Différents types de management : guide PME 2026
Hersey-Blanchard, Lewin, Likert : comment choisir le bon style de management pour une PME française de 5 à 50 salariés en télétravail hybride en 2026.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Quatre grands styles structurent la pratique managériale en 2026 : directif, persuasif, participatif et délégatif. Issu du modèle situationnel de Paul Hersey et Ken Blanchard, leur efficacité dépend de la maturité du collaborateur, du contexte (urgence, télétravail hybride, croissance) et de la taille de l'équipe. Selon les enquêtes INSEE, environ un tiers des cadres français pratique le télétravail régulier, ce qui pousse les PME 5-50 salariés vers les styles participatif et délégatif.
Contexte 2026 : pourquoi le management se réinvente dans les PME#
Le management désigne l'ensemble des techniques d'organisation, de direction et d'animation d'équipe qui permettent d'atteindre un objectif. Pendant longtemps, les PME françaises ont calqué leurs pratiques sur les modèles industriels du XXe siècle, eux-mêmes inspirés des travaux de Frederick Taylor puis de Henri Fayol. La généralisation du télétravail post-Covid, l'arrivée massive de la génération Z sur le marché du travail et l'obligation de prévenir les risques psychosociaux (article L. 4121-1 du Code du travail) ont profondément modifié la donne.
L'enquête de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (ANACT) sur la qualité de vie et les conditions de travail montre une attente forte des salariés français pour davantage d'autonomie, de sens et de reconnaissance. Le ministère du Travail a d'ailleurs intégré la notion de QVCT (qualité de vie et conditions de travail) dans la négociation obligatoire d'entreprise à compter de 2022, en remplacement de l'ancienne QVT. Pour un dirigeant de PME entre 5 et 50 salariés, ignorer cette évolution revient à accepter un turnover élevé et des difficultés croissantes de recrutement.
Chez Hayot Expertise, cabinet inscrit à l'Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France, nous accompagnons depuis plus de dix ans des dirigeants de TPE et PME sur la structuration de leur fonction RH. Notre conviction : le style de management n'est pas une affaire de personnalité figée, mais un répertoire de pratiques qu'un dirigeant doit savoir adapter à chaque collaborateur et à chaque phase de croissance de son entreprise.
Quels sont les quatre grands styles de management ?#
La typologie la plus utilisée en France est celle de Paul Hersey et Ken Blanchard, formalisée en 1969 sous le nom de modèle du leadership situationnel. Elle distingue quatre styles selon deux dimensions : le comportement directif (centré sur la tâche) et le comportement de soutien (centré sur la relation).
1. Le management directif#
Le manager directif fixe des objectifs précis, donne des instructions détaillées et contrôle étroitement l'exécution. La communication descend, les décisions appartiennent au manager. Ce style est efficace en situation d'urgence opérationnelle, avec des collaborateurs juniors ou sur des tâches simples et répétitives. Il devient toxique s'il est appliqué de manière permanente à des collaborateurs autonomes : démotivation, désengagement et fuite des talents en sont les conséquences classiques.
2. Le management persuasif#
Le manager persuasif conserve la décision mais prend le temps d'expliquer le pourquoi. La communication devient bidirectionnelle, sans pour autant déléguer le pouvoir de décision. Ce style convient aux collaborateurs motivés mais qui manquent encore d'expérience, par exemple un jeune commercial sur une cible complexe ou un développeur junior sur une stack inconnue. Il est très chronophage : un dirigeant qui passe deux heures à expliquer chaque décision finit par perdre la main sur son agenda stratégique.
3. Le management participatif#
Le manager participatif co-construit les décisions avec son équipe. Il consulte, écoute, arbitre et valorise les apports individuels. Ce style libère la créativité et l'engagement, surtout dans les fonctions support, le marketing, la R&D et le conseil. Il suppose des collaborateurs compétents et autonomes, et un manager capable de trancher quand le consensus échoue. C'est le style le plus aligné avec les attentes des cadres et techniciens de 25 à 40 ans selon les enquêtes ANACT.
4. Le management délégatif#
Le manager délégatif fixe le cap, les objectifs et le budget, puis laisse le collaborateur choisir librement les moyens. Il contrôle les résultats, non les méthodes. Ce style est idéal pour des collaborateurs experts et autonomes, comme un directeur commercial chevronné, un CTO ou un consultant senior. Il devient dangereux s'il est appliqué à des juniors sans cadre clair : dérive, perte de qualité, burn-out par excès de responsabilité.
