Salon de coiffure et esthétique : caisse, TVA et pourboires en 2026
Guide pratique 2026 pour gérer l'encaissement au salon, les pourboires exonérés jusqu'au 31/12/2028, la TVA mixte (prestations + revente), la caisse certifiée NF525 et la paie IDCC 2596.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Les pourboires remis à vos salariées (en espèces ou collectés par carte bancaire) restent exonérés d'impôt et de cotisations sociales jusqu'au 31/12/2028, à condition que la rémunération mensuelle de chaque salariée ne dépasse pas 1,6 SMIC. La TVA applicable à vos prestations et à la revente de produits est à 20 % (taux normal). Votre système de caisse doit être certifié NF525 pour enregistrer les transactions et sécuriser le contrôle fiscal.
Contexte 2026 : caisse, TVA mixte et pourboires prolongés#
Un salon de coiffure ou d'esthétique fonctionne sur un modèle économique mixte : revenu principal des prestations de services (coupes, colorations, soins), complété par la revente de produits (shampoings, crèmes, cosmétiques). Ce mélange impose une comptabilité précise et une TVA adaptée.
Deux points clés structurent votre gestion en 2026 :
- Les pourboires restent exonérés jusqu'au 31/12/2028 (prolongation de la loi de finances pour 2026), ce qui crée un flux distinct à documenter.
- La TVA mixte (20 % sur services et revente) doit être traitée correctement pour éviter un redressement.
Récemment, une dirigeante de salon francilien nous a sollicités pour clarifier son modèle d'encaissement : elle collectait les pourboires en espèces sans les déclarer, facturait les prestations au jour le jour, mais peinait à justifier la TVA sur les ventes de produits. Ce qui semblait une gestion simple cachait trois erreurs comptables majeures — la caisse non certifiée, l'absence de séparation services/revente, et la confusion entre pourboires et revenus.
Les pourboires exonérés : cadre fiscal 2026–2028#
Régime d'exonération prolongé#
Les pourboires volontaires remis à vos salariés sont exonérés d'impôt sur le revenu, de cotisations sociales et de CSG/CRDS, sous réserve du respect de deux conditions :
- Condition de salarié : la rémunération mensuelle brute (hors pourboires) ne dépasse pas 1,6 SMIC, soit environ 2 917 € brut/mois en 2026.
- Condition de remise : les pourboires sont remis intégralement au personnel en contact avec la clientèle (coiffeuses, esthéticiennes).
Cette exonération s'applique aux pourboires quel que soit le mode de remise :
- Espèces remises directement à la salariée par le client ;
- Collectés par l'employeur (via un plateau, une corbeille, ou via la caisse) et reversés intégralement à la salariée.
Exclusion : pourcentages-service automatiques#
Les « pourcentages-service » facturés d'office sur la note (ex. : +15 %) ne sont pas des pourboires. Ce sont des rémunérations de service, soumises à cotisations sociales et impôt sur le revenu. N'incluez jamais ces montants dans le traitement exonéré des pourboires.
| Critère | Pourboire | Pourcentage-service |
|---|---|---|
| Caractère | volontaire | facturé d'office sur la note |
| Régime social et fiscal | exonéré (salarié ≤ 1,6 SMIC) | salaire, cotisé et imposé |
| Comptabilisation | compte de tiers | chiffre d'affaires |
Travailleurs indépendants exclus#
Ce régime concerne uniquement les salariés. Un coiffeur ou une esthéticienne indépendant ne peut bénéficier de l'exonération des pourboires — ceux-ci sont intégrés à son chiffre d'affaires et soumis à l'impôt et aux cotisations.
TVA mixte : prestations de services à 20 %#
Taux applicable : 20 % (aucune réduction)#
La TVA sur les prestations de coiffure et d'esthétique est à taux normal 20 %. Cela inclut :
- coupes et colorations ;
- soins du visage et traitement peau ;
- extensions de cils, épilation, manucure ;
- massages et relaxation ;
- tout service rendu à la personne.
La revente de produits (shampoings, sérums, vernis, crèmes) est également à 20 % (vente de marchandises, pas prestation réduite).
| Opération | Taux de TVA | Compte |
|---|---|---|
| Prestations (coupe, couleur, soin, esthétique) | 20 % | 706 |
| Revente de produits (shampoings, soins) | 20 % | 707 |
| Pourboires reversés au personnel | hors champ | compte de tiers |
Aucun taux réduit n'existe pour la coiffure ou l'esthétique commerciales. Même les salons tenus par des associations sans but lucratif doivent appliquer le taux normal — seules les structures publiques (hôpitaux, maisons de retraite publiques) bénéficient d'exonérations spécifiques.
