Quelle structure juridique choisir pour un restaurant en 2026 ?
EI, EURL, SARL, SAS, SCI patrimoniale ou holding multi-restaurants : le choix de la forme juridique détermine votre régime social, votre exposition sur le bail commercial, la cession de la licence IV et la transmission de votre établissement. Cabinet Hayot Expertise, Paris, analyse chaque statut pour restaurateurs en 2026.
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Création d'entreprise à Paris | Statut, INPI, fiscalitéNote de l'expert : Cet article a été rédigé par notre cabinet d'expertise comptable. Les informations sont à jour en 2026. Pour une étude personnalisée de votre situation, contactez-nous.
À jour au 14 mai 2026. En restauration commerciale, le choix de la forme juridique n'est pas qu'une question fiscale. Il conditionne la transmission de la licence IV, l'opposabilité du droit au bail commercial, la protection du patrimoine personnel du gérant, et la capacité à ouvrir un deuxième établissement dans trois ans. Un cuisinier qui crée en micro-entreprise pour aller vite découvrira rapidement que le plafond de chiffre d'affaires est incompatible avec un restaurant actif, et que l'abattement forfaitaire ne couvre pas les achats alimentaires. Chez Cabinet Hayot Expertise, à Paris, nous accompagnons des restaurateurs indépendants, des groupes de plusieurs établissements et des projets de reprise de fonds de commerce. Voici notre analyse des statuts disponibles en 2026.
En résumé — décision rapide : pour la grande majorité des restaurateurs, l'EI au régime réel BIC ou l'EURL constituent le point de départ solide. La SARL de famille s'adapte aux projets à deux associés avec option IR. La SAS s'impose dès l'ouverture à des investisseurs ou la préparation d'un deuxième site. La SCI patrimoniale sécurise les murs si vous les achetez. La holding structure un groupe de plusieurs établissements. Le micro est à éviter dans presque tous les cas.
Pourquoi la restauration impose des contraintes spécifiques au choix de statut#
Licence IV : cession, transmission et forme juridique#
La licence de débit de boissons de 4e catégorie (art. R3331-1 du Code de la santé publique) autorise la vente de boissons alcoolisées à consommer sur place. Elle est attachée à l'exploitation commerciale, pas à la personne physique du gérant. Sa cession avec le fonds de commerce doit faire l'objet d'une déclaration en mairie dans les 15 jours suivant la transaction. En cas d'apport en société ou de mutation de droits sociaux, la licence suit le fonds si les conditions d'exploitation sont maintenues.
Ce point a une conséquence directe sur la structure juridique : si vous exercez en nom propre (EI) et que vous souhaitez apporter votre activité à une société, la licence peut être transférée dans le cadre de l'apport du fonds de commerce. Si la société reprend ensuite d'autres établissements, chaque licence doit être suivie individuellement. Dans les dossiers de cession que nous accompagnons à Paris, la vérification du statut de la licence — active, dormante, sous condition géographique — est l'un des premiers audits à réaliser avant de choisir la structure acquéreur.
Permis d'exploitation : l'obligation préalable à l'ouverture#
Le permis d'exploitation est obligatoire pour tout établissement souhaitant vendre des boissons alcoolisées ou de la restauration (art. R3332-1 CSP). Il est obtenu après une formation de 20 heures dispensée par un organisme agréé. Il est valable 10 ans et doit être renouvelé. Ce permis est délivré à la personne physique — gérant, dirigeant — et non à la société. En cas de changement de gérant dans une SARL ou une SAS, le nouveau gérant doit disposer de son propre permis.
Ce point est souvent négligé lors d'une restructuration : un restaurateur qui apporte son EI à une SARL et nomme un associé co-gérant doit vérifier que ce dernier détient le permis. L'absence de permis valide est passible de sanctions administratives pouvant aller jusqu'à la fermeture temporaire.
Droit au bail commercial : un actif à protéger#
Le bail commercial (art. L145-1 et suivants du Code de commerce) accorde au preneur un droit au renouvellement tous les 9 ans, avec une indemnité d'éviction en cas de refus. En restauration parisienne, le droit au bail représente souvent 30 à 60 % de la valeur totale du fonds de commerce. Ce droit est attaché au locataire — la personne physique ou la société signataire du bail.
