Taxe de 3 % sur les immeubles détenus par des sociétés : qui est concerné ?
La taxe annuelle de 3 % s'applique aux entités juridiques possédant des immeubles en France. Mais plusieurs exonérations existent : découvrez si votre SCI ou société est vraiment redevable.
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Expert-comptable fiscaliste à Paris | IS, TVA, contrôleNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. La taxe annuelle de 3 % sur la valeur vénale au 1er janvier vise les entités juridiques (françaises ou étrangères) qui possèdent des immeubles en France. Mais plusieurs exonérations couvrent les structures françaises courantes : immeubles représentant moins de 50 % des actifs français, quote-part immobilière inférieure à 100 000 € ou à 5 %, ou simple dépôt de la déclaration n° 2746. La plupart des SCI familiales à jour de leurs déclarations ne paient donc rien.
Contexte 2026#
La taxe de 3 % sur la valeur vénale des immeubles détenus par les sociétés représente un outil de transparence fiscale et de lutte contre l'opacité de la détention immobilière. Introduite dans le droit fiscal français pour bloquer les montages offshore, elle s'applique depuis plusieurs années mais suscite encore des interrogations chez les dirigeants et gestionnaires de patrimoine immobilier. Chez Hayot Expertise, nous accompagnons régulièrement nos clients SCI, sociétés holding et structures à l'étranger pour qu'ils se conforment à cette obligation sans pénalité.
Qui doit payer cette taxe ?#
La taxe concerne toutes les entités juridiques, dotées ou non de la personnalité morale : sociétés anonymes, SARL, SCI, SCP, sociétés en nom collectif, mais aussi les trusts, fiducies et institutions comparables enregistrées à l'étranger. Peu importe que l'entité soit française ou étrangère. Ce qui compte, c'est la détention, directe ou indirecte, d'un immeuble situé en France ou d'un droit réel sur ces immeubles (usufruit, nue-propriété, bail emphytéotique, etc.).
Trois cas typiques illustrent le périmètre :
- Une SCI française classique détenant un immeuble de rapport à Paris
- Une SARL étrangère ayant acquis un entrepôt logistique en région
- Une structure offshore (Luxembourg, Île Maurice) dont le seul actif est un immeuble français
Tous trois sont, en principe, redevables. La loi vise à empêcher les chaînes de détention opaques.
Montant et base d'imposition#
Taux et valeur vénale#
La taxe se calcule sur 3 % de la valeur vénale des immeubles et droits réels, évaluée au 1er janvier de l'année d'imposition. Cette valeur vénale est généralement celle de marché : prix de vente auquel l'immeuble pourrait se négocier à cette date.
Exemples concrets :
- Immeuble acheté 500 000 € en 2024 → taxe estimée 15 000 € pour 2026 (3 % de 500 000 €)
- Immeuble réévalué à 600 000 € → taxe estimée 18 000 € pour 2027 (3 % de 600 000 €)
- Droit d'usufruit évalué à 100 000 € → taxe estimée 3 000 € pour 2026 (3 % de 100 000 €)
Cumul avec d'autres taxes#
Cette taxe ne se substitue pas à la taxe foncière ni à la contribution foncière des entreprises (CFE) pour les professionnels. Elle vient en sus des droits de mutation (enregistrement, DMTO) et des droits locaux. Pour une SCI détenant un immeuble, on paye donc :
- La taxe foncière (si classée comme bien non-bâti ou bâti selon usage)
- Éventuellement la CFE si activité professionnelle
- Et la taxe annuelle de 3 % (si applicable)
Exonérations : qui en bénéficie vraiment ?#
C'est le point crucial. De nombreuses structures classiques relèvent d'exonérations légales sans même le savoir.
Non-prépondérance immobilière (article 990 E, 2°)#
Une entité est exonérée lorsque ses actifs immobiliers français représentent moins de 50 % de ses actifs français détenus directement. Une société dont l'immeuble n'est qu'une part minoritaire du patrimoine échappe ainsi à la taxe. Exemple : une holding détenant 5 M€ d'actifs en France dont 200 000 € d'immobilier (soit 4 %) n'est pas redevable à ce titre.