Au-delà de Hersey-Blanchard : Lewin, Likert et leadership transformationnel#
Trois autres modèles méritent d'être connus pour structurer la réflexion managériale d'un dirigeant.
Kurt Lewin (1939) distingue trois styles de leadership : autoritaire, démocratique et laisser-faire. Son apport reste la mise en évidence du lien entre style managérial et climat de groupe : le style autoritaire produit des résultats à court terme mais détruit la confiance, le démocratique génère plus d'engagement, et le laisser-faire conduit au chaos en l'absence d'experts autonomes.
Rensis Likert (1961) propose quatre systèmes : autoritaire-exploitateur, autoritaire-paternaliste, consultatif et participatif. Likert démontre statistiquement que les organisations qui pratiquent le système participatif obtiennent de meilleurs résultats économiques sur le long terme.
Le leadership transformationnel théorisé par Bernard Bass dans les années 1980 va plus loin : le leader inspire, donne du sens, élève les collaborateurs au-delà de leur intérêt immédiat. Ce modèle convient particulièrement aux startups en hypercroissance et aux structures à mission, où le projet d'entreprise mobilise plus que le simple salaire.
Comment choisir son style de management ? La matrice situationnelle#
La grille la plus opérationnelle reste celle de Hersey-Blanchard. Elle croise deux variables : la compétence du collaborateur sur la tâche, et son engagement (motivation, confiance en soi). Quatre cas de figure se dessinent.
| Niveau du collaborateur | Compétence | Engagement | Style recommandé |
|---|---|---|---|
| D1 — Débutant enthousiaste | Faible | Élevé | Directif |
| D2 — Apprenti désillusionné | Faible à moyenne | Faible | Persuasif |
| D3 — Expert prudent | Élevée | Variable | Participatif |
| D4 — Expert autonome | Élevée | Élevé | Délégatif |
L'erreur la plus fréquente que nous observons en cabinet : un dirigeant qui applique uniformément le style avec lequel il est à l'aise. Un fondateur visionnaire et délégatif laisse ses juniors livrés à eux-mêmes ; un ancien militaire reste directif avec ses cadres seniors qui finissent par démissionner.
Méthode en cinq étapes pour ajuster votre style en 2026#
- Cartographier votre équipe sur la matrice D1-D4. Évaluer chaque collaborateur sur ses missions principales, pas en bloc.
- Choisir un style cible par binôme manager-collaborateur, missions par missions. Un même salarié peut être D4 sur sa fiche métier et D1 sur un nouveau dossier technique.
- Documenter le contrat managérial : objectifs SMART, rythme de points, KPI suivis, modalités d'arbitrage. Un écrit court vaut mieux qu'un discours flou.
- Suivre l'engagement trimestriellement via un baromètre interne de cinq questions maximum. L'enquête doit être courte pour être suivie.
- Réviser annuellement la matrice et le contrat managérial lors de l'entretien annuel obligatoire.
Cette démarche s'inscrit dans la négociation annuelle obligatoire sur la QVCT prévue par les articles L. 2242-1 et suivants du Code du travail pour les entreprises d'au moins 50 salariés. Pour les structures plus petites, elle constitue un excellent garde-fou contre les risques psychosociaux et un atout différenciant lors des recrutements.
Management hybride et télétravail : nouvelle donne 2026#
Selon l'INSEE, la part des actifs occupés pratiquant le télétravail régulier (au moins un jour par semaine) s'est stabilisée autour de 22 % de l'ensemble des salariés et plus d'un tiers des cadres en France. Cette généralisation impose de revisiter les styles managériaux.
Le management directif fonctionne très mal à distance : le contrôle visuel disparaît, la microsurveillance via outils numériques génère du stress et tombe sous le coup de la jurisprudence sur la vie privée au travail. À l'inverse, le management délégatif révèle pleinement son efficacité dès lors que les objectifs sont mesurables et le reporting partagé.
Trois pratiques structurent un bon management hybride : un point hebdomadaire structuré de trente minutes par collaborateur, une charte télétravail écrite (horaires de connexion, droit à la déconnexion, équipement, indemnités), et un point en présentiel mensuel consacré à la dynamique collective. L'ANI du 9 décembre 2020 sur le télétravail, étendu par arrêté ministériel, fournit un cadre conventionnel solide pour rédiger cette charte.
Cas particuliers : startups, intergénérationnel, équipes terrain#
Startups en hypercroissance (10-50 salariés en 18 mois). Le passage du management directif du fondateur au management délégatif s'avère systématiquement le moment le plus critique. Nous accompagnons régulièrement des startups tech sur cette transition : recrutement d'un middle management intermédiaire, mise en place d'OKR trimestriels, structuration de la fonction RH.
