Plus-value immobilière 2026 : calcul, abattements et surtaxe
Taux de 36,2 % (19 % d'IR + 17,2 % de PS), deux barèmes d'abattement distincts, surtaxe dès 50 000 € : le guide complet pour calculer et anticiper votre plus-value immobilière en 2026.
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Gestion de patrimoine du dirigeant | Holding & transmissionNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
La cession d'un bien immobilier est souvent vécue comme un événement simple : on vend, on encaisse. Le calcul de la plus-value, lui, est rarement aussi lisse. Un abattement oublié, une facture de travaux non archivée, un calendrier mal anticipé — et la note fiscale dépasse significativement ce qui était prévu.
Pour 2026, le régime des plus-values immobilières des particuliers reste inchangé dans ses grands équilibres. Un point mérite cependant d'être clarifié : la hausse de la CSG de 1,4 point votée pour 2026 ne concerne pas les plus-values immobilières. Elles demeurent soumises aux prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %, contrairement à d'autres revenus du patrimoine qui voient leur fiscalité évoluer. Cette confusion est fréquente et peut conduire à sous-estimer le gain net réel.
La plus-value immobilière réalisée par un particulier est taxée à un taux global de 36,2 % avant abattements : 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux. Ces deux composantes suivent des barèmes d'abattement pour durée de détention distincts, ce qui crée deux seuils d'exonération : 22 ans pour l'impôt sur le revenu, 30 ans pour les prélèvements sociaux. La résidence principale est totalement exonérée. Au-delà de 50 000 € de plus-value imposable, une surtaxe progressive de 2 % à 6 % s'ajoute à la facture de droit commun.
Comment se calcule la plus-value imposable ?#
La plus-value brute est la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition corrigé. Le terme « corrigé » est clé : le prix d'acquisition peut être majoré de certaines charges, ce qui réduit mécaniquement la plus-value imposable.
Majoration du prix d'acquisition#
Deux postes viennent augmenter le prix d'achat retenu pour le calcul :
- Frais d'acquisition (honoraires de notaire, droits d'enregistrement, frais d'agence à l'achat) : retenus pour leur montant réel justifié, ou à défaut pour un forfait de 7,5 % du prix d'acquisition. Dans la pratique, le forfait est souvent plus favorable que les frais réels pour les achats anciens.
- Travaux : retenus pour leur montant réel sur présentation de factures d'entreprises, ou à défaut, si le bien est détenu depuis plus de cinq ans, pour un forfait de 15 % du prix d'acquisition. Attention : les travaux réalisés par le propriétaire lui-même ne sont pas admis.
La plus-value brute ainsi réduite constitue la base sur laquelle s'appliquent les abattements pour durée de détention.
Exemple chiffré : appartement locatif parisien#
Un particulier cède en juin 2026 un appartement acquis en janvier 2010 pour 280 000 €. Il n'a pas conservé l'ensemble de ses factures de travaux.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Prix de cession | 420 000 € |
| Prix d'acquisition | 280 000 € |
| Forfait frais d'acquisition (7,5 %) | + 21 000 € |
| Forfait travaux (15 %, bien détenu > 5 ans) | + 42 000 € |
| Prix d'acquisition corrigé | 343 000 € |
| Plus-value brute | 77 000 € |
Avec une durée de détention de 16 années complètes (janvier 2010 à juin 2026), les abattements s'appliquent ensuite sur cette base de 77 000 €.
Quels sont les abattements pour durée de détention ?#
C'est le cœur du dispositif, et son point le plus mal connu : l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux ne suivent pas le même barème. L'exonération est donc atteinte à des dates différentes.
| Durée de détention | Abattement IR | Abattement PS |
|---|---|---|
| Jusqu'à 5 ans | 0 % | 0 % |
| De la 6e à la 21e année | 6 %/an | 1,65 %/an |
| 22e année révolue | 4 % | 1,60 % |
| De la 23e à la 30e année | — (exo totale) | 9 %/an |
| À 22 ans | Exonération totale d'IR | — |
| À 30 ans | — | Exonération totale de PS |
La durée de détention se calcule par années entières révolues, de date à date. Cela signifie qu'une vente réalisée quelques mois avant un anniversaire important peut coûter plusieurs milliers d'euros supplémentaires par rapport à une vente décalée.
