Cap table 2026 : maîtriser sa table de capitalisation
La cap table recense qui détient quoi : actions, BSPCE, BSA, BSA AIR, convertibles et pool d'options. La tenir à jour et raisonner en capital pleinement dilué est vital avant toute levée ou cession.
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Expert-comptable holding à Paris | Patrimoniale et ISNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. La cap table, ou table de capitalisation, recense la répartition du capital d'une société : qui détient combien d'actions, plus tous les instruments donnant accès au capital (BSPCE, BSA, BSA AIR, obligations convertibles). Avant une série A, l'investisseur exige une cap table en pleinement dilué, réconciliée avec le registre des titres : comprendre ce qu'elle contient et savoir la lire devient alors décisif. C'est l'outil de référence pour anticiper la dilution avant une levée ou une cession.
La cap table est le document de gouvernance le plus stratégique d'une start-up, et l'un des plus souvent négligés au début. Tant que le capital se résume à deux ou trois fondateurs, un tableur suffit. Le problème surgit plus tard : au premier tour, l'investisseur exige une photographie exacte du capital, en pleinement dilué, cohérente avec les statuts et le registre des titres. Une table tenue à la hâte révèle alors des écarts, des instruments oubliés, des arrondis qui ne tombent pas juste. La possibilité même d'émettre les valeurs mobilières qui peuplent une cap table (BSA, obligations convertibles, instruments donnant accès au capital) repose sur l'article L228-91 du Code de commerce, réservé aux sociétés par actions. Comprendre ce que contient la table et comment la lire est donc indispensable pour tout fondateur. Voici l'essentiel, et les pièges que nous voyons le plus souvent.
Ce que contient réellement une cap table#
La cap table va bien au-delà de la simple liste des actionnaires. Elle recense les actions détenues par chacun, fondateurs et investisseurs, mais aussi tous les instruments qui peuvent un jour devenir des actions.
Chaque famille d'instruments représente une dilution potentielle, c'est-à-dire des actions qui n'existent pas encore mais qui apparaîtront à la conversion ou à l'exercice. Les ignorer donne une vision faussée de la répartition réelle du capital, sujet directement relié aux instruments d'amorçage que nous comparons entre BSA AIR et obligations convertibles.
| Ligne de la cap table | Nature | Effet sur le capital |
|---|---|---|
| Actions ordinaires | Capital émis | Répartition de base |
| Actions de préférence | Capital émis, droits particuliers | Répartition de base, mais liquidation préférentielle distincte |
| BSPCE | Bons attribués aux salariés et dirigeants | Dilution différée à l'exercice |
| BSA | Bons souscrits par des investisseurs ou tiers | Dilution différée à l'exercice |
| BSA AIR | Accord d'investissement rapide, instrument d'amorçage | Conversion au tour suivant, prix souvent décoté |
| Obligations convertibles | Dette convertible en actions | Conversion différée, intérêts capitalisés possibles |
| Pool d'options non encore attribuées | Réserve pour futurs recrutements | Dilution future programmée |
Le dernier poste, le pool d'options réservé mais non attribué, est celui que les fondateurs oublient le plus. Les investisseurs, eux, le réintègrent systématiquement dans la dilution. Une réserve de 10 % de pool dilue déjà les fondateurs, même si aucun bon n'a encore été distribué.
Le capital pleinement dilué : la seule lecture qui compte#
La lecture pertinente d'une cap table se fait en capital pleinement dilué.
Le capital pleinement dilué intègre, en plus des actions existantes, tous les titres susceptibles d'être convertis en actions : BSPCE, BSA, BSA AIR, obligations convertibles, et le pool d'options. C'est cette vision qui donne la répartition réelle du pouvoir et de la valeur, une fois tous les instruments exercés. Un fondateur qui raisonne sur les seules actions existantes surestime sa part : à la conversion des instruments en circulation, sa participation se dilue mécaniquement.
C'est pourquoi toute négociation de levée se mène en pleinement dilué, pour mesurer la dilution réelle des fondateurs au tour considéré, comme nous le détaillons dans notre analyse de la levée de fonds pre-seed à série A. Un point technique mérite l'attention : le pool d'options est presque toujours constitué ou élargi avant l'entrée de l'investisseur, donc supporté par les seuls fondateurs. C'est un terme de négociation à part entière, souvent sous-estimé lors de la structuration du premier tour.
