Consultant indépendant : TJM, charges et optimisation en 2026
Calculer son TJM, choisir entre micro-BNC, EURL et SASU, maîtriser ses charges et ses dividendes : le guide fiscal et social 2026 du consultant indépendant.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Un consultant indépendant exerce en nom propre (micro-BNC jusqu'à 83 600 € de recettes, abattement 34 %, ou déclaration contrôlée) ou en société (EURL, SASU). Le taux journalier moyen (TJM) se calcule en partant du revenu net visé, augmenté des cotisations, de l'impôt et des frais, divisé par le nombre de jours réellement facturables (souvent 200 à 220 sur l'année). Le choix EURL (gérant TNS) ou SASU (président assimilé salarié) commande la protection sociale, le coût des cotisations et la fiscalité des dividendes.
Contexte 2026#
Le métier de consultant s'exerce aujourd'hui sous des formes très variées : prestation intellectuelle facturée à la journée, mission au forfait, régie, ou encore portage salarial. Derrière ces modèles, trois décisions structurent durablement votre rémunération nette : le statut juridique, la fixation du TJM et l'arbitrage entre salaire et dividendes.
En 2026, le cadre reste stable mais exigeant. Le seuil du micro-BNC est fixé à 83 600 € de recettes pour la période 2026-2028, avec un abattement forfaitaire de 34 %. La franchise en base de TVA pour les prestations de services demeure à 37 500 €. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les dividendes s'établit à 31,4 %. Une nouveauté de la loi de finances pour 2026 mérite d'être connue : l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu est devenue révocable, ce qui assouplit l'arbitrage annuel entre PFU et barème.
Récemment, un consultant en transformation digitale nous a sollicités après deux ans d'activité en micro-BNC : sa progression l'amenait à franchir les seuils et il hésitait entre rester en nom propre, créer une EURL ou une SASU. Son erreur de départ : avoir fixé son TJM par alignement sur le marché, sans le relier à son revenu net cible ni à son taux de charges réel. Résultat, une rémunération nette inférieure à ses attentes une fois les cotisations appelées.
Quel statut pour un consultant indépendant ?#
L'exercice en nom propre (BNC)#
La prestation de conseil relève des bénéfices non commerciaux (BNC). En entreprise individuelle, deux régimes coexistent :
- Le micro-BNC : ouvert tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 €. L'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) ; vous êtes imposé sur 66 % de vos recettes. La comptabilité se limite à un livre des recettes. En contrepartie, aucun frais réel n'est déductible.
- La déclaration contrôlée : au-delà du seuil, ou sur option, vous déposez une liasse 2035 et déduisez vos charges réelles (loyer, matériel, déplacements, sous-traitance, honoraires). Ce régime devient avantageux dès que vos frais dépassent l'abattement de 34 %.
Dans les deux cas, vous êtes travailleur non salarié (TNS) et votre patrimoine professionnel n'est pas isolé, sauf à mobiliser le statut de l'entrepreneur individuel à responsabilité limitée de plein droit depuis 2022.
L'exercice en société : EURL ou SASU#
Créer une société protège votre patrimoine personnel et ouvre l'arbitrage entre rémunération et dividendes :
- L'EURL : l'associé unique gérant relève du régime des travailleurs non salariés. Les cotisations représentent de l'ordre de 40 à 45 % de la rémunération nette. L'EURL détenue par une personne physique est à l'impôt sur le revenu de plein droit, avec une option possible pour l'impôt sur les sociétés.
- La SASU : le président est assimilé salarié (régime général, hors assurance chômage). Les cotisations sur la rémunération sont plus lourdes, mais la protection sociale est plus proche de celle d'un cadre. La société est soumise à l'impôt sur les sociétés.
Comment calculer son TJM ?#
Le TJM ne se devine pas : il se construit à rebours de votre objectif de revenu net. Voici la méthode que nous appliquons en cabinet :
- Fixez votre revenu net annuel cible (ce que vous voulez réellement percevoir).
- Ajoutez vos cotisations sociales : selon le statut, comptez un coefficient de charges sur la rémunération (sensiblement plus élevé en SASU qu'en EURL pour un même net).
- Ajoutez l'impôt sur le revenu ou sur les sociétés, selon votre structure.