Faible quote-part : moins de 100 000 € ou 5 % (article 990 E, 3°-a)#
L'entité est exonérée lorsque sa quote-part dans le ou les immeubles français est inférieure à 100 000 € ou à 5 % de leur valeur vénale. Concrètement :
- une SCI détenant un petit local d'une valeur de 80 000 € (quote-part inférieure à 100 000 €) → exonérée ;
- une société ne détenant qu'une fraction minoritaire (moins de 5 %) d'un immeuble en indivision → exonérée à ce titre.
Exonération déclarative (formulaire 2746)#
Les entités qui déclarent chaque année la situation, la consistance et la valeur des immeubles ainsi que l'identité de leurs associés détenant plus de 1 % bénéficient d'une exonération (formulaire 2746-SD). C'est le cas le plus courant en France :
- SCI familiale déclarant ses immeubles et associés → exonérée ;
- SARL détenant un bâtiment professionnel, déclaration à jour → exonérée.
Cette exonération suppose un siège en France, dans l'Union européenne, ou dans un État lié à la France par une convention d'assistance administrative ou une clause de non-discrimination. Une alternative consiste à s'engager à communiquer ces informations à l'administration sur sa demande (article 990 E, 3°-d).
Autres exonérations#
- États souverains, organisations internationales : ambassades, sièges d'organisations internationales, etc.
- Sociétés cotées : si les titres font l'objet de négociations significatives et régulières sur un marché réglementé.
- FPI, SPPICAV et structures comparables : sous conditions spécifiques.
Déclaration et obligations de conformité#
Formulaire 2746-SD et délais#
Tout redevable ou entité s'exonérant par déclaration doit déposer le formulaire 2746-SD au plus tard le 15 mai de chaque année. Ce formulaire récapitule :
- Localisation, superficie, valeur vénale de chaque immeuble
- Nature du droit détenu (propriété, usufruit, nue-propriété, etc.)
- Identité des associés et nombre de parts sociales
- Justification le cas échéant (exonération seuil faible, cotation boursière, etc.)
Depuis le 1er avril 2021, la télédéclaration est obligatoire pour les immeubles détenus depuis le 1/1/2021. Plus de déclaration papier : passage par le portail impots.gouv.fr ou un expert-comptable dûment habilité.
Pénalités et conséquences du défaut#
Le défaut de déclaration ou la non-exposition de l'exonération n'annihile pas l'impôt, mais expose à :
- L'application de la taxe au taux de 3 % sur la valeur déclarée tardivement
- Les intérêts de retard et majorations de droit commun (selon le motif : bonne foi, simple négligence, manquement délibéré)
Aucune amende chiffrée forfaitaire n'existe pour ce dossier : le dommage se mesure en taxe impayée + intérêts.
Comparatif des régimes et cas particuliers#
Tableau comparatif : qui paye, qui ne paye pas ?#
| Type d'entité | Immeubles français | Valeur estimée | Exonération applicable | Obligation déclarative |
|---|---|---|---|---|
| SCI familiale | 1 maison | 300 000 € | Déclarative (2746) | OUI (15 mai) |
| SCI immeuble unique | 1 petit local | 80 000 € | Faible valeur (< 100 k€) | Non ou simplifié |
| SARL siège en France | Bâtiment professionnel | 500 000 € | Déclarative (2746) | OUI (15 mai) |
| Holding étrangère | Immeuble unique | 200 000 € | Aucune (sauf accord UE) | OUI (15 mai) |
| Fonds de placement immobilier (FPI) | Portefeuille de 50 M€ | 50 000 000 € | Oui (statut FPI) | Spécifique |
| Société cotée (CAC 40) | Bâtiments d'exploitation | 2 M€ | Cotation boursière | OUI (simplifié) |
Récapitulatif des exonérations (article 990 E)#
| Exonération | Référence | Condition | Formalité |
|---|---|---|---|
| Non-prépondérance immobilière | 990 E, 2° | Immeubles français représentant moins de 50 % des actifs français | Aucune formalité spécifique |
| Faible quote-part | 990 E, 3°-a | Quote-part immobilière inférieure à 100 000 € ou à 5 % | Aucune formalité spécifique |
| Déclaration annuelle | 990 E, 3°-e | Dépôt du formulaire 2746 avant le 15 mai | Formulaire 2746-SD |
| Engagement de communiquer | 990 E, 3°-d | Engagement de transmettre l'identité des associés sur demande | Engagement écrit |
| Sociétés cotées | 990 E | Titres négociés sur un marché réglementé | Justification |
| États, organisations internationales | 990 E, 1° | Entité publique souveraine ou internationale | — |
Cas particuliers : montages transparents et structures d'interposition#
Société interposée (opacité volontaire):
Si une holding française est détenue par un trust bermudien, et le trust détient l'immobilier via la holding, la chaîne de détention s'analyse : c'est la holding française qui est redevable, non le trust (sauf si le trust contrôle la holding). La loi vise à saisir le lien effectif de détention.
