Capital social : quel montant, libération et incidence en 2026
Comment fixer un capital social cohérent : montants minimum par forme, règles de libération des apports, commissaire aux apports et pièges d'un capital trop faible en 2026.
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Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Il n'existe aucun capital social minimum pour la SARL, l'EURL, la SAS et la SASU : 1 € est légalement possible (la SA conserve un plancher de 37 000 €). Les apports en numéraire doivent être partiellement libérés dès la constitution — au moins 20 % en SARL et EURL, 50 % en SAS et SASU — le solde étant versé dans les cinq ans. Les apports en nature sont évalués, en principe par un commissaire aux apports, sauf dispense (aucun apport supérieur à 30 000 € et total des apports en nature inférieur à la moitié du capital). Un capital trop faible fragilise la crédibilité bancaire et expose, en cas de pertes, à la procédure de perte de la moitié du capital.
Contexte 2026 : une grande liberté, une vraie responsabilité#
Depuis la suppression du capital minimum des SARL en 2003, la France laisse l'entrepreneur fixer librement le capital de la plupart des sociétés. Cette liberté abaisse la barrière à l'entrée, mais déplace la responsabilité : le montant retenu envoie un signal aux banques, fournisseurs et clients, et conditionne la solidité financière des premiers mois. Le capital n'est donc pas une formalité : c'est un choix stratégique, au même titre que la forme juridique ou le régime social du dirigeant.
Y a-t-il un capital minimum ?#
| Forme | Capital minimum légal |
|---|---|
| SARL | aucun (1 € possible) |
| EURL | aucun (1 € possible) |
| SAS | aucun (1 € possible) |
| SASU | aucun (1 € possible) |
| SA | 37 000 € |
Pour la SARL, l'EURL, la SAS et la SASU, aucun plancher n'est imposé. Seule la SA conserve un capital minimum de 37 000 € (article L.224-2 du Code de commerce). En pratique, un capital d'1 € est rarement opportun : il complique l'accès au crédit et fragilise l'image de l'entreprise.
Comment fixer un montant cohérent ?#
Trois repères guident le choix.
- Les besoins de démarrage. Additionnez frais de constitution, premiers loyers, matériel, stock initial et trésorerie nécessaire avant les premières recettes. Le capital doit couvrir une part crédible de ce besoin.
- La crédibilité financière. Les banques apprécient un ratio de fonds propres suffisant. Un capital représentant une fraction notable du besoin de financement facilite l'octroi d'un prêt et de meilleures conditions ; un capital symbolique conduit souvent à un refus ou à un recours aux apports en comptes courants d'associés.
- La responsabilité. En société à responsabilité limitée, les associés ne répondent des dettes qu'à hauteur de leurs apports — à condition de ne pas confondre patrimoines ni de consentir des cautions personnelles, qui rouvrent l'exposition.
Selon le projet, un capital de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'euros constitue souvent un équilibre raisonnable. Le choix se raisonne avec la forme retenue (SASU ou EURL, EI ou EURL) et l'aide d'un professionnel.
La libération des apports : les règles par forme#
La libération est le versement effectif des apports. Les apports en numéraire ne sont pas tous exigés immédiatement.
| Forme | Libération minimale à la constitution | Délai pour le solde |
|---|---|---|
| SARL / EURL | au moins 1/5 (20 %) de chaque apport en numéraire | 5 ans |
| SAS / SASU | au moins 1/2 (50 %) de chaque apport en numéraire | 5 ans |
| SA | au moins 1/2 (50 %) | 5 ans |
Exemple. Pour une SARL au capital de 50 000 € entièrement en numéraire, 10 000 € (20 %) doivent être déposés à la constitution ; le solde de 40 000 € est appelé dans les cinq ans, par décision des associés. En SAS, le même capital exigerait 25 000 € (50 %) à la constitution.
