Calculer le scope 3 : mesurer les émissions de vos achats et fournisseurs
Guide pratique pour identifier et mesurer les 15 catégories du scope 3 : approche physique vs monétaire, collecte de données fournisseurs, facteurs d'émission ADEME et plan de réduction.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. Le scope 3 regroupe les 15 catégories d'émissions indirectes tout au long de la chaîne de valeur : achats amont, transports, déplacements professionnels, déchets et produits vendus. Contrairement aux scopes 1 et 2, il se calcule selon deux approches : physique (données mesurées × facteur d'émission ADEME) pour plus de précision, ou monétaire (montant d'achat € × ratio sectorialisé) pour une estimation rapide. Pour une PME, le scope 3 représente souvent 70 à 90 % des émissions totales, ce qui en fait le vrai levier de décarbonation.
Contexte réglementaire 2026#
Le scope 3 est devenu un pilier du reporting d'émissions depuis le décret n° 2022-982 du 1er juillet 2022, qui a introduit les « émissions indirectes significatives » dans le bilan obligatoire (BEGES) prévu à l'article L229-25 du Code de l'environnement. Depuis janvier 2023, les entreprises de plus de 500 salariés (250 en outre-mer) soumises au BEGES doivent y intégrer leurs émissions indirectes significatives ; en pratique, on cherche à couvrir le scope 3 à hauteur d'au moins 80 % de leurs émissions significatives.
Pour les PME sans obligation réglementaire immédiate, le scope 3 reste néanmoins incontournable : donneurs d'ordre, financeurs et clients intègrent désormais la chaîne de valeur dans leur notation RSE. Anticiper le calcul du scope 3 vous prépare aux audits EcoVadis, aux demandes de durabilité et aux exigences de vos partenaires.
Les 15 catégories du scope 3 : vue d'ensemble#
Le GHG Protocol, standard international repris par la méthode ADEME, répartit le scope 3 en 15 catégories distinctes : 8 en amont (catégories 1 à 8, « upstream ») et 7 en aval (catégories 9 à 15, « downstream »). Chacune couvre un flux ou une activité de votre chaîne de valeur.
Catégories amont (1 à 8)#
| Catégorie | Périmètre |
|---|---|
| 1. Achats de biens et services | Matières premières, fournitures, sous-traitance, services externalisés |
| 2. Biens d'équipement | Actifs fixes achetés (machines, bâtiments, équipements informatiques) |
| 3. Carburants et énergies amont | Production et transport de vos carburants et électricité achetés (amont du scope 2) |
| 4. Transports et distribution amont | Livraisons en amont : fournisseurs vers votre site |
| 5. Déchets amont | Traitement des déchets de production générés |
| 6. Voyages professionnels | Avion, train, voiture de location, hôtel pour déplacements salariés |
| 7. Trajets domicile-travail | Trajets salariés, navettes, télétravail (estimé) |
| 8. Tiers-lieux professionnels | Émissions associées aux espaces tiers : salles de réunion, locaux partagés (si non inclus en scope 2) |
Catégories aval (9 à 15)#
| Catégorie | Périmètre |
|---|---|
| 9. Transports et distribution aval | Livraisons de vos produits/services aux clients |
| 10. Traitement des déchets | Fin de vie de vos produits vendus (recyclage, incinération, enfouissement) |
| 11. Utilisation des produits vendus | Consommation d'énergie et émissions lors de l'usage chez le client (ex. si vous vendez un appareil électrique) |
| 12. Fin de vie des produits | Démantèlement, destruction des produits après usage |
| 13. Immobilisations corporelles loués | Émissions de biens que vous louez (voitures de location, bureaux loués) |
| 14. Investissements | Émissions associées à votre portefeuille d'investissements ou placements |
| 15. Franchises | Émissions du réseau de franchisés (si vous êtes franchiseur) |
Approche physique vs approche monétaire#
Le calcul du scope 3 repose sur deux méthodologies, chacune avec ses avantages et ses limites.
Approche physique (données d'activité)#
Vous collectez des données mesurées en unités physiques (tonnes, kilomètres, mètres carrés, unités) que vous convertissez en tCO2e via les facteurs d'émission de la Base Empreinte ADEME.
