Comment éviter la flat tax (PFU) en 2026 : stratégies légales
Barème progressif, PEA, assurance-vie, PER, apport-cession 150-0 B ter : les leviers légaux pour réduire la flat tax de 31,4 % sur dividendes et plus-values.
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Fiscalité holding à Paris | IS, mère-fille, apport-cessionNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026) prévu à l'article 200 A du CGI n'est pas obligatoire. Cinq leviers permettent légalement de le réduire ou de le neutraliser : l'option pour le barème progressif avec abattement de 40 % sur dividendes, le PEA (exonération totale d'IR après 5 ans), l'assurance-vie (abattement de 4 600 € / 9 200 € après 8 ans), le PER (déduction jusqu'à 88 911 € en 2026 pour un TNS) et le mécanisme d'apport-cession à une holding (article 150-0 B ter). La loi de finances pour 2026 a durci ce dernier dispositif : pour les cessions postérieures au 21 février 2026, le réinvestissement obligatoire passe de 60 % à 70 % du prix de vente, et le délai de 2 ans à 3 ans.
Contexte 2026 : que recouvre réellement la "flat tax" ?#
Depuis 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) frappe la quasi-totalité des revenus du capital : dividendes, intérêts d'obligations et de livrets bancaires fiscalisés, plus-values de cession de valeurs mobilières, plus-values sur cryptoactifs, certains rachats d'assurance-vie. Depuis la LFSS 2026, le taux global de 31,4 % se décompose en 12,8 % d'impôt sur le revenu (article 200 A du CGI) et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG portée à 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %).
Pour les très hauts revenus, s'ajoute la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) de 3 % ou 4 % au-delà de 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple) de revenu fiscal de référence, ce qui peut porter le taux marginal effectif à 34 % voire 37 %. La loi de finances pour 2026 a par ailleurs reconduit la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) qui assure un taux moyen plancher de 20 % pour les ménages dépassant ces seuils. Autrement dit : pour un dirigeant qui se distribue 200 000 € de dividendes, la flat tax représente un prélèvement direct de 60 000 €. C'est ce coût d'opportunité qui justifie l'investissement en ingénierie patrimoniale.
Chez Hayot Expertise, nous accompagnons depuis plus de cinq ans les dirigeants franciliens dans leur arbitrage rémunération-dividendes-cession. Le constat est clair : sur 100 dirigeants suivis, près de 70 % paient une flat tax qui aurait pu être réduite de 20 % à 100 % par une structuration anticipée de quelques mois. Cet article rassemble les cinq leviers légaux à connaître avant toute distribution massive ou cession significative.
Levier n° 1 : opter pour le barème progressif (case 2OP)#
L'application du PFU n'est pas obligatoire. À la déclaration de revenus annuelle, le contribuable peut cocher la case 2OP sur la déclaration n° 2042 et opter pour l'imposition de l'ensemble de ses revenus mobiliers au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option présente trois avantages déterminants pour certains profils.
Avantage n° 1 — Abattement de 40 % sur dividendes éligibles#
L'abattement de 40 % prévu à l'article 158 du CGI ne s'applique que sous l'option pour le barème progressif. Pour 100 € de dividendes bruts d'une SAS française, seuls 60 € entrent dans l'assiette imposable. À une TMI de 30 %, l'IR effectif tombe à 18 % au lieu de 12,8 % en flat tax — l'option devient gagnante uniquement à TMI inférieure ou égale à 11 %.
Avantage n° 2 — Déduction de la CSG à hauteur de 6,8 %#
Sous barème progressif, la fraction de CSG déductible (6,8 %) s'impute sur le revenu global de l'année suivante. Sous PFU, elle reste non déductible. Pour un foyer à TMI 41 %, cette déduction représente une économie d'IR supplémentaire de 2,8 % du brut.
Avantage n° 3 — Imputation des frais et déficits#
L'option permet d'imputer certains frais (droits de garde) et déficits de capitaux mobiliers, ce que le PFU ne permet pas.