La forme juridique détermine qui est titulaire du bail et comment il peut être cédé. Si un restaurateur exerce en EI, le bail est à son nom personnel. S'il apporte ensuite son fonds à une société, une cession de bail ou une substitution de locataire doit être négociée avec le bailleur — ce dernier peut s'y opposer ou exiger des garanties supplémentaires. La SARL ou la SAS signataire du bail dès l'origine offre plus de souplesse pour une future cession des droits sociaux, laquelle n'entraîne pas nécessairement la nécessité d'une modification du bail.
TVA mixte : 10 %, 5,5 % et 20 % en restauration#
La restauration est soumise à une TVA à taux multiples. La consommation sur place (repas) est taxée à 10 %. Les boissons alcoolisées servies ou vendues à emporter sont taxées à 20 %. Certains produits alimentaires essentiels achetés pour transformation (pain, eau plate, jus non alcoolisés sans alcool) relèvent du 5,5 %. La vente à emporter ou en livraison pour consommation immédiate est à 10 %.
Ce régime multi-taux impose un paramétrage précis de la caisse certifiée NF525 (obligatoire pour tout assujetti à la TVA réalisant des ventes au détail), une ventilation rigoureuse dans la comptabilité, et une cohérence entre les tickets de caisse, les Z quotidiens et la déclaration de TVA. Un écart entre les recettes enregistrées par la caisse et les déclarations TVA est l'un des premiers signaux que l'administration fiscale exploite lors d'un contrôle en restauration.
Convention collective HCR et obligations sociales#
La convention collective des Hôtels, Cafés, Restaurants (HCR, IDCC 3292) s'applique à l'ensemble du secteur. Elle prévoit des dispositions spécifiques sur les salaires minima, les heures supplémentaires, les avantages en nature (repas), le travail le dimanche et les jours fériés. L'OPCO compétent est AKTO, qui finance une partie des formations obligatoires (HACCP, permis d'exploitation) et facultatives.
Le régime social du gérant dépend de la forme juridique : gérant majoritaire de SARL → TNS (SSI) ; gérant minoritaire ou égalitaire de SARL, président de SAS → assimilé salarié (régime général). Ce choix n'est pas neutre : le coût social d'un assimilé salarié est plus élevé de l'ordre de 10 à 15 points de charges patronales, mais la protection sociale est plus complète (chômage exclu). L'arbitrage doit être modélisé sur la rémunération nette cible.
Tableau comparatif des statuts pour un restaurant en 2026#
| Statut | Capital min. | Régime social gérant | IS ou IR | Adapté à |
|---|---|---|---|---|
| Auto-entrepreneur (micro) | Aucun | TNS micro | IR micro-BIC | À éviter : plafond CA incompatible avec restaurant actif |
| EI (réforme 2022) | Aucun | TNS (SSI) | IR BIC réel | Restaurateur solo, démarrage, test de concept |
| EURL | 1 € | TNS (gérant assoc. unique) | IR ou IS | Solo souhaitant l'IS, structure scalable |
| SARL | 1 € | TNS (gérant maj.) / assimilé salarié (gérant min.) | IS (IR sur option 5 exercices — art. 239 bis AA CGI) | Famille, association, SARL de famille IR |
| SAS / SASU | 1 € | Assimilé salarié (président) | IS | Croissance, investisseurs, multi-établissements |
| SCI + SARL/SAS exploitation | 1 € chacune | Selon structure exploitation | IS recommandé | Achat des murs, transmission patrimoniale |
| Holding animatrice + filiales | 1 € | Selon holding | IS | Groupe ≥ 2 établissements, réinvestissement, Pacte Dutreil |
EI : pertinence pour le restaurateur solo#
L'entreprise individuelle classique (EI) a été profondément réformée par la loi n° 2022-172 du 14 février 2022. Depuis le 15 mai 2022, le patrimoine professionnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine personnel, sans qu'il soit nécessaire de créer une société. Les créanciers professionnels (fournisseurs, banque commerciale, URSSAF) ne peuvent saisir que les biens affectés à l'activité.
Pour un restaurateur qui démarre un premier établissement avec un investissement modéré, l'EI au régime réel BIC offre plusieurs avantages : simplicité de gestion, déductibilité des charges réelles (achats alimentaires, loyer, salaires, dotations aux amortissements), et passage possible en société ultérieur via apport du fonds de commerce. Le régime social TNS génère des cotisations calculées sur le bénéfice, ce qui est avantageux en phase de démarrage où les revenus sont faibles.
La limite principale : l'EI ne permet pas de s'associer. Si vous souhaitez intégrer un associé ou un investisseur dès le départ, ou si votre projet prévoit plusieurs établissements à court terme, l'EI est une voie sans issue structurelle.