Formule : Données d'activité (tonnes, km, kWh) × Facteur d'émission (kg CO2e/unité) = Émissions (tCO2e)
Exemples :
- Achat 50 tonnes d'acier × 2,3 tCO2e/tonne = 115 tCO2e
- Transport 100 tonnes sur 500 km × 0,080 tCO2e/tkm = 4 tCO2e
- Avion : 10 passagers × 2 000 km × 0,190 kgCO2e/pkm = 3,8 tCO2e
Avantages :
- Plus précise (marge d'erreur ±15 %)
- Valorise les efforts de décarbonation spécifiques des fournisseurs
- Pertinente pour les catégories où des données physiques existent (transports, matériaux)
Limites :
- Exige une collecte fine chez les fournisseurs (souvent lente)
- Incomparable entre périodes en cas d'inflation de volumes
Approche monétaire (spend-based)#
Vous partez des montants facturés en euros pour appliquer un ratio d'intensité carbone sectoriel, exprimé en kg CO2e/€ HT ou kg CO2e/k€.
Formule : Montant d'achat (€) × Ratio monétaire sectoriel (kg CO2e/€) = Émissions (tCO2e)
Exemples :
- Achat 500 k€ de pièces usinées × 0,15 kgCO2e/€ = 75 tCO2e
- Transport 200 k€ de fret × 0,05 kgCO2e/€ = 10 tCO2e
Avantages :
- Rapide (basée sur les factures)
- Applicable immédiatement en screening
- Couvre tous les fournisseurs sans collecte détaillée
Limites :
- Moins précise (marge d'erreur ±30 à ±50 %)
- Penalise les achats verts plus chers (paradoxe : achat d'acier décarbonisé 30 % plus cher augmente vos émissions déclarées)
- Sensible à l'inflation (prix montent = émissions déclarées augmentent)
Étapes pratiques de calcul#
1. Classifier vos flux scope 3#
Listez toutes vos dépenses et activités externes, puis affectez chaque poste à sa catégorie scope 3. Utilisez vos factures, relevés de déplacement, données logistiques, registres de déchets.
Exemple simplifié pour une PME :
- Catégories 1 & 2 : Achats auprès de fournisseurs (matières, fournitures, machines)
- Catégories 4 & 9 : Transports entrants et sortants
- Catégories 6 & 7 : Déplacements salariés
2. Définir la couverture : 100 % ou seuil de matérialité#
La norme BEGES exige de couvrir les émissions significatives (≥ 80 % du scope 3 total). Vous n'êtes pas tenu de mesurer chaque catégorie, seulement celles pertinentes et matérielles.
Pratique courante :
- Débuter par les trois à cinq catégories les plus lourdes (achats, transports amont/aval, déplacements)
- Estimer les autres par défaut ou les exclure
- Documenter clairement votre périmètre
3. Collecter et structurer les données#
Chaque poste de calcul doit reposer sur une donnée primaire fiable.
Pour l'approche physique :
- Factures détaillées par matière ou catégorie de produit
- Bons de livraison avec poids/volume
- Kilomètres de transport fournis par transporteurs
- Factures de déplacements (billets d'avion, train, voiture)
- Tonnes de déchets pesées
Pour l'approche monétaire :
- Montants HT d'achat par fournisseur ou catégorie (classe comptable)
- Factures de transport
- Montants de déplacements professionnels
4. Appliquer les facteurs d'émission ADEME#
La Base Empreinte ADEME (https://base-empreinte.ademe.fr) est la référence française. Vous y trouverez :
- Facteurs physiques : par matière (acier, béton, papier, etc.), par mode de transport (camion, train, avion, bateau), par type d'énergie, etc.
- Ratios monétaires : par secteur d'activité (ex. « Métallurgie », « Distribution générale », « Restauration »)
Tableau indicatif (à vérifier sur la Base Empreinte 2026) :
| Activité / Matière | Facteur ou ratio |
|---|---|
| Acier (UE, moyenne) | ~2,3 tCO2e/tonne |
| Béton (France) | ~0,19 tCO2e/tonne |
| Papier carton | ~0,80 tCO2e/tonne |
| Transport routier | ~0,080 tCO2e/tkm (full truck) ; ~0,15 tCO2e/tkm (petit tonnage) |
| Transport aérien | ~0,19 kgCO2e/passager-km |
| Avion (moyenne fret) | ~0,70 kgCO2e/kg |
| Électricité achetée (scope 2, but for reference) | ~0,060 kgCO2e/kWh (France) |
| Ratio monétaire « Services de gestion, management » | ~0,08–0,12 kgCO2e/€ |
| Ratio monétaire « Métallurgie, forge » | ~0,20–0,30 kgCO2e/€ |
5. Consolider et analyser#
Totaliser par catégorie, par fournisseur ou par flux. Identifier les trois à cinq postes les plus lourds (« hot spots »). Documenter chaque hypothèse et source de donnée.