Barème progressif IR 2026 (par part de quotient familial)#
| Tranche de revenu net imposable | Taux marginal |
|---|---|
| Jusqu'à 11 497 € | 0 % |
| De 11 498 € à 29 315 € | 11 % |
| De 29 316 € à 83 823 € | 30 % |
| De 83 824 € à 180 294 € | 41 % |
| Au-delà de 180 294 € | 45 % |
Attention : l'option est globale et irrévocable pour l'année. Vous ne pouvez pas choisir le barème pour vos dividendes et le PFU pour vos plus-values mobilières. La simulation doit donc intégrer l'ensemble des revenus du capital de l'année.
Conseil Hayot Expertise. Avant de cocher la case 2OP, lancez deux simulations : une au PFU, une au barème progressif sur tous vos revenus mobiliers cumulés. Notre simulateur de rémunération du dirigeant intègre cet arbitrage. La règle empirique : option gagnante uniquement si votre TMI est à 0 % ou 11 % et si vous percevez essentiellement des dividendes éligibles à l'abattement de 40 %.
Levier n° 2 : le Plan d'Épargne en Actions (PEA)#
Le PEA est l'enveloppe fiscale la plus puissante du droit français pour les titres de sociétés européennes. Après 5 ans de détention, les plus-values et les dividendes générés dans le plan sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % depuis la LFSS 2026 restent dus à la sortie).
Plafonds 2026#
| Type de PEA | Plafond de versement |
|---|---|
| PEA bancaire | 150 000 € |
| PEA assurance | 150 000 € |
| PEA-PME-ETI | 225 000 € (cumulable avec un PEA classique) |
Loger les titres de sa propre société dans le PEA#
Une stratégie sous-utilisée par les fondateurs consiste à inscrire les titres de sa SAS ou SARL dans son PEA dès la constitution. Trois conditions cumulatives doivent être respectées (article L221-31 du Code monétaire et financier) :
- Société éligible : société soumise à l'IS dans l'UE ou l'EEE (Norvège, Islande, Liechtenstein), avec activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole.
- Seuil familial de 25 % : le titulaire, son conjoint ou partenaire de Pacs, et leurs ascendants et descendants ne doivent pas détenir, directement ou indirectement, plus de 25 % des droits aux bénéfices de la société, ni avoir franchi ce seuil dans les 5 années précédant l'inscription.
- Inscription effective : les titres doivent être inscrits sur le compte-titres du PEA et le versement plafond doit être respecté.
Pour un fondateur détenant 100 % de sa SAS, le PEA n'est donc pas accessible — sauf à diluer en deçà de 25 %, par exemple en associant des investisseurs ou des cofondateurs. La stratégie devient pertinente pour des dirigeants minoritaires actifs (entre 5 % et 24 % du capital), notamment dans des structures à plusieurs associés ou en sortie de levée de fonds.
Effet économique après 5 ans#
Pour un titre acquis 50 000 € (versement initial) et revendu 250 000 € après 7 ans dans le PEA : la plus-value de 200 000 € est exonérée d'IR (économie de 25 600 €), et seul demeure le prélèvement social de 34 400 €. Sans PEA, la flat tax aurait prélevé 60 000 €.
Levier n° 3 : l'assurance-vie, le bouclier temporel#
L'assurance-vie reste l'enveloppe préférée des épargnants français (plus de 1 900 milliards d'euros d'encours fin 2025 selon France Assureurs). Sa fiscalité s'allège progressivement avec l'ancienneté du contrat, et devient particulièrement avantageuse après 8 ans de détention.
Fiscalité 2026 des rachats d'assurance-vie (contrats post-27/09/2017)#
| Ancienneté du contrat | Fiscalité IR (hors PS de 18,6 % depuis la LFSS 2026) |
|---|---|
| Moins de 8 ans | PFU 12,8 % (ou barème progressif sur option) |
| Plus de 8 ans, primes versées < 150 000 € | 7,5 % après abattement annuel de 4 600 € (célib.) ou 9 200 € (couple) |
| Plus de 8 ans, primes versées > 150 000 € (part au-delà) | 12,8 % après abattement annuel |
Optimisation : sortir 9 200 € de gains par an net d'IR#
Pour un couple marié ou pacsé, l'abattement annuel de 9 200 € sur les intérêts signifie qu'une partie significative des rachats peut être totalement exonérée d'impôt sur le revenu, année après année. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % (l'assurance-vie est exclue de la hausse de CSG) restent dus. Cumulé sur plusieurs contrats et plusieurs années, ce mécanisme permet de financer la retraite sans subir le PFU.