Pourquoi le micro-entrepreneur est inadapté à la restauration#
Le statut micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) applique un abattement forfaitaire de 71 % sur le chiffre d'affaires pour les activités de vente et de fourniture de logements, ou de 50 % pour les prestations de services. En restauration, l'activité est classée dans les ventes (71 % d'abattement). Ce forfait est censé couvrir les charges réelles — mais un restaurant actif supporte des achats alimentaires représentant 28 à 35 % du CA, un loyer commercial, des salaires, des charges sociales patronales, une assurance RC pro et une caisse certifiée NF525. L'abattement forfaitaire ne couvre pas cette réalité.
De plus, le plafond de chiffre d'affaires applicable aux activités de vente pour 2026 s'élève à 203 100 €. Un restaurant parisien réalisant en moyenne 25 à 35 couverts par service, deux services par jour, six jours par semaine dépasse largement ce plafond dès la première année d'activité à régime normal. Le micro est donc incompatible avec toute restauration commerciale sérieuse, sauf pour un micro-traiteur ou un marché hebdomadaire à volume très limité.
EURL : la structure de référence pour le restaurateur solo#
L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL à associé unique. C'est souvent la première structure sociétaire recommandée pour un restaurateur solo souhaitant protéger son patrimoine personnel et opter pour l'impôt sur les sociétés.
À l'IS, la société paie l'impôt sur son bénéfice (taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice imposable, 25 % au-delà). Le gérant se verse une rémunération déductible du résultat de la société, soumise aux cotisations TNS. Les bénéfices non distribués restent capitalisés dans la société et peuvent financer une extension, un second établissement ou une rénovation, sans passage immédiat à l'impôt personnel.
En restauration, l'EURL présente un avantage spécifique : elle peut évoluer en SARL par simple cession de parts à un associé, sans dissolution ni recréation. Si vous souhaitez intégrer un chef en second ou un associé opérationnel dans deux ans, l'EURL est la structure la plus souple.
SARL et SARL de famille : adapté aux projets familiaux#
La SARL est la forme la plus répandue en restauration familiale. Pour les projets impliquant un conjoint ou des enfants associés, la SARL de famille présente un avantage fiscal notable : elle peut opter pour l'imposition à l'IR (impôt sur le revenu) de manière permanente, à condition que tous les associés soient membres d'une même famille (ascendants, descendants, conjoints, partenaires PACS, frères et sœurs). Cette option n'est pas limitée à 5 exercices comme l'option IR des SARL ordinaires (art. 239 bis AA CGI).
L'option IR de la SARL de famille (art. 239 bis B CGI — à vérifier publication BOFiP) est particulièrement intéressante en phase de démarrage, quand les associés souhaitent imputer les déficits sur leurs revenus personnels, ou quand le bénéfice net est modeste et que l'imposition à l'IR reste inférieure à l'IS.
La limite : la SARL de famille implique une gestion rigoureuse des relations entre associés-famille, souvent source de conflits. Les statuts et un pacte d'associés doivent anticiper les clauses de sortie, de rachat de parts et de transmission.
SAS / SASU : pour la croissance et l'ouverture à des investisseurs#
La SAS (société par actions simplifiée) et sa forme unipersonnelle la SASU offrent la plus grande liberté statutaire. Le président est assimilé salarié, ce qui signifie une protection sociale plus complète (hors assurance chômage) au prix de charges sociales plus élevées. La SAS facilite l'entrée de nouveaux actionnaires (investisseurs, fonds de restauration, partenaires franchiseurs), l'émission d'actions de préférence et la mise en place de bons de souscription de parts de créateur d'entreprise (BSPCE) pour fidéliser les chefs-clé.
Pour un restaurateur qui vise plusieurs établissements ou qui anticipe une levée de fonds auprès d'un réseau de franchise, la SAS est généralement la structure la plus adaptée. Elle permet aussi d'organiser une gouvernance plus sophistiquée (comité de direction, droit de veto des minoritaires) sans les contraintes rigides de la SARL en matière de cessions de parts (agrément obligatoire par défaut dans la SARL).
SCI patrimoniale couplée à la société d'exploitation#
À Paris, l'acquisition des murs d'un restaurant est un acte patrimonial majeur. Dans les quartiers centraux (Marais, Montmartre, Bastille, Saint-Germain), le prix au m² dépasse 6 000 à 10 000 €, voire davantage pour des locaux avec terrasse. Une SCI dédiée à la propriété des murs, distincte de la SARL ou de la SAS d'exploitation, offre plusieurs avantages structurels.
