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Création d'entreprise 14 min

SAS, SASU, SARL, EURL : comparatif complet 2026 et choix du statut

Expert-comptable certifié Revu par Samuel HAYOT Mis à jour :

Pourquoi choisir le bon statut juridique change tout#

Choisir entre SAS, SASU, SARL et EURL est l'arbitrage le plus structurant des premiers mois d'un entrepreneur : il détermine votre niveau de cotisations sociales, votre fiscalité personnelle, la protection de votre patrimoine, votre capacité à lever des fonds, et votre flexibilité de gouvernance pour les 5 à 10 prochaines années.

Or les comparatifs disponibles en ligne sont souvent simplistes ou orientés (services de création low-cost qui poussent systématiquement la SASU). Ce guide rédigé par Samuel HAYOT, expert-comptable à Paris 8e, vous donne le comparatif honnête, chiffré et nuancé que vous attendez avant cette décision.

Vous savez déjà quel statut choisir ? Allez directement à : Créer une SASU étape par étape | Créer une micro-entreprise

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1. Tableau récapitulatif synthétique#

CritèreSAS / SASUSARL / EURL
PersonnesSAS ≥ 2, SASU = 1SARL ≥ 2 (max 100), EURL = 1
Capital min.1 €1 €
Libération apports numéraire50 % à la souscription20 % à la souscription
Apport en industriePossiblePossible (sans valeur au capital)
DirectionPrésident (mandat libre)Gérant (cadre légal strict)
Régime social dirigeantAssimilé salarié (régime général)TNS si majoritaire / Assimilé salarié si minoritaire ou égalitaire
Régime fiscal par défautISIS (SARL) / IR transparence (EURL si gérant = associé unique PP)
Option IR5 ans max (SAS de famille)Sans limite (SARL de famille) ou 5 ans
Cotisations sur dividendesAucuneTNS : sur part > 10 % (capital+primes+CCA)
Cumul AREOui (sans rémunération)Non si rémunération versée
Transmission parts/actionsLibre (sauf clauses)Agrément des associés (≥ 50 %)
Souplesse statutaireTotaleLimitée (Code de commerce impératif)
Coût création200-400 € (frais légaux)200-400 €
Coût comptable annuel1 200-3 800 €/an1 200-3 500 €/an
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2. Comparatif détaillé par critère#

2.1 Régime social du dirigeant : le critère n°1#

SAS / SASU — Président assimilé salarié

  • Affiliation au régime général de la Sécurité sociale
  • Cotisations patronales + salariales : environ 75-85 % du net (équivalent salaire brut chargé)
  • Aucune cotisation chômage (pas de droit à l'allocation après cessation de mandat — sauf cumul avec contrat de travail distinct)
  • Bulletin de paie obligatoire chaque mois où une rémunération est versée
  • Droits maladie, maternité, retraite alignés sur les salariés cadres

SARL gérant majoritaire / EURL — TNS (Travailleur Non Salarié)

  • Affiliation à la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI)
  • Cotisations : environ 40-45 % du revenu net
  • Cotisations forfaitaires la 1ère année (puis régularisation N+1)
  • Cotisations sur dividendes TNS : la part de dividendes versée à un gérant majoritaire au-delà de 10 % du capital social + primes d'émission + soldes moyens des comptes courants d'associés est soumise aux cotisations TNS
  • Protection sociale plus faible (notamment indemnités journalières)

SARL gérant minoritaire / égalitaire — Assimilé salarié

  • Aligné sur le régime SAS mais avec gouvernance SARL : combinaison rare et fiscalement peu intéressante.

2.2 Fiscalité#

Par défaut :

  • SAS / SASU / SARL : Impôt sur les Sociétés (IS)
    • Taux réduit 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions : capital entièrement libéré, CA < 10 M€, détention ≥ 75 % par personnes physiques)
    • Taux normal 25 % au-delà
  • EURL gérant = associé unique personne physique : transparence IR par défaut (BIC ou BNC selon activité), option IS irrévocable possible

Dividendes après IS :

FormeRégime fiscal dividendes
SASU/SASPFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) ou option barème + abattement 40 %
EURL/SARL gérant majoritairePFU 31,4 % + cotisations TNS sur fraction > 10 % capital
EURL/SARL gérant minoritairePFU 31,4 % uniquement

2.3 Gouvernance#

SAS / SASU — Liberté quasi-totale

Article L.227-1 du Code de commerce : "La société par actions simplifiée est instituée par une ou plusieurs personnes qui ne supportent les pertes qu'à concurrence de leur apport." Le reste est statutaire : organes de direction (président, DG, directeur général délégué, comité de surveillance, comité stratégique…), majorités, droits politiques et financiers, clauses d'exclusion, agrément, sortie conjointe.