Cas d'exonération totale (article 125-0 A du CGI)#
Les rachats sont totalement exonérés d'impôt sur le revenu en cas de licenciement, de mise en retraite anticipée, d'invalidité de catégorie 2 ou 3 ou de liquidation judiciaire du contribuable ou de son conjoint, sous réserve que le rachat intervienne avant la fin de l'année qui suit l'événement.
Levier n° 4 : le PER, déduction massive du revenu imposable#
Le Plan d'Épargne Retraite (PER) ne neutralise pas directement le PFU, mais il diminue l'assiette du barème progressif et peut donc rendre l'option pour le barème gagnante pour le contribuable.
Plafonds de déduction 2026#
Pour un travailleur non salarié (TNS), le plafond 2026 est calculé sur la base d'un PASS de 48 060 € :
- 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS, soit 384 480 €)
- + 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS
Le plafond maximum atteint 88 911 € de déduction pour un TNS, et 37 094 € pour un salarié (dont les dirigeants assimilés salariés). Les plafonds non utilisés sont reportables sur 5 ans depuis le 1er janvier 2026 (contre 3 ans auparavant), ce qui permet de lisser une opération exceptionnelle.
Cas d'usage : amortir une distribution exceptionnelle de dividendes#
Un dirigeant de SAS qui se distribue 150 000 € de dividendes peut, la même année, verser 50 000 € sur un PER. Sous option pour le barème progressif, ces 50 000 € sont déduits du revenu global et baissent la TMI moyenne. L'opération est particulièrement efficace pour un dirigeant en TMI 41 % ou 45 % qui prévoit une retraite à TMI 11 % ou 30 %.
Conseil Hayot Expertise. Le PER n'est intéressant que si vous prévoyez d'être à une TMI inférieure à la retraite. Pour un dirigeant à TMI 30 % aujourd'hui et 30 % à la retraite, l'économie est nulle voire négative (l'impôt à la sortie peut excéder l'économie à l'entrée selon le mode de sortie en capital ou en rente). Simulez systématiquement avant d'arbitrer.
Levier n° 5 : l'apport-cession à une holding (article 150-0 B ter)#
C'est le levier le plus puissant pour les cessions de PME ou de parts significatives. Le mécanisme transforme une plus-value taxable à 30 % en un report d'imposition potentiellement définitif si la holding réinvestit le produit dans une activité économique.
Mécanisme en 4 étapes#
- Création de la holding (SAS ou SARL contrôlée par le dirigeant), souvent dans les 12 à 24 mois précédant la cession envisagée.
- Apport des titres de la société d'exploitation à la holding : la plus-value d'apport est calculée mais placée en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI). Aucune fiscalité immédiate.
- Cession des titres par la holding à l'acquéreur final. La plus-value de cession au niveau de la holding est généralement nulle ou très faible (les titres viennent juste d'être inscrits à leur valeur de marché).
- Réinvestissement obligatoire du produit de cession dans des actifs économiques éligibles, si la cession intervient dans les 3 ans suivant l'apport.
Nouveauté loi de finances pour 2026#
Pour les cessions intervenant à compter du 21 février 2026, le régime du réinvestissement est durci par la loi de finances pour 2026 :
| Paramètre | Avant LDF 2026 | À compter du 21/02/2026 |
|---|---|---|
| Quota de réinvestissement minimal | 60 % | 70 % du prix de cession |
| Délai de réinvestissement | 2 ans | 3 ans |
| Durée minimale de détention des actifs réinvestis | 12 mois | 12 mois (inchangé) |
À défaut de respect de ces conditions, le report tombe et la plus-value initiale devient immédiatement imposable au PFU, majorée des intérêts de retard. Le contrôle fiscal sur ce dispositif s'est durci depuis 2022, avec une vigilance accrue sur la nature économique des réinvestissements (les placements purement financiers ne sont pas éligibles).