Calcul sur l'exemple précédent (16 années entières)#
Avec 16 années complètes (6e à 16e incluse = 11 années dans la tranche à 6 %, soit 66 % d'abattement IR ; et 11 × 1,65 % = 18,15 % d'abattement PS) :
| Composante | Base brute | Abattement | Base imposable | Taux | Impôt |
|---|---|---|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 77 000 € | 66 % | 26 180 € | 19 % | 4 974 € |
| Prélèvements sociaux | 77 000 € | 18,15 % | 63 025 € | 17,2 % | 10 840 € |
| Total avant surtaxe | 15 814 € |
La plus-value imposable après abattement est de 26 180 € (IR) — inférieure à 50 000 € —, donc aucune surtaxe ne s'applique dans cet exemple. Si les travaux avaient été justifiés par des factures pour un montant supérieur au forfait, la base aurait été encore réduite.
Quels taux s'appliquent en 2026 ?#
Le taux global reste 36,2 %, décomposé comme suit :
- Impôt sur le revenu : 19 % — taux proportionnel, non soumis au barème progressif. C'est un avantage structurel du régime.
- Prélèvements sociaux : 17,2 % — inchangés en 2026 malgré la hausse de CSG d'1,4 point. La LFSS 2026 a exclu les plus-values immobilières de cette majoration.
- Surtaxe : de 2 % à 6 % — s'ajoute uniquement si la plus-value imposable dépasse 50 000 € (voir ci-dessous).
Pour comparaison : un contribuable dans la tranche marginale à 45 % qui perçoit des revenus locatifs ordinaires les voit imposés à 45 % + 17,2 % = 62,2 %. Le régime des plus-values immobilières est structurellement plus doux, à condition d'avoir du recul sur la durée de détention.
Comment fonctionne la surtaxe sur les plus-values élevées ?#
La surtaxe s'applique lorsque la plus-value nette imposable (après abattements pour durée de détention) dépasse 50 000 €. Elle vise les biens bâtis et les droits relatifs à ces biens — les terrains à bâtir en sont exclus.
| Plus-value nette imposable | Surtaxe |
|---|---|
| Jusqu'à 50 000 € | 0 % |
| De 50 001 € à 100 000 € | 2 % |
| De 100 001 € à 150 000 € | 3 % |
| De 150 001 € à 200 000 € | 4 % |
| De 200 001 € à 250 000 € | 5 % |
| Au-delà de 250 000 € | 6 % |
Un mécanisme de lissage atténue l'effet de seuil à l'entrée de chaque tranche. Pour autant, sur une plus-value nette imposable de 200 000 €, la surtaxe à 4 % représente 8 000 € supplémentaires. Elle est calculée et déclarée par le notaire le jour de la vente, dans l'acte.
Nos observations en pratique : la surtaxe est le poste le plus souvent oublié lors d'une simulation préalable. Elle ne concerne pas les petites cessions, mais sur des biens de valeur ou détenus depuis longtemps avec une plus-value résiduelle significative, elle peut représenter 5 à 10 % du montant total de fiscalité.
Quels sont les principaux cas d'exonération ?#
Exonérations sans condition de durée#
- Résidence principale : la plus-value est totalement exonérée, y compris les dépendances immédiates et nécessaires vendues en même temps que le logement.
- Cession d'un montant inférieur ou égal à 15 000 € : exonération totale, appréciée par cédant et par cession.
- Titulaires d'une pension de retraite ou d'une carte d'invalidité sous conditions de revenus, hors assujettissement à l'ISF ou à l'IFI en N-2 : exonération de la totalité de la plus-value.
Exonérations sous conditions de remploi#
- Première cession d'un logement autre que la résidence principale : exonération totale sous condition de remploi du prix de cession dans l'acquisition ou la construction d'une résidence principale dans un délai de 24 mois, à condition que le cédant n'ait pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes.
- Expropriation : exonération sous condition de remploi dans les 12 mois.
Exonération progressive : la durée de détention#
Celle-ci est détaillée dans le barème ci-dessus. L'exonération d'impôt sur le revenu est totale à partir de 22 ans, celle des prélèvements sociaux à partir de 30 ans. Entre 22 et 30 ans, seuls les prélèvements sociaux restent dus, sur une base déjà très réduite. Pour les stratégies de détention longue via société civile, l'arbitrage entre régime IR et régime IS change sensiblement les règles du jeu — voir notre analyse sur la fiscalité de la SCI.
