CDHR 2026 : la contribution sur les hauts revenus expliquée
Imposition minimale de 20 % du revenu de référence au-delà de 250 000 / 500 000 €, calcul, acompte de décembre et articulation avec la CEHR : ce que la CDHR change vraiment pour les hauts revenus en 2026.
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Gestion de patrimoine du dirigeant | Holding & transmissionNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
Réponse rapide. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) garantit en 2026 un taux moyen d'imposition d'au moins 20 % du revenu de référence retraité au-delà de 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). Si l'impôt sur le revenu plus la CEHR restent sous ce seuil, un complément vient combler l'écart.
La CDHR n'est pas une nouvelle tranche d'impôt. C'est un filet : un mécanisme qui repère les foyers à très hauts revenus dont l'imposition effective, malgré des montants élevés, descend sous 20 %, et qui les ramène à ce plancher. Le cas typique n'est pas le cadre dirigeant salarié déjà imposé à 45 % au barème, mais le foyer dont l'essentiel des revenus passe par la flat tax. C'est là que le dispositif mord.
Pour un dirigeant qui se rémunère largement en dividendes, ou qui réalise une année exceptionnelle de plus-values mobilières, la CDHR peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros, exigibles en partie dès le mois de décembre via un acompte. Anticiper évite la double mauvaise surprise : la facture, et sa date.
Qu'est-ce que la CDHR, concrètement ?#
La contribution différentielle sur les hauts revenus est codifiée à l'article 224 du Code général des impôts. Elle a été créée par l'article 10 de la loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025, puis reconduite par la loi de finances pour 2026 : elle s'applique donc à l'imposition des revenus 2025 et des revenus 2026.
Son objet tient en une phrase : assurer que les plus hauts revenus supportent une imposition d'au moins 20 % de leur revenu de référence retraité. Le terme « différentielle » dit le mécanisme. On ne crée pas un impôt forfaitaire de 20 % : on compare l'imposition déjà acquittée au plancher de 20 %, et la CDHR ne réclame que la différence quand l'imposition existante est inférieure.
Deux comparants entrent dans ce calcul d'imposition « déjà acquittée » :
- l'impôt sur le revenu (barème progressif, ou imposition au PFU des revenus du capital) ;
- la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, article 223 sexies du CGI), dont nous parlons plus bas.
Si la somme de ces deux éléments représente moins de 20 % du revenu de référence retraité, la CDHR complète jusqu'à 20 %. Si elle atteint ou dépasse 20 %, aucune CDHR n'est due.
Pourquoi un revenu très élevé peut tomber sous 20 %#
C'est le coeur du sujet, et la principale incompréhension que nous rencontrons. Un revenu élevé n'implique pas un taux moyen élevé. Le barème progressif de l'impôt sur le revenu plafonne à 45 %, mais les revenus du capital imposés au prélèvement forfaitaire unique (PFU, la flat tax) supportent une imposition globale de 31,4 % en 2026, dont 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Or, pour le calcul du taux moyen comparé au seuil de 20 %, c'est la part « impôt sur le revenu » qui compte, soit 12,8 % sur les revenus passés au PFU. Un foyer dont les revenus proviennent massivement de dividendes ou de plus-values de cession de titres peut donc afficher un taux moyen d'impôt sur le revenu nettement inférieur à 20 %, alors même que ses revenus se chiffrent en centaines de milliers d'euros. C'est précisément cette configuration que la CDHR vient corriger.
Qui est concerné par la CDHR ?#
Trois conditions cumulatives.
| Critère | Personne seule | Couple marié ou pacsé (imposition commune) |
|---|---|---|
| Seuil de revenu de référence retraité | supérieur à 250 000 € | supérieur à 500 000 € |
| Domiciliation fiscale | en France | en France |
| Taux moyen d'imposition (IR + CEHR) | inférieur à 20 % | inférieur à 20 % |
Les seuils de 250 000 € et 500 000 € s'apprécient sur un revenu de référence « retraité » selon des règles propres à la CDHR (voir plus bas). La personne seule recouvre ici les contribuables célibataires, veufs, séparés ou divorcés.
Si l'une des trois conditions manque, il n'y a pas de CDHR. En particulier, un foyer déjà imposé en moyenne à 20 % ou plus, même avec des revenus très supérieurs aux seuils, n'est pas redevable : le plancher est déjà atteint.