Démembrement de propriété (usufruit/nue-propriété):
Chacun des droits (usufruit, nue-propriété) est un « droit réel immobilier » taxable. Si père détient la nue-propriété (200 000 €) et fils l'usufruit (150 000 €), chacun déclare sa part et contribue à la taxe. Pas de double taxation : les deux bases ne se confondent pas.
Bail emphytéotique ou emphytéose:
Le preneur emphytéotique (celui qui exploite) peut être redevable si la loi le considère comme détenteur du « droit réel ». À vérifier au cas par cas selon la qualification du contrat.
Points de vigilance 2026#
-
Valeur vénale vs. prix d'achat :
L'administration peut réévaluer les immeubles chaque année au-delà du coût historique. Une maison acquise 400 000 € en 2019 peut être taxée sur 500 000 € en 2026 si le marché a progressé. À ne pas ignorer dans le pilotage de trésorerie. -
Déclaration tardive :
Déposer la 2746 après le 15 mai expose à des intérêts de retard. Mieux vaut déclarer en retard que de ne pas déclarer du tout, mais l'anticipation reste la règle. -
Exonération déclarative ≠ exonération automatique :
L'exonération par déclaration n'existe que si on la demande par le formulaire 2746. Oublier de le déposer = perte de l'exonération et mise en recouvrement. C'est un choix actif, non un droit par défaut. -
Changements de structure ou de valeur :
Fusion, apport, cession partielle : ces opérations modifient la composition du patrimoine immobilier. La déclaration 2746 doit être mise à jour. Un oubli à la suite d'une opération de restructuration est une source fréquente de rattrapage fiscal. -
Immeubles à l'étranger (non-application) :
Cette taxe s'applique exclusivement aux immeubles situés en France. Un immeuble détenu par une SCI française en Espagne n'entre pas dans la base taxable.
Notre analyse d'expert-comptable#
Récemment, un dirigeant nous a confié son inquiétude : sa SCI détenant un petit pavillon en Île-de-France (valeur 200 000 €) avait reçu une mise en demeure de taxe de 3 %. Enquête faite, le problème provenait du défaut de renouvellement de la déclaration 2746 : les précédentes années avaient bien été déclarées, mais un changement de gestionnaire avait laissé traîner. Trois ans d'arriérés se sont accumulés. Après régularisation et présentation de la déclaration rectificative, l'administration a confirmé l'exonération déclarative et levé la mise en demeure.
Cette anecdote illustre un point fondamental : la taxe de 3 % n'est un réel fardeau que pour les structures opaques (sociétés étrangères sans lien transparent avec la France, trusts sans raison professionnelle) ou mal gérées (oubli administratif). Pour la très grande majorité des SCI familiales et des sociétés détenant un immeuble en France, avec associés identifiés et déclarations à jour, l'exonération déclarative s'applique de droit.
L'enjeu principal n'est donc pas « comment contourner la taxe ? » mais « comment s'assurer qu'on bénéficie bien de l'exonération applicable ? ». C'est une question de conformité administrative, non de planification fiscale risquée.
Conseil Hayot Expertise. Si vous dirigez une SCI ou une société détenant un immeuble en France, nous vous recommandons de vérifier immédiatement : (1) avez-vous déclaré le formulaire 2746 pour les trois dernières années ? ; (2) la valeur déclarée correspond-elle à la valeur vénale actuelle ? ; (3) y a-t-il eu des changements de structure ou de propriété à signaler ? Une simple vérification peut vous épargner des arriérés importants. Chez Hayot Expertise, nous assurons le suivi déclaratif et la mise à jour annuelle de votre situation pour éviter ces pièges.
