TVA et facturation du médecin libéral à Paris en 2026 : exonération des soins, actes assujettis et e-invoicing
Exonération article 261-4° 1° CGI, actes esthétiques assujettis à 20 %, pro-rata de déduction, franchise en base 37 500 €, SCM article 261 B, mentions obligatoires article 289, calendrier facturation électronique 2026-2027 : la TVA et la facture du médecin libéral à Paris, lues par Cabinet Hayot Expertise.
Note de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 12 mai 2026. La TVA d'un médecin libéral à Paris ne se résume pas à l'exonération des soins. Elle se joue à la frontière entre acte thérapeutique, acte esthétique, expertise, formation, location de matériel, refacturation entre confrères et commission de plateforme. Chaque flux entrant ou sortant doit être qualifié à la maille de l'article du CGI qui le régit, et chaque facture émise doit porter les mentions exigées par l'article 289. La réforme de la facturation électronique, dont le calendrier a été fixé par le décret n° 2024-1098 du 4 décembre 2024, ajoute une contrainte technique à laquelle même un cabinet de soins purement exonéré ne peut plus échapper depuis 2026. Cet article cible exclusivement la TVA et la facturation du médecin libéral à Paris en 2026 ; nous renvoyons aux articles connexes pour le régime fiscal général BNC vs SELARL, les KPI du cabinet médical, les erreurs comptables récurrentes et les aides et exonérations sectorielles.
Le cadre légal de l'exonération de TVA : article 261-4° 1° du CGI#
Le principe : exonération sans droit à déduction#
L'article 261-4° 1° du Code général des impôts exonère de TVA les "soins dispensés aux personnes par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées". L'exonération est de plein droit : le médecin n'a aucune option à exercer, aucune déclaration de chiffre d'affaires CA3 à déposer, aucune TVA à collecter sur ses honoraires de soins. La contrepartie, codifiée à l'article 271 du CGI, est qu'aucune TVA d'amont supportée sur les achats du cabinet (matériel médical, loyer, électricité, abonnements logiciels Doctolib ou Maiia) n'est déductible. La TVA grevant ces dépenses est intégrée au coût et passée en charge brute (compte 606, 613, 622, 626 selon la nature).
Les conditions cumulatives de l'exonération#
Trois conditions cumulatives doivent être réunies pour qu'un acte bénéficie de l'exonération. Première condition : la personne qui réalise l'acte doit être titulaire d'un diplôme reconnu par l'État français — médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme, kinésithérapeute, infirmier, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologue, ostéopathe DO ou chiropracteur DC inscrit au registre ADELI. Deuxième condition : l'acte doit constituer un soin à finalité thérapeutique, c'est-à-dire viser le diagnostic, le traitement ou la prévention d'une maladie ou d'un trouble de santé. Troisième condition : l'acte doit être dispensé directement à la personne, ce qui exclut les prestations de conseil rendues à des tiers institutionnels.
La jurisprudence européenne : la finalité thérapeutique est le critère décisif#
La Cour de justice de l'Union européenne a tranché à plusieurs reprises sur le périmètre de l'exonération prévue par la directive TVA 2006/112/CE, dont l'article 261-4° 1° CGI est la transposition française. L'arrêt CJUE C-91/12 PFC Clinic AB du 21 mars 2013 a jugé que la chirurgie esthétique ne bénéficie de l'exonération que si elle poursuit un but thérapeutique, qu'il appartient au praticien d'établir au cas par cas. L'arrêt CJUE C-86/09 Future Health Technologies du 10 juin 2010 a précisé que l'exonération ne s'applique pas à des prestations dont la finalité est purement préventive d'un risque hypothétique, en dehors de tout diagnostic. La doctrine BOFiP BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 a intégré ces arrêts : la traçabilité documentaire de la finalité thérapeutique est désormais un enjeu de contrôle à part entière.
