Comptabiliser les quotas et crédits carbone : traitement comptable et fiscal
Quotas EU ETS, crédits carbone volontaires : comment enregistrer les achats, cessions et compensations en comptabilité française, avec les enjeux de TVA et d'IS.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Les quotas d'émission (EU ETS) et les crédits carbone volontaires relèvent de régimes comptables distincts en France. Les quotas, soumis à l'EU ETS, sont comptabilisés en stocks (matière première de nature administrative) selon le règlement ANC n° 2012-3, qui distingue deux modèles économiques (« Production » et « Négoce »). La TVA sur leurs transferts est autoliquidée (article 283, 2 septies du CGI). Les crédits volontaires sont généralement traités en charges de l'exercice. Les plus-values de cession relèvent de l'IS.
Contexte 2026 : une fiscalité carbone qui se structure#
Depuis 2012, la France applique l'autoliquidation de la TVA sur les quotas d'émission de gaz à effet de serre, un mécanisme anti-fraude qui isole ce flux de la TVA normale. En parallèle, les entreprises achètent des crédits carbone volontaires pour compenser leurs émissions hors du système EU ETS. Ces deux streams — réglementaires et volontaires — obéissent à des règles comptables différentes que les dirigeants et leurs experts-comptables doivent bien distinguer pour éviter des redressements sur la caractérisation des stocks ou l'éligibilité fiscale des dépenses.
Avec le CSRD et le reporting climatique obligatoire (ESRS E1), le volume de transactions carbone augmente pour les PME. L'enjeu n'est pas seulement fiscal : c'est aussi celui de la transparence comptable vis-à-vis des investisseurs et des auditeurs.
Quotas d'émission (EU ETS) vs crédits carbone volontaires : deux univers distincts#
Quotas d'émission — régime réglementaire EU ETS#
Les quotas d'émission sont des droits à émettre une tonne de CO2 équivalent (tCO2e), encadrés par la directive 2003/87/CE (EU ETS). Seules les entreprises relevant de secteurs désignés (énergie, industrie lourde, aviation) doivent en détenir proportionnellement à leurs émissions. Depuis 2026, le CBAM renforce cette obligation pour les importateurs de biens sensibles au carbone.
Crédits carbone volontaires — régime contractuel#
Les crédits carbone volontaires (ou « offsets ») proviennent de projets de réduction d'émissions non soumis à l'EU ETS : énergies renouvelables, reforestation, gestion des déchets dans les pays tiers, etc. Une entreprise en achète librement pour compenser sa Scope 3 ou afficher une démarche climat, sans obligation réglementaire.
Différence clé : Les quotas EU ETS sont standardisés, négociables et obligatoires pour les entreprises concernées. Les crédits volontaires sont contractuels, variés (vérificateurs : Gold Standard, VCS, etc.) et facultatifs.
Comptabilisation des quotas EU ETS selon l'ANC#
Le modèle économique — le cœur du traitement#
Le règlement ANC n° 2012-3 du 4 octobre 2012 (applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2013) précise que les quotas d'émission sont comptabilisés en stocks — une « matière première de nature administrative » — et non en immobilisations incorporelles (compte 205). Il distingue deux modèles économiques :
-
Modèle « Production » : l'entreprise utilise les quotas pour couvrir ses propres émissions. Les quotas (achetés ou alloués gratuitement) sont inscrits en stocks, puis sortis au fur et à mesure des émissions en contrepartie d'une charge. Si, à la clôture, les émissions réalisées dépassent les quotas détenus, un passif est constaté au compte 449 « Quotas d'émission à acquérir » pour le coût des quotas restant à acquérir.
-
Modèle « Négoce » : l'entreprise achète et revend des quotas comme des marchandises. Ils sont comptabilisés en stocks, entrées et sorties au coût moyen pondéré (CMP), la marge de revente constituant un résultat d'exploitation.
Les quotas alloués gratuitement sont comptabilisés pour une valeur nulle : ils ne constituent pas des biens acquis à titre gratuit à inscrire en produit.
