Différents taux de TVA sur une facture : ventilation, mentions et erreurs à éviter en 2026
Une facture peut tout à fait regrouper plusieurs taux de TVA — 20 %, 10 %, 5,5 %, voire 2,1 % — dès lors que les lignes correspondent à des opérations fiscalement distinctes. La difficulté n'est pas d'avoir plusieurs taux : c'est de savoir quand la ventilation s'impose, comment la présenter correctement et quelles mentions obligatoires font la différence entre une facture conforme et un document contestable lors d'un contrôle.
Ce sujet relève de notre mission
Facturation électronique 2026, audit et plateforme agrééeNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide : peut-on mettre plusieurs taux de TVA sur une même facture ?#
Oui, une facture peut comporter plusieurs taux de TVA (20 %, 10 %, 5,5 %, 2,1 %) : la ventilation est même obligatoire dès que des lignes relèvent de régimes différents. Chaque taux apparaît avec sa base HT et son montant de TVA, et un récapitulatif ventilé figure en pied de facture. Un taux unique appliqué par commodité est non conforme.
Chez Hayot Expertise, nous corrigeons chaque année des factures qui regroupent des opérations à taux différents sans ventilation explicite : parfois par commodité, parfois par méconnaissance des règles. Ce guide présente ce que la réglementation exige réellement, ce que l'administration vérifie, et ce que les entreprises concernées doivent mettre en place avant que la facturation électronique ne rende les incohérences immédiatement visibles.
À jour au 25 mai 2026 : relu par Samuel HAYOT, expert-comptable
Réponse directe. Oui, une facture peut comporter plusieurs taux de TVA. C'est même obligatoire dès que la même opération regroupe des biens ou services relevant de régimes distincts. La ventilation doit être explicite : base taxable par taux, montant de TVA par taux, récapitulatif en pied de document. Aucune simplification commerciale ne justifie d'appliquer un taux unique à un lot mixte.
Quels sont les taux de TVA applicables en France en 2026 ?#
Le droit français distingue quatre taux (CGI, art. 278-0 à 281 octies) :
| Taux | Catégories principales | Texte de référence |
|---|---|---|
| 20 % | Taux normal : prestations de services, produits courants, boissons alcoolisées (l'hébergement hôtelier relève, lui, du taux de 10 %) | Art. 278 CGI |
| 10 % | Taux intermédiaire : restauration et hébergement hôtelier, travaux d'amélioration du logement, transport de voyageurs, produits agricoles non transformés | Art. 279, 279-0 bis, 279 b quater et 278 bis du CGI |
| 5,5 % | Taux réduit : produits alimentaires (hors boissons alcoolisées), livres, protections hygiéniques, travaux d'amélioration énergétique des logements de plus de deux ans | Art. 278-0 bis et 278-0 bis A du CGI |
| 2,1 % | Taux particulier : presse imprimée CPPAP, médicaments remboursables par la Sécurité sociale, 140 premières représentations théâtrales | Art. 298 septies, 281 octies et 281 quater du CGI |
Ces taux sont stables depuis plusieurs années. En revanche, le champ d'application de certaines catégories fait l'objet d'une doctrine BOFiP précise : notamment pour les travaux en logement et les produits alimentaires transformés. Le taux applicable dépend autant de la nature de l'opération que de sa destination.
Taux spécifiques : Corse et outre-mer#
Aux quatre taux métropolitains s'ajoutent des taux territoriaux qu'une entreprise facturant hors du continent doit connaître.
| Territoire | Taux applicables | Base légale |
|---|---|---|
| Corse | 0,90 %, 2,10 %, 10 %, 13 % et 20 % (ex. : 10 % sur les travaux immobiliers et les ventes à consommer sur place de boissons alcoolisées, 13 % sur les produits pétroliers) | Art. 297 CGI |
| Guadeloupe, Martinique, Réunion | Taux normal 8,5 %, taux réduit 2,1 %, taux particuliers 1,75 % et 1,05 % | Art. 294 à 296 CGI |
| Guyane et Mayotte | TVA provisoirement non applicable | Art. 294-1 CGI, art. L.211-7 CIBS |
Une même facture peut donc combiner un taux continental et un taux territorial selon le lieu de l'opération. Nous vérifions systématiquement ce point pour les clients ayant une activité en Corse ou dans les DOM.