Actifs éligibles au réinvestissement#
- Souscription au capital de sociétés opérationnelles (à l'exclusion de la pure gestion patrimoniale ou immobilière non meublée).
- Financement de moyens permanents d'exploitation affectés à une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière.
- Souscription dans des fonds de capital-investissement éligibles (FCPR, FPCI, SLP) sous conditions de quota et de durée de détention.
Pour aller plus loin, lire notre dossier complet sur l'apport-cession de titres à une holding patrimoniale et notre analyse de la holding et optimisation fiscale du dirigeant.
Tableau récapitulatif : quelle stratégie pour quel profil ?#
| Profil du dirigeant | Levier prioritaire | Économie potentielle |
|---|---|---|
| TMI 0 % ou 11 % | Option barème progressif + abattement 40 % | 5 à 12 % du brut |
| Dividendes < 10 000 €/an, multi-supports | Assurance-vie multi-contrat (> 8 ans) | 7,5 % au lieu de 12,8 % d'IR |
| Cofondateur minoritaire (< 25 %) | PEA / PEA-PME | Exonération totale d'IR après 5 ans |
| Dirigeant TMI 41 % ou 45 %, horizon retraite | PER + option barème ponctuelle | Économie immédiate de 41 % à 45 % du versement |
| Cession de PME > 1 M€ avec projet de réinvestissement | Apport-cession 150-0 B ter | Report 100 % de la plus-value (potentiellement définitif) |
| Dirigeant partant à la retraite (cessation effective) | Abattement 500 000 € art. 150-0 D ter (sous conditions) | Jusqu'à 150 000 € d'économie |
Cas particuliers#
Auto-entrepreneur et flat tax#
Le micro-entrepreneur n'est pas concerné par la flat tax sur ses bénéfices d'activité (imposés au barème progressif sur le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire) mais le devient s'il perçoit des dividendes d'une autre société dans laquelle il détient des parts, ou s'il réalise des plus-values mobilières. L'arbitrage sur l'option pour le barème progressif reste pertinent compte tenu de la TMI souvent faible.
Profession libérale en SELARL ou SELAS#
Les associés exerçant en SELARL ou SELAS sont concernés à la fois par la flat tax sur leurs dividendes et par les cotisations sociales sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital social + primes d'émission + comptes courants. L'arbitrage dividendes contre salaire pour le dirigeant doit intégrer cette particularité.
SCI à l'IS#
Les distributions de bénéfices d'une SCI ayant opté pour l'IS sont des dividendes au sens fiscal, soumis au PFU de 31,4 %. L'abattement de 40 % sous barème progressif est applicable. La cession des parts est en revanche une plus-value mobilière soumise au PFU sans abattement (l'abattement pour durée de détention immobilière ne s'applique pas).
Cryptoactifs#
Les plus-values sur cryptoactifs des particuliers sont soumises au PFU de 31,4 % depuis 2019 (article 150 VH bis du CGI). L'option pour le barème progressif est ouverte depuis 2023 mais reste rarement gagnante. Aucun abattement n'est applicable.
Points de vigilance et erreurs courantes#
- Cocher la case 2OP par défaut sans simulation : c'est l'erreur la plus fréquente. L'option est globale et irréversible pour l'année, elle doit s'appuyer sur une simulation chiffrée intégrant l'ensemble des revenus mobiliers.
- Confondre PFU et imposition libératoire : le PFU est libératoire de l'IR à 12,8 %, mais les prélèvements sociaux de 18,6 % (depuis la LFSS 2026) restent dus dans tous les cas.
- Oublier la CEHR au-delà de 250 000 € de RFR : le taux marginal effectif peut atteindre 34 % voire 37 % pour les très hauts revenus.
- Sous-estimer l'instabilité du report apport-cession : la sortie du report (cession sans réinvestissement, ou non-respect du délai) entraîne l'imposition immédiate de la plus-value initiale au PFU. La loi de finances pour 2026 a durci les conditions (70 % au lieu de 60 %, 3 ans au lieu de 2).