Exemple chiffré : votre part de 60 % survit-elle à la série A ?#
La théorie de la dilution se comprend mieux sur un cas concret. Prenons une société à deux fondateurs, avec un pool d'options déjà réservé, qui accueille un investisseur en série A.
Situation avant le tour. Chaque fondateur détient 500 000 actions, soit 1 000 000 d'actions émises au total. Un pool d'options de 100 000 bons a été réservé pour de futurs recrutements, mais aucun bon n'est encore attribué. Opération. L'investisseur souscrit 200 000 actions nouvelles en série A. Le capital pleinement dilué passe ainsi de 1 100 000 à 1 300 000 titres.
| Détenteur | Avant : actions émises | Avant : pleinement dilué | Après série A : pleinement dilué |
|---|---|---|---|
| Fondateur A (500 000) | 50,0 % | 45,5 % | 38,5 % |
| Fondateur B (500 000) | 50,0 % | 45,5 % | 38,5 % |
| Fondateurs cumulés | 100,0 % | 90,9 % | 76,9 % |
| Pool d'options (100 000) | sans objet | 9,1 % | 7,7 % |
| Investisseur série A (200 000) | sans objet | sans objet | 15,4 % |
| Total | 100,0 % | 100,0 % | 100,0 % |
La lecture est éclairante. Sur les seules actions émises, les fondateurs voient 100 %. En pleinement dilué, avant même la levée, le pool de 100 000 bons les ramène déjà à 90,9 %. Après l'entrée de l'investisseur, leur participation cumulée tombe à 76,9 %. Si l'investisseur exige en plus l'élargissement du pool avant son entrée, supporté par les seuls fondateurs, la dilution s'accentue encore. Un fondateur qui raisonnait sur « 60 % conservés » doit donc vérifier sur quelle base : actions émises ou pleinement dilué, avant ou après reconstitution du pool. Les chiffres ci-dessus sont une illustration simplifiée, hors actions de préférence et hors décote des instruments d'amorçage : votre cas réel se modélise sur vos propres données.
Les BSPCE : l'instrument le plus fréquent, et le plus encadré#
Dans les cap tables de start-up que nous suivons, les BSPCE sont l'instrument d'intéressement dominant. Ils permettent d'associer salariés et dirigeants à la création de valeur sans sortie de trésorerie immédiate. Mais leur émission obéit à des conditions strictes, et une table de capitalisation propre suppose de vérifier que ces conditions sont remplies au moment de l'attribution.
Trois conditions structurent l'éligibilité. La société doit être immatriculée au registre du commerce et des sociétés depuis moins de quinze ans à la date d'attribution, calculée de date à date. Elle doit être une société par actions non cotée (ou de capitalisation inférieure à 150 millions d'euros) et passible de l'impôt sur les sociétés en France. Enfin, son capital doit être détenu, directement et de manière continue, pour 15 % au moins par des personnes physiques, ce seuil ayant été abaissé de 25 % à 15 % par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 25), pour les bons attribués à compter du 1er janvier 2026.
Cette évolution élargit l'accès aux BSPCE pour des sociétés déjà bien ouvertes au capital de fonds d'investissement. Côté fiscalité du bénéficiaire, le gain réalisé lors de la cession des titres issus de BSPCE est imposé selon un régime spécifique : il relève par défaut du prélèvement forfaitaire unique, soit 30 % au total (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), porté à 31,4 % après la hausse de CSG applicable en 2026. Lorsque le bénéficiaire exerce son activité dans la société depuis moins de trois ans à la cession, le gain supporte un taux d'impôt sur le revenu majoré. La condition d'ancienneté conditionne donc le taux applicable : c'est un paramètre à anticiper, pas à découvrir au moment de la vente. Ces taux sont indicatifs et la portée de cet article reste informative (voir l'avertissement en fin de page) : la fiscalité du bénéficiaire se vérifie sur sa situation propre. Lorsque les fondateurs détiennent leurs titres via une société holding, l'articulation entre cap table et fiscalité de la holding mérite d'être cadrée dès l'amorçage.
Tenir la cap table à jour : registre, statuts, pacte#
Une cap table n'a de valeur que si elle est rigoureusement tenue dans le temps, et surtout cohérente avec les documents juridiques qui font foi.
La cap table n'est pas, en elle-même, un registre légal : elle est un outil de pilotage. Les documents opposables sont les statuts, le registre des mouvements de titres et les comptes individuels d'actionnaires, ainsi que le pacte d'associés. Chaque opération sur le capital (augmentation, attribution de BSPCE, émission de BSA, conversion d'instruments, transfert d'actions) doit être enregistrée dans ces documents, puis reportée immédiatement dans la cap table. Une divergence entre la table et le registre repérée par l'investisseur fragilise toute l'opération, parce qu'elle laisse penser que la société ne maîtrise pas son propre capital.