Quand la facture doit-elle comporter plusieurs taux ?#
La ventilation multi-taux n'est pas une option : elle est imposée par la réalité fiscale dès que la facture regroupe des lignes relevant de régimes différents. Trois situations la rendent inévitable :
- Vente mixte de biens : une épicerie fine qui livre des produits alimentaires (5,5 %) et des boissons alcoolisées (20 %) sur la même commande ne peut pas appliquer un seul taux.
- Prestation principale avec éléments accessoires : un traiteur facturant la prestation de service (10 %) et les boissons alcoolisées consommées sur place (20 %) doit distinguer les deux lignes.
- Opérations relevant de régimes spéciaux : un éditeur de presse qui facture un abonnement imprimé (2,1 %) et un accès numérique (2,1 % si enregistré à la CPPAP, sinon taux normal : à vérifier) doit expliciter la ventilation.
L'erreur inverse : ventiler artificiellement des opérations homogènes pour obtenir un taux plus bas : constitue une fraude fiscale, non une optimisation.
La règle de l'accessoire : quand ne pas ventiler#
Ventiler n'est pas toujours la bonne réponse. La doctrine sur les offres composites (BOFiP BOI-TVA-CHAMP-60) impose d'abord de qualifier l'opération.
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L'accessoire suit le principal#
Un élément accessoire est soumis au taux de l'élément principal : l'opération est unique, sans ventilation. Un bien livré en complément d'une prestation dominante suit le régime de cette prestation. :::
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Une opération unique indissociable : le taux le plus élevé#
Si plusieurs éléments non accessoires relèvent de taux différents mais forment une prestation unique que l'on ne peut pas dissocier, c'est le taux le plus élevé qui s'applique à l'ensemble. Ni ventilation, ni taux moyen. :::
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Des opérations distinctes : ventilation obligatoire#
Dès qu'une facture porte des opérations réellement distinctes (un repas et une bouteille de vin, un abonnement papier et un service numérique), la ventilation par ligne redevient obligatoire. :::
La première question n'est donc pas « quel taux ? » mais « ai-je une seule opération ou plusieurs ? ». Cette qualification commande le traitement : taux du principal, taux unique le plus élevé, ou ventilation.
Comment ventiler correctement les taux sur une facture ?#
La méthode est simple, mais doit être appliquée rigoureusement :
- Identifier la nature de chaque ligne avant la saisie : livraison de bien, prestation de service, lot mixte, élément accessoire.
- Paramétrer le logiciel de facturation par famille de produits ou services, et non ligne par ligne.
- Présenter un récapitulatif en pied de facture : total HT par taux, montant TVA par taux, total TVA, total TTC.
- Documenter la règle de ventilation dans les procédures internes, surtout si plusieurs personnes émettent des factures.
Le récapitulatif n'est pas seulement un impératif légal : il aide le client professionnel à exercer son droit à déduction sur la bonne base.
Quelles mentions obligatoires pour une facture à plusieurs taux ?#
L'article L. 441-9 du Code de commerce et les articles 242 nonies A et 289 du CGI fixent les mentions obligatoires. Pour une facture multi-taux, il faut ajouter, en plus des mentions classiques :
- La base d'imposition pour chaque taux appliqué
- Le taux de TVA correspondant (5,5 %, 10 %, 20 %, etc.)
- Le montant de TVA dû pour chaque taux
- En cas d'exonération sur certaines lignes : la mention de base légale (ex. : « TVA non applicable : art. 293 B du CGI » pour les micro-entreprises en franchise)
Une facture qui se contente d'un total TTC sans détail par taux n'est pas conforme. Elle expose l'émetteur à un redressement et prive le client du droit à déduction.
Quel taux pour la restauration : l'exemple le plus fréquent#
La restauration concentre à elle seule trois taux, ce qui en fait le secteur le plus exposé aux erreurs de ventilation.
Exemple chiffré : Facture d'un restaurant pour un déjeuner d'affaires :
| Ligne | HT | Taux | TVA | TTC |
|---|---|---|---|---|
| Repas sur place (plats, accompagnements non alcoolisés) | 120,00 € | 10 % | 12,00 € | 132,00 € |
| Boissons alcoolisées (vin, spiritueux) | 45,00 € | 20 % | 9,00 € | 54,00 € |
| Total | 165,00 € | : | 21,00 € | 186,00 € |
Ce tableau doit figurer sur la facture. Un ticket Z de caisse ne suffit pas pour une facture d'entreprise.