D'abord, la dissociation du risque : si l'exploitation connaît des difficultés, les créanciers de la SARL d'exploitation ne peuvent pas saisir les murs appartenant à la SCI. Ensuite, la transmission : les parts de SCI peuvent être transmises progressivement aux héritiers via des donations annuelles, avec abattements fiscaux, indépendamment de la transmission de l'exploitation. La SCI à l'IS permet d'amortir le bien immobilier, réduisant ainsi la base imposable des loyers perçus.
Le loyer versé par la SARL d'exploitation à la SCI doit être fixé au prix du marché locatif. Un loyer sous-évalué peut être requalifié en acte anormal de gestion par l'administration fiscale, avec rappel de TVA et IS. Dans les dossiers que nous traitons à Paris, la fixation du loyer inter-entités est systématiquement documentée par une estimation locative de référence.
Notre lecture — ce que Cabinet Hayot Expertise observe à Paris#
Dans les dossiers de création de restaurant que nous accompagnons à Paris, les erreurs de statut les plus fréquentes sont les suivantes. Premièrement, le choix du micro-entrepreneur par un candidat restaurateur qui souhaite « tester » son activité : dès les premiers mois d'activité réelle, le plafond de CA est dépassé et la bascule forcée vers un régime réel s'accompagne d'un redressement social rétroactif si les cotisations forfaitaires du micro ne couvrent pas les revenus réels. Deuxièmement, la SASU avec président assimilé salarié pour un restaurateur solo dont la rémunération est inférieure à 3 000 € par mois : le coût social de l'assimilé salarié est disproportionné à ce niveau de rémunération, et l'EURL ou l'EI seraient fiscalement et socialement plus favorables.
Troisièmement, l'absence de SCI lors de l'achat des murs, motivée par la volonté de simplifier : cinq ans plus tard, lors d'une restructuration ou d'une cession partielle, la séparation des actifs devient complexe, coûteuse et fiscalement pénalisante. Quatrièmement, le conjoint qui travaille en salle ou en cuisine sans contrat ni déclaration, exposant le gérant à un redressement pour travail dissimulé.
Le point de vigilance principal en 2026 concerne la réforme des seuils micro. Les plafonds de chiffre d'affaires du régime micro-entrepreneur ont été révisés par les lois de finances successives. Pour l'exercice 2026, les seuils applicables doivent être vérifiés sur le site impots.gouv.fr ou service-public.fr avant toute décision, car une modification est en cours de discussion parlementaire au moment de la rédaction de cet article.
Statut du conjoint en restauration : urgence Loi 2022-172#
La loi n° 2022-172 du 14 février 2022 a introduit une limitation stricte : le statut de conjoint collaborateur ne peut être maintenu que pendant 5 ans consécutifs. Au-delà de ce délai, le conjoint doit obligatoirement opter pour l'un des trois statuts alternatifs : salarié, associé, ou co-gérant.
En restauration, cette contrainte touche de nombreux restaurants familiaux où le conjoint assure une présence permanente en salle ou en cuisine. La régularisation s'impose dans un délai serré, avec des conséquences sociales (recalcul des cotisations) et fiscales (requalification éventuelle des rémunérations). Notre recommandation : faire un diagnostic du statut du conjoint dès la création et programmer la révision du statut avant l'échéance des 5 ans, en intégrant cette contrainte dans le choix de la forme juridique dès l'origine.
Holding multi-restaurants : structuration et conditions#
Lorsqu'un restaurateur parisien envisage l'ouverture d'un deuxième, puis d'un troisième établissement, la question de la holding animatrice se pose généralement au moment du premier exercice bénéficiaire supérieur à 80 000 à 100 000 € après IS. La holding détient les titres des filiales d'exploitation, remonte les dividendes en quasi-franchise (régime mère-fille, art. 216 CGI : 95 % d'exonération), et réinvestit dans l'ouverture de nouveaux sites sans distribution immédiate.
La holding peut aussi porter la SCI des murs, les marques et les droits de propriété intellectuelle (enseigne, savoir-faire), et centraliser la trésorerie du groupe (convention de trésorerie). Pour que la holding soit reconnue comme animatrice au sens fiscal — condition nécessaire pour bénéficier de l'exonération Pacte Dutreil lors d'une transmission — elle doit participer activement à la conduite de la politique du groupe et au contrôle des filiales. Les critères sont stricts et documentés. Nous vous renvoyons à notre article dédié holding animatrice : conditions et risques 2026 pour l'analyse détaillée.