Quelles sont les spécificités selon le type de bien ou de détention ?#
Bien détenu en SCI à l'IR#
La plus-value suit le régime des particuliers, au prorata des parts de chacun des associés. Chaque associé est imposé individuellement, et les durées de détention s'apprécient au niveau de l'associé, non de la société. Ce point peut créer des situations asymétriques lorsque les associés ont acquis leurs parts à des dates différentes. Pour les situations complexes, notre page sur l'accompagnement fiscal des dirigeants donne un aperçu du cadre d'intervention.
Bien loué en meublé (LMNP)#
La cession d'un bien loué meublé à titre non professionnel relève des plus-values professionnelles à court terme et long terme, et non du régime des particuliers. Le traitement est fondamentalement différent : les amortissements déduits pendant la période de location peuvent être réintégrés dans le calcul. Les abattements pour durée de détention civile ne s'appliquent pas de la même manière. C'est un point de vigilance capital pour les propriétaires de logements loués en Airbnb ou en meublé classique.
Donation avant cession#
Lorsqu'un bien est donné avant d'être vendu par le donataire, la plus-value se calcule à partir de la valeur retenue dans l'acte de donation. Si la valeur de donation correspond à la valeur de marché au moment du don, la plus-value éventuellement réalisée par le donataire est mécaniquement réduite. Cette stratégie — souvent désignée sous l'expression « purge de la plus-value » — nécessite une anticipation rigoureuse, notamment en termes de droits de donation et de délai avant cession. Pour aller plus loin, les exonérations de plus-values méritent une lecture attentive.
Cas terrain : vente d'un bien locatif détenu depuis 24 ans#
Un dirigeant d'une PME parisienne envisage de vendre en 2026 un appartement locatif acquis en 2002, soit 24 années entières de détention. Persuadé d'être totalement exonéré, il avait déjà intégré le prix de cession net d'impôt dans son plan de trésorerie.
Après reconstitution du dossier, le tableau est le suivant :
- Après 22 ans, l'impôt sur le revenu (19 %) est bien effacé totalement.
- Après 24 ans, les prélèvements sociaux bénéficient d'un abattement de 1,65 % × 16 (6e au 21e) + 1,60 % (22e) + 9 % × 2 (23e et 24e) = 26,40 % + 1,60 % + 18 % = 46 %.
- Les prélèvements sociaux restent dus sur 54 % de la plus-value brute, au taux de 17,2 %.
Pour une plus-value brute de 150 000 €, cela représente environ 13 900 € de prélèvements sociaux encore dus. Patienter six années supplémentaires aurait permis d'effacer cette somme. La décision de vendre en 2026 plutôt qu'en 2030 avait un coût précis, que le dirigeant a pu intégrer dans son arbitrage de manière éclairée. Le cas illustre que la « double date » (22 ans et 30 ans) est une réalité opérationnelle, pas seulement théorique.
Points de vigilance 2026#
- La surtaxe est calculée sur la plus-value nette imposable, pas sur la valeur de vente. Elle peut s'appliquer même sur des biens détenus longtemps si la plus-value résiduelle reste significative.
- Les deux durées d'exonération sont indépendantes. Atteindre 22 ans n'efface que l'IR, pas les PS. Confondre les deux est l'erreur la plus coûteuse.
- Sans factures de travaux, le forfait de 15 % ne s'applique qu'après cinq ans. Pour un bien revendu rapidement, aucun forfait travaux n'est admis sans justificatifs.
- La hausse de CSG 2026 ne touche pas les plus-values immobilières. Le taux de prélèvements sociaux reste 17,2 %, ce qui préserve la compétitivité relative de ce régime.
- Le LMNP suit des règles distinctes. Une confusion avec le régime des particuliers peut conduire à sous-évaluer significativement la charge fiscale. Voir notre analyse sur le régime fiscal LMNP.
- Un décalage de quelques mois peut suffire. Si la durée de détention approche d'un seuil (22 ou 30 ans), retarder la vente d'une ou deux saisons peut représenter une économie substantielle.
Notre analyse#
La plus-value immobilière des particuliers est l'un des rares impôts que la durée de détention peut réduire à zéro — mais à condition de connaître précisément les deux seuils, les deux barèmes, et de les planifier. Ce que nous observons en pratique, c'est que la simulation est rarement faite assez tôt. Les propriétaires arrivent au cabinet une fois la promesse signée, quand le calendrier n'est plus ajustable.