- Loger des titres non éligibles au PEA : sociétés non-européennes, sociétés à prépondérance immobilière, sociétés dont le dirigeant détient plus de 25 % avec son groupe familial. La sanction est la clôture du plan avec imposition rétroactive.
- Surcharger une assurance-vie de plus de 150 000 € de primes : la fiscalité avantageuse de 7,5 % après 8 ans ne s'applique qu'aux gains sur primes versées en dessous de ce plafond global tous contrats confondus. Au-delà, le taux remonte à 12,8 %.
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, un dirigeant de PME industrielle francilienne nous a sollicités pour structurer la cession de sa société valorisée 3,8 M€. Une vente directe aurait généré 1 140 000 € de flat tax (31,4 %). En structurant l'opération en deux temps — apport préalable des titres à une holding patrimoniale créée 14 mois avant la cession, puis cession des titres par la holding — la plus-value de 3,8 M€ a été placée en report d'imposition. La holding a réinvesti 2,7 M€ dans le rachat d'une PME complémentaire dans son secteur, satisfaisant largement le seuil de 60 % alors en vigueur. L'économie immédiate d'impôt s'est élevée à environ 1,1 M€, le solde non réinvesti étant fiscalisé au PFU classique.
Ce type de montage ne s'improvise pas. Il suppose une anticipation minimale de 12 à 24 mois avant la cession (pour éviter le risque d'abus de droit fondé sur le caractère artificiel de l'opération), une rédaction juridique soignée du traité d'apport (par un avocat fiscaliste), un commissaire aux apports pour les sociétés concernées, et un projet de réinvestissement crédible et documenté. La nouvelle exigence de réinvestissement de 70 % sur 3 ans introduite par la loi de finances pour 2026 renforce l'obligation de bâtir une thèse d'investissement structurée en amont — la holding ne peut plus être une simple coquille d'attente.
Le second réflexe à intégrer est la diversification des enveloppes. Un dirigeant qui s'autorise progressivement à sortir des dividendes sur 10 ans peut combiner PEA (pour les titres minoritaires), assurance-vie multi-contrat (pour lisser les abattements), et PER (pour amortir les distributions exceptionnelles). Cette stratégie multi-poches est souvent plus efficace qu'une approche tout-holding.
Conseil Hayot Expertise. Avant toute distribution massive ou cession significative, faites réaliser un audit fiscal patrimonial combinant simulation flat tax / barème progressif sur 5 ans, projection IFI, et scénarios de structuration holding. Le coût d'un tel diagnostic est sans commune mesure avec les économies d'impôt qu'il permet de sécuriser. Pour les dirigeants franciliens, notre équipe d'expertise comptable Paris 8e propose cet accompagnement intégré, en lien avec un réseau d'avocats fiscalistes partenaires.
À retenir#
Questions fréquentes
La flat tax est-elle vraiment de 30 % ou de 31,4 % en 2026 ?
Le prélèvement forfaitaire unique prévu à l'article 200 A du Code général des impôts s'élève à 31,4 % depuis la LFSS 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG portée à 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). Le taux historique de 30 % (CSG 9,2 %) correspondait à la période antérieure à 2026. Avec la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (4 % au-delà de 250 000 euros de revenu fiscal de référence pour un célibataire), le taux marginal effectif peut atteindre 35,4 % pour les hauts revenus.
Comment opter pour le barème progressif au lieu du PFU ?
Il suffit de cocher la case 2OP de la déclaration de revenus n° 2042. L'option est globale et concerne tous les revenus mobiliers de l'année : dividendes, intérêts, plus-values sur titres et cessions de cryptoactifs. Elle est révocable d'une année sur l'autre. Le barème progressif n'est intéressant que si votre tranche marginale d'imposition est inférieure ou égale à 11 %, ou si vous percevez beaucoup de dividendes éligibles à l'abattement de 40 % prévu à l'article 158 du CGI.
Peut-on loger les titres de sa SARL ou SAS dans un PEA ?