- Ajoutez vos charges fixes et frais : assurance responsabilité civile professionnelle, comptabilité, outils, déplacements, formation, locaux.
- Estimez vos jours réellement facturables : sur 365 jours, retirez week-ends, congés, jours fériés, formation, prospection et intercontrats. Il reste fréquemment 200 à 220 jours.
- Divisez le total à couvrir par ce nombre de jours : vous obtenez le TJM plancher en dessous duquel votre objectif n'est pas atteint.
Cette logique vous protège de l'erreur classique consistant à raisonner « chiffre d'affaires » au lieu de « revenu net disponible ». Un TJM affiché peut sembler confortable et laisser, après cotisations et frais, une rémunération décevante.
EURL ou SASU : le comparatif social et fiscal#
| Critère | EURL (gérant associé unique) | SASU (président) |
|---|---|---|
| Régime social du dirigeant | TNS (~40-45 % de cotisations sur la rémunération) | Assimilé salarié (cotisations plus lourdes, sans chômage) |
| Imposition des bénéfices | IR de plein droit, option IS possible | IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) |
| Protection sociale | Plus économique, couverture plus légère | Plus protectrice (proche d'un cadre) |
| Dividendes | Cotisations TNS sur la part > 10 % du capital + primes + compte courant ; en deçà, PFU 31,4 % | PFU 31,4 % sans cotisations sociales, quel que soit le montant |
| Coût de fonctionnement | Modéré | Modéré à élevé |
Le clivage décisif tient aux dividendes : en EURL, la fraction des dividendes excédant 10 % du capital, des primes d'émission et du compte courant d'associé supporte des cotisations TNS ; en SASU, les dividendes échappent aux cotisations sociales et ne supportent que le PFU. Un consultant qui souhaite se verser une part importante en dividendes regardera donc de près la SASU et ses charges sociales, tandis qu'un consultant privilégiant un coût de cotisations réduit pourra préférer l'EURL. Aucune réponse n'est universelle : tout dépend du niveau de bénéfice, du besoin de protection sociale et de la part que vous comptez réellement consommer.
Cas particuliers#
Le portage salarial#
Le portage permet de facturer des missions tout en bénéficiant du statut de salarié (bulletins de paie, protection sociale du régime général). En contrepartie, la société de portage prélève des frais de gestion. C'est une option pertinente pour tester une activité ou sécuriser un démarrage, avant de basculer vers une structure en propre.
Le début d'activité : ACRE et allocations#
À la création, l'ACRE ouvre droit à une exonération partielle des cotisations sociales la première année, sous conditions de revenu. Si vous êtes demandeur d'emploi indemnisé, vous pouvez articuler votre projet avec le maintien partiel de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ou opter pour l'aide à la reprise ou à la création d'entreprise (ARCE), qui verse une partie de vos droits en capital. Ces dispositifs se cumulent sous conditions : un point à valider précisément avant l'immatriculation.
Points de vigilance 2026#
- Salariat déguisé : facturer un client unique, dans ses locaux, sous sa direction et avec ses outils expose à une requalification en contrat de travail. Sécurisez votre indépendance par la pluralité de clients et l'autonomie d'organisation.
- Dividendes et seuil des 10 % : en EURL, distribuer sans surveiller ce seuil déclenche des cotisations TNS inattendues.
- TVA : sous 37 500 € de recettes, vous êtes en franchise (pas de TVA facturée ni récupérable) ; au-delà, vous devenez redevable de la TVA à 20 % et pouvez déduire celle de vos frais.
- Provision pour l'impôt et les cotisations : un indépendant doit mettre de côté à chaque encaissement, sous peine de régularisations douloureuses.
Notre analyse d'expert-comptable#
En tant qu'expert-comptable inscrit à l'Ordre, nous accompagnons de nombreux consultants, du premier contrat de freelance à la structuration d'un cabinet de conseil. Un constat revient : la bonne structure dépend moins d'un dogme que d'un calcul personnalisé sur trois ans.
Pour le consultant en transformation digitale évoqué plus haut, la simulation a montré qu'à son niveau de bénéfice, une SASU avec rémunération modérée complétée de dividendes au PFU laissait un net disponible supérieur à l'EURL, tout en améliorant sa protection sociale. Mais la conclusion aurait été inverse s'il avait eu besoin de consommer l'intégralité de son résultat chaque année : les cotisations plus lourdes de la SASU sur la rémunération auraient alors pesé davantage.