Management intergénérationnel (gen Z vs senior). Les jeunes actifs de la génération Z attendent davantage de sens, de flexibilité et de feedback rapide. Les seniors de plus de 50 ans valorisent la reconnaissance de leur expertise et la stabilité. Un même manager doit savoir alterner entre un style participatif avec ses juniors et un style délégatif avec ses seniors, sans créer de sentiment d'injustice.
Équipes terrain (BTP, restauration, retail). Le management directif garde toute sa pertinence sur l'exécution opérationnelle pour des raisons de sécurité et de productivité, mais doit être complété par des temps participatifs pour faire remonter les améliorations terrain. La méthode Toyota Production System (kaizen) reste une référence.
Management de transition. Pour un remplacement temporaire d'un dirigeant ou un projet de transformation, le recours à un manager de transition externe permet d'apporter une expertise et une posture neutres. Notre article dédié au management de transition pour PME en mutation détaille les conditions de mission, la durée moyenne (6 à 12 mois) et la fourchette tarifaire.
Points de vigilance et erreurs courantes#
- Confondre style managérial et personnalité. Le style se travaille, se forme et s'adapte. Aucun dirigeant n'est condamné à un seul registre.
- Sous-estimer le cadre juridique. Avant toute réorganisation, vérifier les obligations de consultation du CSE (articles L. 2312-8 et L. 2312-9 du Code du travail) et de mise à jour du document unique d'évaluation des risques professionnels.
- Oublier les variables financières. Un changement de style managérial s'accompagne souvent d'une refonte de la politique de rémunération. Consulter notre guide sur les obligations employeur RH et paie 2026 et l'accompagnement à la mise en place d'un accord d'intéressement PME et partage de la valeur.
- Confondre management participatif et absence de décision. Le participatif suppose un manager qui tranche après consultation, pas une démocratie permanente.
- Négliger la dimension fiscale et juridique des refacturations intra-groupe. Pour les groupes structurés, la facturation de prestations de management entre holding et filiale doit respecter un formalisme strict : voir notre article sur les management fees entre holding et filiale.
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, nous avons accompagné une PME parisienne du secteur logiciel, passée de 8 à 32 salariés en deux ans. Le fondateur, ingénieur de formation, avait construit l'entreprise sur un mode délégatif assumé : recrutement de profils seniors, autonomie totale, peu de processus. Le modèle a fonctionné jusqu'à 20 collaborateurs. À 25, le turnover a doublé et trois recrutements clés ont échoué dans leur première année.
Notre diagnostic a mis en évidence un défaut classique de cette phase : le passage du collectif soudé (où chacun se connaît) à l'organisation structurée (où la rétention dépend de processus RH explicites). Nous avons accompagné le dirigeant sur trois axes : la création d'un middle management intermédiaire (deux team leads), la mise en place d'entretiens annuels structurés et d'un accord d'intéressement, et la rédaction d'une charte télétravail conforme à l'ANI 2020. Dix-huit mois plus tard, le turnover est revenu à 8 % par an, contre 24 % au pic.
L'enseignement est simple : il n'existe pas de style universel, mais il existe un mauvais réflexe universel, celui de répéter le style qui a fonctionné lors de la phase précédente. Le rôle de l'expert-comptable, au-delà de la production des bulletins de paie, consiste justement à pointer ces inflexions et à les outiller financièrement.
Conseil Hayot Expertise. Avant tout changement de cap managérial, prenez deux heures pour cartographier votre équipe sur la matrice de Hersey-Blanchard. Vérifiez la cohérence avec votre politique de rémunération, vos obligations légales (CSE, DUERP, négociation QVCT) et votre stratégie de croissance. Un audit RH externe annuel, mené par votre expert-comptable, coûte généralement moins cher qu'une démission de cadre clé.
À retenir#
- Quatre styles structurent la pratique managériale : directif, persuasif, participatif, délégatif. Aucun n'est supérieur en soi.
- Le modèle de Hersey-Blanchard reste la grille la plus opérationnelle pour adapter son style à chaque collaborateur.
- Le télétravail hybride, généralisé pour plus d'un tiers des cadres français, favorise les styles participatif et délégatif.
- La QVCT est désormais un thème de négociation obligatoire pour les entreprises de 50 salariés et plus (articles L. 2242-1 et suivants).
- Le passage du directif au délégatif est le moment le plus critique en PME en croissance entre 10 et 30 salariés.