SARL / EURL — Cadre légal strict

Articles L.223-1 à L.223-43 : majorités impératives (gérance > 50 %, décisions ordinaires > 50 %, modifications statutaires ≥ 2/3 des parts), pouvoirs du gérant codifiés, agrément obligatoire pour cession à tiers, dividendes distribuables uniquement sur résultat distribuable validé.

Conséquence pratique : dès qu'un projet implique un investisseur, des BSPCE, un pacte d'associés sophistiqué, une levée de fonds, ou une gouvernance évolutive — la SAS s'impose. La SARL est inadaptée à ces situations.

2.4 Cession de titres#

FormeMode de cessionDroits d'enregistrement
SAS/SASUCession d'actions, ordre de mouvement, libre sauf clauses0,1 % sur prix de cession
SARL/EURLCession de parts par acte authentique ou sous seing privé, agrément des associés (50 %)3 % après abattement de 23 000 €

Conséquence : transmettre une PME pour 500 000 € coûte 500 € en SAS vs 14 310 € en SARL en droits d'enregistrement (sans compter la fiscalité plus-value du cédant).

2.5 Levée de fonds et instruments capitalistiques#

SAS/SASU : actions de préférence (différenciation droit de vote / dividendes), BSPCE pour les startups éligibles, BSA, ABSA, OBSA, ratchet, anti-dilution, tag-along, drag-along — tout est possible.

SARL/EURL : parts sociales uniformes, pas de BSPCE possible, levée institutionnelle quasi-impossible. Les fonds d'investissement et business angels exigent quasi-systématiquement une transformation en SAS avant entrée au capital.

2.6 Protection du patrimoine personnel#

Identique pour les 4 formes : responsabilité limitée aux apports. La protection peut être brisée :

  • En cas de caution personnelle signée auprès des banques (très fréquente en TPE-PME)
  • En cas de faute de gestion sanctionnée par action en comblement de passif (article L.651-2 Code de commerce)
  • Pour les dettes fiscales et sociales non déclarées avec mauvaise foi
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3. Matrice de décision — quel statut pour quel profil ?#

Profil 1 : Freelance / consultant solo, < 100 k€ CA#

CritèreRecommandation
Touche l'ARE France TravailSASU (sans rémunération, dividendes en N+1)
Pas d'ARE, TMI ≥ 30 %EURL IR ou IS selon situation
Pas d'ARE, TMI < 30 %Micro-entreprise ou EURL IR
Veut lever des fonds dans 12-24 moisSASU

Profil 2 : Duo de cofondateurs (startup, agence, SaaS)#

SituationRecommandation
Levée à 12-24 moisSAS (impératif)
Pas de levée prévue, projet à long terme à deuxSAS (souplesse) ou SARL si artisanat/famille
Conjoints exerçant ensembleSARL (statut conjoint collaborateur)

Profil 3 : Artisan / commerçant indépendant, activité familiale#

CritèreRecommandation
Conjoint travaillant dans l'entrepriseSARL (statut conjoint collaborateur)
Plusieurs membres famille au capitalSARL de famille (option IR sans limite)
Activité simple, pas de croissance externe prévueSARL ou EURL

Profil 4 : Profession libérale (consultant, coach, expert)#

CritèreRecommandation
Profession réglementée éligible SELSELAS ou SELARL selon ordre
Conseil/coaching/formation non-réglementéSASU (image) ou EURL (optimisation TNS)

Profil 5 : Holding patrimoniale#

CritèreRecommandation
Détention de participations + dividendesSAS (souplesse rachat actions) ou SARL
Couple/familleSARL de famille option IR
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4. Cas pratiques chiffrés#

Cas 1 — Freelance IT, 80 k€ CA, 0 charge#

StatutNet après IR + cotisationsAvantage clé
Micro BNC + flat tax 2,2 %~52 000 €Simplicité, abattement 34 % généreux
EURL IS rém 30 k€ + dividendes~50 000 €Optimisation TNS
SASU rém 30 k€ + dividendes~46 000 €ARE préservée si déjà chômeur

Sur ce profil, EURL ou micro l'emportent en pure efficacité fiscale, mais SASU reste choisie si ARE.

