Infirmier libéral : BNC, rétrocessions et comptabilité en 2026
Guide complet du régime BNC pour infirmiers libéraux : micro-BNC vs liasse 2035, rétrocessions de remplacement, CARPIMKO, frais déductibles, TVA et DAS2. Tout pour sécuriser votre comptabilité.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Un infirmier libéral relève du régime BNC (Bénéfices Non Commerciaux). Il peut opter pour le micro-BNC (recettes ≤ 83 600 € avec abattement 34 %) ou la déclaration contrôlée (liasse 2035). Les rétrocessions versées aux titulaires lors d'un remplacement sont une minoration de recettes, jamais une charge. Les actes de soins infirmiers sont exonérés de TVA. La CARPIMKO gère la retraite de base et complémentaire. L'adhésion à un AGA réduit les cotisations sociales mais ne majore plus le résultat depuis 2023.
Contexte 2026 : cadre fiscal et social de l'infirmier libéral#
L'infirmier libéral exerce une profession libérale réglementée. Le remplacement obéit à un cadre déontologique strict (Code de la santé publique) : contrat de remplacement écrit, autorisation du conseil départemental de l'Ordre, et obligation de retracer les rétrocessions.
En 2026, trois changements impactent la comptabilité :
- Le micro-BNC reste à 83 600 € : le seuil, revalorisé par tranches de trois ans, est fixé à ce montant pour la période 2026-2028.
- L'AGA (Agence de gestion agréée) ne majore plus le résultat : la majoration de 25 % pour non-adhésion a été supprimée graduellement (20 % en 2020, 15 % en 2021, 10 % en 2022, 0 % depuis 2023). Seul l'avantage fiscal de réduction pour frais de comptabilité (maximum 915 € par an, deux tiers) persiste pour les adhérents.
- La TVA sur soins infirmiers reste exonérée : il n'y a pas de facturation de TVA sur les actes médicaux, quelle que soit la structure.
Récemment, une jeune infirmière nous a contactée pour organiser son cabinet de remplacement. Son erreur courante : comptabiliser les rétrocessions en charge plutôt qu'en minoration de recettes. Cela faussait son bénéfice imposable et créait des décalages au moment du rapprochement avec la DSI (Déclaration Sociale de l'Indépendant).
Régime fiscal : micro-BNC vs déclaration contrôlée (liasse 2035)#
Micro-BNC : simplifié, automatique jusqu'à 83 600 €#
Condition : recettes brutes de l'année N-1 ou N-2 ≤ 83 600 €.
Avantages :
- Abattement forfaitaire de 34 % sur les recettes (minimum 305 €).
- Comptabilité de trésorerie simplifiée : livre des recettes, justificatifs.
- Déclaration d'impôt sur le revenu simplifiée (déclaration 2035-S, allégée).
- Pas de TVA collectée ni récupérable (exonération d'office).
- Cotisations sociales calculées sur le bénéfice net (après abattement).
Exemple : infirmier avec 70 000 € de recettes en 2026.
- Abattement : 70 000 € × 34 % = 23 800 € (minimum 305 €).
- Bénéfice imposable : 70 000 € − 23 800 € = 46 200 €.
- Cet infirmier ne peut pas déduire ses frais réels (voiture, formation, matériel) ; l'abattement les remplace forfaitairement.
Inconvénients :
- Pas de déduction des frais réels : un cabinet avec des dépenses importantes (loyer, matériel spécialisé) perd de la flexibilité.
- Pas d'amortissement : les investissements en équipement ne génèrent pas de réduction d'impôt progressive.
- Dépassement sur une seule année n'entraîne pas la perte du régime : le calcul se fait sur les recettes N-1 ou N-2.
Déclaration contrôlée (liasse 2035 + annexes)#
Condition : recettes > 83 600 € ou option volontaire.
Avantages :
- Déduction des frais réels : loyer, cotisations CARPIMKO/URSSAF, petit matériel, formation, blanchissage, frais de comptabilité, redevance de collaboration.
- Amortissement des investissements (équipement médical, informatique, mobilier).
- Régularisation TVA (bien que le secteur soit exonéré, il faut justifier de l'exonération).
- Plus grande transparence fiscale lors d'un contrôle (toutes les charges justifiées).
Charges déductibles (liste non exhaustive) :
- Cotisations obligatoires : CARPIMKO (base + complémentaire), CSG/CRDS.