Oui, à condition que le détenteur, son conjoint et leurs ascendants et descendants ne possèdent pas, directement ou indirectement, plus de 25 % des droits dans les bénéfices de la société, et que ce seuil n'ait pas été franchi au cours des cinq années précédant l'inscription des titres au plan. Les titres doivent par ailleurs porter sur une société européenne soumise à l'impôt sur les sociétés. Le plafond de versement est de 150 000 euros pour un PEA bancaire et 225 000 euros pour un PEA-PME.
Quel abattement s'applique sur les rachats d'assurance-vie après 8 ans ?
Après 8 ans de détention, les rachats bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà de l'abattement, les gains issus de primes versées sous le plafond global de 150 000 euros sont taxés à 7,5 % au lieu de 12,8 %. Les prélèvements sociaux de 17,2 % (l'assurance-vie est exclue de la hausse de CSG de la LFSS 2026) restent dus dans tous les cas. C'est cumulable avec d'autres niches : un couple peut donc sortir environ 9 200 euros de gains par an totalement exonérés d'impôt sur le revenu.
Qu'est-ce que le mécanisme d'apport-cession de l'article 150-0 B ter ?
Le dirigeant apporte ses titres à une holding qu'il contrôle avant la cession à l'acquéreur final. La plus-value d'apport est placée en report d'imposition. Pour les cessions intervenant à compter du 21 février 2026, la loi de finances impose à la holding de réinvestir 70 % du produit de cession (contre 60 % auparavant) dans des activités économiques éligibles, dans un délai de 3 ans (au lieu de 2 ans), si la cession des titres apportés intervient dans les 3 ans suivant l'apport. À défaut, le report tombe et la plus-value devient immédiatement imposable au PFU.
Le PER permet-il vraiment de réduire l'impact de la flat tax sur les dividendes ?
Le Plan d'Épargne Retraite ne neutralise pas directement le PFU sur les dividendes, mais il diminue le revenu imposable au barème progressif et peut donc rendre l'option pour le barème progressif gagnante. Pour un travailleur non salarié, le plafond de déduction 2026 atteint 88 911 euros sur la base d'un PASS de 48 060 euros, à raison de 10 % des bénéfices dans la limite de 8 PASS plus 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Les versements sortent en capital ou rente, avec une fiscalité de sortie spécifique.
Faut-il vraiment créer une holding pour échapper à la flat tax sur une cession ?
La holding n'a de sens que si la cession porte sur un montant significatif (généralement à partir de 500 000 à 1 000 000 euros de plus-value) et si le dirigeant souhaite réinvestir une part du produit dans une activité économique (rachat d'entreprise, immobilier d'exploitation, capital-investissement). En cas de besoin de liquidités personnelles immédiates, le report n'apporte rien et l'apport-cession devient une contrainte. L'arbitrage doit être réalisé en amont avec un expert-comptable et un avocat fiscaliste.
L'abattement pour durée de détention s'applique-t-il encore après la flat tax ?
L'abattement renforcé pour durée de détention (50 %, 65 % ou 85 %) ne s'applique qu'aux titres acquis avant le 1er janvier 2018 et uniquement si le contribuable opte pour le barème progressif (et non pour le PFU). L'abattement dirigeant partant à la retraite de 500 000 euros prévu à l'article 150-0 D ter du CGI reste accessible, cumulable avec le PFU, jusqu'au 31 décembre 2031, sous conditions strictes (durée de détention, cessation de fonctions, départ effectif à la retraite).

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance - Article 200 A du CGI (PFU)
- BOFiP - BOI-RPPM-RCM-30-20 (prélèvement forfaitaire unique)
- Légifrance - Article 150-0 B ter du CGI (apport-cession)
- BOFiP - BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60 (report d'imposition apport-cession)
- Service-public.gouv.fr - Plan d'Épargne en Actions (PEA)
- Service-public.gouv.fr - Fiscalité de l'assurance-vie en cas de rachat
- impots.gouv.fr - Épargne retraite (PER) et déduction fiscale
- Légifrance - Article 158 du CGI (abattement 40 % dividendes)
Ce sujet relève de notre mission Fiscalité holding à Paris | IS, mère-fille, apport-cession
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