Les actes EXONÉRÉS : le périmètre des soins thérapeutiques#
Consultations, téléconsultations, actes diagnostiques#
Sont exonérées sans difficulté toutes les consultations de médecine générale et de spécialité conventionnées, les téléconsultations remboursées par l'assurance maladie depuis l'arrêté du 3 juin 2021, les actes diagnostiques (échographie, IRM, scanner, biopsie), les actes de chirurgie réparatrice ou thérapeutique, les actes de vaccination, et la dermatologie thérapeutique (traitement d'un mélanome, d'un eczéma, d'un psoriasis). Pour ces actes, la facture doit porter la mention "Exonération de TVA — article 261-4° 1° du CGI" ; aucune ligne de TVA collectée ne doit apparaître.
Médecine du travail, médecine scolaire, médecine du sport thérapeutique#
Le médecin du travail rémunéré par un service de santé au travail (SST), le médecin scolaire rémunéré par l'Éducation nationale, et le médecin du sport qui effectue un suivi thérapeutique d'un sportif blessé relèvent également de l'exonération, dès lors que l'acte conserve sa finalité de prévention ou de soin. La rémunération versée par l'employeur ou la structure publique reste hors champ TVA. En revanche, une prestation de conseil rendue à une fédération sportive sur l'élaboration d'un protocole de retour à l'effort peut basculer en activité de conseil et perdre l'exonération.
Les actes ASSUJETTIS à la TVA 20 % : esthétique pure, expertise, conférences#
Chirurgie esthétique pure et actes de confort#
Sont assujettis à la TVA au taux de 20 % les actes de chirurgie esthétique sans finalité thérapeutique : rhinoplastie de confort, lifting cervico-facial purement cosmétique, blépharoplastie esthétique, augmentation mammaire sans antécédent reconstructeur, peeling esthétique, injections de botox à visée cosmétique sans pathologie sous-jacente, blanchiment dentaire purement esthétique, implant capillaire pour calvitie banale. Sur ces actes, le médecin collecte une TVA à 20 %, qu'il doit reverser à l'administration via la déclaration CA3 mensuelle ou CA12 annuelle selon son régime.
Expertise médicale, conférences, publications, recherche clinique#
L'expertise médicale réalisée pour le compte d'une compagnie d'assurance, d'un tribunal (expertise judiciaire) ou d'une caisse de retraite est assujettie à la TVA 20 % : la finalité est administrative, non thérapeutique, et le bénéficiaire n'est pas le patient lui-même mais un tiers. Les honoraires de conférencier, les droits d'auteur sur des publications rémunérées, et la recherche clinique rémunérée par un laboratoire pharmaceutique relèvent généralement du même régime, sous réserve d'une qualification au cas par cas. La vente de produits dérivés (compléments alimentaires, dispositifs médicaux hors prescription remboursée, cosmétiques) est intégralement soumise à la TVA 20 %.
La frontière thérapeutique vs esthétique : critères et documentation à conserver#
Les arbitrages cliniques qui basculent la qualification TVA#
La frontière entre acte thérapeutique exonéré et acte esthétique assujetti est rarement binaire. Une reconstruction mammaire après mastectomie pour cancer est thérapeutique et exonérée. Une augmentation mammaire de confort, sans antécédent oncologique, est esthétique et assujettie à la TVA 20 %. Un implant capillaire après alopécie cicatricielle post-brûlure est thérapeutique. Un implant capillaire pour calvitie androgénétique banale est esthétique. Une rhinoplastie correctrice après fracture nasale documentée est thérapeutique. Une rhinoplastie de pure convenance est assujettie. Dans la zone grise, c'est la documentation du dossier médical qui tranchera en cas de contrôle.
Les pièces à conserver pour sécuriser la qualification#
La doctrine BOFiP et la jurisprudence CJUE convergent : le praticien doit pouvoir produire, sur demande de l'administration, la documentation établissant la finalité thérapeutique de l'acte exonéré. Cette documentation comprend la prescription du médecin traitant ou du spécialiste référent, le compte rendu opératoire mentionnant l'indication, l'imagerie ou les analyses préopératoires, l'historique du dossier médical du patient, et le cas échéant l'avis d'une réunion de concertation pluridisciplinaire. À défaut, l'administration peut requalifier l'acte en prestation esthétique assujettie et réclamer la TVA non collectée majorée des intérêts de retard et pénalités. Le délai de conservation est aligné sur le délai de reprise : 10 ans à compter de l'opération (article L102 B du LPF).