Exemple de consolidation :
- Achats amont (cat. 1) : 450 tCO2e (52 %)
- Transports (cat. 4, 9) : 180 tCO2e (21 %)
- Déplacements (cat. 6, 7) : 110 tCO2e (13 %)
- Déchets (cat. 5, 10) : 90 tCO2e (10 %)
- Autres (cat. 2, 8, 11, 12, 13, 14, 15) : 40 tCO2e (4 %)
- Total scope 3 : 870 tCO2e
Quand utiliser l'approche physique vs monétaire ?#
Utiliser l'approche physique pour :#
- Les postes massifs et mesurables : matières premières, transports, déplacements (données souvent disponibles dans vos factures ou systèmes de gestion)
- Les fournisseurs critiques : négociez avec eux les données d'activité
- Les actions de réduction : l'approche physique démontre l'effet réel
Utiliser l'approche monétaire pour :#
- Les achats diversifiés auprès de petits fournisseurs (trop coûteux à tracker individuellement)
- Le screening initial et le benchmarking sectorialisé
- Les biens d'équipement (category 2) ou immatériels (services)
Approche hybride (recommandée en pratique) :#
Commencez par l'approche monétaire pour le screening global, puis affinez avec l'approche physique sur les trois à cinq catégories les plus lourdes. C'est le meilleur compromis précision/faisabilité.
Cas particuliers et points de vigilance#
PME : quelle couverture scope 3 ?#
Si votre PME n'a pas d'obligation BEGES (< 500 salariés), vous n'êtes pas légalement tenu de mesurer le scope 3. Toutefois, les donneurs d'ordre (entreprises > 500 sal.) et les financeurs demandent de plus en plus cette donnée. Commencer par le scope 3 des achats amont (catégorie 1) et des transports (catégories 4 & 9) suffit pour répondre à 80 % des attentes.
Dilemme : fournisseurs peu coopératifs#
Si un fournisseur refuse de communiquer des données, utilisez l'approche monétaire sur son secteur d'activité. La Base Empreinte propose des ratios par secteur NACE. Documentez cette approche par défaut.
Transport : FTL vs LTL#
Les facteurs varient fortement selon que le transport est « full truck load » (FTL, facteur bas) ou « less than truck load » (LTL, facteur haut). Vérifiez auprès de vos prestataires logistiques.
Avion vs train#
L'avion est 10 à 100 fois plus carboné que le train. Encouragez le train pour les trajets > 500 km. La donnée doit être précise (billet = meilleure source).
Déchets : estimation ou mesure#
Pesez les flux quand c'est possible (notamment déchets industriels). À défaut, estimez en fonction de votre activité (ratio tonnes déchets / € de CA ou / tonne produite).
Points de vigilance 2026#
- Ne négligez pas le scope 3 : il représente généralement plus des deux tiers du bilan pour une PME. Une mesure partielle mais rigoureuse vaut mieux qu'aucune.
- Distinguez données mesurées et estimées : documentez clairement. Une estimation avec ratio sectorialisé est plus fiable qu'une donnée inventée.
- Attention au paradoxe du coût : acheter un produit « vert » plus cher augmente vos émissions déclarées en approche monétaire. Utilisez l'approche physique sur ces postes pour ne pas pénaliser les efforts RSE.
- Mettez à jour vos facteurs : la Base Empreinte ADEME évolue chaque année. Recalibrez annuellement pour éviter des écarts de comparabilité.
- Assurez la traçabilité : chaque montant ou tonnage doit remonter à une facture, un ticket, un relevé. Cela facilite l'audit interne et externe.
- Intégrez le scope 3 à votre stratégie carbone : identifier les « hot spots » ne suffit pas. Engagez avec vos fournisseurs des plans de réduction (critères d'achat, relocalisation, substitution de matériaux).
Notre analyse d'expert-comptable#
En tant qu'expert-comptable inscrit à l'Ordre et commissaire aux comptes, nous accompagnons régulièrement les PME sur le scope 3. Un cas récent concerne une PME industrielle de 180 salariés qui pensait limiter son scope 3 à ses transports logistiques. L'analyse détaillée a montré que les achats de matière première représentaient en réalité 65 % des émissions scope 3 (catégorie 1), devant les transports (20 %). Le calcul initial s'était fiée sur une approche monétaire naïve. En réexaminant avec l'approche physique — pesées de matières, appels d'offres décarbonisées — l'entreprise a découvert qu'un simple changement de fournisseur d'acier (passant de l'acier standard européen au recyclé) réduirait 100 tCO2e/an pour + 2 % de coût. C'est un levier que seule la donnée physique et l'analyse fine peuvent révéler.
Cette expérience montre que le scope 3 n'est pas une formalité RSE : c'est un outil de pilotage stratégique. Les chiffres dictent l'action, et l'action génère des gains — réduction de coûts matière, résilience d'approvisionnement, accès aux financements verts.