- Cotisations professionnelles : Ordre infirmiers.
- Loyer du local professionnel ou part professionnelle du domicile (forfait 25 % maxi si domicile mixte).
- Petit matériel de soins (seringues, pansements, alcool, masques — à renouveler régulièrement).
- Fournitures de bureau et de facturation.
- Blanchissage et tenues professionnelles.
- Téléphone et internet (part professionnelle justifiée).
- Assurance responsabilité civile professionnelle.
- Frais de formation continue et adhésion à des groupes de pairs.
- Honoraires de comptable, expertise fiscale.
- Contribution AGA (si adhérent).
- Déplacements et frais kilométriques (barème 2026 ou frais réels).
Comptabilité : liasse 2035 (déclaration de résultat) + 2035-A (enregistrement des charges) + 2035-B (amortissements et provisions).
Rétrocessions de remplacement : la clé comptable souvent mal traitée#
C'est le point sur lequel les cabinets d'infirmiers font le plus d'erreurs. Comprendre le flux permet de valider la comptabilité dès l'enregistrement.
Le flux comptable : remplaçant encaisse, retrocède#
Un infirmier remplaçant exerce au nom du titulaire, mais il encaisse directement les honoraires des patients ou de l'assurance maladie.
Exemple concret :
- Titulaire : Mme Martin.
- Remplaçant : M. Dupont.
- Contrat de remplacement : M. Dupont encaisse 100 % des honoraires patient/Sécu, puis rétrocède 20 % à Mme Martin.
Comptabilité du remplaçant (M. Dupont) :
| Transaction | Compte débit | Compte crédit | Montant | Explication |
|---|---|---|---|---|
| Encaissement honoraires | 512 (banque) | 706 (produit) | 10 000 € | Brut encaissé |
| Rétrocession au titulaire | 706 (minoration) | 512 (banque) | 2 000 € | Réduction des recettes, jamais une charge |
| Résultat net du remplaçant | — | — | 8 000 € | Différence nette |
Point clé : la rétrocession est une minoration de recettes, portée en déduction du compte 706 « Honoraires infirmiers » (ligne 3 de la 2035-A), jamais en compte de charge (ex. 6XX). Le remplaçant reconnaît 8 000 € de chiffre d'affaires, pas 10 000 €.
Comptabilité du titulaire (Mme Martin) :
Mme Martin reçoit la rétrocession de 2 000 € en tant que revenu imposable, enregistré en:
| Compte | Montant | Raison |
|---|---|---|
| 512 (banque) | 2 000 € | Crédit |
| 706 (honoraires) | 2 000 € | Produit imposable du titulaire |
Cela peut sembler contreintuitif : la rétrocession augmente les recettes du titulaire. Mais c'est exact — le titulaire déclare ce qu'il reçoit.
Taux et formes de rétrocession#
Les taux courants de rétrocession lors d'un remplacement varient de 10 % à 30 %, selon :
- La durée du remplacement (court terme = taux plus élevé).
- La charge de travail du remplaçant (urgences/pédiatrie = taux plus bas).
- Les usages locaux du secteur.
Formalisation obligatoire : le contrat de remplacement doit être écrit, daté et signé, puis communiqué au conseil départemental de l'Ordre. Il doit préciser :
- la durée du remplacement ;
- le taux de rétrocession en % ou en montant fixe ;
- les modalités de paiement (hebdo, bihebdo) ;
- les frais supportés (matériel partagé, cotisations) ;
- les conditions de résiliation.
Cas particulier : rétrocession partielle de cotisations#
Parfois, le titulaire accepte de prendre en charge une part des cotisations URSSAF/CARPIMKO du remplaçant. Ce montant doit être documenté séparément et traité en charge du titulaire (compte 645 « Cotisations sociales personnelles »), jamais en réduction de rétrocession.
CARPIMKO, cotisations sociales et retraite en 2026#
Structure de la CARPIMKO (Caisse de retraite auxiliaires médicaux)#
La CARPIMKO gère la retraite obligatoire des infirmiers libéraux, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues et orthophonistes.
Régime de base (taux 2026) :
- T1 (contribution obligatoire jusqu'à 1 PASS) : 8,73 % sur la tranche 0–48 060 € (1 PASS = 48 060 € en 2026).
- T2 (contribution obligatoire sur la 2e tranche) : 1,87 % de 48 060 € à 240 300 € (5 PASS).