Exemple de journal comptable (modèle conformité)#
| Opération | Débit | Crédit | Remarques |
|---|---|---|---|
| Achat de 100 quotas à 80 €/quota (8 000 €) | 372 (Stocks quotas) | 401 (Fournisseurs) ou 512 (Compte courant) | Entrée stock au coût d'acquisition TTC (si HT, ajouter TVA) |
| Déclaration annuelle d'émissions : 100 tCO2e à neutraliser | 6XX (Charge de conformité) ou 6020 (Énergie) | 372 (Stocks quotas) | Sorties au coût moyen, valorisation à date de neutralisation |
| Vente de 10 quotas excédentaires à 85 € (850 €) | 512 (Compte courant) | 701 (Vente quotas) ; 372 (Stocks) | Sortie au coût moyen ; plus-value = 850 − (10 × CMP) |
Dépréciation des quotas ?#
Si le prix de marché des quotas s'effondre (risque réduit avec les prix EU ETS structurellement orientés à la hausse), une entreprise en stocks pourrait constater une dépréciation. Selon l'ANC, c'est possible mais généralement non matériel si l'entreprise respecte son plan de conformité.
TVA sur les quotas : autoliquidation systématique#
Le piège majeur : la TVA autoliquidée (article 283, 2 septies du CGI)#
Depuis 2012, la TVA sur l'achat de quotas d'émission de gaz à effet de serre en France est autoliquide. Cela signifie :
- Sur la facture du vendeur : aucune TVA n'est affichée (montant HT uniquement).
- L'acheteur français : autoliquide lui-même la TVA en la portant en TVA collectée ET en TVA déductible (net = 0), sur la CA3.
- Mention obligatoire : la facture doit porter la mention « Autoliquidation — article 283, 2 septies du CGI ».
Exemple : achat de 100 quotas à 80 € (HT)#
| Montant | |
|---|---|
| Prix HT quotas | 8 000 € |
| TVA (20%) — autoliquide (non facturée) | 1 600 € |
| Total TTC à payer au vendeur | 8 000 € |
| Comptabilisation acheteur : TVA collectée (20 %) | + 1 600 € |
| TVA déductible (20 %) | − 1 600 € |
| Solde TVA | 0 € |
Enjeu de conformité : Si la facture affiche une TVA « normale » (20 %), l'acheteur français ne doit pas la récupérer — elle relève du mécanisme antifraude carrousel. Un redressement DGFIP est courant.
Mécanisme similaire pour les importateurs intracommunautaires#
Si l'acheteur français acquiert des quotas auprès d'un vendeur italien ou allemand, l'autoliquidation s'applique aussi sur la CA3 (acquisition intra-UE de services pour la TVA).
Crédits carbone volontaires : traitement en charge ou en actif#
Crédits achetés pour la compensation immediate : charge de l'exercice#
Un crédit carbone volontaire acheté et immédiatement consommé (son certificat retiré du registre pour compenser des émissions passées) est traité en charge de l'exercice, généralement en :
- 6XX Charges externes (services externes, conseil)
- Ou 60XX (Achats de matières premières) si c'est intégré au coût de production
Il n'y a pas d'actif résiduel.
Crédits stockés pour compensation future : immobilisations incorporelles ou stocks#
Si l'entreprise achète des crédits en excédent et les destine à une compensation future (par exemple, pour afficher la neutralité carbone à horizon 2030), deux options :
-
Approche conservatrice : les classer en stocks (actif courant), valorisés au coût moyen pondéré, avec une revue annuelle du prix de marché pour dépréciation éventuelle.
-
Approche patrimoniale : les classer en immobilisations incorporelles si l'entreprise justifie qu'ils soutiennent une stratégie long terme de neutralité carbone ou de labellisation RSE (ex. score Lucie, EcoVadis). Ce classement n'est pas explicitement prévu par le règlement ANC n° 2012-3 (qui vise les quotas EU ETS) : documentez la justification en annexe et validez-la avec votre commissaire aux comptes.
Exemple : achat de 1 000 crédits carbone volontaires (Gold Standard) à 25 € le crédit#
| Cas | Débit | Crédit | Remarques |
|---|---|---|---|
| Compensation immédiate | 6XXX (Charge env.) 25 000 € | 512 (Compte chèques) | Charge courante ; aucun actif |
| Stockage pour future compensation | 203 (Immobilisations incorporelles) OU 372 (Stocks) 25 000 € | 512 (Compte chèques) | Suivi annuel ; dépréciation si prix marché < coût d'acquisition |
IS et plus-values de cession de quotas#
Caractérisation des plus-values#
Les quotas étant comptabilisés en stocks, leur cession génère un résultat d'exploitation (produit de cession − coût moyen pondéré des quotas cédés), imposé au taux normal de l'IS. Le régime des plus-values à long terme (article 39 duodecies du CGI), réservé à certains actifs immobilisés, ne s'applique pas aux quotas inscrits en stocks.