L'activité mixte et le pro-rata de déduction de TVA (article 271 CGI)#
Le principe de l'affectation directe#
Un médecin libéral qui exerce une activité mixte — soins exonérés et actes esthétiques assujettis, ou soins exonérés et expertise — doit appliquer les règles de déduction prévues par l'article 271 du CGI et précisées par la doctrine BOI-TVA-DED-20. La règle première est l'affectation directe : la TVA grevant un bien ou un service utilisé exclusivement pour l'activité assujettie est intégralement déductible ; celle grevant un bien ou un service utilisé exclusivement pour l'activité exonérée n'est pas déductible. C'est le cas, par exemple, d'un laser dermatologique utilisé uniquement pour l'esthétique (TVA déductible) versus un échographe utilisé uniquement pour le diagnostic (TVA non déductible).
Le coefficient de déduction pour les dépenses mixtes#
Pour les dépenses mixtes — loyer du cabinet, électricité, secrétariat, logiciel de gestion — un coefficient de déduction global doit être calculé. Le coefficient général de déduction se compose du coefficient d'assujettissement, du coefficient de taxation et du coefficient d'admission. Concrètement, il revient à appliquer à la TVA d'amont un pourcentage égal au ratio chiffre d'affaires assujetti / chiffre d'affaires total. Une tenue comptable séparée des recettes exonérées et des recettes assujetties devient obligatoire, généralement via une analytique paramétrée dans Pennylane, Tiime ou Indy avec une ventilation par section.
La franchise en base de TVA 2026 et le seuil de 37 500 €#
Le mécanisme de l'article 293 B du CGI#
L'article 293 B du CGI permet aux prestataires de services dont le chiffre d'affaires assujetti annuel reste sous un seuil de bénéficier d'une franchise en base : aucune TVA n'est collectée, aucune TVA d'amont n'est déductible, aucune déclaration CA3 n'est déposée. Pour 2026, le seuil de franchise en base applicable aux prestations de services est fixé à 37 500 € (seuil susceptible d'évoluer en loi de finances ; à vérifier humainement à la date d'application). Un médecin libéral majoritairement secteur 1 qui réalise ponctuellement quelques actes esthétiques pour un volume annuel inférieur à 37 500 € peut donc rester en franchise en base sur sa quote-part assujettie.
L'option pour la TVA et le franchissement de seuil#
Le médecin peut, sur option formulée auprès du service des impôts des entreprises, renoncer à la franchise en base et devenir assujetti redevable de la TVA dès le premier euro de l'activité concernée. Cette option est irrévocable pour deux années civiles. Elle a un intérêt lorsque la déduction de la TVA d'amont (achat d'un laser, d'un fauteuil, refacturation par une SCM) dépasse la TVA collectée. En cas de franchissement du seuil en cours d'année, la franchise prend fin au 1er jour du mois de dépassement.
La SCM (Société Civile de Moyens) : article 261 B du CGI#
Le mécanisme de mise en commun de moyens#
Plusieurs médecins libéraux qui partagent un même cabinet à Paris peuvent constituer une Société Civile de Moyens (SCM) régie par l'article 36 de la loi du 29 novembre 1966 et les articles 1845 et suivants du Code civil. La SCM met à disposition de ses membres des moyens d'exercice : locaux, matériel médical, secrétariat, charges courantes. Elle ne réalise aucun acte médical ; elle refacture à ses membres leur quote-part de charges, à prix coûtant.
