Dépenses somptuaires 2026 : article 39-4 CGI et risques
Chasse, yachts, résidences de plaisance, véhicules de tourisme : décryptage de l'article 39-4 du CGI, des plafonds 2026 et des sanctions en cas de redressement.
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Fiscalité holding à Paris | IS, mère-fille, apport-cessionNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. L'article 39-4 du Code général des impôts exclut du résultat fiscal quatre catégories de dépenses dites somptuaires : chasse, pêche, résidences de plaisance, navires de plaisance, plus la fraction excédentaire de l'amortissement des véhicules de tourisme (plafonds 2026 : 30 000 €, 20 300 €, 18 300 € ou 9 900 € selon le CO2). Ces charges, même payées par la société, sont systématiquement réintégrées au bénéfice imposable et peuvent être requalifiées en revenus distribués pour le dirigeant.
Contexte 2026 : un cadre durci par la réforme des taxes véhicules#
L'article 39-4 du CGI n'a pas changé en 2026 : il reste la pierre angulaire du régime des dépenses somptuaires. En revanche, son écosystème s'est durci sous l'effet de trois évolutions parallèles. D'abord, les taxes annuelles sur l'affectation des véhicules de tourisme à des fins économiques (l'ex-TVS, scindée depuis 2022 en taxe CO2 et taxe sur les polluants atmosphériques) ont vu leur barème CO2 alourdi au 1er janvier 2025 et le malus écologique relevé en loi de finances 2026. Ensuite, depuis le 1er janvier 2026, les pick-up à cinq places et plus immatriculés en catégorie N1G carrosserie BA basculent dans la catégorie fiscale "véhicule de tourisme" : ils sont désormais soumis aux plafonds d'amortissement et aux taxes annuelles ex-TVS. Enfin, l'administration fiscale a intensifié les contrôles ciblés sur les comptes 605, 606 et 613 des PME du secteur des services et de l'hôtellerie.
Concrètement, un dirigeant qui croit échapper aux plafonds en immatriculant son SUV familial en utilitaire N1 prend désormais un risque mécanique de réintégration sur plusieurs exercices. Chez Hayot Expertise, nous voyons revenir ces problématiques à chaque clôture, notamment pour les sociétés de conseil et les holdings patrimoniales où la frontière entre actif professionnel et bien d'usage personnel reste poreuse. La loi de finances 2026 pour les PME confirme l'orientation : la déduction des charges devra être justifiée par un lien direct et exclusif avec l'exploitation.
Qu'est-ce qu'une dépense somptuaire au sens fiscal ?#
Une dépense somptuaire est une charge réelle, supportée par l'entreprise, dont la déduction du résultat fiscal est interdite par la loi parce qu'elle est présumée ne pas être engagée dans l'intérêt direct de l'exploitation. La présomption est irréfragable pour les biens visés à l'article 39-4 du CGI, sauf si l'entreprise démontre que le bien constitue un outil de travail nécessaire à son activité (loueur de bateaux, école de pêche professionnelle, domaine de chasse commercial). La doctrine administrative BOI-BIC-CHG-30 précise les contours de cette exclusion pour l'ensemble des entreprises relevant de l'impôt sur le revenu au titre des BIC et pour les sociétés passibles de l'impôt sur les sociétés.
Ne confondons pas trois notions souvent mélangées. Une dépense somptuaire est, par nature, exclue du résultat fiscal et la TVA n'est pas récupérable. Un avantage en nature, en revanche, est une charge déductible pour l'entreprise mais imposable au salarié ou au dirigeant qui en bénéficie. Enfin, un abus de biens sociaux est une qualification pénale qui sanctionne l'usage des biens de la société dans un intérêt personnel contraire à l'intérêt social — un même fait peut cumuler les trois qualifications. Pour bien différencier le traitement social et fiscal d'un véhicule mis à disposition du dirigeant, nous renvoyons à notre dossier sur la voiture de fonction et l'avantage en nature 2026.