Tant que le capital n'est pas intégralement libéré, la société ne peut pas, en principe, procéder à une augmentation de capital en numéraire, et le taux réduit d'IS peut être remis en cause si le capital n'est pas entièrement libéré à la clôture.
Apports en numéraire et apports en nature#
Un apport en numéraire est une somme d'argent ; un apport en nature est un bien (matériel, fonds de commerce, brevet, immeuble). L'apport en nature doit être évalué, et cette évaluation contrôlée par un commissaire aux apports.
Une dispense de commissaire aux apports est possible, en SARL et en SAS, si deux conditions cumulatives sont réunies :
- aucun apport en nature ne dépasse 30 000 €, et
- la valeur totale des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital social.
Le travail futur du dirigeant n'est jamais un apport en nature : il est rémunéré par un salaire ou une rémunération de mandataire.
Tableau récapitulatif#
| Forme | Capital minimum | Libération initiale | Délai solde | Commissaire aux apports (apports en nature) |
|---|---|---|---|---|
| SARL / EURL | aucun (1 €) | 20 % | 5 ans | obligatoire sauf dispense (< 30 000 € et < 50 % du capital) |
| SAS / SASU | aucun (1 €) | 50 % | 5 ans | obligatoire sauf dispense (< 30 000 € et < 50 % du capital) |
| SA | 37 000 € | 50 % | 5 ans | obligatoire |
Exemple : calibrer le capital d'une SAS de conseil#
Une SAS de conseil prévoit, sa première année, des frais de constitution, six mois de loyer, du matériel informatique et un fonds de roulement couvrant les charges avant l'encaissement des premières factures, soit un besoin de l'ordre de 40 000 €. Un capital d'1 € ne couvrirait rien et fragiliserait toute demande de crédit. Un capital de 20 000 à 30 000 €, complété par un prêt bancaire ou des apports en compte courant d'associé, envoie un signal de solidité tout en préservant la trésorerie personnelle du dirigeant. À l'inverse, immobiliser 100 000 € au capital sans besoin opérationnel correspondant priverait inutilement le dirigeant de liquidités. Le bon montant se déduit du plan de financement, pas d'un usage ou d'une habitude : c'est l'objet du diagnostic que nous menons à la création.
Cas particuliers#
Capital variable. Certaines sociétés adoptent un capital variable, qui peut évoluer entre un plancher et un plafond sans modification statutaire — utile pour les structures à associés entrants et sortants. Les règles de libération minimale s'appliquent toujours.
Startups. Une SAS ou SASU démarre parfois avec un capital modeste, augmenté à chaque tour de financement par émission d'actions nouvelles. La cohérence avec le projet de levée prime sur le montant initial.
Augmentation ultérieure. Le capital se renforce par apports nouveaux ou par incorporation de réserves ; chaque augmentation suppose une décision collective et une modification des statuts.
Points de vigilance 2026#
- Sous-capitalisation. Un capital très faible adossé à un endettement élevé peut être requalifié par l'administration, et fragilise la société face aux créanciers.
- Perte de la moitié du capital. Si les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, une procédure s'impose : consultation des associés et régularisation dans un délai de deux ans, à défaut de quoi la dissolution peut être demandée. Voyez nos analyses sur la perte de la moitié du capital social et les capitaux propres insuffisants.
- Évaluation des apports en nature. Une surévaluation engage la responsabilité des associés et expose à un redressement ; une sous-évaluation prive la société de fonds propres réels.
- Libération du solde. Le solde non libéré reste dû : prévoyez le calendrier d'appel dans les statuts.
Notre analyse d'expert-comptable#
Expert-comptable inscrit à l'Ordre, nous voyons régulièrement les conséquences d'un capital fixé sans réflexion. Récemment, un dirigeant nous a consultés après avoir constitué une EURL au capital d'1 € : l'activité tournait, mais la banque refusait tout crédit professionnel, faute de fonds propres. Une augmentation de capital à un niveau cohérent avec les besoins a suffi à débloquer un financement à moyen terme. À l'inverse, immobiliser un capital surdimensionné prive la trésorerie personnelle sans bénéfice opérationnel.