Franchise en base de TVA (2026)#
Si votre salon est en micro-entreprise ou si votre chiffre d'affaires ne dépasse pas le seuil :
- Seuil franchise (services) 2026 : 37 500 € HT par an ;
- Seuil franchise (commerce) 2026 : 85 000 € HT par an.
Un salon de coiffure/esthétique est classé en services (code NAF 96.02 ou 96.04). Sous 37 500 € HT, vous êtes en franchise de TVA (aucune TVA à reverser, mais impossibilité de la récupérer sur achats de produits). Au-delà → TVA à 20 % obligatoire.
Séparation comptable : prestations vs. revente#
Vos comptes doivent distinguer :
- Compte 706 : Prestations de services (coupe, coloration, soin, etc.).
- Compte 707 : Ventes de marchandises (produits retaillés : shampoings, sérums, accessoires).
Cette distinction est cruciale à la fois pour :
- Justifier les taux de TVA appliqués ;
- Calculer des marges et des ratios de rentabilité par activité ;
- Justifier d'une éventuelle demande de taux réduit (non applicable ici, mais la structure doit être irréprochable).
La caisse certifiée NF525 : une obligation#
Qu'est-ce qu'une caisse certifiée ?#
Un système de caisse certifié NF525 est un logiciel ou matériel qui enregistre vos ventes et garantit :
- Inaltérabilité : les transactions enregistrées ne peuvent pas être modifiées rétroactivement ;
- Sécurisation : chaque vente génère un justificatif inviolable (reçu numéroté, journal de caisse) ;
- Archivage : conservation des données pour audit fiscal ultérieur.
Cette certification relève de l'article 286-I-3° bis du CGI et est obligatoire pour tous les professionnels qui utilisent un système de caisse.
Qui est concerné ?#
Si votre salon :
- encaisse des paiements directs (espèces, cartes, chèques) pour les prestations et produits ;
- tient une caisse ou un système d'enregistrement des ventes ;
alors une caisse certifiée NF525 est obligatoire.
Si vous n'utilisez que des factures papier ou numériques (sans système de caisse), et que les paiements passent par un tiers (Stripe, Square, PayPal) qui émet les justificatifs, vous pouvez techniquement vous dispenser d'une caisse certifiée. Mais en pratique, un salon avec paiements directs a tout intérêt à adopter un outil certifié pour sécuriser ses comptes.
Choisir un système conforme#
Avant tout achat, vérifiez que la certification NF525 (ou l'attestation individuelle de l'éditeur) figure explicitement dans les spécifications du logiciel ou du matériel de caisse, et qu'il s'interface avec votre comptabilité pour faciliter le rapprochement des recettes.
Gestion des espèces et limite légale#
Plafond légal de 1 000 €#
Un professionnel ne peut accepter plus de 1 000 € en espèces d'un client en une même transaction (art. L112-6 et D112-3 du Code monétaire et financier). Au-delà, le paiement doit se faire par virement, chèque ou paiement électronique.
Cette règle s'applique même si le client insiste. Non-respect = risque de pénalité.
Journal de caisse recommandé#
Tenez un journal de caisse quotidien :
- Montant d'ouverture (solde initial) ;
- Chaque encaissement (date, montant, client, service) ;
- Chaque dépense en espèces (fournitures, petite caisse) ;
- Montant de fermeture (solde final) ;
- Réconciliation avec les ventes enregistrées en système d'information.
Ce journal protège en cas de contrôle fiscal et démontre une gestion régulière.
Comptabilisation des pourboires et des revenus#
Flux des pourboires (exonérés)#
Les pourboires ne doivent pas entrer dans le chiffre d'affaires de l'entreprise. Ils transitent directement à la salariée. Schéma comptable :
- Encaissement en caisse : débit de la caisse (compte 512 ou 5XX) ;
- Sortie immédiate : crédit en compte de tiers « Pourboires à verser » ou passation directe en bulletin de paie ;
- Paiement à la salariée : débit du compte de tiers, crédit caisse.
Important : aucun passage par un compte de produit (706, 707). Les pourboires ne gonflent pas votre chiffre d'affaires.
Flux des prestations et revente (soumis à TVA)#
- Facture émise : montant TTC (HT + TVA) ;
- Enregistrement en caisse/système : séparation HT/TVA ;
- Comptabilisation : débit caisse (montant TTC), crédit compte 706 (prestations) ou 707 (revente) pour le HT, crédit TVA collectée (compte 4457) pour la TVA.