À noter : le critère n'est pas « cru ou préparé » mais la destination : les produits alimentaires préparés en vue d'une consommation immédiate (vente à emporter ou à livrer) relèvent du 10 %, tandis que ceux vendus pour une consommation différée (un plat cuisiné réfrigéré à réchauffer chez soi) relèvent du 5,5 %. Une boisson alcoolisée reste au taux de 20 %, quel que soit le mode de service. La distinction dépend de la nature de la prestation et de la jurisprudence BOFiP applicable (TVA : Liquidation : Taux : Secteur alimentaire, BOFiP TVA-LIQ-30-10-10).
Quel taux pour le BTP : logement et travaux#
Le secteur du BTP est régulièrement contrôlé sur l'application des taux réduits. Les règles sont les suivantes :
- 5,5 % : travaux d'amélioration de la performance énergétique dans les logements achevés depuis plus de deux ans (art. 278-0 bis A du CGI, BOFiP TVA-LIQ-30-20-95) ; depuis le 1er mars 2025, les chaudières à combustibles fossiles en sont exclues (taux de 20 %)
- 10 % : autres travaux d'amélioration, d'entretien et de réparation dans les logements de plus de deux ans (art. 279-0 bis CGI)
- 20 % : construction ou reconstruction, agrandissement augmentant la surface de plancher de plus de 10 %, surélévation, locaux non affectés à l'habitation, logements achevés depuis moins de deux ans, et « gros équipements » limitativement listés (art. 30-00 A de l'annexe IV au CGI) ; il n'existe pas de règle générale de « 30 % du coût total » pour les matériaux
Exemple terrain : Cas fréquent dans les dossiers BTP :
Un artisan plombier intervient pour la rénovation d'un appartement construit en 1985. Sa facture comprend : la pose d'un chauffe-eau thermodynamique (taux 5,5 % : amélioration énergétique) et le remplacement d'une canalisation endommagée (taux 10 % : entretien). Il facture également la fourniture d'un meuble de salle de bain (taux 20 % si la fourniture dépasse le seuil réglementaire, sinon taux applicable aux travaux).
Depuis le 16 février 2025 (loi de finances 2025), les attestations Cerfa 13948 (simplifiée) et 13947 (normale) sont supprimées : la certification par le client (logement d'habitation achevé depuis plus de deux ans, travaux non exclus) est désormais une mention obligatoire portée directement sur le devis ou la facture, avec renvoi aux art. 278-0 bis A et 279-0 bis du CGI. Faute de cette certification, l'artisan ne peut pas appliquer les taux réduits et reste solidairement responsable du complément de TVA si le taux normal aurait dû s'appliquer.
Quel taux pour la presse, les livres et les produits culturels#
- Livres (imprimés et numériques depuis 2012) : 5,5 % : art. 278-0 bis (3° du A) du CGI
- Presse imprimée enregistrée à la CPPAP : 2,1 % : art. 298 septies du CGI
- Presse numérique enregistrée à la CPPAP : 2,1 % depuis la loi n° 2014-237 du 27 février 2014
- Musique en streaming, films, jeux vidéo : 20 % (taux normal)
Un éditeur qui vend des abonnements mixtes (magazine papier + accès numérique) doit ventiler les deux composantes, sauf si le prix global est clairement identifiable et documenté. L'absence de ventilation peut conduire l'administration à taxer l'ensemble au taux le plus élevé.
Quel taux pour l'e-commerce et les marketplaces#
Le e-commerce français présente une difficulté supplémentaire : les produits vendus peuvent relever de taux différents, et les marketplaces (Amazon, Etsy, etc.) n'appliquent pas toujours les taux corrects automatiquement. La responsabilité de la facture conforme incombe à l'émetteur, pas à la plateforme.
Il faut distinguer deux régimes. Une livraison intracommunautaire de biens B2B est exonérée (mention « Exonération de TVA, art. 262 ter I du CGI ») ; une prestation de services B2B intra-UE relève, elle, de l'autoliquidation par le preneur (voir notre article sur l'autoliquidation de la TVA) : la facture doit alors mentionner explicitement « autoliquidation : art. 283-2 du CGI » sur les lignes concernées, sans appliquer de TVA collectée.