Conseil Hayot Expertise. Lancer le calcul scope 3 dès cette année, même si vous n'y êtes pas obligé. Une base solide vous prépare aux demandes de vos clients, aux financeurs et aux exigences de durabilité croissantes. Nos experts proposent un diagnostic ciblé : cartographie des catégories matérielles, choix entre approche physique et monétaire selon vos données disponibles, collecte structurée, puis un plan d'action par fournisseur. Couplé à notre offre d'audit et reporting RSE, cela alimente votre reporting CSRD et votre prix interne du carbone pour piloter la décarbonation. Parlons de vos flux scope 3.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre approche physique et approche monétaire ?+
L'approche physique utilise des quantités mesurées (tonnes, km) multipliées par un facteur d'émission ADEME. Elle est plus précise mais exige une collecte fine. L'approche monétaire utilise les montants d'achat multipliés par un ratio carbone sectorialisé. Elle est plus rapide mais moins précise.
Dois-je calculer les 15 catégories scope 3 ?+
Non. Vous devez couvrir les émissions significatives (généralement les trois à cinq catégories les plus lourdes). La Base Empreinte ADEME propose des ratios par défaut pour les autres catégories si vous les incluez.
Comment estimer le scope 3 si mes fournisseurs refusent de communiquer ?+
Utilisez l'approche monétaire : multipliez vos montants d'achat par le ratio sectorialisé du secteur NACE de chaque fournisseur disponible dans la Base Empreinte. Documentez cette approche par défaut.
L'approche monétaire gonfle artificiellement mes émissions si j'achète vert plus cher. Comment gérer ?+
C'est un défaut connu. Utilisez l'approche physique pour ces postes critiques (matériaux décarbonisés, transport bas-carbone). Cela reflète votre vraie empreinte et récompense vos efforts RSE.
Faut-il refaire le calcul scope 3 chaque année ?+
La plupart des organisations recalculent annuellement pour suivre la trajectoire. Les entreprises avec obligation BEGES (> 500 sal.) doivent le faire tous les quatre ans au minimum. Entre deux bilans complets, un suivi d'indicateurs (volumes, montants) suffit au pilotage.
Comment lier le scope 3 au prix interne du carbone ?+
Un prix interne du carbone (shadow price) pilote vos décisions d'investissement : vous attribuez un coût € par tonne CO2e évitée. Couplé à la mesure scope 3, il quantifie le ROI des actions bas-carbone — par exemple, 10 €/t CO2 × 50 tCO2e évitées/an = 500 € de bénéfice carbone implicite d'une action de réduction.
À retenir#
- Le scope 3 couvre 15 catégories d'émissions indirectes en amont et aval de votre chaîne de valeur.
- Deux approches : physique (données × facteurs ADEME, plus précis) et monétaire (montants × ratios sectorialisés, plus rapide).
- Pour la plupart des PME, les achats amont (catégorie 1) et les transports (catégories 4 & 9) représentent 70 à 90 % du scope 3.
- Commencez par les trois à cinq catégories les plus lourdes pour couvrir 80 % des émissions significatives.
- Documentez clairement chaque hypothèse et donnée pour faciliter l'audit et la communication aux stakeholders.
- Reliez scope 3 et action : identifier les « hot spots » doit déboucher sur un plan d'action chiffré par fournisseur ou flux.
- Le scope 3 devient un levier stratégique : réduction de coûts matière, résilience d'approvisionnement, accès aux financements verts.
Sources officielles#
- GHG Protocol — Corporate Value Chain (Scope 3) Standard
- Décret n° 2022-982 du 1er juillet 2022 — Légifrance
- ADEME — Base Empreinte : facteurs d'émission et ratios monétaires
- Code de l'environnement — Article L229-25 (BEGES)
- ADEME — Bilans GES et plateforme de déclaration
- Portail RSE — Fiche réglementaire BEGES
À jour au 6 juin 2026. Les 15 catégories scope 3 sont définies depuis 2011 par le GHG Protocol et reprises par la méthode ADEME. Pour une décision engageant votre responsabilité RSE ou réglementaire, appuyez-vous sur les sources officielles ou sur l'analyse d'un expert.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- GHG Protocol — Corporate Value Chain (Scope 3) Standard
- Décret n° 2022-982 du 1er juillet 2022 — Légifrance
- ADEME — Base Empreinte : facteurs d'émission et ratios monétaires
- Code de l'environnement — Article L229-25 (BEGES)
- ADEME — Bilans GES et plateforme de déclaration
- Ministère de la Transition écologique — Bilan GES (BEGES)
- Portail RSE — Fiche réglementaire BEGES
Ce sujet relève de notre mission RSE & CSRD | Reporting ESG pour PME et ETI
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