Cas 2 — Cofondateurs SaaS, levée 500 k€ à H+12 mois#

SAS impérative : seul véhicule compatible avec la levée, BSPCE pour les premiers salariés, pacte d'associés, drag-along, vesting fondateurs.

Cas 3 — Artisan boulanger, conjoint au laboratoire#

SARL : statut conjoint collaborateur (cotisations sociales sans rémunération), simplicité de gestion, option IR de famille possible.

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5. Coûts comparés sur 3 ans (TPE 200 k€ CA)#

PosteSASU rém 30 k€ + 30 k€ divEURL TNS rém 30 k€ + 30 k€ div
Cotisations sociales rémunération~22 500 €~12 500 €
Cotisations sur dividendes0 €~2 500-4 000 €
Flat tax dividendes9 000 €9 000 €
IS sur 60 k€~9 000 € (15 % réduit)~9 000 €
Coût comptable annuel1 800 €1 800 €
Total annuel~42 300 €~34 800-36 300 €

Écart annuel TNS vs assimilé salarié : ~6 000-7 500 €.

À mettre en balance avec :

  • La protection sociale supérieure assimilé salarié
  • La préservation ARE SASU sans rémunération
  • La valorisation revente souvent meilleure en SAS
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6. Erreurs fréquentes#

  1. Choisir SASU "par défaut" sans simuler EURL : optimisation manquée pour les profils sans ARE.
  2. Choisir SARL en couple sans clause matrimoniale adaptée : risque de blocage successoral et divorce.
  3. Capital social à 1 € : signal de fragilité aux banques et à la DGFiP.
  4. Statuts SARL "type" sans clauses adaptées : impossibilité d'éviter blocages 50/50.
  5. Sous-estimer la transformation SARL → SAS : possible mais coûteuse (2 500-5 000 €), et nécessite parfois CAC.
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7. Notre méthode chez Hayot Expertise#

Notre cabinet Paris 8e propose un audit de choix de statut :

ServiceTarifInclus
Audit choix statut (1h30 visio)190 € HTSimulation chiffrée 3 statuts, écrit motivé, recommandation
Pack création SASU/SAS890 € HTStatuts + INPI + 1ère liasse
Pack création SARL/EURL890 € HTStatuts + INPI + 1ère liasse
Transformation SARL ↔ SAS2 500-3 800 € HTStatuts modifiés, AGE, JAL, greffe

Demandez votre audit gratuit — réponse sous 24h.

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Sources officielles#

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Vous hésitez encore ? Contactez Hayot Expertise pour un audit personnalisé chiffré sur vos 5 prochaines années.

Voir aussi : Créer une SASU étape par étape | Créer une micro-entreprise | Combien coûte un expert-comptable

Questions fréquentes

Quelle est la différence essentielle entre SAS et SARL ?

La SAS (Société par Actions Simplifiée) offre une liberté statutaire quasi-totale : règles de gouvernance, organes de direction, clauses d'agrément, droits de vote dissociés des droits financiers, tout est définissable dans les statuts. La SARL (Société à Responsabilité Limitée) est encadrée par le Code de commerce de manière beaucoup plus stricte (articles L.223-1 à L.223-43), avec des règles imposées sur la cession de parts, les pouvoirs du gérant, les majorités. La SAS s'impose pour les projets à associés multiples, levée de fonds, BSPCE, pactes complexes. La SARL reste pertinente pour les projets familiaux, artisanaux ou les TNS bénéficiant du conjoint collaborateur.

SASU ou EURL : laquelle choisir en 2026 pour un freelance solo ?