Le revenu de référence « retraité » : un RFR ajusté, pas le RFR de votre avis#
La CDHR ne se calcule pas sur le revenu fiscal de référence brut figurant sur votre avis d'imposition. Elle s'appuie sur une assiette spécifique, retraitée selon des règles propres au dispositif : certains revenus et certains abattements sont neutralisés pour reconstituer une base représentative de la capacité contributive réelle.
Nous restons volontairement prudents sur le détail des ajustements : ces règles d'assiette sont techniques et c'est précisément là que se joue un calcul fiable. Le principe à retenir : la base CDHR diffère du RFR classique, et l'estimation doit être faite sur la base retraitée, pas sur le chiffre de l'avis. Pour le détail des retraitements, reportez-vous aux sources officielles citées en fin d'article ou faites valider le calcul.
CDHR et CEHR : deux contributions à ne pas confondre#
La confusion entre CDHR et CEHR est fréquente, y compris dans des contenus en ligne. Ce sont deux dispositifs distincts, qui coexistent et s'articulent.
| CEHR | CDHR | |
|---|---|---|
| Nature | Contribution exceptionnelle, dispositif ancien | Contribution différentielle, créée en 2025 |
| Mécanisme | Taux additionnel sur le RFR au-delà des seuils | Plancher d'imposition de 20 % du RFR retraité |
| Taux | 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de RFR | Complément variable pour atteindre 20 % |
| Rôle dans le calcul CDHR | Entre dans le taux moyen comparé au seuil de 20 % | C'est le dispositif lui-même |
Le point clé : la CEHR n'est pas remplacée par la CDHR. Elle continue de s'appliquer et, mieux, elle est prise en compte dans le calcul du taux moyen de la CDHR. Concrètement, la CEHR déjà supportée réduit l'écart à combler par la CDHR. Plus votre CEHR est élevée, plus votre imposition se rapproche déjà des 20 %, et moins la CDHR a de matière à réclamer.
Comment se calcule la CDHR : un exemple chiffré#
Prenons une logique de calcul simplifiée, à seule fin d'illustration. Les montants ci-dessous sont des hypothèses pédagogiques, pas un barème.
Soit un dirigeant célibataire, domicilié en France, dont le revenu de référence retraité s'établit à 600 000 €, composé très majoritairement de dividendes imposés au PFU.
| Étape | Logique | Montant illustratif |
|---|---|---|
| 1. Revenu de référence retraité | Base CDHR | 600 000 € |
| 2. Imposition cible (plancher 20 %) | 20 % de la base | 120 000 € |
| 3. Impôt sur le revenu déjà dû | Part IR (PFU 12,8 % majoritaire) | hypothèse 80 000 € |
| 4. CEHR déjà due | Contribution exceptionnelle | hypothèse 16 000 € |
| 5. Total imposition existante | Étape 3 + étape 4 | 96 000 € |
| 6. CDHR | Étape 2 moins étape 5, si positif | 24 000 € |
Dans cette illustration, l'imposition existante (96 000 €) représente 16 % du revenu retraité, sous le plancher de 20 %. La CDHR ramène le total à 120 000 €, soit le complément de 24 000 €. Si, à l'inverse, le même contribuable s'était versé une rémunération imposée au barème portant son IR à 130 000 €, aucune CDHR ne serait due : le plancher serait déjà franchi.
Ce contraste illustre pourquoi le profil « tout dividendes » est la cible naturelle du dispositif, et pourquoi l'arbitrage dividendes / salaire mérite d'être réexaminé à l'aune de la CDHR.
L'acompte de décembre : le piège de calendrier#
C'est le point le plus souvent négligé, et celui qui crée le plus de tensions de trésorerie.
La CDHR ne se règle pas intégralement l'année suivante avec le solde de l'impôt. Un acompte égal à 95 % de la contribution estimée par le contribuable doit être versé entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition. Pour les revenus 2026, cet acompte est donc à payer entre le 1er et le 15 décembre 2026. Le solde est régularisé l'année suivante, une fois la déclaration déposée et le calcul définitif établi.
Deux conséquences pratiques.