Notre lecture : la cap table est un instrument de pilotage, pas un tableau administratif#
Dans les dossiers de financement que nous accompagnons, la qualité de la cap table est un signal de sérieux qui se voit immédiatement. Une table claire, à jour, réconciliée avec le registre des titres et le pacte, accélère la due diligence et renforce la position de négociation des fondateurs. À l'inverse, une table reconstituée dans l'urgence consomme du temps de conseil, retarde le closing et nourrit la défiance.
Notre conviction est simple : la cap table se tient dès la création, se raisonne systématiquement en pleinement dilué, et se simule avant chaque opération. Avant d'émettre des BSPCE ou d'accueillir un investisseur, modélisez l'effet de l'opération sur la participation de chacun, comme dans l'exemple chiffré ci-dessus. Anticiper la dilution permet de négocier en connaissance de cause et de préserver la motivation de l'équipe fondatrice, deux enjeux que les fondateurs sous-estiment souvent au profit de la seule valorisation affichée.
Le risque sous-estimé : confondre pourcentage affiché et pouvoir réel#
Détenir 60 % du capital ne signifie pas détenir 60 % du pouvoir. Les actions de préférence, les clauses du pacte (droit de veto, majorités qualifiées, clauses de liquidation préférentielle) et les promesses de BSA peuvent déconnecter la répartition économique de la répartition politique. Une cap table lue seule, sans le pacte, donne une fausse sécurité. C'est pourquoi la lecture de la table et celle du pacte d'associés sont indissociables, et pourquoi une cession future peut réserver des surprises si la liquidation préférentielle absorbe une part du prix avant les fondateurs.
Cas fréquent : une dilution révélée trop tard en série A#
Des fondateurs nous consultent à l'occasion d'un tour de série A. Sur le papier, ils pensaient conserver environ 70 % du capital à deux. En reconstituant la cap table en pleinement dilué, l'image change.
Ils avaient attribué des BSPCE à trois salariés clés, réservé un pool d'options de 10 % pour de futurs recrutements, et émis des BSA AIR lors d'un premier apport de business angels, avec une décote de conversion. Une fois ces instruments intégrés, et compte tenu de la dilution du nouveau tour et de la reconstitution du pool exigée par l'investisseur (supportée par les seuls fondateurs avant son entrée), leur participation cumulée tombait sensiblement sous le seuil qu'ils imaginaient, dans une logique proche de notre exemple chiffré. La reconstitution a retardé l'opération de plusieurs semaines et affaibli leur position de négociation, faute d'avoir simulé l'enchaînement en amont. Une fois la table fiabilisée, chaque opération a été simulée avant signature et la cohérence avec le registre des titres vérifiée à chaque mouvement : au tour suivant, la due diligence sur le capital a été bouclée en quelques jours au lieu de quelques semaines, et les fondateurs ont abordé la négociation avec une vision nette de leur dilution. La leçon est constante : ce qui coûte cher, ce n'est pas la dilution elle-même, c'est de la découvrir trop tard.
En pratique : tenir et fiabiliser sa cap table#
- Tenez la cap table dès la création, et réconciliez-la après chaque opération avec le registre des mouvements de titres, les statuts et le pacte.
- Raisonnez toujours en pleinement dilué : intégrez BSPCE, BSA, BSA AIR, obligations convertibles et le pool d'options non attribué.
- Avant toute émission de BSPCE, vérifiez les conditions d'éligibilité (moins de quinze ans, société par actions à l'IS, seuil de détention par des personnes physiques).
- Simulez l'effet de chaque opération future (levée, attribution, conversion) sur la participation de chacun, avant de signer.
- Identifiez qui supporte la reconstitution du pool d'options : c'est presque toujours les fondateurs, avant l'entrée de l'investisseur.
- Conservez l'historique des prix d'émission et des décotes : ils servent au calcul des conversions et à la fiscalité des bénéficiaires.
Points de vigilance#
- Le pool d'options non attribué dilue déjà les fondateurs : ne le traitez pas comme une réserve neutre.
- Une cap table déconnectée du registre des mouvements de titres n'est pas opposable : seuls les documents juridiques font foi.