SASU : président assimilé salarié (cotisations 65-80 % du net en équivalent salaire brut), pas de cotisations sur dividendes, ARE 100 % préservée tant qu'aucune rémunération n'est versée, plus chère socialement à rémunération égale mais protection sociale haut de gamme. EURL : gérant TNS (cotisations 35-45 % du net), cotisations sur la part de dividendes excédant 10 % du capital + primes + comptes courants, ARE non préservée si rémunération versée, fiscalement plus efficace pour les hauts revenus. En 2026, **SASU privilégiée** si vous touchez l'ARE, projetez une levée, ou attendez en dividendes ; **EURL privilégiée** si vous arbitrez en pure optimisation TMI > 30% sans contraintes France Travail.

Le capital minimum diffère-t-il entre ces formes ?

Non, le capital minimum est de 1 € pour SAS, SASU, SARL, EURL — les exigences sont identiques. La différence se joue sur la libération : 50 % minimum à la souscription pour les SAS/SASU (apports en numéraire), 20 % minimum pour les SARL/EURL, le solde dans les 5 ans dans les deux cas. En pratique, un capital symbolique (1 000 €) fragilise votre crédibilité bancaire et fiscale ; visez 1 000 à 10 000 € pour une activité de service, 10 000 à 50 000 € pour une activité capitalistique.

Quel statut paie le moins de charges sociales ?

À rémunération nette identique, l'**EURL gérant majoritaire TNS** est le moins coûteux en cotisations (≈ 40-45 % du net), suivi de la **SARL gérant majoritaire TNS** (idem). La **SASU président** et la **SAS président/DG** paient le plus (≈ 80-85 % du net en équivalent brut chargé), mais bénéficient en contrepartie d'une protection sociale alignée sur celle des salariés (chômage exclu). Sur les **dividendes**, c'est inverse : SAS/SASU = uniquement flat tax 31,4 % (option PFU) ; EURL/SARL gérant majoritaire = flat tax 31,4 % + cotisations TNS 35-45 % sur la part > 10 % capital + primes + CCA.

Peut-on passer de SARL à SAS (ou inverse) sans liquider ?

Oui, par **transformation** sans création de personne morale nouvelle (article L.227-3 Code de commerce). La transformation nécessite une décision unanime des associés, l'intervention d'un commissaire à la transformation (sauf SARL → SAS si commissaire aux comptes déjà en place), une mise à jour des statuts et une publication au JAL + Greffe. Coût total : 2 500-5 000 €. La transformation EURL → SASU est très fréquente pour préparer une levée de fonds. La transformation inverse (SASU → EURL) est rare car fiscalement déclassante.

SCI relève-t-elle du même régime ?

Non, la **SCI (Société Civile Immobilière)** n'est pas une société commerciale : elle est régie par le Code civil (articles 1832 et suivants). Elle est par défaut transparente fiscalement (IR), avec option possible pour l'IS (irrévocable depuis 2019). Elle ne peut exercer une activité commerciale habituelle (sous peine de requalification). Pour cette raison, elle n'est pas comparable aux SAS/SASU/SARL/EURL : son rôle est uniquement la **détention et gestion de biens immobiliers** (achat, location nue, transmission). Voir notre [guide SCI dédié](/guides/comment-creer-une-sci).

Quel statut pour 2 associés à 50/50 ?

**SAS** (associés ≥ 2) en priorité : permet de prévoir dans les statuts les clauses d'agrément, préemption, exclusion, sortie conjointe (tag-along), drag-along, anti-dilution. Avec 2 associés à 50/50, le pacte d'associés est indispensable pour gérer les blocages (clause de buy or sell, expert tiers, médiation). La **SARL** (≥ 2 associés) impose les règles légales rigides peu adaptées aux projets entrepreneuriaux modernes. **Évitez le 50/50 strict** : préférez 51/49 ou 50/50 avec actions à droits différenciés (droit de vote double sur certaines décisions), accessibles uniquement en SAS.
Samuel HAYOT, expert-comptable inscrit à l'Ordre (OEC Paris-IDF)

Article rédigé par Samuel HAYOT

Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.

Cabinet reglementeMis a jour 27 mai 20265 sources citees

Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.

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Samuel Hayot est expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre de Paris Île-de-France et à la CRCC de Paris.

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