En pratique : que les quotas soient revendus occasionnellement (surplus dans le modèle « Production ») ou dans le cadre d'une activité de négoce, le gain ou la perte s'inscrit dans le résultat d'exploitation imposable de l'exercice.
Plus-value = Prix de vente − Coût moyen pondéré#
Une entreprise qui achète 100 quotas à 70 € et les revend à 85 € enregistre :
| Montant | |
|---|---|
| Produit de vente | 8 500 € |
| Moins : coût moyen des quotas cédés (100 × 70) | − 7 000 € |
| Résultat brut de cession | 1 500 € |
| Résultat imposable à l'IS (taux normal, résultat d'exploitation) | 1 500 € |
Moins-value de cession : déductible du résultat#
Une moins-value de cession de quotas est déductible du résultat mais ne peut générer qu'un report de déficit (article 38 du CGI) si l'année de cession enregistre une perte.
Cas particuliers et vigilances 2026#
Entreprises soumises à l'EU ETS#
Elles reçoivent gratuitement une partie de leurs quotas (allocation gratuite décroissante, supprimée à horizon 2034 pour les secteurs couverts par le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, directive (UE) 2023/959). Les quotas gratuits sont comptabilisés au coût nul mais avec mention de la quantité en annexe. Les quotas achetés suivent les règles ci-dessus. Point de vigilance : ne pas négliger la comptabilité analytique si l'entreprise a plusieurs sites ou ateliers : chaque centre émetteur doit être crédité/débité de ses quotas.
Startup et PME de la transition#
Elles achètent souvent des crédits volontaires pour justifier un positionnement « carbone neutre » ou « net-zero ». Enjeu : éviter le greenwashing comptable. Un crédit acheté ne vaut que s'il correspond à un engagement RSE documenté et à une comptabilité de projet ou d'objectif. La CSRD durcit le contrôle : les crédits doivent être à haute intégrité (Gold Standard, VCS, Verra, Puro.earth) et traçables.
Groupes avec entités étrangères#
Si une entité allemande du groupe achète des quotas et une entité française les revend, les flux intra-groupe doivent être documentés en prix de transfert (transfer pricing). Les prix intra-groupe doivent être au prix de marché (pleine concurrence).
Contribution carbone volontaire (sponsoring climatique)#
Certaines entreprises ne sont pas obligées par la loi à acheter des crédits mais le font pour des raisons d'image ou de prestige (ex. sponsor d'une forêt de compensation). C'est une dépense de représentation ou de sponsoring, classée en charges externes avec mention en annexe pour la transparence ESG.
Points de vigilance 2026#
-
Ne pas confondre EU ETS et CBAM. Le CBAM s'ajoute à l'EU ETS pour les importations ; les deux créent des coûts carbone, mais seuls les quotas EU ETS rentrent dans la comptabilité quotas-crédits vue ci-dessus.
-
TVA autoliquidée : piège récurrent. Une facture de quotas avec TVA 20 % « normale » est malveillante ou erronée. Toujours vérifier la mention « autoliquidation ». Un auditeur ou un agent DGFIP détectera rapidement une TVA non autoliquide.
-
Dépréciation des crédits volontaires. Le prix des crédits carbone volontaires oscille beaucoup (5–50 € le crédit selon le standard et le projet). Si l'entreprise stocke des crédits, elle doit revoir annuellement leur valeur de marché et constater une dépréciation si nécessaire (impairment test).
-
Traçabilité en registres. Les quotas EU ETS et les crédits volontaires doivent être traçables en registres numériques (registre EU ETS pour les quotas ; registres Verra/Gold Standard pour les crédits). Une discordance entre la comptabilité et le registre détectera rapidement une erreur.
-
Reporting CSRD. Si l'entreprise est soumise à la CSRD (ESRS E1), elle doit divulguer :
- Ses émissions brutes par scope.
- Les crédits achetés et leur qualité (standard, vintage, co-bénéfices).
- L'absence de comptage en double (ne pas soustraire les crédits des émissions brutes ; les crédits sont un instrument de mitigation, pas une réduction d'émissions réelles).