L'exonération de TVA sur remboursements à prix coûtant#
L'article 261 B du CGI exonère de TVA les "services rendus à leurs adhérents par les groupements constitués par des personnes exerçant une activité exonérée", à la double condition que la SCM facture à prix coûtant exact (aucune marge) et que la quote-part refacturée corresponde à l'usage effectif des moyens par chaque membre. La SCM doit tenir une comptabilité séparée et fournir un compte de répartition annuel. En cas de marge même minime, ou de refacturation à un tiers non membre, l'exonération tombe et la TVA 20 % devient exigible sur la totalité des refacturations de l'exercice.
Les mentions obligatoires de la facture (article 289 du CGI)#
Identification du médecin et du patient#
Toute facture, qu'elle porte sur un acte exonéré ou un acte assujetti, doit comporter les mentions de l'article 289 du CGI : identification complète du médecin (nom, prénom, adresse professionnelle, numéro RPPS, numéro ADELI le cas échéant, SIREN ou SIRET si l'exercice est en société), identification du destinataire lorsque la facture est demandée (entreprise tiers payant, mutuelle pour un acte assujetti, employeur), numérotation chronologique continue sans rupture, date d'émission de la facture, date de l'acte si différente.
Mentions spécifiques selon le régime TVA#
Pour un acte exonéré, la facture doit porter la mention "Exonération de TVA — article 261-4° 1° du CGI" sans aucune ligne de TVA. Pour un acte assujetti, la facture doit indiquer le prix HT, le taux de TVA (20 %), le montant de TVA et le prix TTC. Pour un médecin en franchise en base, la mention "TVA non applicable, article 293 B du CGI" remplace la TVA. La nature de l'acte (libellé CCAM ou NGAP) et le tarif unitaire doivent figurer sur la facture. Le délai de conservation des factures est de 10 ans (article L102 B du LPF).
La facturation électronique 2026-2027 : décret n° 2024-1098#
Le calendrier de déploiement et les médecins concernés#
Le décret n° 2024-1098 du 4 décembre 2024 a fixé le calendrier définitif de la facturation électronique inter-entreprises en France. Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises — y compris les médecins libéraux en BNC, en SELARL et en SELAS — sont tenues de recevoir les factures électroniques émises par leurs fournisseurs assujettis (loyer commercial, achat de matériel médical à un fournisseur entreprise, abonnement Doctolib facturé par la plateforme). Au 1er septembre 2026, l'émission obligatoire concerne les grandes entreprises et les ETI ; les médecins ne sont pas concernés à cette date sauf exception. Au 1er septembre 2027, l'émission obligatoire est étendue aux PME et microentreprises : les médecins libéraux entrent dans le périmètre pour leurs factures émises à des clients professionnels (assurance, entreprise tierce payant, employeur dans le cadre de la médecine du travail libérale).
PDP, PPF et plateformes spécialisées santé#
L'émission et la réception passent obligatoirement par une plateforme : soit le Portail Public de Facturation (PPF) opéré gracieusement par l'AIFE, soit une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP) immatriculée. Les PDP référencées les plus utilisées en cabinet incluent Pennylane, Sellsy, Esker et Tiime, avec des connecteurs natifs au logiciel comptable. Doctolib Facturation et Maiia Facturation proposent des modules adaptés à la spécificité médicale (gestion CCAM, tiers payant, intégration au dossier patient). Les formats normés sont Factur-X (PDF/A-3 avec XML embarqué), UBL et CII. La facture papier ou PDF simple ne sera plus opposable entre assujettis à compter du 1er septembre 2026 pour la réception et du 1er septembre 2027 pour l'émission PME.
Les plateformes médicales et la TVA des commissions#
Commission Doctolib, Maiia, Qare : assujettie à 20 %#
Les plateformes médicales facturent leur commission de mise en relation et leur abonnement au médecin avec TVA au taux normal de 20 %. Pour un médecin en franchise en base ou exonéré sans activité assujettie, cette TVA n'est pas déductible : elle constitue une charge nette enregistrée en compte 6228 (commissions et honoraires de plateforme) ou 626 (frais postaux et de télécommunication selon la nature du forfait). Pour un médecin en activité mixte, la TVA sur la commission est déductible au pro-rata, via le coefficient de déduction calculé sur le chiffre d'affaires assujetti.