- Taux global : 8,73 % sur le 1er PASS, puis 1,87 % au-delà jusqu'à 5 PASS.
Régime complémentaire (réforme 2026) :
- Désormais proportionnel (fin du système forfaitaire).
- Assiette comprise entre 0,5 et 3 PASS (soit environ 24 030 € à 144 180 €), pour une cotisation annuelle de l'ordre de 2 091 € à 12 544 €.
Régime d'invalidité-décès :
- Forfait annuel fixe : 1 022 € (2026).
ASV (Assurance vieillesse supplémentaire) :
- Forfait annuel : 671 € (dont 224 € à charge de l'affilié, 447 € pris en charge par la CPAM).
- Majoration : 0,40 % des revenus conventionnés N-2.
Cotisations URSSAF pour infirmier libéral#
En parallèle, l'infirmier doit cotiser à l'URSSAF pour :
- CSG/CRDS (au taux global de 9,7 % du revenu).
- Allocations familiales (exonérées en deçà de 110 % du PASS, puis taux progressif jusqu'à 3,10 %).
Exemple budgétaire pour infirmier micro-BNC (recettes 70 000 €) :
| Élément | Montant | Remarque |
|---|---|---|
| Recettes encaissées | 70 000 € | — |
| Abattement forfaitaire 34 % | −23 800 € | Régime micro |
| Bénéfice net imposable | 46 200 € | — |
| CARPIMKO T1 (8,73 % × 46 200 €) | ~4 030 € | Appel direct |
| CARPIMKO T2 (1,87 % × 0) | — | Car bénéfice < 1 PASS |
| CARPIMKO invalidité-décès | 1 022 € | Forfait |
| CARPIMKO ASV | 671 € | Forfait |
| CSG/CRDS (9,7 % × 46 200 €) | ~4 481 € | Appel URSSAF |
| Total cotisations estimé | ~10 204 € | ≈ 22 % du bénéfice net |
Ces montants ne sont que des estimations — la DSI annuelle détermine les appels définitifs.
TVA et exonération : soins infirmiers#
Les actes de soins infirmiers sont exonérés de TVA en vertu de l'article 261, 4°-1° du Code général des impôts, qui exonère « les services rendus par les professionnels de santé… dans l'exercice de leur profession ».
Conséquence :
- Un infirmier libéral ne collecte jamais de TVA sur les honoraires de soins.
- Il ne peut pas déduire la TVA supportée sur ses achats (matériel stérile, équipement). Cette TVA s'ajoute au coût réel.
Exemple :
- Achat d'un tensiomètre numérique 200 € HT = 240 € TTC (TVA 20 %).
- Parce que l'infirmier est exonéré, il ne peut pas récupérer les 40 € de TVA.
- Le coût réel pour l'infirmier est 240 €.
Franchise en base de TVA (à titre informatif) :
- Infirmier exonéré sur les soins : pas de question de franchise en TVA.
- Mais si l'infirmier vend accessoirement des pansements, des bas de compression, etc., ces ventes seraient soumises à TVA si le seuil de franchise (37 500 €) est dépassé. En pratique, ce dépassement est rare pour un infirmier libéral.
Frais déductibles : inventaire 2026#
En régime de déclaration contrôlée (liasse 2035), les frais suivants sont déductibles :
| Catégorie | Frais | Condition de déductibilité |
|---|---|---|
| Cotisations obligatoires | CARPIMKO (base, complém., ASV) | Intégralement |
| CSG/CRDS | Intégralement | |
| Cotisations Ordre infirmiers | Intégralement | |
| Locaux | Loyer du cabinet | Professionnel prouvé |
| Chauffage, électricité, eau | Part professionnelle | |
| Entretien des locaux | Intégralement | |
| Petit matériel | Seringues, pansements, alcool, masques | Renouvellement régulier |
| Blanchissage/tenues professionnelles | Intégralement | |
| Formation | Formation continue, congrès | Lien avec l'activité |
| Véhicule | Barème kilométrique 2026 | Ou frais réels avec justificatif |
| Carburant, assurance, maintenance | Si frais réels | |
| Frais administratifs | Téléphone, internet | Part professionnelle |
| Logiciel de facturation | Intégralement | |
| Assurance RC Pro | Intégralement | |
| Comptable, expertise fiscale | Intégralement | |
| Redevances | Redevance de collaboration (si salarié coûteux) | Occasionnel |
| Contribution AGA (si adhérent) | Jusqu'à 915 € déductible pour réduction IR |
Point de vigilance : un infirmier ne peut pas déduire les frais personnels (repas sur le lieu de travail, vêtements civils, cotisation syndicale). Le fisc sera attentif à la séparation entre charges professionnelles et frais de vie personnelle.