Quelles sont les quatre catégories visées par l'article 39-4 du CGI ?#
La chasse et la pêche non professionnelles#
L'article 39-4 vise toutes les dépenses afférentes à l'exercice de la chasse et de la pêche non professionnelles : location d'un domaine, salaire du garde-chasse, achat d'armes et de munitions, abonnement à un club, frais de bateau de pêche d'agrément. La doctrine BOFiP rappelle que la qualité de l'invité (client, prospect, fournisseur) est sans incidence : la nature même de l'activité de loisir suffit à exclure la déduction. Seule l'entreprise dont l'objet social est l'organisation commerciale de safaris, de chasses commerciales ou de parties de pêche réservées à la clientèle peut déduire ces frais comme outils de travail.
Les yachts et navires de plaisance#
Toutes les dépenses afférentes à la navigation de plaisance à voile ou à moteur sont visées : prix d'achat, amortissement, location, carburant, frais de port, entretien, équipages, assurance. La présence d'un logo d'entreprise sur la coque ou la prétendue utilité publicitaire ne suffit jamais à renverser la présomption. Là encore, l'exception concerne les seules entreprises exerçant à titre principal une activité de location, d'enseignement nautique ou de transport.
Les résidences de plaisance ou d'agrément#
Sont visées les villas, chalets, appartements de prestige et résidences secondaires utilisés à des fins d'agrément, y compris l'hébergement ponctuel du dirigeant ou de ses invités. La déduction reste possible si la résidence sert exclusivement à l'hébergement collectif des salariés (résidence sociale, colonie de vacances de comité social et économique), si elle constitue le siège effectif de l'entreprise, ou si elle est intégrée à une activité hôtelière. La société qui prétend recevoir des clients étrangers dans sa villa de Provence doit produire un faisceau d'indices concret : agenda des visites, factures de prestations annexes, comptes-rendus de réunion.
Les véhicules de tourisme au-delà des plafonds#
C'est, de très loin, la catégorie la plus fréquemment redressée. Tous les véhicules de tourisme acquis par l'entreprise (achat, crédit-bail, location longue durée de plus de trois mois) voient leur amortissement plafonné selon les seuils CO2 ci-dessous. La fraction d'amortissement excédant le plafond constitue une dépense somptuaire à réintégrer chaque année au résultat fiscal, et ce pendant toute la durée d'amortissement (généralement cinq ans).
Barème 2026 des plafonds d'amortissement véhicules de tourisme#
| Émissions de CO2 (g/km) | Type de motorisation typique | Plafond fiscalement déductible 2026 |
|---|---|---|
| Moins de 20 g/km | Véhicule 100 % électrique | 30 000 € TTC |
| De 20 à 49 g/km | Hybride rechargeable performant | 20 300 € TTC |
| De 50 à 160 g/km | Thermique ou hybride classique | 18 300 € TTC |
| Plus de 160 g/km | Véhicule fortement émetteur | 9 900 € TTC |
Pour les véhicules dont les émissions sont déterminées selon la norme WLTP (immatriculations à partir de mars 2020), ces seuils s'appliquent directement. Le plafond comprend la TVA, qui n'est pas récupérable sur les véhicules de tourisme. Notre simulateur des taxes annuelles sur les véhicules de société 2026 permet de chiffrer le coût total de détention en cumulant amortissement non déductible, taxe CO2 et taxe polluants. Pour l'effet sur la fiche de paie du dirigeant ou du salarié, voir notre calculateur d'avantage en nature voiture 2026.
Méthode pas-à-pas pour calculer la réintégration#
- Identifier le prix d'acquisition TTC du véhicule et le plafond applicable selon les émissions de CO2.
- Calculer l'amortissement comptable annuel sur la base du prix réel (généralement 20 % par an en linéaire sur cinq ans).
- Appliquer la formule : amortissement non déductible = amortissement comptable × (prix d'acquisition − plafond) / prix d'acquisition.
- Reporter ce montant en réintégration extra-comptable sur le tableau 2058-A (sociétés à l'IS) ou 2033-B (BIC à l'IR).
- Répéter l'opération chaque année jusqu'à amortissement complet, puis lors de la cession (le calcul de la plus-value est neutralisé pour la fraction réintégrée).
Conséquences d'un redressement : le triple coût#
Réintégrer une dépense somptuaire ne se résume pas à perdre une déduction. Trois sanctions se cumulent.
- Impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu. La charge est ajoutée au résultat fiscal et taxée au taux applicable (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % au-delà pour les PME éligibles, 25 % pour les autres). Pour une dépense de 10 000 € chez une PME au taux normal, le surcoût immédiat est de 2 500 €.