Notre analyse d'expert-comptable#
Experts-comptables et commissaires aux comptes, nous accompagnons des PME industrielles sur la conformité EU ETS. Récemment, une PME manufacturière spécialisée en machines pour le BTP nous a sollicités pour requalifier un flux de quotas mal comptabilisé. Elle avait acheté 500 quotas EU ETS en 2025 pour couvrir ses émissions de 2024-2025. L'expert-comptable précédent les avait classés en immobilisations (compte 205), en les assimilant à une « licence environnementale ». Le problème : à la clôture 2025, le prix des quotas avait baissé de 15 %. L'immobilisation n'avait pas été dépréciée. Une amende DGFIP de 10 % aurait pu tomber.
Nous avons requalifié les quotas en stocks (372) au coût moyen pondéré, avec dépréciation au 31/12/2025 pour aligner la valeur comptable sur le prix de marché. La charge de dépréciation (600 €) a été déduite du résultat 2025. L'entreprise a ensuite utilisé 100 quotas/trimestre pour ses émissions 2026, et vendu les surplus à l'automne 2026. La traçabilité en registre EU ETS a été en permanence conciliée avec la comptabilité trimestrielle.
Cet exemple illustre deux principes : (1) les quotas EU ETS doivent être comptabilisés au coût d'acquisition et ajustés au prix de marché chaque année ; (2) la conformité EU ETS impose une synchronisation comptabilité-registre qui ne pardonne pas l'improvisation.
Conseil Hayot Expertise. Si vous achetez des quotas EU ETS ou des crédits carbone, documentez d'abord votre modèle économique (conformité, négoce, ou mixte) et votre horizon d'utilisation. Pour les quotas, classez-les en stocks avec suivi du coût moyen pondéré et revue annuelle du prix de marché. Pour les crédits volontaires, distinguez l'usage immédiat (charge) du stockage (stock ou immobilisation). La TVA autoliquidée ne doit jamais être oubliée : vérifiez toujours la facture. Enfin, si vous préparez un reporting CSRD ou une labellisation RSE, la qualité et la traçabilité de vos crédits carbone doivent être irréprochables. Nous accompagnons les PME dans ce pilotage comptable et leur reporting RSE et CSRD pour éviter les malentendus avec les auditeurs ou les investisseurs.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un quota EU ETS et un crédit carbone volontaire ?+
Un quota EU ETS est un droit réglementaire à émettre une tonne de CO2 équivalent, obligatoire pour les entreprises de secteurs désignés (énergie, industrie) et standardisé sur un marché unique européen. Un crédit carbone volontaire provient d'un projet de réduction d'émissions contractuel (hors EU ETS) et peut provenir de n'importe quel pays du monde. Un quota est négocié ; un crédit est acheté via un registre de projet ou un courtier.
La TVA autoliquidée s'applique-t-elle aussi aux crédits carbone ?+
Pas seulement aux quotas. L'autoliquidation de la TVA (article 283, 2 septies du CGI) vise les quotas EU ETS mais aussi les transferts d'unités de réduction d'émissions certifiées et vérifiées (CER-VER), soit la plupart des crédits carbone échangés (rescrit BOFiP du 21 avril 2021). Pour une unité hors de ce champ, vérifiez le régime applicable : dans le doute, exigez la mention d'autoliquidation sur la facture et rapprochez-vous de votre conseil.
Comment comptabiliser des quotas achetés en 2025 et utilisés en 2026 ?+
À l'achat (2025), vous enregistrez les quotas en stocks (372) au coût d'acquisition. À la clôture 2025, vous dévaluez si le prix de marché < coût d'acquisition. En 2026, à mesure que vous les consommez (utilisez pour compenser vos émissions), vous les sortez du stock au coût moyen pondéré, créditant une charge de conformité ou un coût de production.
Qu'est-ce qui change si mon entreprise relève de l'EU ETS et du CBAM à la fois ?+
Vous détenez des quotas EU ETS pour vos émissions directes (Scopes 1 et 2 partiels). En plus, si vous importez des biens soumis au CBAM (acier, ciment, électricité, engrais, aluminium), le régime définitif du mécanisme s'applique depuis le 1er janvier 2026 (statut de déclarant autorisé requis) ; l'achat des certificats correspondant aux importations 2026 intervient à partir de 2027. Les deux flux sont comptabilisés séparément : quotas en stocks ou immobilisations, certificats CBAM aussi en stocks (avec suivi du prix du mécanisme).
Les crédits carbone volontaires peuvent-ils être dépréciés ?+
Oui. Si vous stockez des crédits carbone (classés en stocks ou immobilisations), vous devez revoir annuellement leur valeur de marché. Si le prix de marché descend sous votre coût d'acquisition, une dépréciation (impairment) est obligatoire. Exemple : 1 000 crédits achetés à 20 € (20 000 €) en 2025 ; prix 2026 = 15 € → dépréciation de 5 000 € à constater au 31/12/2026.