Cas particuliers : micro-entreprise, statuts juridiques et convention collective#
Micro-entreprise (auto-entrepreneur coiffeur/esthéticienne)#
- Régime comptable : comptabilité de trésorerie simplifiée (livre des recettes + justificatifs).
- TVA : franchise jusqu'à 37 500 € HT (services) ;
- Cotisations sociales : environ 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé en 2026 (BIC services, CSG/CRDS incluses) ;
- Pourboires : exonérés si rémunération brute < 1,6 SMIC (mais ici, pas de salariés) ;
- Caisse : l'obligation NF525 s'applique si vous utilisez un système d'enregistrement.
SARL / SAS (salon multi-salariés)#
- TVA : assujettissement normal à 20 % (au-delà de 37 500 € HT) ;
- Impôt sur les bénéfices : IS au taux normal (15 % sur les bénéfices ≤ 42 500 €) ;
- Pourboires : exonérés pour chaque salariée si rémunération < 1,6 SMIC ;
- Paie : convention collective IDCC 2596 (coiffure) applicable à vos salariées ;
- Caisse NF525 : obligatoire.
Convention collective coiffure (IDCC 2596)#
Vos salariées relèvent de la convention collective nationale de la coiffure (IDCC 2596). Cela impose :
- barèmes de salaire minimum par échelon (ex. : coiffeuse débutante, confirmée, etc.) ;
- obligations de formation ;
- durée du travail (35 heures, avec variations possibles) ;
- conditions d'embauche et de rupture.
Assurez-vous que vos bulletins de paie respectent ces minima — une rémunération insuffisante expose à une action prud'homale.
Erreurs courantes et points de vigilance 2026#
Erreur 1 — Mélanger pourboires et chiffre d'affaires#
Les pourboires ne doivent pas être facturés ni comptabilisés en ventes. C'est un flux distinct. Risque : majorations fiscales sur chiffre d'affaires déclaré.
Erreur 2 — Caisse non certifiée#
Utiliser un système de caisse sans certification NF525 expose à des pénalités TVA et à des redressements lors d'un contrôle fiscal.
Erreur 3 — Ne pas séparer services et revente de produits#
Mélanger les deux dans un seul compte génère une ambiguïté sur les taux de TVA et complique les analyses de rentabilité.
Erreur 4 — Ignorer la limite de 1 000 € en espèces#
Accepter plus de 1 000 € en espèces en une transaction expose à des pénalités de l'autorité monétaire.
Erreur 5 — Rémunération de salariée > 1,6 SMIC et pourboires non déclarés#
Si une salariée gagne plus de 1,6 SMIC brut/mois, les pourboires qu'elle reçoit deviennent soumis à cotisations. Documenter les seuils pour chaque salariée.
Erreur 6 — Oublier la paie de la convention 2596#
Vos salariées doivent percevoir au minimum les barèmes prévus par la convention collective. Un écart justifie une action prud'homale.
Notre analyse d'expert-comptable#
La comptabilité d'un salon de coiffure semble simple à première vue : on encaisse les clients, on paie les salariés, on achète des produits. Pourtant, trois éléments la rendent technique :
1. Les pourboires exonérés : beaucoup de dirigeants les oublient ou les mélangent avec la TVA. Or, cette exonération jusqu'au 31/12/2028 est un cadeau fiscal — à condition de bien la documenter. Un pourboire mal traité peut justifier un redressement sur plusieurs années.
2. La TVA mixte : un salon vend à la fois des services et des biens (produits). Chacun est à 20 %, mais l'enjeu est de bien les séparer en comptabilité pour justifier le taux appliqué. Mélanger les deux crée une ambiguïté qui peut déclencher un contrôle.
3. La caisse certifiée : elle n'est pas juste une commodité. C'est une obligation légale qui protège à la fois vous et vos salariés. Un salon sans caisse certifiée ne peut pas justifier ses ventes — un risque de redressement fiscal considérable.
Chez Hayot Expertise, nous avons accompagné de nombreux salons dans la mise en place d'une comptabilité rigoureuse. Nous avons vu des structures pénalisées pour absence de caisse, pour confusion pourboires/chiffre d'affaires, ou pour non-respect de la paie de convention. Cela fait la différence entre un salon rentable et transparent, et un salon vulnérable.
Conseil Hayot Expertise. Investissez dès le départ dans une solution comptable intégrée couplée à une caisse certifiée NF525. Demandez à votre expert-comptable de vous auditer sur trois points : séparation stricte services/revente, circuit des pourboires (avec preuves de versement aux salariées), et conformité paie IDCC 2596. Ces trois chantiers, correctement mis en place, transforment votre salon en entité transparente et vous protègent de toute surprise fiscale. Le coût de l'intégration (quelques heures) est infime comparé aux redressements évités.