- TVA non récupérable. La TVA grevant la dépense somptuaire ne peut jamais être déduite. Si elle a été imputée à tort, l'administration la rappelle avec intérêts de retard (0,20 % par mois) et majorations de 10 % (bonne foi) à 40 % (manquement délibéré).
- Revenus réputés distribués. Pour une société à l'IS, la dépense somptuaire engagée au profit personnel du dirigeant est qualifiée de revenu distribué occulte sur le fondement de l'article 111 c ou 111 e du CGI. Le bénéficiaire subit alors le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (ou le barème progressif sur option), sans abattement de 40 %. Pour comprendre l'arbitrage à venir, lire notre analyse sur la flat tax et les stratégies de distribution de dividendes.
Cumulés, ces trois étages portent souvent la note finale entre 1,3 et 1,6 fois le montant initialement dépensé, sans compter le risque d'abus de biens sociaux pour les manquements caractérisés (cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende, art. L242-6 du Code de commerce pour les SA et SAS).
Cas particuliers à connaître en 2026#
Véhicules électriques et hybrides rechargeables#
Le véhicule 100 % électrique bénéficie du plafond le plus favorable (30 000 € TTC) et d'une exonération totale des deux taxes annuelles ex-TVS (taxe CO2 et taxe polluants). L'hybride rechargeable inférieur à 50 g/km de CO2 conserve le plafond de 20 300 € et reste partiellement exonéré. Attention : la batterie achetée séparément (non incluse dans le véhicule) fait l'objet d'un amortissement distinct sans plafonnement, ce qui peut majorer significativement la fraction déductible.
Location longue durée et crédit-bail#
La LLD et le crédit-bail ne suppriment pas le plafonnement : le bailleur est tenu de communiquer chaque année au locataire la fraction du loyer correspondant à l'amortissement non déductible. Cette information doit être reportée en réintégration extra-comptable par le locataire. Ne pas la demander expose au redressement sur la totalité du loyer.
Pick-up cinq places immatriculés à partir de 2026#
Depuis le 1er janvier 2026, les pick-up double cabine immatriculés en catégorie N1G carrosserie BA sont assimilés à des véhicules de tourisme dès lors qu'ils disposent de cinq places et plus. Conséquence : plafond d'amortissement applicable, taxes annuelles ex-TVS dues, TVA sur l'achat non récupérable. Les véhicules immatriculés avant 2026 conservent leur régime utilitaire jusqu'à cession.
Véhicules de plus de six ans et flottes mixtes#
Pour un véhicule de tourisme acquis d'occasion, le plafond s'apprécie au regard de la date d'immatriculation initiale et non de la date d'acquisition par la société. Les flottes mixtes (utilitaires et VP) doivent ventiler analytiquement les amortissements pour éviter une réintégration globale forfaitaire en cas de contrôle.
Résidences en holding patrimoniale#
Une holding patrimoniale qui détient un bien immobilier qualifié de résidence de plaisance encourt la requalification de toutes les charges (taxe foncière, intérêts d'emprunt, entretien, charges de copropriété) en dépenses somptuaires. Le montage SCI à l'IS détenant une villa louée à la holding ne neutralise pas le risque si la villa sert effectivement à l'usage privatif du dirigeant.
Points de vigilance et erreurs courantes#
- Comptabiliser un véhicule de tourisme sur un compte de "matériel de transport" sans isoler la fraction non déductible : l'amortissement comptable est correct mais la réintégration fiscale est oubliée.
- Croire que le plafonnement disparaît pour un véhicule loué en LLD : faux, c'est l'amortissement théorique sous-jacent qui est réintégré.
- Récupérer la TVA sur l'entretien d'un yacht au motif que la société exerce une activité commerciale : la non-déductibilité est attachée au bien, pas à l'activité de l'entreprise.
- Confondre dépense somptuaire (jamais déductible) et avantage en nature (déductible si imposé au bénéficiaire). Un dirigeant qui utilise à titre personnel un véhicule de la société génère un avantage en nature à inscrire en paie, lui-même déductible — mais la fraction d'amortissement excédentaire reste somptuaire, à réintégrer en plus.
- Penser que la qualité d'invité (client, fournisseur, prospect) suffit à déduire des frais de chasse ou de yachting : la jurisprudence est constante depuis 1995 sur l'absence de pertinence de cet argument.