Anticiper, c'est : reconstituer le prix d'acquisition corrigé (frais + travaux justifiés), simuler la plus-value nette après abattement en fonction de la date de vente envisagée, vérifier si la surtaxe s'applique, et se demander si un léger décalage de la vente change substantiellement l'équation. Pour les biens détenus en SCI, en indivision, ou loués en meublé, les règles divergent et une revue spécifique est indispensable. Notre équipe assure ce type d'accompagnement fiscal en amont de la signature.
Si votre bien est détenu depuis plus de 18 ans, nous recommandons systématiquement une simulation à deux ou trois dates de cession possibles, pour chiffrer précisément l'impact du calendrier. L'économie potentielle justifie souvent largement le temps investi dans ce calcul anticipé.
Nous intervenons également sur les questions patrimoniales amont — déficit foncier et travaux, alternatives à la défiscalisation immobilière — pour sécuriser l'ensemble de votre stratégie immobilière avant la cession.
Questions fréquentes
Quel est le taux d'imposition de la plus-value immobilière en 2026 ?
La plus-value immobilière des particuliers est imposée à 19 % au titre de l'impôt sur le revenu et à 17,2 % au titre des prélèvements sociaux, soit un taux global de 36,2 % avant abattements. La hausse de la CSG de 1,4 point adoptée en 2026 ne s'applique pas aux plus-values immobilières ; elles restent à 17,2 % de prélèvements sociaux. Une surtaxe progressive de 2 % à 6 % s'ajoute au-delà de 50 000 € de plus-value nette imposable.
Quelle est la différence entre l'exonération à 22 ans et celle à 30 ans ?
Les deux composantes de l'imposition suivent des barèmes d'abattement distincts. L'impôt sur le revenu (19 %) disparaît totalement après 22 années entières de détention. Les prélèvements sociaux (17,2 %) ne sont effacés qu'après 30 ans. Entre 22 et 30 ans de détention, seuls les prélèvements sociaux restent dus, sur une base progressivement réduite (jusqu'à 9 % par an de la 23e à la 30e année). Confondre ces deux dates est l'erreur de calcul la plus coûteuse en pratique.
Comment fonctionne le forfait travaux de 15 % pour le calcul de la plus-value ?
Lorsqu'un propriétaire ne peut pas justifier les travaux réalisés par des factures d'entreprises, il peut majorer son prix d'acquisition d'un forfait de 15 % du prix d'achat d'origine — à condition que le bien soit détenu depuis plus de cinq ans. Ce forfait est alternatif aux dépenses réelles : on retient le plus avantageux. Attention : les travaux effectués par le propriétaire lui-même ne sont pas admis, ni pour les travaux réels ni pour le forfait. Sans factures et avec une détention inférieure à cinq ans, aucune majoration au titre des travaux n'est possible.
La plus-value sur la résidence principale est-elle imposable ?
Non. La plus-value réalisée lors de la cession de la résidence principale est totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, sans condition de durée de détention. L'exonération s'étend également aux dépendances immédiates et nécessaires (garage, cave, parking) vendues en même temps que le logement. En cas de doute sur la qualification de résidence principale — notamment en cas d'habitation partielle ou de changement récent de résidence — une vérification préalable s'impose.
La plus-value sur un bien en LMNP suit-elle le même régime que pour un particulier ?
Non. La cession d'un bien loué en meublé non professionnel (LMNP) ne relève pas du régime des plus-values des particuliers. Elle est soumise au régime des plus-values professionnelles, avec des règles distinctes notamment concernant la réintégration des amortissements déduits pendant la période de location. Les abattements pour durée de détention du régime des particuliers ne s'appliquent pas dans les mêmes conditions. Avant toute cession d'un bien LMNP, un calcul spécifique est indispensable pour éviter une sous-estimation de la charge fiscale.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- impots.gouv.fr — Plus-values immobilières imposées
- impots.gouv.fr — Plus-values exonérées
- Service-Public.fr — Plus-value immobilière (F10864)
- BOFiP — Exonération liée à la durée de détention (BOI-RFPI-PVI-20-20)
- Légifrance — Article 150 VC du CGI (abattements durée de détention)
- Légifrance — Article 1609 nonies G du CGI (surtaxe plus-values élevées)
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