Tiers payant et flux de patientèle : un mandat transparent#
Lorsque la plateforme encaisse pour le compte du médecin le règlement du patient (carte bancaire en ligne) ou le tiers payant de l'assurance maladie, elle agit en qualité de mandataire transparent : la somme transite sur un compte technique et est reversée au médecin. Aucune TVA n'est due sur ce flux d'encaissement, qui reste affecté à la nature originelle de l'acte (exonéré ou assujetti). La comptabilisation correcte est : encaissement plateforme au compte 5121 ou 467, reversement au médecin sur compte bancaire professionnel 5121, honoraires en compte 706 (ou 7061/7062 si analytique soin / esthétique), commission plateforme en compte 6228, et TVA déductible le cas échéant en compte 44566.
Notre lecture chez Cabinet Hayot Expertise#
Le risque dominant : l'activité accessoire devenue régulière sans adaptation TVA#
Dans les dossiers de médecins libéraux à Paris que nous accompagnons, le risque le plus fréquent n'est ni l'oubli total de TVA, ni la sur-déclaration : c'est la dérive silencieuse. Un médecin dermatologue commence à pratiquer quelques injections de botox cosmétique pour des patients réguliers ; trois ans plus tard, l'activité représente 80 000 € de chiffre d'affaires sans qu'aucune TVA n'ait jamais été collectée ni déclarée. Le rappel sur trois exercices peut atteindre 48 000 € hors majorations. L'enjeu est de mettre en place dès l'origine une analytique cabinet qui sépare soins thérapeutiques et actes assujettis, et de revoir le statut TVA chaque année à l'arrêté.
La méthode Cabinet Hayot Expertise sur la TVA du médecin libéral#
Notre méthode tient en six points. Premièrement, cartographier l'ensemble des flux du cabinet — soins, actes esthétiques, expertise, conférences, ventes, refacturations SCM, commissions plateformes. Deuxièmement, qualifier chaque flux au regard de l'article 261-4° 1°, 261 B, 271 ou 293 B selon la nature. Troisièmement, calibrer un éventuel pro-rata de déduction si l'activité est mixte. Quatrièmement, paramétrer la facturation pour que les mentions de l'article 289 soient automatisées (libellé, taux, mention exonération). Cinquièmement, choisir et déployer une PDP en vue de l'échéance 1er septembre 2026 (réception) et 1er septembre 2027 (émission). Sixièmement, documenter la finalité thérapeutique des actes en zone grise via des justificatifs cliniques conservés 10 ans. Vous pouvez nous solliciter via notre équipe d'expertise comptable Paris 8 ou notre mission de DAF externalisé pour un audit TVA spécifique cabinet médical, en synergie avec la digitalisation et les solutions partenaires déployées pour la facturation électronique.
Questions fréquentes
Tous les actes d'un médecin libéral à Paris sont-ils exonérés de TVA ?+
Non. Seuls les actes de soin à finalité thérapeutique dispensés directement à la personne par un médecin titulaire d'un diplôme reconnu bénéficient de l'exonération prévue à l'article 261-4° 1° du CGI. Les actes esthétiques sans finalité thérapeutique (rhinoplastie de confort, lifting cosmétique, blanchiment dentaire purement esthétique), les expertises médicales pour assureur ou tribunal, les conférences rémunérées, la recherche clinique rémunérée par un laboratoire et la vente de produits non prescrits sont assujettis à la TVA au taux normal de 20 %. La jurisprudence CJUE C-91/12 PFC Clinic AB du 21 mars 2013 a confirmé que la finalité thérapeutique est le critère décisif.