Franchise vs filiale vs holding : trois modèles de développement multi-établissements#
Au-delà du deuxième établissement, trois architectures de développement sont possibles. La franchise consiste à céder le droit d'exploiter la marque et le concept à des franchisés indépendants, contre redevance. Le franchiseur reste juridiquement distinct des franchisés. La filiale consiste à créer une nouvelle société d'exploitation (SARL ou SAS) dont la holding ou la société mère détient les titres. La direction reste centralisée. La coopérative (SCOP de commerçants ou SCIC) est une forme moins répandue mais pertinente pour les restaurants participatifs ou les projets d'économie sociale : les salariés sont associés, la gouvernance est démocratique, et certains financements solidaires leur sont accessibles.
Le choix entre ces modèles dépend du niveau de contrôle souhaité, du profil des co-exploitants, et des objectifs de transmission. Cabinet Hayot Expertise accompagne ces trois architectures, en lien avec nos partenaires juristes spécialisés en droit commercial et droit des sociétés.
Points de vigilance 2026 pour les restaurateurs#
Trois points méritent une attention particulière en 2026. Premièrement, les seuils micro-BIC (à confirmer publication BOFiP 2026) : tout restaurateur en micro-entrepreneur doit surveiller son chiffre d'affaires mensuel pour anticiper la bascule automatique au régime réel. Deuxièmement, la TVA multi-taux et la caisse NF525 : la Direction générale des finances publiques a confirmé le renforcement des contrôles sur les caisses enregistreuses en 2026, avec vérification de la certification NF525 et de la cohérence des journaux de caisse avec les déclarations TVA. Troisièmement, les obligations AGEC (loi anti-gaspillage pour une économie circulaire) : tri des biodéchets obligatoire pour tous les établissements depuis le 1er janvier 2024 (à confirmer pour les seuils de taille en 2026 sur le site du ministère), mise à disposition du « doggy bag » à la demande. Le non-respect peut entraîner des sanctions administratives.
Checklist avant de choisir votre statut#
- Vérifier l'état de la licence IV (active, dormante, restrictions géographiques)
- Confirmer que le gérant désigné détient un permis d'exploitation valide (ou prévoir la formation 20 h)
- Identifier si l'acquisition des murs est prévue (→ SCI à envisager)
- Préciser si un conjoint travaillera dans l'établissement (→ choix de statut conjoint, contrainte 5 ans)
- Projeter le CA de la première année (→ exclure le micro si CA > 100 000 €)
- Anticiper la présence ou non d'un co-associé (→ SARL ou SAS si associé dès le départ)
- Modéliser la rémunération nette cible (→ arbitrage TNS / assimilé salarié)
- Vérifier le paramétrage TVA multi-taux de la future caisse NF525
- Confirmer l'affiliation à la convention collective HCR (IDCC 3292) et l'OPCO AKTO
Pour aller plus loin, retrouvez nos analyses sur les KPI financiers restauration 2026, les erreurs comptables en restauration et les aides et financements pour les restaurateurs. Pour les restaurateurs qui envisagent une structure de groupe, voir notre article sur la holding animatrice : conditions et risques 2026.
Rédigé par Samuel Hayot, expert-comptable à Paris. Relu et mis à jour le 14 mai 2026. Cet article expose le cadre général ; il ne remplace pas l'analyse de votre situation spécifique, de vos documents et de la législation en vigueur à la date de votre décision.
Questions fréquentes
Quel statut juridique choisir pour ouvrir un restaurant en 2026 ?
Pour un restaurateur solo démarrant avec moins de 50 000 € d'investissement, l'EI au régime réel BIC offre la protection automatique du patrimoine (réforme 2022) et la déductibilité des charges réelles. L'EURL est pertinente dès l'option IS souhaitée. La SARL s'adapte aux projets familiaux avec le régime IR optionnel sur 5 exercices. La SAS convient aux projets de croissance, à la levée de fonds ou à l'entrée d'un associé non familial. Le statut micro-entrepreneur est à éviter : le plafond 2026 (83 600 € de CA pour les services) est incompatible avec un restaurant actif, et l'abattement forfaitaire ne couvre pas les achats alimentation.
La licence IV se cède-t-elle avec le fonds de commerce ?