Cas particuliers : DAS2 et remplacement#
Déclaration annuelle de rétrocessions (DAS2)#
Si vous versez des honoraires (rétrocessions) à un autre infirmier ou professionnel santé au-delà d'un certain seuil annuel, vous devez établir une DAS2 (Déclaration Annuelle de Salaires) — ou plus précisément, une déclaration de « cotisants non salariés » si c'est du BNC.
La DAS2 est obligatoire lorsque les sommes versées à un même bénéficiaire (honoraires, rétrocessions) dépassent 2 400 € TTC sur l'année (CGI art. 240). Elle se télédéclare auprès de l'administration fiscale au début de l'exercice suivant.
Remplacement et imposition#
Le remplaçant déclare ses recettes nettes (après rétrocession) dans la catégorie BNC au titre de l'année d'encaissement. Pas de différé d'imposition, pas de demi-part supplémentaire.
Points de vigilance 2026#
Erreur 1 — Comptabiliser la rétrocession en charge#
C'est l'erreur principale. La rétrocession n'est jamais un compte 6XX (charge) — c'est une minoration du compte 706 (produit).
Erreur 2 — Oublier les cotisations CARPIMKO#
L'infirmier doit anticiper les appels de CARPIMKO : prélèvement direct, reliquat via DSI. Un oubli crée un solde imprévu.
Erreur 3 — Déduire des frais personnels#
TVA sur un repas de travail, abonnement fitness, frais de tenue civile : non déductibles. Le fisc le détecte systématiquement.
Erreur 4 — Négliger le contrat de remplacement#
Un remplacement sans contrat écrit expose à un requalification par l'URSSAF en « salariat déguisé ». Cotisations patronales rappelées, pénalités.
Erreur 5 — Confondre macro et micro#
Passage du micro-BNC au réel : bien anticiper la transition, valider le calcul d'impôt transitoire.
Notre analyse d'expert-comptable#
Nous accompagnons régulièrement des infirmiers libéraux, du jeune diplômé qui démarre son remplacement au titulaire avec équipe. Les trois enjeux reviennent invariablement :
1. La comptabilité de remplacement. Beaucoup de jeunes infirmiers croient que « je prélève sur mes encaissements » suffit. Or, une comptabilité propre exige d'isoler chaque contrat de remplacement, de tracer la rétrocession, et de produire une preuve en cas de contrôle. C'est encore plus critique si plusieurs titulaires sont remplacés simultanément : confusion garantie.
2. Le choix du régime (micro vs déclaration contrôlée). Jusqu'à 60 000 € de recettes, le micro-BNC est très avantageux (peu de gestion, abattement lisse). Au-delà de 70 000 €, un cabinet avec investissements importants (équipement, loyer) gagne au réel. Nous recommandons une simulation avant de changer.
3. La CARPIMKO et la retraite. Les taux varient chaque année, les appels sont complexes. Un infirmier qui ignore sa situation de cotisant CARPIMKO se retrouve avec un solde imprévu. Nous recommandons une déclaration de revenus régulière auprès de la CARPIMKO pour éviter les régularisations massives.
Récemment, nous avons accompagné un infirmier remplaçant en Île-de-France qui a régularisé ses rétrocessions après trois années — impact fiscal considérable. Un départ structuré aurait économisé des intérêts de retard.
Conseil Hayot Expertise. Dès votre démarrage en remplacement ou cabinet, formalisez votre comptabilité : contrat écrit, versement de rétrocessions via transfert bancaire traçable (jamais en espèces), séparation des encaissements par titulaire/contrat. Investissez dans un logiciel simple (Pennylane, Qonto) pour automatiser le suivi. Contactez un expert-comptable spécialisé en libéraux pour valider votre premier résultat — 500 € de conseil évitent 5 000 € de régularisation ultérieure.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre micro-BNC et déclaration contrôlée pour un infirmier ?+
En micro-BNC, vous ne déduisez pas vos frais réels : l'abattement forfaitaire de 34 % les remplace. En déclaration contrôlée, vous déduisez chaque charge justifiée (CARPIMKO, loyer, matériel). Le micro convient jusqu'à 83 600 € de recettes sans investissements majeurs ; au-delà, le réel est généralement avantageux.
