plus-values de cession.
Exemple chiffré : avec et sans abattement retraite#
Prenons un exemple illustratif. Un dirigeant cède les titres de sa société pour 1 000 000 €. Il les avait acquis pour 100 000 €. La plus-value imposable s'élève donc à 900 000 €.
Les chiffres ci-dessous sont fournis à titre d'illustration des taux et ne tiennent pas compte de la CEHR ni des frais, traités plus loin.
| Élément | Sans abattement (PFU) | Avec abattement retraite 500 000 € |
|---|---|---|
| Plus-value | 900 000 € | 900 000 € |
| Base IR (12,8 %) | 900 000 € | 400 000 € après abattement |
| Impôt sur le revenu | 115 200 € | 51 200 € |
| Base prélèvements sociaux (18,6 %) | 900 000 € | 900 000 € (totalité) |
| Prélèvements sociaux | 167 400 € | 167 400 € |
| Imposition totale | 282 600 € | 218 600 € |
| Net après impôt (hors frais) | 717 400 € | 781 400 € |
L'abattement retraite fait gagner ici 64 000 €, soit exactement les 12,8 % appliqués aux 500 000 € exonérés d'IR. On vérifie bien que les prélèvements sociaux, eux, ne bougent pas : 167 400 € dans les deux colonnes. C'est ce point qui surprend le plus souvent.
Pour comprendre les écueils fiscaux les plus fréquents dans ce type d'opération, notre article sur les erreurs fiscales du dirigeant lors d'une cession recense les principaux pièges à éviter.
Ce qui réduit encore le net#
Au-delà de l'impôt sur la plus-value, plusieurs éléments viennent rogner le montant réellement conservé :
- La CEHR, contribution exceptionnelle sur les hauts revenus de l'article 223 sexies du CGI, de 3 % puis 4 % sur le revenu fiscal de référence élevé, au-delà de 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple. Une grosse cession déclenche presque systématiquement cette contribution.
- La CDHR, contribution différentielle sur les hauts revenus instaurée par la loi de finances 2025, qui garantit une imposition minimale d'environ 20 % du revenu fiscal de référence pour les très hauts revenus. Ce dispositif récent et temporaire peut neutraliser certaines optimisations.
- Les frais de conseil, d'audit d'acquisition et de mandat de cession, qui se prélèvent sur le produit de la vente.
- Le crédit-vendeur, lorsqu'une partie du prix est payée de façon différée : la plus-value est en principe taxée l'année de la cession, même si le prix n'est encaissé que plus tard.
Ce dernier point est un classique des frictions de trésorerie. Nous l'analysons dans notre article sur l'étalement fiscal du crédit-vendeur. De même, lorsque le prix dépend de performances futures, les mécanismes de complément de prix appellent une vigilance particulière : voir notre analyse de la structure et des pièges de l'earn-out.
Cas particuliers#
Plusieurs situations modifient sensiblement le calcul et méritent une étude dédiée.
Les titres reçus par apport à une holding suivent une mécanique de report ou de sursis d'imposition qui change la base de calcul de la plus-value : la valeur d'apport remplace alors le prix d'acquisition historique. Nous traitons ce sujet sous l'angle patrimonial dans le cadre de notre accompagnement en fiscalité des holdings.
La cession partielle, le démembrement de propriété, ou la présence de plusieurs cédants au sein d'un même foyer fiscal modifient le calcul du revenu fiscal de référence et donc le déclenchement de la CEHR et de la CDHR.
Enfin, le calendrier compte : céder en fin d'année ou en début d'année suivante peut changer l'exposition à la CEHR selon les autres revenus du foyer.
En pratique, nous recommandons de chiffrer le net réel avant même de signer la lettre d'intention, dans le cadre d'une analyse de stratégie de croissance et d'évaluation et d'un travail de fiscalité d'entreprise et du dirigeant. Comprendre le rôle de l'expert-comptable dans une opération de cession permet d'anticiper ces postes plutôt que de les subir.
Questions fréquentes
Comment calculer le net après la vente de son entreprise ?+
On part du prix de cession des titres, on retranche leur prix d'acquisition pour obtenir la plus-value, puis on déduit l'imposition. Par défaut, la plus-value supporte le PFU de 31,4 %. On retire ensuite la CEHR éventuelle et les frais de conseil, d'audit et de mandat pour obtenir le net réellement disponible.
Quel est le taux d'imposition de la plus-value de cession ?+
Par défaut, la plus-value relève du prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ces derniers ont été relevés de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026. Une option globale pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu reste possible.
L'abattement de 500 000 € réduit-il les prélèvements sociaux ?+
Non. L'abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant à la retraite ne s'applique qu'à l'impôt sur le revenu, soit la part de 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent calculés sur la totalité de la plus-value, sans abattement. C'est la principale source d'écart entre le net espéré et le net réel.
La CEHR s'applique-t-elle à une cession de titres ?+
Oui, souvent. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, de 3 % puis 4 %, frappe le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € pour une personne seule et 500 000 € pour un couple. Une plus-value de cession élevée fait grimper ce revenu de référence et déclenche fréquemment cette contribution la même année.
Le crédit-vendeur change-t-il le calcul du net ?+
Le crédit-vendeur étale l'encaissement du prix mais pas, en principe, l'imposition : la plus-value est taxée l'année de la cession, même si une partie du prix est payée plus tard. Un dispositif d'étalement spécifique peut exister sous conditions. Cela crée un risque de décalage entre l'impôt à payer et la trésorerie réellement disponible.
Faut-il préférer le PFU ou le barème progressif ?+
Dans la plupart des cessions importantes, le PFU à 31,4 % reste plus avantageux que le barème, car ce dernier expose la totalité du gain au taux marginal de l'impôt sur le revenu. L'option n'est intéressante que dans des cas précis, à chiffrer individuellement. C'est un arbitrage qui se calcule, jamais qui se présume.
À retenir#
- Le prix affiché dans la lettre d'intention n'est pas le net : il faut en retrancher l'imposition de la plus-value, la CEHR éventuelle et les frais.
- La plus-value supporte par défaut le PFU de 31,4 % en 2026, dont 18,6 % de prélèvements sociaux relevés au 1er janvier 2026.
- L'abattement retraite de 500 000 € ne réduit que l'impôt sur le revenu de 12,8 %, jamais les 18,6 % de prélèvements sociaux.
- Une cession importante déclenche presque toujours la CEHR, voire la CDHR pour les très hauts revenus.
- Le crédit-vendeur peut créer un décalage entre l'impôt dû l'année de cession et la trésorerie encaissée.
Cet article présente les règles générales applicables en 2026. Chaque cession est un cas particulier : le chiffrage du net dépend de votre prix d'acquisition, de votre situation familiale, de vos autres revenus et des conditions précises de l'opération. Une décision engageante suppose l'examen de votre dossier, de vos documents et du droit en vigueur à la date de la cession.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
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