Questions fréquentes
Les pourboires sont-ils vraiment exonérés d'impôt si ma salariée gagne plus de 1,6 SMIC ?+
Non. L'exonération ne s'applique que si la rémunération mensuelle brute (hors pourboires) reste sous 1,6 SMIC (soit ~2 917 € en 2026). Au-delà, les pourboires reçus par cette salariée deviennent soumis à cotisations sociales et impôt sur le revenu. Documentez les salaires pour chaque personne.
Que faire des pourboires collectés par carte bancaire ?+
Les pourboires collectés par paiement électronique (ajoutés à la transaction par le client) sont traités identiquement aux pourboires espèces : exonérés et versés intégralement à la salariée. Documentez le montant total versé via votre relevé bancaire ou relevé de caisse.
Puis-je appliquer un taux réduit de TVA sur les services de coiffure ?+
Non. Le taux de TVA est 20 % pour toute prestation de coiffure ou esthétique commerciale en 2026. Aucun taux réduit n'existe. Seules les structures publiques ou les établissements sans but lucratif avec justification solide peuvent prétendre à des exonérations, très rares en pratique.
Qu'est-ce qu'une caisse NF525 exactement ?+
C'est un système d'enregistrement (logiciel ou matériel) certifié qui garantit l'inaltérabilité des transactions : une fois enregistrée, aucune vente ne peut être modifiée ou supprimée rétroactivement. Le système crée un journal de caisse inviolable, archivé pour l'audit fiscal. Obligatoire si vous utilisez un système de caisse.
Comment justifier les pourboires en contrôle fiscal ?+
Conservez des preuves : journaux de caisse quotidiens, relevés bancaires (pourboires par CB), bulletins de paie de vos salariées (montants reçus en tant que pourboires). En cas de contrôle, l'administration cherche à vérifier que les pourboires déclarés correspondent aux flux réels (en espèces ou en carte) et qu'ils ont bien été versés aux salariées.
Quelle différence entre un pourboire et un pourcentage-service ?+
Un pourboire est volontaire, remis librement par le client après le service, exonéré. Un pourcentage-service (ex. : +15 % facturé d'office) est une rémunération de service, soumise à cotisations et impôt. N'appliquez jamais de pourcentages-service obligatoires sur vos factures.
Puis-je utiliser un système de caisse non certifié si je fais peu de transactions ?+
Non. L'obligation NF525 s'applique dès que vous utilisez un système d'enregistrement des ventes, quel que soit le volume. Même un petit salon doit être en conformité.
En micro-entreprise, dois-je documenter les pourboires ?+
Oui, mais différemment. Un micro-entrepreneur n'a généralement pas de salariés (donc pas de pourboires à verser). S'il emploie des salariés, l'exonération des pourboires s'applique et doit être documentée via la paie. Consultez un expert-comptable avant de structurer cette embauche.
À retenir#
-
Les pourboires restent exonérés jusqu'au 31/12/2028. À condition que chaque salariée gagne moins de 1,6 SMIC brut/mois, et que les pourboires lui soient versés intégralement — en espèces ou via carte bancaire.
-
TVA 20 % sur services et revente. Aucun taux réduit ne s'applique. Séparez les comptes 706 (prestations) et 707 (produits) pour traçabilité.
-
Caisse certifiée NF525 obligatoire. Tout salon qui encaisse directement doit utiliser un système certifié. C'est une protection légale et comptable indispensable.
-
Limite 1 000 € en espèces par transaction. Au-delà, paiement par virement, chèque ou électronique — absence de flexibilité.
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Paie IDCC 2596 obligatoire. Vos salariées doivent percevoir au minimum les barèmes de la convention collective. Vérifier annuellement.
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Séparation pourboires/chiffre d'affaires critique. Les pourboires ne gonflent jamais votre chiffre d'affaires. Flux distinct, documentation séparée.
Sources officielles#

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- service-public.fr — Exonération des pourboires 2026
- impots.gouv.fr — Logiciels et systèmes de caisse (NF525)
- BOFiP — TVA, taux applicables (art. 1995-PGP)
- service-public.fr — Franchise en base de TVA
- Légifrance — Code monétaire et financier art. D112-3 (paiements en espèces)
- Légifrance — IDCC 2596 (convention collective coiffure)
Ce sujet relève de notre mission Tenue comptable à Paris | Révision, clôture, liasse
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