D'abord, c'est au contribuable d'estimer lui-même sa CDHR pour calibrer l'acompte. Une estimation trop basse expose à des intérêts ou pénalités ; une estimation trop haute immobilise inutilement de la trésorerie. La précision de l'estimation a une vraie valeur.
Ensuite, le calendrier impose d'anticiper dès l'automne. Une décision de fin d'année (distribution de dividendes complémentaire, cession de titres en décembre) peut faire basculer un foyer au-dessus du seuil et déclencher un acompte exigible quelques jours plus tard. La fenêtre est étroite.
Notre analyse d'expert-comptable#
Notre lecture. La CDHR ne vise pas les très hauts salaires : ceux-là sont déjà imposés au-delà de 20 % par le barème. Elle vise la composition des revenus, pas seulement leur montant. Le foyer rattrapé est celui qui a optimisé en faveur du capital, légalement, et qui se retrouve avec un taux moyen d'IR sous le plancher. Le dispositif rééquilibre cette situation. Ce n'est pas une raison pour renoncer aux choix de structuration patrimoniale pertinents, mais une raison de les recalculer avec ce plancher en tête.
Le risque sous-estimé. Récemment, un dirigeant dont le revenu fiscal de référence dépassait largement les seuils s'interrogeait sur une distribution de dividendes de fin d'année, sans avoir intégré qu'elle pouvait, combinée à ses autres revenus, déclencher la CDHR et son acompte de décembre. La surprise n'était pas tant le montant que l'exigibilité quasi immédiate : la trésorerie personnelle n'était pas calibrée pour un versement sous quinzaine. La leçon vaut généralement : pour les foyers proches des seuils, toute décision de distribution ou de cession en fin d'année doit être simulée avant d'être actée.
Arbitrage. Faut-il, pour échapper à la CDHR, se verser davantage en rémunération imposée au barème plutôt qu'en dividendes ? Pas mécaniquement. Augmenter la rémunération relève le taux moyen d'IR et peut effacer la CDHR, mais alourdit les charges sociales et modifie l'équilibre global. À l'inverse, conserver une logique de dividendes peut rester optimal même en payant la CDHR, selon le niveau de revenus et la situation. C'est un calcul à mener au cas par cas, pas une règle. Notre rôle est de poser les deux scénarios chiffrés côte à côte.
Points de vigilance 2026. Le dispositif est reconduit pour les revenus 2026, mais reste de nature « exceptionnelle » : sa pérennité au-delà n'est pas acquise et dépendra des lois de finances futures. Ne construisez pas une stratégie pluriannuelle sur l'hypothèse de sa disparition. Surveillez aussi l'assiette retraitée, dont les règles peuvent évoluer.
Comment estimer si vous êtes concerné : la méthode#
- Reconstituez votre revenu de référence sur l'année, en intégrant l'ensemble des revenus du foyer, y compris les revenus du capital imposés au PFU et les plus-values de cession.
- Comparez ce montant aux seuils : 250 000 € pour une personne seule, 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Sous le seuil, la question ne se pose pas.
- Estimez votre impôt sur le revenu et votre CEHR de l'année, puis rapportez leur somme au revenu de référence retraité.
- Si ce taux moyen est inférieur à 20 %, une CDHR est probablement due, à hauteur du complément nécessaire pour atteindre 20 %.
- Si vous approchez ou franchissez le seuil, calibrez l'acompte de 95 % avant le 1er décembre.
Checklist avant l'automne pour un foyer proche des seuils :
- Revenu de référence prévisionnel de l'année estimé, tous revenus inclus.
- Part des revenus passant par le PFU identifiée (c'est le facteur qui tire le taux moyen vers le bas).
- Décisions de fin d'année (dividendes, cessions) simulées avant décision.
- Estimation de la CDHR et de son acompte de 95 % chiffrée.
- Trésorerie personnelle disponible vérifiée pour le versement de décembre.
- Arbitrage rémunération / dividendes réexaminé à la lumière du plancher de 20 %.