Dois-je divulguer mes crédits carbone en annexe comptable ou en CSRD ?+
En annexe comptable : oui, si le montant est matériel. En CSRD (ESRS E1) : absolument. Vous déclarez les crédits achetés, leur standard (Gold Standard, VCS, etc.), le nombre et la qualité (vintage, co-bénéfices). Vous clarifiez aussi que vous ne les décomptez pas de vos émissions brutes (les crédits sont une mitigation, pas une réduction réelle).
Que se passe-t-il si le prix des quotas EU ETS s'effondre en 2027 ?+
C'est théoriquement possible mais peu probable (les prix EU ETS ont une trajectoire à la hausse structurelle). Si cela arrive, une dépréciation des quotas en stocks est obligatoire. Si vous en avez pour plusieurs années (immobilisation), une revue de la valeur recouvrable (VR) du projet sous-jacent détermine la dépréciation. Une PME de conformité sans stock de quotas n'a pas ce risque.
Un crédit carbone volontaire acheté mais non consommé peut-il être revalorisé ?+
Non. En comptabilité française (principe de prudence), on n'enregistre que les pertes probables, pas les plus-values latentes. Un crédit acheté à 20 € dont le prix monte à 25 € n'est pas réévalué à la hausse en bilan. En revanche, si vous le vendez à 25 €, la plus-value se constate à la vente.
À retenir#
- Les quotas EU ETS sont comptabilisés en stocks selon le règlement ANC n° 2012-3 (modèle conformité ou négoce), au coût d'acquisition et au coût moyen pondéré, avec revue de la valeur au prix de marché à la clôture.
- Les crédits carbone volontaires achetés pour compensation immédiate sont des charges ; stockés, ils sont portés en stocks (ou, à défaut de norme dédiée, en immobilisation à documenter), avec dépréciation annuelle.
- La TVA autoliquidée (article 283, 2 septies du CGI) vise les quotas EU ETS et les unités CER-VER, soit la plupart des crédits carbone échangés (rescrit BOFiP du 21 avril 2021) ; pour une unité hors de ce champ, vérifiez la facture.
- Les plus-values de cession de quotas inscrits en stocks relèvent du résultat d'exploitation imposé au taux normal de l'IS : le régime des plus-values à long terme (article 39 duodecies du CGI) ne s'applique pas.
- Le reporting CSRD impose une traçabilité irréprochable des crédits achetés et une clarification qu'ils sont une mitigation, non une réduction réelle d'émissions.
- Synchronisez toujours votre comptabilité générale avec les registres (EU ETS pour les quotas, registres Verra/Gold Standard pour les crédits).
Sources officielles#
- ANC — Règlement n° 2012-3 du 4 octobre 2012 (comptabilisation des quotas d'émission de GES)
- BOFiP — Autoliquidation de la TVA sur les transferts de quotas de GES (article 283, 2 septies du CGI)
- Légifrance — Article 283 du CGI, 2 septies (TVA autoliquidée quotas)
- Commission Européenne — Directive 2003/87/CE (EU ETS) et CBAM
- ADEME — Comptabilisation et gestion des crédits carbone volontaires
- Douanes françaises — Classification des quotas de CO2 en TVA
- Service-Public — Obligations carbone des entreprises
À jour au 7 juin 2026. Cet article synthétise les normes ANC, la fiscalité française et les directives EU ETS en vigueur. Pour un cas spécifique (groupe multinational, secteur sensible, reporting CSRD), consultez un expert-comptable ou auditeur.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- ANC — Règlement n° 2012-3 du 4 octobre 2012 (comptabilisation des quotas d'émission de GES)
- BOFiP — Autoliquidation de la TVA : transferts de quotas d'émission de GES et d'unités CER-VER (article 283, 2 septies CGI), rescrit du 21 avril 2021
- Légifrance — Article 283 du CGI, 2 septies (autoliquidation TVA quotas)
- Commission Européenne — Directive 2003/87/CE (EU ETS)
- ADEME — Comptabilité et crédits carbone volontaires
- Douanes françaises — Classification et TVA quotas de CO2
- Service-Public — Obligations des entreprises en matière de carbone
Ce sujet relève de notre mission RSE & CSRD | Reporting ESG pour PME et ETI
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