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, un dirigeant de cabinet de conseil parisien nous a sollicités après réception d'une proposition de rectification visant deux exercices. Il avait immatriculé un pick-up double cabine en utilitaire N1, persuadé d'échapper aux plafonds. L'administration, suivant la nouvelle doctrine 2026, avait requalifié le véhicule en véhicule de tourisme et réintégré 31 500 € d'amortissement excédentaire, plus 9 200 € de TVA, plus une taxe CO2 due rétroactivement. Le redressement total dépassait 50 000 € pour un véhicule qui avait été pensé comme "optimisé fiscalement".
Notre conviction est simple : la zone grise du véhicule "utilitaire maquillé" se referme. Les contrôles 2025-2026 ciblent prioritairement trois cas — les pick-up à cinq places, les SUV de luxe immatriculés N1, les voitures de prestige détenues via une holding patrimoniale. Pour 90 % des dirigeants de PME, la solution la plus sûre est de séparer franchement les usages : un véhicule électrique ou hybride pour le rôle professionnel (plafond favorable, taxes nulles ou faibles, avantage en nature minoré), et un véhicule personnel acquis hors société pour l'usage privé. Pour les chiffrer, voir notre approche du pilotage fiscal du dirigeant et le calcul de net disponible via les arbitrages rémunération-dividendes en SASU.
Sur les résidences, nous déconseillons systématiquement à nos clients de loger un actif immobilier de jouissance dans la société d'exploitation. La SCI à l'IS détenant une résidence secondaire effectivement louée à un tiers à prix de marché reste défendable ; la SCI familiale qui prétend louer la villa au dirigeant à un loyer symbolique ne résiste à aucun contrôle.
Conseil Hayot Expertise. Avant tout investissement personnel sous couvert de la société (yacht, résidence, véhicule de prestige), demandez à votre expert-comptable de chiffrer trois scénarios : achat en nom propre via dividende, location/leasing au nom de la société, achat direct par la société. Dans 8 cas sur 10, la première option ressort gagnante après calcul du coût net d'impôt et de prélèvements sociaux. Inscrivez aussi à l'ordre du jour de votre prochaine clôture une revue des comptes 605 (achats non stockés), 606 (autres achats) et 625 (déplacements et missions) pour détecter d'éventuelles charges somptuaires comptabilisées par habitude.
À retenir#
- L'article 39-4 du CGI exclut quatre catégories de dépenses du résultat fiscal : chasse, pêche, résidences de plaisance, navires de plaisance, plus la fraction excédentaire de l'amortissement des véhicules de tourisme.
- Les plafonds 2026 sont de 30 000 €, 20 300 €, 18 300 € ou 9 900 € TTC selon les émissions de CO2 ; ils s'appliquent aussi en LLD et crédit-bail.
- La TVA grevant ces dépenses n'est jamais récupérable ; la réintégration s'opère extra-comptablement sur la liasse fiscale.
- Une dépense somptuaire au profit du dirigeant peut être requalifiée en revenu réputé distribué (art. 111 c et 111 e du CGI), avec PFU de 31,4 % sans abattement de 40 %.
- Depuis 2026, les pick-up cinq places et plus immatriculés N1G basculent dans la catégorie véhicule de tourisme, donc dans le périmètre de l'article 39-4.
- En cas d'incertitude, faites auditer vos comptes 605, 606, 613 et 625 par votre expert-comptable avant la clôture pour limiter les surprises lors d'un contrôle.
Questions fréquentes
Que sont les dépenses somptuaires au sens de l'article 39-4 du CGI ?
Les dépenses somptuaires sont des charges identifiées par l'article 39-4 du Code général des impôts comme ne pouvant pas être déduites du résultat fiscal d'une entreprise, même si elles sont réelles et justifiées par une facture. Quatre catégories sont visées : la chasse non professionnelle, la pêche non professionnelle, les résidences de plaisance ou d'agrément et les navires de plaisance à voile ou à moteur. S'y ajoute la fraction excédentaire de l'amortissement des véhicules de tourisme au-delà des plafonds prévus par le même article.
Quels sont les plafonds d'amortissement d'un véhicule de tourisme en 2026 ?