Facturation électronique 2026 : pourquoi la ventilation devient un enjeu opérationnel#
À compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France doivent être en capacité de recevoir des factures électroniques. L'obligation d'émettre (e-invoicing) est phasée : grandes entreprises et ETI au 1er septembre 2026, puis PME, TPE et micro-entreprises au 1er septembre 2027. L'e-reporting suit le même calendrier selon la taille de l'entreprise.
Ce calendrier change la nature du problème :
- Les incohérences de taux sont détectées automatiquement lors du traitement par les plateformes de dématérialisation partenaires (PDP) ou le Portail Public de Facturation (PPF).
- Les corrections après émission deviennent plus visibles et plus contraignantes : un avoir correctif suivi d'une nouvelle facture laisse une trace dans le flux transmis à la DGFiP.
- Le paramétrage du catalogue produits : taux affecté à chaque référence : devient un document de conformité à part entière.
La bonne pratique est de fiabiliser les modèles et les règles de ventilation avant l'entrée dans l'obligation, et non de corriger des séries de factures émises dans un format non conforme. Consultez nos ressources sur la fiscalité et les déclarations TVA, IS et acomptes pour le calendrier fiscal complet.
Le calendrier 2026-2027 en un tableau#
| Échéance | Recevoir | Émettre (e-invoicing) et e-reporting |
|---|---|---|
| 1er septembre 2026 | Toutes les entreprises assujetties | Grandes entreprises et ETI |
| 1er septembre 2027 | (déjà en place) | PME, TPE et micro-entreprises |
À retenir : au 1er septembre 2026, l'obligation générale porte sur la capacité à recevoir une facture électronique, pas sur l'émission généralisée. Autre vigilance : la migration des dispositions TVA vers le CIBS au 1er janvier 2027 fera évoluer certaines références d'articles (ainsi la mention de franchise « art. 293 B du CGI »), les deux références étant tolérées jusqu'au 31 décembre 2027.
Ce que l'administration vérifie en cas de contrôle#
Lors d'une vérification de comptabilité, les points de vigilance portent typiquement sur :
- La cohérence entre le taux appliqué sur la facture et la nature réelle de l'opération
- L'existence des pièces justificatives conditionnant le taux réduit (attestation BTP, enregistrement CPPAP, etc.)
- La correspondance entre la TVA collectée déclarée et les factures émises
- Le traitement des avoirs et factures rectificatives sur des opérations multi-taux
L'administration peut redresser le complément de TVA non collectée, avec intérêts de retard (0,20 % par mois) et, en cas de manquement délibéré, une majoration de 40 % à 80 %.
Points de vigilance 2026#
- La facturation électronique impose un champ structuré pour chaque taux de TVA : un seul champ « TVA totale » ne sera pas accepté par les PDP.
- Le taux 5,5 % sur les travaux d'amélioration énergétique n'exige plus l'attestation Cerfa (supprimée le 16 février 2025) : la certification du client figure désormais directement sur le devis ou la facture.
- Pour la restauration, la distinction entre vente à emporter et consommation sur place conditionne le taux applicable : un changement de mode de service sans mise à jour de la facture est une erreur fréquente en cas de contrôle.
- Les ventes sur marketplace : vérifier que le logiciel de facturation reçoit bien le bon taux depuis la plateforme et ne l'écrase pas.
Notre lecture#
La multi-taxe TVA n'est pas un sujet réservé aux grands comptes. Elle touche quotidiennement les artisans, les restaurateurs, les éditeurs, les e-commerçants et tout prestataire qui livre des biens en complément d'un service. Le vrai risque n'est pas le calcul : les logiciels s'en chargent : mais la qualification initiale de chaque ligne et la robustesse du paramétrage. Un catalogue mal configuré génère des erreurs en série. C'est ce point que nous examinons en priorité dans les missions de revue TVA.
Pour aller plus loin sur les obligations déclaratives liées à la TVA, consultez notre guide sur les déclarations fiscales obligatoires pour les entreprises en 2026.