Oui, la licence IV (débit de boissons de 4e catégorie, art. R3331-1 du Code de la santé publique) est attachée à l'exploitation et se cède avec le fonds de commerce ou séparément. La cession doit faire l'objet d'une déclaration en mairie dans les 15 jours suivant la transaction. Elle peut aussi être mise en location-gérance, sous conditions. En cas de société, la mutation de la licence suit la cession du fonds ou la cession des droits sociaux selon la structure retenue. Un audit de la licence en amont de l'acquisition est indispensable : certaines licences sont dormantes ou frappées de limitations géographiques.
Qu'est-ce que le statut de conjoint collaborateur en restauration et quelles sont ses limites ?
La loi n° 2022-172 du 14 février 2022 a limité le statut de conjoint collaborateur à 5 ans consécutifs maximum. Au-delà, le conjoint doit choisir entre le statut de salarié, d'associé ou de co-gérant. En restauration, le conjoint qui travaille en salle ou en cuisine sans contrat est exposé à un redressement URSSAF pour travail dissimulé. Le statut conjoint collaborateur ouvre des droits à la protection sociale propres au TNS (cotisations retraite, maladie), à formaliser par déclaration auprès de l'URSSAF.
Comment fonctionne la TVA mixte en restauration : 10 %, 5,5 % ou 20 % ?
La restauration sur place (repas consommés dans l'établissement) est taxée à 10 % de TVA. Les boissons alcoolisées servies sur place ou vendues à emporter sont taxées à 20 %. Les produits alimentaires vendus à emporter ou à livrer pour consommation immédiate relèvent aussi du 10 %. Certains produits alimentaires essentiels (pain, eau plate, jus de fruits non alcoolisés) achetés en vue d'une préparation peuvent relever du 5,5 % en amont. La gestion multi-taux impose un paramétrage précis de la caisse certifiée NF525 et une ventilation rigoureuse dans la comptabilité. Une erreur de taux expose à un rappel de TVA majoré d'intérêts de retard.
Faut-il créer une SCI pour les murs d'un restaurant à Paris ?
La SCI patrimoniale couplée à une société d'exploitation (SARL ou SAS) est fortement recommandée dès que la valeur des murs dépasse 200 000 à 300 000 €, notamment à Paris où les prix au m² dans des quartiers comme le Marais ou Montmartre peuvent dépasser 8 000 à 10 000 €/m². La SCI dissocie le risque exploitation du patrimoine immobilier, facilite la transmission et permet une gestion fiscale distincte. La SCI à l'IS autorise l'amortissement du bien, impossible en SCI à l'IR. La structure génère un loyer interne déductible pour l'exploitation, qui doit être fixé au prix du marché pour éviter une requalification en acte anormal de gestion.
Quand est-il pertinent de créer une holding pour un groupe de restaurants ?
La holding multi-restaurants devient pertinente dès que la structure d'exploitation génère un résultat après IS supérieur à 80 000 à 100 000 € annuels, que le dirigeant souhaite ouvrir un deuxième établissement, ou qu'il envisage l'entrée d'un investisseur ou d'un partenaire franchiseur. Le régime mère-fille (art. 216 CGI) exonère à 95 % les dividendes remontés. La holding doit être réellement animatrice — les critères fiscaux sont stricts. Cabinet Hayot Expertise à Paris accompagne cette structuration en lien avec nos articles sur la holding animatrice.

Article rédigé par Samuel HAYOT
Expert-Comptable diplômé, inscrit au Tableau de l'Ordre des Experts-Comptables.
Cabinet d'expertise comptable et de commissariat aux comptes base a Paris 8, pense pour accompagner des entreprises partout en France avec une approche digitale et orientee decision.
Sources du dossier
Sources officielles et de reference citees pour cette page.
- Légifrance — Art. R3331-1 CSP (licence IV, débit de boissons)
- Légifrance — Art. R3332-1 CSP (permis d'exploitation, formation 20 h)
- Légifrance — Art. L145-1 et s. Code de commerce (baux commerciaux)
- Légifrance — Loi n° 2022-172 du 14 février 2022 (conjoint collaborateur, 5 ans max)
- Légifrance — Art. 239 bis AA CGI (option IR SARL, 5 exercices)
- Légifrance — Art. 216 CGI (régime mère-fille)
- BOFiP — BOI-BIC-DECLA-10-10 (régimes d'imposition BIC, seuils micro)
- Service-public.fr — Entreprise individuelle et protection du patrimoine (réforme 2022)
- URSSAF — Conjoint collaborateur
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