Dois-je cotiser à la CARPIMKO si je suis remplaçant ?+
Oui, la CARPIMKO est obligatoire pour tout infirmier libéral, remplaçant ou titulaire. Elle s'applique sur votre bénéfice net (après abattement ou charges). Elle est prélevée directement ou via la Déclaration Sociale de l'Indépendant (DSI) annuelle.
Comment comptabiliser une rétrocession versée à un titulaire ?+
En minoration du compte 706 (produit), jamais en charge. Enregistrement : débit compte 706, crédit compte 512 (banque). C'est une réduction de votre chiffre d'affaires, pas une dépense.
Puis-je déduire l'achat d'un équipement médical (tensiomètre, oxymètre) ?+
Oui, en déclaration contrôlée. Vous pouvez soit déduire le montant entièrement si c'est du petit matériel (<500 €), soit l'amortir sur plusieurs années (matériel important). En micro-BNC, vous ne déduisez rien : l'abattement forfaitaire couvre ces investissements.
Y a-t-il un seuil de DAS2 pour les rétrocessions versées ?+
Oui, les seuils varient selon votre régime. Renseignez-vous auprès de l'URSSAF local pour confirmer si vous dépassez le seuil déclaratif de rétrocessions.
La TVA s'applique-t-elle aux soins infirmiers ?+
Non, les actes de soins infirmiers sont exonérés de TVA. Vous n'en collectez pas, et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Cela signifie que l'équipement médical vous coûte plus cher (TVA non déductible).
Quel taux de rétrocession est courant dans le secteur ?+
Les taux varient de 10 % à 30 % selon la durée du remplacement, les usages locaux et la charge de travail. Un remplacement ponctuel peut être à 25-30 %, alors qu'un remplaçant permanent peut négocier 10-15 %.
Puis-je continuer en micro-BNC si j'ai un revenu légèrement > 83 600 € une seule année ?+
Oui. Le micro-BNC se perd uniquement si vos recettes de N-1 ou N-2 dépassent le seuil. Un dépassement ponctuel sur N ne vous fait pas basculer en réel — seules les deux années antérieures comptent.
À retenir#
-
Régime BNC obligatoire : infirmier libéral = professionnel libéral réglementé, catégorie BNC au niveau fiscal.
-
Micro-BNC simplifié jusqu'à 83 600 € : abattement forfaitaire 34 %, comptabilité de trésorerie, pas de déduction des frais réels.
-
Rétrocession = minoration de recettes : jamais un compte de charge. Isolez chaque contrat de remplacement et versement tracé.
-
CARPIMKO obligatoire : cotisations de base (8,73 % + 1,87 %) + complémentaire + ASV. Appels directs ou via DSI annuelle.
-
TVA exonérée sur soins : pas de TVA facturée, pas de TVA récupérable. L'équipement coûte plus cher (TVA d'amont intégrée).
-
Frais déductibles (au réel) : CARPIMKO, loyer, petit matériel, formation, véhicule, assurance RC, comptabilité. Pas de frais personnels.
-
AGA : réduction IR sur frais comptabilité (max 915 €/an, deux tiers) — mais plus de majoration de résultat depuis 2023.
Sources officielles#
- impots.gouv.fr — Régime unique des micro-entreprises (micro-BNC)
- BOFiP — BNC, régime déclaratif spécial
- BOFiP — TVA, exonération des professions médicales (CGI art. 261, 4-1°)
- CARPIMKO — Mes cotisations 2026
- URSSAF — Professions libérales (praticiens et auxiliaires médicaux)
- service-public.fr — Franchise en base de TVA

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- impots.gouv.fr — Régime unique des micro-entreprises (micro-BNC)
- BOFiP — BNC, régime déclaratif spécial (micro-BNC)
- BOFiP — TVA, exonération des professions médicales et paramédicales (CGI art. 261, 4-1°)
- CARPIMKO — Mes cotisations 2026
- URSSAF — Professions libérales (praticiens et auxiliaires médicaux)
- service-public.fr — Franchise en base de TVA
Ce sujet relève de notre mission Tenue comptable à Paris | Révision, clôture, liasse
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