Cet article est rédigé à titre informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Les règles applicables dépendent de la nature exacte de vos opérations, de votre régime fiscal et des textes en vigueur à la date de votre facture. Consultez votre expert-comptable pour toute situation spécifique.
Vous émettez des factures avec plusieurs taux de TVA et souhaitez sécuriser votre paramétrage avant l'entrée en vigueur de la facturation électronique ?
Questions fréquentes
Peut-on appliquer un seul taux moyen lorsque la facture mélange des opérations à taux différents ?
Non. Appliquer un taux unique à un lot mixte constitue une erreur de qualification fiscale, même si le résultat arithmétique semble proche. L'administration peut redresser la TVA sur la base du taux applicable à chaque ligne, avec intérêts de retard. La ventilation par taux est une obligation légale, pas un choix de présentation.
Quelles sont les mentions obligatoires sur une facture comportant plusieurs taux de TVA ?
Chaque groupe de lignes doit indiquer la base taxable HT, le taux applicable (5,5 %, 10 %, 20 %...) et le montant de TVA calculé. Un récapitulatif en pied de facture présente le total HT, la TVA ventilée par taux et le total TTC. Les mentions classiques du Code de commerce : numéro séquentiel, date, identités, désignation précise : restent obligatoires sur l'ensemble du document (art. 242 nonies A annexe II du CGI).
Quel taux de TVA s'applique aux travaux de rénovation énergétique dans un appartement ?
Le taux de 5,5 % s'applique aux travaux d'amélioration de la performance énergétique (isolation, pompe à chaleur) dans les logements achevés depuis plus de deux ans (art. 278-0 bis A du CGI). Depuis le 16 février 2025, les attestations Cerfa 13948 et 13947 sont supprimées : la certification du client est désormais une mention obligatoire portée directement sur le devis ou la facture. Les autres travaux d'entretien relèvent du taux de 10 %, la construction neuve ou les locaux non résidentiels du taux de 20 %. Depuis le 1er mars 2025, les chaudières à combustibles fossiles sont exclues du taux réduit.
Comment la facturation électronique 2026 affecte-t-elle les factures multi-taux ?
À compter de septembre 2026, les factures B2B transitent par des plateformes certifiées (PDP) qui transmettent les données à la DGFiP. Ces plateformes exigent un champ structuré par taux : un seul champ TVA global sera rejeté ou signalé. Les corrections après transmission sont tracées et visibles. Il est donc impératif de fiabiliser le paramétrage du catalogue et les modèles de facture avant l'entrée dans l'obligation.
Un artisan BTP qui applique le taux réduit sans obtenir l'attestation client risque-t-il un redressement ?
Oui. Depuis le 16 février 2025, la certification ouvrant droit au taux réduit n'est plus un Cerfa distinct mais une mention que le client appose directement sur le devis ou la facture (logement d'habitation, achevé depuis plus de deux ans, travaux non exclus). À défaut, l'artisan ne peut pas appliquer le 5,5 % ou le 10 % et reste solidairement responsable de la différence avec le taux de 20 %, majorée des intérêts de retard. Cette certification doit être obtenue avant l'émission de la facture.
Une entreprise en franchise en base doit-elle mentionner un taux de TVA sur sa facture ?
Non. En franchise en base, l'entreprise ne facture pas de TVA : elle ne fait apparaître aucun taux ni montant de TVA, mais doit porter la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». Dès qu'elle dépasse les seuils et devient redevable, elle applique les taux de droit commun et, le cas échéant, ventile par taux. À noter : avec la migration des dispositions TVA vers le CIBS au 1er septembre 2026, la référence « 293 B » évoluera, les deux références étant tolérées jusqu'au 31 décembre 2027.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables. Formateur certifié Pennylane.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes basé à Paris 8, pensé pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientée décision.
Sources du dossier
Sources officielles et de référence citées pour cette page.
- Impôts.gouv.fr — Taux de TVA en vigueur en France
- Légifrance — Article 278-0 bis CGI (taux réduit 5,5 %)
- Légifrance — Article 279-0 bis CGI (taux intermédiaire travaux)
- BOFiP — Taux de TVA — Présentation générale
- Service-Public.fr — Mentions obligatoires d'une facture (entreprises)
- Économie.gouv.fr — Facturation électronique obligatoire
Ce sujet relève de notre mission Facturation électronique 2026, audit et plateforme agréée
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