Le bon réflexe n'est donc pas de copier le choix d'un confrère, mais de relier votre TJM, votre taux de charges et votre besoin de revenu disponible dans une projection chiffrée.
Conseil Hayot Expertise. Avant de fixer votre TJM ou de choisir votre statut, construisez une simulation sur trois ans intégrant cotisations, impôt, frais et jours facturables réels. Comparez le net disponible en micro-BNC, en EURL et en SASU pour votre niveau d'activité, et anticipez la part de rémunération et de dividendes que vous souhaitez consommer. Un diagnostic en amont de l'immatriculation évite des arbitrages coûteux et difficiles à corriger ensuite.
Questions fréquentes
Quel TJM minimum pour un consultant indépendant ?+
Il n'existe pas de TJM universel : il dépend de votre revenu net cible, de votre taux de charges et de vos jours facturables. Partez de votre objectif net, ajoutez cotisations, impôt et frais, puis divisez par 200 à 220 jours facturables. Vous obtenez votre TJM plancher personnel.
EURL ou SASU pour un consultant ?+
L'EURL place le gérant en travailleur non salarié, avec des cotisations plus légères mais des dividendes cotisés au-delà de 10 % du capital. La SASU place le président en assimilé salarié, avec des cotisations plus lourdes mais des dividendes au seul PFU. Le choix dépend de votre besoin de protection et de la part de dividendes visée.
Un consultant peut-il rester en micro-BNC ?+
Oui, tant que ses recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 €. Le micro-BNC applique un abattement forfaitaire de 34 % et une comptabilité allégée. Au-delà du seuil, ou si vos frais réels dépassent l'abattement, la déclaration contrôlée devient plus avantageuse.
Les dividendes d'une SASU sont-ils soumis à cotisations ?+
Non. Le président de SASU étant assimilé salarié, ses dividendes ne supportent que le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sans cotisations sociales, quel que soit le montant distribué. C'est une différence majeure avec l'EURL, où la part excédant 10 % du capital est cotisée.
Quand un consultant doit-il facturer la TVA ?+
Tant que vos recettes restent sous 37 500 €, vous bénéficiez de la franchise en base : aucune TVA n'est facturée ni récupérée. Au-delà de ce seuil, vous devenez redevable de la TVA à 20 % sur vos prestations et pouvez déduire celle supportée sur vos achats professionnels.
Comment éviter le risque de salariat déguisé ?+
Maintenez une réelle indépendance : plusieurs clients, organisation autonome de votre travail, absence de lien de subordination, vos propres outils. Un consultant facturant un client unique dans ses locaux et sous sa direction s'expose à une requalification en contrat de travail, avec rappel de cotisations.
À retenir#
- Le statut se choisit par le calcul : micro-BNC, EURL ou SASU n'ont de sens qu'au regard de votre revenu net cible et de votre taux de charges.
- Le TJM se construit à rebours du net visé, divisé par 200 à 220 jours réellement facturables.
- EURL = gérant TNS (cotisations plus légères, dividendes cotisés au-delà de 10 %) ; SASU = président assimilé salarié (dividendes au seul PFU 31,4 %).
- Franchise de TVA à 37 500 € de recettes de services ; au-delà, TVA à 20 %.
- À la création, pensez à l'ACRE et à l'articulation avec l'ARE/ARCE de France Travail.
- Provisionnez systématiquement impôt et cotisations à chaque encaissement.
Sources officielles#
- service-public.fr — Régime fiscal de la micro-entreprise
- URSSAF — Profession libérale : cotisations
- impots.gouv.fr — Régime unique des micro-entreprises
- service-public.fr — Franchise en base de TVA
- Bpifrance Création — Régime fiscal et social des dividendes
- France Travail — ARE et ARCE à la création

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- service-public.fr — Régime fiscal micro-entreprise (micro-BNC)
- URSSAF — Travailleur indépendant : cotisations et contributions
- impots.gouv.fr — Régime unique des micro-entreprises
- service-public.fr — Franchise en base de TVA
- Bpifrance Création — Régime fiscal et social des dividendes
- France Travail — ARE et ARCE à la création d'entreprise
Ce sujet relève de notre mission Expert-comptable freelance | SASU, EURL ou portage
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