Questions fréquentes
Dois-je payer la taxe de 3 % sur tous mes immeubles en France ?+
Non. Seules certaines entités juridiques (sociétés, holdings, trusts) la paient. Les personnes physiques propriétaires individuels ne sont pas redevables. Et même les entités peuvent être exonérées si la valeur totale est inférieure à 100 000 € ou si elles déclarent chaque année via le formulaire 2746.
Combien coûte la taxe chaque année ?+
Elle s'élève à 3 % de la valeur vénale des immeubles au 1er janvier. Un immeuble de 500 000 € génère donc une taxe d'environ 15 000 € par an. La valeur vénale peut être réévaluée chaque année par l'administration selon les conditions du marché.
Quelle est la date limite pour déclarer ?+
Le formulaire 2746-SD doit être télédéclaré au plus tard le 15 mai de l'année. Déclarer après cette date expose à des intérêts de retard. Il n'existe pas de tolérance officielle, bien qu'une déclaration tardive soit préférable à une absence totale de déclaration.
Les SCI de famille sont-elles vraiment exonérées ?+
Oui, si elles déclarent chaque année via le formulaire 2746. Aucun plafond de valeur n'existe pour cette exonération déclarative : une SCI de 10 millions d'euros bénéficie de l'exonération si elle déclare régulièrement. L'absence de déclaration = perte de l'exonération.
Une société étrangère détenant un immeuble français doit-elle la payer ?+
Oui, en principe. Les sociétés étrangères sont redevables, sauf si elles entrent dans le champ d'une exonération (cotation boursière, sièges en UE avec engagement de communication, etc.) ou si la valeur est inférieure à 100 000 €. Elles doivent aussi déclarer le formulaire 2746.
Quelles sont les pénalités en cas de non-déclaration ?+
Il n'existe pas d'amende forfaitaire unique. Le défaut de déclaration entraîne la taxe au taux de 3 % + intérêts de retard et majorations selon le motif (simple oubli, négligence, ou manquement délibéré). Le redressement peut s'étendre sur plusieurs années.
Comment évaluer la valeur vénale de mon immeuble ?+
L'administration se fonde généralement sur les prix de marché observables (comparables, expertises, valeur locative capitalisée). Vous pouvez proposer une valeur justifiée ; en cas de désaccord, une expertise contradictoire est possible. Conservez tous les justificatifs (devis, comparables, actes de vente).
À retenir#
- La taxe annuelle de 3 % s'applique à toutes les entités juridiques possédant des immeubles en France, indépendamment de leur siège ou nationalité.
- Exonération déclarative automatique pour qui dépose chaque année le formulaire 2746 avant le 15 mai : c'est le régime normal de la plupart des SCI et sociétés en France.
- Exonérations de droit : immeubles français représentant moins de 50 % des actifs français (990 E, 2°), ou quote-part immobilière inférieure à 100 000 € ou 5 % (990 E, 3°-a).
- Aucune pénalité forfaitaire n'existe : le défaut entraîne la taxe 3 % + intérêts légaux de retard et majorations.
- Valeur vénale au 1er janvier : l'administration peut la réévaluer chaque année ; anticipez les fluctuations de marché.
- Vigilance administrative : un changement de gestionnaire, une restructuration ou un oubli de renouvellement peut faire perdre l'exonération ; mettez en place un calendrier de suivi.
Sources officielles#
- Code général des impôts, articles 990 D à 990 G (Légifrance) — Texte intégral de la taxe et des exonérations
- Article 990 D du CGI (Légifrance) — Champ d'application et taux de 3 %
- Taxe de 3 % sur la valeur vénale des immeubles (impots.gouv.fr) — Présentation officielle et obligations déclaratives
- BOFiP – Taxe sur la valeur vénale des immeubles des entités juridiques — Doctrine administrative (BOI-PAT-TPC)
- BOFiP – Entités juridiques redevables — Champ d'application détaillé

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
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