Pour aller plus loin sur les mécaniques voisines, voir la flat tax 2026, les pistes pour éviter ou réduire la flat tax, l'arbitrage dividendes et salaire et, plus largement, comment réduire son impôt sur le revenu dans un cadre sécurisé. Les dirigeants de société surveilleront aussi la contribution exceptionnelle sur l'IS, qui obéit à une logique distincte côté société, et le PER du dirigeant pour lisser le revenu imposable. Notre service de gestion de patrimoine du dirigeant et notre accompagnement fiscal à Paris peuvent prendre en charge ces simulations.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la CDHR ?+
La CDHR, ou contribution différentielle sur les hauts revenus, est un dispositif fiscal codifié à l'article 224 du Code général des impôts. Il garantit aux plus hauts revenus une imposition minimale de 20 % de leur revenu de référence retraité. Lorsque l'impôt et la CEHR restent sous ce plancher, un complément différentiel est dû.
Qui est concerné par la contribution différentielle sur les hauts revenus ?+
Sont concernés les contribuables domiciliés fiscalement en France dont le revenu de référence retraité dépasse 250 000 € pour une personne seule, ou 500 000 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune, et dont le taux moyen d'imposition (impôt sur le revenu plus CEHR) reste inférieur à 20 %.
Comment se calcule la CDHR ?+
On compare l'imposition déjà acquittée, soit l'impôt sur le revenu plus la CEHR, à un plancher de 20 % du revenu de référence retraité. Si cette imposition représente moins de 20 %, la CDHR est égale au complément nécessaire pour atteindre ce seuil. Si elle atteint déjà 20 %, aucune CDHR n'est due.
La CDHR est-elle maintenue en 2026 ?+
Oui. Créée par la loi de finances du 14 février 2025 pour les revenus 2025, la CDHR a été reconduite par la loi de finances pour 2026. Elle s'applique donc à l'imposition des revenus 2025 et 2026. Sa nature reste exceptionnelle : sa reconduction au-delà dépendra des lois de finances futures.
Quand faut-il payer la CDHR ?+
Un acompte égal à 95 % de la contribution estimée par le contribuable doit être versé entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition, soit entre le 1er et le 15 décembre 2026 pour les revenus 2026. Le solde est régularisé l'année suivante, après dépôt de la déclaration et calcul définitif.
Quelle différence entre la CDHR et la CEHR ?+
La CEHR est une contribution exceptionnelle ancienne, à taux additionnel (3 % puis 4 % au-delà de 250 000 € / 500 000 € de RFR). La CDHR est un mécanisme plus récent qui impose un plancher de 20 %. Les deux coexistent : la CEHR déjà payée entre dans le calcul du taux moyen comparé au seuil de la CDHR.
Pourquoi un foyer aux revenus très élevés peut-il devoir la CDHR ?+
Parce que le montant des revenus ne détermine pas le taux moyen d'imposition. Les revenus du capital imposés au PFU ne supportent que 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu. Un foyer dont les revenus sont majoritairement des dividendes ou des plus-values peut donc afficher un taux moyen sous 20 %, et être rattrapé par la CDHR.
À retenir#
- La CDHR garantit un taux moyen d'imposition d'au moins 20 % du revenu de référence retraité au-delà de 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple), pour les foyers domiciliés en France.
- C'est un mécanisme différentiel : seul l'écart entre l'imposition existante (impôt sur le revenu plus CEHR) et le plancher de 20 % est réclamé.
- La cible naturelle est le foyer dont les revenus passent majoritairement par le PFU, dont la part impôt sur le revenu n'est que de 12,8 %.
- Un acompte de 95 % de la CDHR estimée est exigible entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition : anticipez la trésorerie.
- CDHR et CEHR sont distinctes mais s'articulent : la CEHR déjà payée réduit l'écart à combler.
- Le dispositif est reconduit pour 2026 mais reste exceptionnel : sa pérennité n'est pas garantie.
Sources officielles#
- Contribution différentielle sur les hauts revenus, CDHR (impots.gouv.fr)
- La CDHR est maintenue en 2026 (service-public.fr)
- Article 224 du Code général des impôts, CDHR (Legifrance)
- Loi de finances n° 2025-127 du 14 février 2025, article 10 (Legifrance)
Cet article a une vocation informative et reflète l'état des règles connues à sa date de mise à jour. Il ne remplace pas l'examen de votre situation personnelle au regard de l'assiette retraitée, qui obéit à des règles techniques. Le cabinet Hayot Expertise, inscrit à l'Ordre des experts-comptables d'Île-de-France, peut estimer votre exposition à la CDHR, calibrer l'acompte de décembre et chiffrer les arbitrages utiles.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
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