Comment qualifier un acte mixte thérapeutique/esthétique ?+
La qualification se fait au cas par cas, sur la base de la documentation médicale du dossier. Une reconstruction mammaire post-mastectomie est thérapeutique et exonérée. Une augmentation mammaire de confort est esthétique et assujettie. Une rhinoplastie correctrice après fracture documentée est thérapeutique. Le praticien doit conserver pendant 10 ans (article L102 B du LPF) la prescription, l'indication clinique, l'imagerie préopératoire et le compte rendu, afin de produire ces pièces en cas de contrôle de l'administration fiscale.
Un médecin libéral à Paris doit-il déposer une déclaration de TVA ?+
Cela dépend de la composition de son chiffre d'affaires. Un médecin exclusivement en soins exonérés n'a aucune déclaration CA3 à déposer. Un médecin qui réalise une activité assujettie (esthétique, expertise) sous le seuil de franchise en base de 37 500 € peut rester en franchise (article 293 B du CGI), sans déclaration ni TVA collectée. Au-delà du seuil, ou sur option, il devient redevable et dépose une CA3 mensuelle ou trimestrielle selon le volume, ou une CA12 annuelle en régime simplifié.
Comment fonctionne une SCM entre médecins à Paris du point de vue TVA ?+
Une Société Civile de Moyens (SCM) régie par l'article 261 B du CGI est exonérée de TVA sur les remboursements de frais à ses membres, à la condition stricte de refacturer à prix coûtant exact, sans aucune marge, et en fonction de l'usage effectif des moyens par chaque membre. La SCM doit tenir une comptabilité séparée et produire un compte de répartition annuel. Toute marge, même minime, ou toute refacturation à un tiers non membre fait tomber l'exonération et rend la TVA 20 % exigible sur l'ensemble des refacturations de l'exercice.
Quelles mentions doit comporter la facture d'un médecin libéral en 2026 ?+
L'article 289 du CGI impose : identification complète du médecin (nom, RPPS, ADELI, adresse, SIREN/SIRET), numérotation chronologique continue, date d'émission et date de l'acte, libellé CCAM ou NGAP et tarif, identification du destinataire si la facture est demandée. Pour un acte exonéré, la mention "Exonération de TVA — article 261-4° 1° du CGI" est obligatoire. Pour un acte assujetti, le HT, le taux 20 %, le montant TVA et le TTC doivent apparaître. Pour la franchise en base, la mention "TVA non applicable, article 293 B du CGI" remplace la TVA. Conservation 10 ans.
Quand la facturation électronique devient-elle obligatoire pour un médecin libéral ?+
Le décret n° 2024-1098 du 4 décembre 2024 fixe deux échéances clés. Au 1er septembre 2026, tous les médecins libéraux — BNC, SELARL, SELAS — doivent être capables de recevoir des factures électroniques émises par leurs fournisseurs assujettis via une PDP ou le PPF. Au 1er septembre 2027, l'émission de factures électroniques devient obligatoire pour les PME et microentreprises, donc pour la majorité des médecins libéraux à Paris lorsqu'ils facturent à un client professionnel. Les formats normés sont Factur-X, UBL et CII ; les plateformes santé spécialisées (Doctolib Facturation, Maiia Facturation) ou généralistes (Pennylane, Sellsy, Tiime) couvrent cette obligation.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance - Article 261-4° 1° du CGI (exonération des soins)
- Légifrance - Article 271 du CGI (droit à déduction de TVA)
- Légifrance - Article 261 B du CGI (SCM et exonération sur remboursements à prix coûtant)
- Légifrance - Article 289 du CGI (mentions obligatoires des factures)
- Légifrance - Article 289 bis du CGI (facturation électronique)
- Légifrance - Article 293 B du CGI (franchise en base de TVA)
- Légifrance - Décret n° 2024-1098 du 4 décembre 2024 (calendrier facturation électronique)
- BOFiP - BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 (exonération professions médicales)
- CJUE - Arrêt C-91/12 PFC Clinic AB du 21 mars 2013 (finalité thérapeutique)
- CJUE - Arrêt C-86/09 Future Health Technologies du 10 juin 2010
- AIFE - Portail Public de Facturation (PPF)
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