La bonne approche consiste à calibrer le capital sur les besoins réels des dix-huit premiers mois, ni trop bas (crédibilité, sous-capitalisation), ni trop haut (immobilisation inutile). C'est un arbitrage que nous chiffrons systématiquement à la création.
Conseil Hayot Expertise. Ne traitez pas le capital social comme une case à remplir. Calibrez-le sur vos besoins de démarrage et votre stratégie bancaire, et fixez dans les statuts un calendrier de libération réaliste. Notre accompagnement à la création intègre cette structuration, en lien avec un comparatif des formes juridiques et le suivi de votre expert-comptable à Paris 8e.
Questions fréquentes
Peut-on créer une SARL avec 1 € de capital ?+
Oui, c'est légal depuis 2003. Mais un capital symbolique complique l'accès au crédit et envoie un signal de fragilité. Un montant cohérent avec vos besoins est préférable pour la crédibilité bancaire.
Quelle part du capital faut-il libérer à la constitution ?+
Au moins 20 % des apports en numéraire en SARL et EURL, au moins 50 % en SAS et SASU (et en SA). Le solde est versé dans les cinq ans suivant l'immatriculation.
Quand un commissaire aux apports est-il obligatoire ?+
Dès qu'il y a un apport en nature, sauf dispense en SARL et SAS : il faut alors qu'aucun apport ne dépasse 30 000 € et que le total des apports en nature reste inférieur à la moitié du capital.
Le travail peut-il être apporté au capital ?+
Non. Le travail futur n'est pas un apport en nature. Le dirigeant est rémunéré par un salaire ou une rémunération de mandataire, indépendamment du capital.
Que se passe-t-il si les capitaux propres passent sous la moitié du capital ?+
Les associés doivent être consultés et la situation régularisée dans un délai de deux ans, par apport, réduction de capital ou retour à meilleure fortune. À défaut, la dissolution peut être demandée en justice.
Un capital élevé garantit-il des dividendes ?+
Non. Les dividendes dépendent des bénéfices, pas du montant du capital. Le capital est l'assise financière ; les résultats en sont la source.
À retenir#
- Aucun capital minimum pour SARL, EURL, SAS et SASU (1 € possible) ; 37 000 € pour la SA.
- Libération minimale à la constitution : 20 % en SARL/EURL, 50 % en SAS/SASU ; solde dans les 5 ans.
- Apports en nature évalués par un commissaire aux apports, sauf dispense (< 30 000 € et < 50 % du capital).
- Un capital trop faible nuit à la crédibilité et expose à la sous-capitalisation.
- Sous la moitié du capital, une régularisation est obligatoire dans les deux ans.
- Calibrez le capital sur les besoins réels des premiers mois.
Sources officielles#
- Service-Public — Capital social : montant et apports
- Légifrance — Code de commerce, art. L.223-7 (libération en SARL)
- Légifrance — Code de commerce, art. L.225-3 (libération en SA/SAS)
- Légifrance — Code de commerce, art. L.224-2 (capital minimum de la SA)
- Service-Public — Apports en nature et commissaire aux apports
À jour au 6 juin 2026. Les règles peuvent évoluer ; pour une décision engageant votre responsabilité, appuyez-vous sur les sources officielles ou sur un professionnel.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Service-Public — Capital social : montant et apports
- Légifrance — Code de commerce, art. L.223-7 (libération du capital en SARL)
- Légifrance — Code de commerce, art. L.225-3 (libération en SA, applicable à la SAS)
- Légifrance — Code de commerce, art. L.224-2 (capital minimum de la SA)
- Service-Public — Apports en nature et commissaire aux apports
Ce sujet relève de notre mission Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalité
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