- Les BSA AIR et obligations convertibles ne disent leur dilution réelle qu'au moment de la conversion, selon la valorisation et la décote : modélisez plusieurs scénarios.
- La liquidation préférentielle attachée aux actions de préférence peut absorber une part du prix de cession avant les fondateurs : le pourcentage de capital ne dit pas le partage du produit.
- Les conditions d'éligibilité des BSPCE doivent être réunies à la date d'attribution et vérifiées dans la durée : un dépassement des quinze ans ferme l'instrument pour l'avenir.
- Une attribution de BSPCE mal documentée (prix d'exercice, valeur retenue) fragilise à la fois la cap table et la fiscalité du bénéficiaire.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une cap table ?+
C'est la table de capitalisation d'une société : la répartition du capital entre les détenteurs d'actions, augmentée de tous les instruments donnant accès au capital (BSPCE, BSA, BSA AIR, obligations convertibles) et du pool d'options réservé. Elle décrit qui détient quoi, actuellement et potentiellement, et constitue l'outil de référence pour anticiper la dilution.
Comment lire une cap table en pleinement dilué ?+
Additionnez d'abord toutes les lignes susceptibles de devenir des actions : actions émises, BSPCE, BSA, BSA AIR, obligations convertibles et pool d'options non attribué. Ce total constitue le dénominateur. La part de chaque détenteur se calcule alors en divisant ses titres par ce total, et non par les seules actions existantes. C'est exactement la logique de l'exemple chiffré de cet article : le pool et les instruments réduisent mécaniquement le pourcentage affiché des fondateurs.
Qu'est-ce que le capital pleinement dilué ?+
C'est la répartition du capital une fois intégrés tous les titres susceptibles d'être convertis en actions : BSPCE, BSA, obligations convertibles, pool d'options non attribué. C'est la vision réelle du pouvoir et de la valeur, au-delà des seules actions existantes. Toute négociation de levée se mène sur cette base.
Pourquoi raisonner en pleinement dilué ?+
Parce que raisonner sur les seules actions existantes surestime la part des fondateurs. À la conversion ou à l'exercice des instruments en circulation, et avec la reconstitution du pool exigée par l'investisseur, leur participation se dilue. Le pleinement dilué donne la photographie réelle au tour considéré.
Quelles sont les conditions pour émettre des BSPCE en 2026 ?+
La société doit être immatriculée depuis moins de quinze ans, être une société par actions non cotée passible de l'IS en France, et avoir son capital détenu pour 15 % au moins par des personnes physiques. Ce seuil a été abaissé de 25 % à 15 % par la loi de finances pour 2026, pour les bons attribués à compter du 1er janvier 2026.
Quel est le taux d'imposition des gains issus de BSPCE ?+
Le gain de cession des titres issus de BSPCE relève par défaut du prélèvement forfaitaire unique, soit 30 % au total (12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), porté à 31,4 % avec la hausse de CSG applicable en 2026. Si le bénéficiaire exerce son activité dans la société depuis moins de trois ans à la cession, la fraction de gain correspondant à l'avantage est imposée à un taux d'impôt sur le revenu majoré. Ces taux sont indicatifs : cet article a une portée informative et ne remplace pas l'analyse de votre situation.
La cap table est-elle un document légal opposable ?+
Non. La cap table est un outil de pilotage. Les documents opposables sont les statuts, le registre des mouvements de titres, les comptes individuels d'actionnaires et le pacte d'associés. La cap table doit rester cohérente avec eux : une divergence repérée fragilise toute opération de levée ou de cession.
Quand la cap table compte-t-elle le plus ?+
Lors d'une levée de fonds ou d'une cession, quand investisseurs et acquéreurs exigent une répartition exacte en pleinement dilué et la réconcilient avec le registre des titres. Une table négligée fragilise alors la position de négociation des fondateurs et peut retarder le closing de plusieurs semaines. Article rédigé par le cabinet Hayot Expertise, inscrit à l'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France. Mis à jour pour 2026. Cet article a une portée informative et ne remplace pas une analyse de votre situation propre : la structuration du capital et l'émission de valeurs mobilières supposent l'examen de vos statuts, de votre pacte et du contexte de votre société.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Bpifrance Création - Bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE)
- Légifrance - Code de commerce, article L228-91 (valeurs mobilières donnant accès au capital)
- BOFiP - Aménagements du régime des BSPCE (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, art. 25)
- BOFiP - BSPCE, régime applicable (BOI-RSA-ES-20-40)
- impots.gouv.fr - Imposition des gains de cession de BSPCE
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