- L'expert-comptable inscrit à l'Ordre accompagne la dimension RH, paie et financière de ces transitions.
Sources officielles#
- ANACT — Démarches QVCT et management
- Ministère du Travail — Qualité de vie et conditions de travail
- INSEE — Statistiques télétravail et emploi
- Légifrance — Code du travail, articles L. 2312-8 et L. 2312-9
- ANI télétravail du 9 décembre 2020
- Service-public.fr — Obligations santé au travail
Cabinet Hayot Expertise — 58 rue de Monceau, 75008 Paris — 06 51 47 43 92 — contact@hayot-expertise.fr
pour un diagnostic managérial et RH personnalisé.
Questions fréquentes
Quels sont les 4 grands styles de management ?
Les quatre styles classiques sont le management directif, persuasif, participatif et délégatif. Cette typologie issue du modèle situationnel de Paul Hersey et Ken Blanchard se diffère par le degré de contrôle exercé par le manager et l'autonomie laissée au collaborateur. Aucun style n'est supérieur en soi : la performance vient de la capacité à choisir le bon style selon la maturité du collaborateur et le contexte.
Quel style de management choisir dans une PME en télétravail hybride ?
Dans une organisation hybride, le management participatif et le management délégatif fonctionnent généralement mieux que les modèles directifs. Le télétravail rend le contrôle des tâches difficile et déplace le pilotage vers le suivi des résultats et la confiance. Selon les enquêtes INSEE, près d'un cadre sur trois pratique le télétravail régulier en France, ce qui rend indispensable une charte écrite, des points hebdomadaires structurés et des objectifs SMART partagés.
Quelle différence entre management directif et autoritaire ?
Le management directif au sens de Hersey-Blanchard est un style adapté à des collaborateurs juniors ou à une situation d'urgence opérationnelle. Il fixe des consignes claires, des délais et un contrôle rapproché. Le management autoritaire au sens de Lewin va plus loin : il refuse l'échange, sanctionne la contestation et néglige la dimension humaine. Le premier est une étape d'apprentissage, le second un facteur de risque psychosocial.
Le management participatif est-il obligatoire en France ?
Aucune loi n'impose un style managérial précis. En revanche, le Code du travail oblige l'employeur à consulter le CSE sur les décisions modifiant l'organisation du travail (articles L. 2312-8 et L. 2312-9). Au-delà de 11 salariés, la mise en place d'instances représentatives et la prise en compte des risques psychosociaux poussent les dirigeants vers des pratiques plus participatives, sans pour autant prescrire une méthode unique.
Comment mesurer l'efficacité d'un style de management ?
Plusieurs indicateurs sont utiles : le taux d'absentéisme, le turnover annuel, le résultat des entretiens annuels, le baromètre social interne, la productivité par équivalent temps plein et le niveau d'engagement mesuré par un questionnaire QVCT. Une dégradation simultanée de l'absentéisme et de la productivité, sans cause exogène, signale presque toujours un problème managérial à traiter rapidement.
Quand faire appel à un management de transition ?
Le recours au management de transition est pertinent dans trois situations : une transformation profonde (digitalisation, fusion, redressement), un remplacement temporaire d'un dirigeant ou DAF, et un projet stratégique nécessitant une expertise rare en interne. Sa durée moyenne s'établit entre six et douze mois, avec un coût quotidien plus élevé qu'un CDI mais sans engagement long terme.
Comment l'expert-comptable intervient-il sur le management RH ?
L'expert-comptable inscrit à l'Ordre accompagne le dirigeant sur tout ce qui structure la fonction RH : politique de rémunération, classification conventionnelle, mise en place d'un accord d'intéressement, déclaration sociale nominative, tableaux de bord d'absentéisme et de coût salarial. Il sert aussi de tiers neutre lors d'arbitrages sensibles sur les variables, primes ou révisions d'organigramme.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- ANACT — Démarches QVCT et management
- Ministère du Travail — Qualité de vie et conditions de travail
- INSEE — Le télétravail au printemps 2024 et tendances 2026
- Légifrance — Code du travail, articles L. 2312-8 et L. 2312-9 (consultation du CSE)
- ANI du 9 décembre 2020 sur le télétravail
- Service-public.fr — Obligations de l'employeur en matière de santé au travail
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable paie à Paris | Paie, DSN, social
Besoin d'un devis ou d'un conseil personnalisé ?
Notre cabinet d'expertise comptable vous accompagne dans toutes vos démarches. Obtenez un devis gratuit pour analyser votre situation et vous proposer une offre tarifaire sur-mesure ou contactez-nous directement.