Le plafond fiscalement déductible dépend des émissions de CO2 du véhicule. En 2026, il est de 30 000 euros pour un véhicule émettant moins de 20 g/km de CO2 (véhicule électrique typique), 20 300 euros entre 20 et 49 g/km (hybride rechargeable), 18 300 euros entre 50 et 160 g/km et seulement 9 900 euros au-delà de 160 g/km. La fraction du prix d'acquisition dépassant ce plafond doit être réintégrée chaque année au résultat fiscal.
La TVA sur une dépense somptuaire est-elle récupérable ?
Non. La TVA grevant les dépenses somptuaires n'est jamais récupérable, et notamment celle qui porte sur les véhicules de tourisme, les résidences de plaisance ou les bateaux. Si l'entreprise a déduit cette TVA par erreur, l'administration la réclamera lors d'un contrôle, assortie d'intérêts de retard et de majorations de 10 % à 40 % selon que la bonne foi est ou non retenue.
Une dépense somptuaire payée par la société peut-elle être requalifiée en revenu distribué ?
Oui. Pour une société soumise à l'impôt sur les sociétés, une dépense somptuaire payée au bénéfice personnel du dirigeant ou d'un associé est généralement requalifiée en revenu réputé distribué sur le fondement de l'article 111 c ou 111 e du CGI. Le bénéficiaire est alors imposé personnellement au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % ou au barème progressif, sans application de l'abattement de 40 % réservé aux dividendes décidés en assemblée.
Un véhicule utilitaire est-il concerné par les plafonds de dépenses somptuaires ?
Un véhicule utilitaire léger immatriculé en catégorie N1 mention CTTE, sans rangée de sièges arrière, échappe au plafonnement de l'article 39-4 et reste amortissable sur la totalité de son prix hors taxes. Attention toutefois : depuis le 1er janvier 2026, les pick-up à cinq places et plus immatriculés N1G carrosserie BA sont assimilés à des véhicules de tourisme, donc soumis aux plafonds d'amortissement et aux taxes annuelles ex-TVS.
Comment opérer la réintégration extra-comptable des dépenses somptuaires ?
La réintégration s'effectue lors de l'établissement de la liasse fiscale. Pour les entreprises à l'impôt sur les sociétés, elle figure sur le tableau 2058-A (déclaration 2065) à la ligne dédiée aux charges non déductibles. Pour les BIC à l'impôt sur le revenu, elle est portée sur la déclaration 2031 et son annexe 2033-B. La fraction d'amortissement excédentaire des véhicules est calculée année par année selon la formule : amortissement comptable multiplié par (prix d'acquisition moins plafond) divisé par prix d'acquisition.
Quelles dépenses font-elles l'objet de tolérances administratives ?
Trois cas principaux permettent la déduction. D'abord, l'activité économique de l'entreprise nécessite directement le bien : un loueur de yachts, une école de pêche professionnelle, un domaine de chasse commercial. Ensuite, les résidences servent à l'hébergement collectif des salariés ou à des œuvres sociales gérées par le CSE. Enfin, les frais de réception classiques (repas d'affaires, séminaires) restent déductibles s'ils sont proportionnés et justifiés par l'identité du bénéficiaire.
Quel risque pénal en cas de dépenses somptuaires non déclarées ?
Au-delà du redressement fiscal classique, l'usage des biens et du crédit de la société à des fins personnelles peut être qualifié d'abus de biens sociaux sur le fondement de l'article L241-3 du Code de commerce pour les SARL et L242-6 pour les SA et SAS. La peine encourue est de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 euros d'amende. La prescription court à compter de la révélation des faits, ce qui rend ce risque particulièrement durable.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — Article 39-4 du Code général des impôts
- BOFiP — BIC, Frais et charges, Dépenses somptuaires (BOI-BIC-CHG-30)
- BOFiP — BIC-CHG-30-10, règles applicables à l'ensemble des dépenses somptuaires
- BOFiP — BIC-AMT-20-40-50, amortissements des véhicules de tourisme
- Légifrance — Article 111 e du CGI (revenus réputés distribués)
- Service-public.fr — Taxes sur l'affectation des véhicules de tourisme (ex-TVS)
- impots.gouv.fr — Taxes annuelles sur les véhicules de société
Ce sujet relève de notre mission Fiscalité holding à Paris | IS, mère-fille, apport-cession
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